UTO émerge de l’obscurité du Cabaret de la Dernière Chance sous des lumières UV, tout de blanc vêtu, le visage obscurci par le contraste de la lueur. Le profil sonore expérimental implacable d’UTO les précède, mélangeant des synthés lourds, des percussions éclectiques et des voix déformées avec un rendu à la Björk. Leurs enregistrements sont une tapisserie d’exploration auriculaire. L’intrigue s’empare de la foule alors que nous observons ces corps mystérieux se frayant un chemin entre le public et la scène. Ils se lancent parfois dans une danse semi-chorégraphiée, se tenant debout et chantant à d’autres moments.
Les pauses irrégulières ont perturbé le déroulement naturel du spectacle, le public ayant lui-même du mal à trouver sa place pour assister au spectacle. Des efforts ont été consentis pour créer un spectacle aussi dynamique et intéressant que leurs enregistrements.
Cependant, l’effet final s’apparentait à celui d’une prise de Benadryl pendant une partie de laser tag. Le caractère sous-développé du spectacle laisse beaucoup à désirer, mais rien ne vaut le désir de voir ces excentriques perdre complètement la tête sur scène. Si le spectacle avait atteint un crescendo maximaliste, en sueur et sous les projecteurs, tout aurait été pardonné.
Le problème avec un duo de musique expérimentale aussi cool et magnétique, c’est le risque d’inaccessibilité émotionnelle, comme le montre ce spectacle. Cette exploration musicale intrépide a besoin d’être tempérée par une vulnérabilité déchaînée. Alors que UTO continue de repousser les limites musicales comme ils le font depuis plus de cinq ans, j’espère qu’ils s’efforceront de trouver leur côté émotionnel.

Performer shots: Jacob Zweig
Crowd shots: Julia Mela

























