Dans la nuit de jeudi à vendredi, la performance de Holy Tongue fut l’un des moments forts de la série Nocturne. Le trio londonien existe depuis la fin de la précédente décennie et peut compter sur une solide expérience, deux albums à l’appui et un troisième bientôt rendu public, sans compter la collaboration probante de Sam Shackleton (album The Tumbling Psychic Joy of Now ), c’est dire le respect que le maître accorde au trio.
Ainsi donc, la percussionniste Valentina Magaletti donnait la réplique au producteur Al Wootton (aussi connu jadis sous le pseudo Deadboy) et au bassiste et producteur japonais Zongamin, Susumu Mukai de son vrai nom.
Ensemble dans ce halo de couleurs bleutées ou rougeoyantes, ils transmutent le dub jamaïcain en une plongée transculturelle et exploiratoire, typiquement britannique – on peut remonter aux années 80 et 90 à la grande époque de Jah Wobble et Transglobal Underground pour en identifier les racines et l’esprit. Plus précisément, la vibe générale est dub, mais ces couches épaisses de sons puisent dans le psychédélisme, le post-punk, l’ambient et jusque dans les musiques anciennes d’Europe.
La basse est électrique, les rythmes sont acoustiques ou électroniques et l’environnement harmonique et textural est généré par Wooton. C’est surtout pendant ce set qu’on a pu évaluer le niveau de la percussionniste Valentina Magaletti, reçue comme une star du 26e MUTEK puisqu’elle s’y produisait à trois reprises. Ses frappes sont précises, le son de ses tambours et cymbales a été rigoureusement mis au point, cette femme queer est une excellente percussionniste, en tout cas pour le corpus stylistique auquel elle se consacre avec ses collègues.
Idéal pour planer dans la nuit en se remuant à peine le popotin.























