indie rock / rock psychédélique

Coup de Cœur Francophone | Occasion rare: Bon Enfant à L’Esco

par Justine Charland

Coup de Cœur Francophone, un festival attendu annuellement, a entamé sa 39e édition jeudi, dans le froid et la noirceur d’un automne féroce. Trois spectacles, tous à plus ou moins 50 mètres les uns des autres, marquaient le début d’une longue série qui s’étire jusqu’au 16 novembre. 

Dans les catacombes du Triangle, logeait le groupe Bon Enfant, qui foulait la scène de l’Esco que ses membres appellent affectueusement  la maison. Récipiendaire tout frais d’un Félix pour album rock de l’année la veille, c’est fatigué, mais bien déterminé, que Bon Enfant allait ouvrir le bal, façon singulière de célébrer une victoire bien méritée. 

Retour sur un spectacle intime dans un lieu fréquenté par la marge musicale. 

Bon Enfant est attendu à 22h, un rendez-vous de fin de soirée qui laisse place à l’engouement. Cet engouement se fait sentir : on peut compter pas moins de quatre personnes à la vidéo, la salle est pleine, les billets sont épuisés. Retrouver Bon Enfant dans un lieu aussi exigu que l’Esco, alors que le groupe peut normalement remplir un Club Soda, est une occasion de choix, une denrée rare. Le public le sait. 

Le groupe monte finalement sur scène, entame doucement son spectacle avec des pièces appréciées de son plus récent album. Quatre d’entre elles se succèdent, avec les éléments musicaux qu’on leur connaît : les lignes de guitare baignent dans une superposition d’effets oniriques, les interventions au synthétiseur rappellent le Fender Rhodes et les orgues des années psych-rock, les grooves dansants de la batterie et de la basse sont fidèles à leurs habitudes, ensemble ils sont solidement enracinés. 

Porcelaine arrive enfin, trame culte de Diorama. On ne peut passer à côté du style vocal de Daphné, qui rappelle sans équivoque la nostalgie des années 70. C’est sur l’exécution de ce premier grand succès que le public sait se joindre au bain sonore. Les paroles sont clamées. La fête est officiellement lancée. 

Peu après, le groupe lance courageusement Enfant de l’air, suite instrumentale à la Alain Goraguer, qu’il aborde comme un grand jam. Si peu d’artistes se permettent un intermède instrumental au milieu de la set list, Bon Enfant exécute avec finesse ce clin d’œil au prog et psychédélisme auxquels on les associe tant. 

Le spectacle présente ensuite ces chansons jouées en boucle dans nos salons, dont les fameuses Aujourd’hui et Magie, inépuisables. L’ambiance monte jusqu’à ce que la soirée s’achève, comme quoi la fatigue se combat par la musique. Certaines interventions nous font sentir proche du groupe : « on a gagné album rock à l’ADISQ hier, on a eu du fun ici même après. La vie est bien faite. Hier on payait pour être ici, aujourd’hui on est payé pour être ici. » Sans surprise, c’est à la suite d’une demande de rappel que le groupe boucle cette longue épopée de party et de show par deux pièces, solidement livrées. Le message est clair : cette édition de Coup de Cœur Francophone est à suivre de près.

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