FME 2023 JOUR 1: Laurence-Anne, Myst Milano, Margaret Tracteur, Population II, Pressure Pin, YOCTO

par Rédaction PAN M 360

Deux rédacteurs de PAN M 360 sont actuellement à Rouyn-Noranda pour la 21e édition du Festival Musique Emergente (FME), une prise de possession musicale de la ville pour repérer certains des meilleurs et des plus brillants groupes émergents du Québec, de l’Ontario et de la scène internationale s’adonner au rock alternatif, au shoegaze, à la new wave, à la dream pop, à la synthpop, à l’art rock, au psyché rock, et bien plus encore. Sans plus attendre, voici quelques groupes que nous avons voulu mettre en lumière pour le premier jour.

Photos by: Stephan Boissonneault

Laurence-Anne fait de la magie à l’Agora Des Arts


Après un set émouvant de Nao, sans conteste l’une des préférées de PAN M 360, Laurence-Anne est apparue sur scène dans un manteau violet vaporeux pour ouvrir le set avec quelques titres de son prochain album Oniromancie. C’est un titre approprié pour la redoutable dream pop de Laurence-Anne, qui utilise un ensemble de pédales, de synthétiseurs, de chanteurs et, à un moment donné, quelques gongs. La chanson Flores, la deuxième chanson de Laurence-Anne en espagnol, est absolument magnifique en live et ses falsettos et ses tonalités vocales puissantes et soutenues nous ont laissés bouche bée. J’ai reçu de folles vibrations de The Mars Volta pendant les boucles vocales spatiales.

La salle était magnifique mais c’était un spectacle assis, et on pouvait voir que la foule avait envie de se lever et de bouger pendant que Laurence-Anne nous entraînait dans son monde onirique. À un moment donné, elle est sortie de scène et s’est dirigée vers la foule pour obtenir un meilleur point de vue. C’était très théâtral, un peu comme une interprétation plus lourde de quelque chose comme Le Songe d’une nuit d’été, mais avec une instrumentation synth-wave beaucoup plus brumeuse.

  • Stephan Boissonneault

Margaret Tracteur sort de scène trop tôt


J’aimerais pouvoir dire que j’en ai entendu davantage de la sensation folk-punk-yodel, Margaret Tracteur, mais le début de ce set a été écourté en raison de la tête d’affiche de la scène principale, le très populaire Québec Redneck Bluegrass Project, qui a joué beaucoup plus que le temps qui lui était alloué (environ 30 minutes). La foule de la scène principale était vraiment dans le coup, mais une petite phalange de spectateurs près de l’allée d’entrée de la scène principale était prête à groover sur les airs de Margaret Tracteur. Nous avons eu droit à une chanson de l’album L’heure du thé avec Margaret Tracteur, et ce fut un moment d’ivresse avant qu’on dise au groupe d’attendre que la tête d’affiche de la scène principale ait fini. Je ne sais pas à qui revient la faute, ni au Québec Redneck Bluegrass Project pour avoir décidé de jouer plus longtemps que prévu, ni à l’équipe de planification de la scène principale, mais on pouvait voir que Margaret Tracteur était un peu irrité – et je ne les blâme pas. Ils ont quand même pu jouer, mais devant une foule beaucoup moins nombreuse, parce que tout le monde a dû passer d’un concert à l’autre dans des lieux différents. Mais qui sait, peut-être auront-ils droit à un spectacle secret en guise de récompense.

  • Stephan Boissonneault


Myst Milano insuffle l’énergie d’une mauvaise garce à la première soirée du FME

Jeudi soir, la rappeuse et DJ Myst Milano, basée à Toronto, a décrit son son comme de la « bad bitch music », et j’ai du mal à trouver une meilleure façon de la décrire. Avec attitude, mais sans jamais perdre l’attitude ludique essentielle et une joie apparente sur scène, le set de Milano était irrésistible dans tous les sens du terme. Milano passe sans effort de morceaux de grosses basses dures et agressives, accompagnés de voix féroces à la Rico Nasty, à des morceaux plus intimes et sexy, avec de nombreuses pauses instrumentales pour montrer leurs talents de danseurs. Que vous fassiez des crimes dans la rue ou que vous fassiez des folies dans les draps, Myst Milano avait un morceau qui correspondait à l’ambiance.

Ce qui est peut-être le plus impressionnant, c’est la confiance et l’énergie que Myst Milano a apportées sur scène. Bien qu’elle fusse seule sur scène, elle a joué avec un engagement total, comme si nous étions une arène de fans adorateurs qui avaient fait la queue toute la journée pour ce concert. Et si ce groupe relativement récent continue comme ça, il ne tardera sûrement pas à déchirer les stades.

  • Lyle Hendriks

Emma Beko s’éclate chez Morasse Poutine

Vêtue d’un maillot de la NBA, d’un short camouflage et d’une paire de Timbs indispensable, la performance mi-lofi, mi-chantée mi-rappée d’Emma Beko semblait étrangement parfaite sur la toile de fond de Morasse Poutine. La lumière rouge, les riches textures de son DJisme, et les mesures vulnérables de ses chansons contrastaient agréablement avec l’éclairage fluorescent et les foules de mangeurs de fromage-patate affamés derrière elle, soulignant cette approche pas trop sérieuse, pas trop gnangnan que Beko a conférée à son set.

Tout au long de sa prestation, l’amour de Beko pour ce qu’elle faisait était parfaitement visible. Et bien qu’elle se moquait de la foule du stationnement après chaque morceau, son attitude s’est transformée en une confiance blindée, dès que le rythme de la chanson suivante a démarré. Et avec une incroyable chant pour compléter ses sections de rap plus lyriques, il était clair que Beko et son DJ/partenaire, (qui a chanté à chaque mot) n’avaient pas l’intention de ralentir de sitôt.

  • Lyle Hendriks

Population II – The Queb Doom Prog Act You’ve Been Waiting For 

Touffu et belligérant, le groupe Population II n’était rien de moins qu’une sensation lors de la première soirée du FME. Avec un son expansif qui dépasse de loin la capacité apparente d’un trio, la formation a balancé une énergie, une intensité et une proximité musicales qui ne pouvaient être ignorées. Population II est un groupe incroyablement soudé malgré les sonorités massives et explosives et les changements frénétiques de rythme, de tempo et de style auxquels ils sont manifestement habitués. Au-delà de la passion claire et apparente que ces les trois musiciens ont pour leur création, chaque morceau semble évoluer et se transformer devant nous, comme si l’on dépliait un origami pour y trouver une aquarelle brutaliste. Et au centre de tout cela, le chanteur/batteur Pierre-Luc Gratton, véritable cœur battant du groupe et moteur de chaque chanson, offrait un travail de percussion méticuleux tout en s’accompagnant d’une voix planante, riche contribution au mix d’ensemble. Le deuxième album de Population II, Électrons Libres du Québec, sera lancé en octobre, il s’agit sans conteste d’un groupe à surveiller à l’aube des sorties automnales.


– Lyle Hendriks

YOCTO présente un feuilleton de science-fiction au Cabaret de la Dernière Chance


L’un des groupes les plus récemment débarqués sur la scène art rock, post-punk et jangle pop de Montréal est YOCTO, sorte de supergroupe composé de membres de Chocolat, Jesuslesfilles et IDALG. Ces performers ont absolument explosé leur set d’une heure du mat au Cabaret de la Dernière Chance. Ils nous ont fait découvrir leur premier album, Zepta Supernova, une histoire de science-fiction où il est question de mégalomanie, de rivaux armés de pistolets à rayons et de totalitarisme spatial en phase terminale. Le thème est libre et vise à coller les sons sauvages de YOCTO, qui rappellent les groupes new wave des années 70 comme Talking Heads et The Human League, ainsi que la saveur des années 80 d’un groupe comme Tom Tom Club – excroissance des Talking Heads. Bien que les paroles aient été imaginées par Jean-Michel Coutu (basse, guitare, synthétiseurs), la chanteuse Yuki Berthiaume-Tremblay est une merveille à regarder lorsqu’elle court autour de la scène, sautant parfaitement dans les lignes vocales staccato alors que le groupe passe d’un rock prog lourd à une new wave plus poppy. Je me dois de féliciter le batteur, Félix-Antoine Coutu, qui a su garder le rythme au sein de cette folie. Le disque est bien, mais ce groupe est fait pour être dégusté en direct.


– Stephan Boissonneault

L’art punk de Pressure Pin

Pressure Pin, le projet solo de Kenny Smith (batteur et parfois synthétiseur pour La Sécurité) a donné une pléthore de spectacles à Montréal dernièrement, et c’est sans doute pour cette raison que Pressure Pin devient de plus en plus synchro à chaque concert. Le set matinal de FME au Diable Rond était facilement l’un des plus bruyants de la soirée, mais la chimie du groupe est vraiment plaisante à regarder. Smith a joué des solos intermittents et frénétiques sur sa guitare Flying V, suivis par des changements d’accords croustillants et bien calculés et des voix post-hardcore ; comme Devo et Scream avec une dose de puissants stimulants. Le groupe a joué la plupart des morceaux de l’album Superficial Feature, sorti précédemment, ainsi que quelques jams instrumentaux endiablés. Difficile de succéder à Population II, mais Pressure Pin était heureux de le faire.

Le bassiste, Danny Howse, a joué des lignes de basse dégoulinantes et les riffs les plus déchirants dans un synchronisme presque parfait, tandis que le percussionniste, Luca Caruso Moro, s’est acharné sur sa batterie – je me demande à quoi ressemblaient les toms après le concert. L’apparat de Pressure Pin était également de circonstance : Smith était habillé comme un biker italien des années 80, et le visage de Howse était entièrement peint en chrome brillant pendant toute la durée du set, ce qui ajoutait à la folie collective. Bien que le niveau sonore du (bar) Diable Rond ait été un peu trop élevé – convenons qu’il est difficile d’obtenir un son parfait avec du punk de cette trempe. Honnêtement, il vaut mieux que ce soit un peu grinçant. En somme, Pressure Pin a démontré à quel point il est possible de faire du bruit conscient avec trois mecs.

– Stephan Boissonneault

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