Troisième soirée à l’Igloofest, et une impression étrange en arrivant sur le site : plus d’espace, moins de densité. Du moins au début. Un samedi soir plus calme que les précédents, possiblement à cause d’une programmation moins immédiatement identifiable pour les gens, public -apparemment- majoritaire de cette édition 2026. Dans les discussions, un nom revenait pourtant en boucle : The Blaze. Beaucoup semblaient être là pour eux, attendant patiemment que la soirée décolle.
Bonne nouvelle côté météo : moins de froid (-5 de ressenti, ce soir-là, je n’ai pas du tout eu froid!), mais beaucoup de neige. Tombée toute la journée, elle recouvrait le site et adoucissait l’atmosphère. Un décor presque cinématographique, avec les tours du vieux port en arrière plan, le fleuve saint-laurent en premier, parfait pour une nuit de musique électronique en plein hiver montréalais.
Entre deux sets, immersion dans les coulisses du festival avec l’équipe du Club Sexu, venue réaliser un micro-trottoir en collaboration avec Igloofest et Multicolore, après une première expérience réussie au Piknic Électronik l’été dernier. Accompagné de l’humoriste Saad Fennich, le collectif est allé questionner les festivalier.ère.s sur le consentement en contexte festif. Des échanges directs, parfois drôles, toujours pertinents – une façon intelligente de faire de la prévention sans moraliser, parfaitement intégrée à l’esprit du festival.
On est allés dans différents stands, histoire de prendre des footages. Passage obligé au sauna pour réchauffer les corps et les discussions, puis détour par le stand de la Banque Nationale, où je repars avec une paire de lunettes lumineuses. Détail futile (Trouvez-vous?), mais typiquement Igloofest.
Sur la scène Vidéotron, la température monte vite. Le collectif Musik Me Luv prend les commandes, et Pleurire, artiste montréalais, signe sa toute première apparition à l’Igloofest hivernal. Le public arrive doucement, beaucoup de proches et d’ami·e·s, créant une ambiance chaleureuse et presque communautaire. Techno, acid, grooves bien sentis : un set pensé pour réveiller la foule et lancer la soirée sur de bonnes bases.
Puis viennent MAD et dick lee, et là, changement de registre. Première fois que je les vois performer, et clairement, je ne m’y attendais pas. Breaks, drum and bass, basses lourdes, influences brésiliennes, baile funk, techno : tout s’entremêle dans un chaos parfaitement maîtrisé. L’énergie est brute, frontale, sur-excité, même.
La foule s’agglutine rapidement, devant, derrière, autour de la scène. Les artistes se retrouvent encerclé·e·s, la proximité est totale. On se croirait dans un Boiler Room improvisé, version glaciale. Les corps bougent sans retenue. Ça danse fort. Moi aussi. C’était une très belle découverte pour moi, ce collectif! Je retournerais sûrement à leur soirée, je me le suis promis.
Changement d’ambiance sur la scène Sapporo. Le public met plus de temps à se rassembler. Kris Guilty et Sofia Kourtesis proposent une techno plus classique, progressive, flirtant parfois avec la tech-house. La transition entre les deux est fluide, presque invisible. Si l’exécution est irréprochable, l’ensemble reste assez linéaire. Un peu trop sage à mon goût.
Sofia Kourtesis sauve toutefois le set avec des touches disco et house bien senties, apportant une légèreté bienvenue et quelques sourires dans la foule.
Et puis, l’instant que tout le monde attendait. The Blaze arrive sur scène et, instantanément, le site se remplit. On entend les cris « The Blaze est là ! » —et les pas s’accélèrent dans la neige. Première fois que je les vois live, et il faut le dire : l’impact est réel. Leur musique touche juste. Euphorique et mélancolique à la fois, elle navigue entre introspection et communion.
La neige recommence à tomber pendant leur set. Des milliers de personnes dansent, serrées les unes contre les autres, face à la scène, sous un ciel blanc. Une image forte, presque irréelle. Un de ces moments où tout s’aligne : le son, le décor, l’énergie.
Sans hésiter, le highlight de la soirée.























