art sonore / poésie / trame sonore

FLUX | Poétiques de la transmission et poésies de la conscience

par Judith Hamel

C’est dans l’intimité du centre d’art autochtone autogéré, daphne, que Tanner Menard et Martín Rodríguez ont présenté dimanche soir deux performances singulières dans le cadre du Flux Festival.

En attente du début de la performance, on déambule parmi les expositions Prélude au Retour de l’Indien américain par Buffalo Boy et Ne Karahstánion. Ce lieu inspire de lui-même une paix d’esprit, une communion entre les personnes présentes.

Quelques minutes après huit heures, Martín Rodríguez apparaît déambulant dans les galeries, vêtu d’un uniforme beige, de bottes de pluie et d’une casquette noire ornée de dorures. De son sac s’échappent de forts gazouillis. Après plusieurs détours dans l’espace, il s’arrête devant la cuisine et sort deux radios ainsi que deux émetteurs. Il va chercher une échelle sur laquelle il pose l’une des radios et pousse le public à se disposer autour de ce nouvel autel.

À partir d’archives sonores : oiseaux, ouaouarons, cloches, abeilles, camions, voitures, voix humaines, se déploient plusieurs explorations des interférences entre les couples radios-émetteurs. Rodríguez fabrique alors l’interférence en jouant avec la distance entre les émetteurs et les radios. Chacun de ses gestes affecte la diffusion : il s’incline, se redresse, se replie dans l’espace; il déplace les objets, les combine, les oppose; il fabrique l’interférence de ses propres mains, érigeant ses émetteurs en château de cartes fragiles.

Sa performance se conclut par une sieste, enveloppé d’un veston blanc orné de broderies colorées, casquette baissée sur les yeux, abandonné parmi les sons urbains.

Après une courte pause, Tanner Menard prend place. À la croisée de la poésie sonore et visuelle, sa proposition s’ancre dans une recherche d’une vie post-polarity-unity et dans une vision du monde fondée sur l’interdépendance et puisée dans l’amour.

Après quelques respirations partagées et nos yeux fermés, Menard récite ses premiers poèmes. Autour de lui, une mare de bougies et quatre radios diffusant un bruit blanc. Devant chacune, un bol d’eau recueille leurs ondes. Après ce moment de performance poétique, il s’installe à l’ordinateur qui projette sur le mur ces poèmes visuels. Le tout est accompagné de sa voix enregistrée et d’une trame musicale qui épouse les formes des textes dans leurs intentions, leurs intensités.

Ses mots nous racontent la fragilité de l’existence contemporaine et notre isolement commun : « The only “we” that exists is the common experience of multiplicitous isolation. »

En conclusion, il nous tend les bougies qui l’avaient accompagné, les déposant consciemment dans nos mains. Puis, d’un geste rituel, il nous asperge de quelques gouttes d’eau.

En sortant du lieu, la rue paraît différente. Cette écoute partagée invite à repenser notre individualité commune.

Ce moment partagé invite à repenser à ce qui nous relie, à notre manière d’ensemble être seul·e.

Publicité panam

Tout le contenu 360

Trio Garibaldi, l’album In faded Sepia | alto, piano, clarinette au service de la création inédite

Trio Garibaldi, l’album In faded Sepia | alto, piano, clarinette au service de la création inédite

Remi Bolduc dévoile son Groove Quintet

Remi Bolduc dévoile son Groove Quintet

Semaine du Neuf | (MTL X Monterrey) + (saxes + danse) = Le souffle des corps

Semaine du Neuf | (MTL X Monterrey) + (saxes + danse) = Le souffle des corps

Semaine du Neuf | Nous perçons les oreilles: l’abandon du corps et de l’esprit à la musique

Semaine du Neuf | Nous perçons les oreilles: l’abandon du corps et de l’esprit à la musique

5ilience | Devinim, lorsque les sons se meuvent à travers les anches

5ilience | Devinim, lorsque les sons se meuvent à travers les anches

Caribbean Love : Richy Jay, entre héritage et rythmes tropicaux

Caribbean Love : Richy Jay, entre héritage et rythmes tropicaux

La magie de Miyazaki prend vie avec l’Orchestre FILMharmonique

La magie de Miyazaki prend vie avec l’Orchestre FILMharmonique

Semaine du Neuf | Ictus & Ula Sickle, la force du collectif

Semaine du Neuf | Ictus & Ula Sickle, la force du collectif

Bigflo & Oli – Karma

Bigflo & Oli – Karma

Caprice au 9e | Telemann et les musiciens itinérants de l’époque baroque

Caprice au 9e | Telemann et les musiciens itinérants de l’époque baroque

Alain Caron et l’ONJM enflamment la 5e Salle !

Alain Caron et l’ONJM enflamment la 5e Salle !

Airat Ichmouratov composera Alice au Pays des merveilles pour les Grands Ballets

Airat Ichmouratov composera Alice au Pays des merveilles pour les Grands Ballets

Semaine du Neuf | Lovemusic, entrechoquements des corps et des sons

Semaine du Neuf | Lovemusic, entrechoquements des corps et des sons

Hommage symphonique à Daft Punk : plutôt réussi, mais…

Hommage symphonique à Daft Punk : plutôt réussi, mais…

The Sheepdogs, ou comment devenir classique « hors de la tempête »

The Sheepdogs, ou comment devenir classique « hors de la tempête »

Semaine du Neuf | Soirée d’impro collective avec No Hay Banda, Ana Maria Romano et Limules

Semaine du Neuf | Soirée d’impro collective avec No Hay Banda, Ana Maria Romano et Limules

Bajofondo – Ohm

Bajofondo – Ohm

Lucas Santtana – Brasiliano

Lucas Santtana – Brasiliano

Harry Styles – Kiss All the Time. Disco, Occasionally 

Harry Styles – Kiss All the Time. Disco, Occasionally 

Arion Orchestre Baroque : Il pianto di Maria : des larmes de bonheur

Arion Orchestre Baroque : Il pianto di Maria : des larmes de bonheur

Semaine du Neuf | Le son pour les enfants de moins de 3 ans… et pour nous

Semaine du Neuf | Le son pour les enfants de moins de 3 ans… et pour nous

Semaine du Neuf | Sxelxéles te tl’etla’axel – design for inviting, le pouvoir de la parole… celui des sons ?

Semaine du Neuf | Sxelxéles te tl’etla’axel – design for inviting, le pouvoir de la parole… celui des sons ?

Semaine du Neuf | Quatuor Bozzini : un voyage aux confins extrêmes du son

Semaine du Neuf | Quatuor Bozzini : un voyage aux confins extrêmes du son

Semaine du Neuf | Lovemusic et Protest of the Physical :  le corps (des musicien.ne.s) a ses raisons

Semaine du Neuf | Lovemusic et Protest of the Physical : le corps (des musicien.ne.s) a ses raisons

Inscrivez-vous à l'infolettre