Dans une atmosphère déjà fébrile, la compositrice montréalaise Phoebé Guillemot, alias RAMZi, a ouvert la deuxième soirée de la série Métropolis au MTELUS . En première partie du légendaire DJ japonais Satoshi Tomiie, l’artiste a plongé le public dans un univers luxuriant où se sont entremêlés rythmes hybrides et paysages sonores surréels.
Depuis plus d’une décennie, RAMZi développe une mythologie musicale singulière, portée par son alter ego forestier, un esprit-animal qui veille sur un écosystème imaginaire à la fois passéiste et futuriste. Son dernier album, balmini, paru sous son label FATi, servait de matrice à cette performance : une mosaïque foisonnante où se croisent dub élastique, ambient quatrième monde et grooves post-tropicaux.
Sur scène, Guillemot déployait une musique tantôt vaporeuse, tantôt entraînante, enrichie par les sonorités intrigantes de son Electronic Wind Instrument, sorte de saxophone numérique rappelant les expériences du trompettiste Jon Hassell. Ces souffles électroniques donnaient à l’ensemble une aura mystérieuse et tribale, renforcée par une voix transformée en petites incantations aiguës, presque enfantines, qui semblaient tout droit sorties d’un anime.
Le dispositif visuel accompagnait parfaitement ce monde parallèle : lasers et jeux de lumières baignaient la salle de palettes contrastées, passant de la chaleur des rouges et orangés aux atmosphères froides des bleus et magentas.
En offrant ce set en constante mutation en guise d’ouverture, RAMZi a su instaurer une intensité poétique et immersive qui préparait idéalement le terrain pour la suite de la soirée. Une performance qui nous confirme son rôle incontournable dans le paysage électronique montréalais.























