Pour clôturer l’Expérience 2 du Mutek, le DJ et producteur londonien Al Wooton s’est inspiré de la riche tradition musicale de sa ville, qui mêle les genres, pour offrir un set percussif et changeant.
Il a amorcé sa performance de deux heures avec des textures industrielles.Nous avons traversé une atmosphère sombre avant de passer progressivement vers un boisé de marimbas, percussions à main samplées et voix d’inspiration africaine. Dès lors, le rythme a pris le dessus, les percussions étant le moteur du spectacle.
Le set de Wooton a évolué avec fluidité entre la bass music britannique décontractée et l’afrobeat, avec des touches d’acid et de baile funk. Il a progressivement évolué vers des rythmes plus lourds et des variations complexes de patterns de batterie, ponctués de breakdowns bien placés. Des cris d’oiseaux et de chauves-souris, ainsi que des samples de flûte de pan, ont insufflé des éclats de vie organique à son paysage sonore immersif. Les voix distordues et percutantes qui se sont entremêlées vers la fin étaient particulièrement frappantes. Une énergie brute, presque rituelle.
Derrière les platines, Wooton était totalement absorbé par son art, levant rarement les yeux, mais visiblement concentré sur le groove. Son contrôle des changements de tempo, des breaks et de l’escalade rythmique a maintenu la piste de danse en mouvement, les corps bougeant au rythme des flux et reflux qui faisaient écho au voyage tribal qu’il traçait.
Cette approche en montagnes russes a maintenu le public en haleine jusqu’à la toute fin. Les derniers instants – une avalanche percussive de bongos, de sifflets de samba, de flûtes de pan et de chants latins endiablés – ont fait hurler et applaudir la foule alors que le set touchait à sa fin triomphale.
photo: Frédérique Ménard-Aubin























