C’est un événement annuel, devenu un rituel de la saison musicale universitaire: le Big Band s’associe au programme de chant jazz, pour marier les voix avec les cuivres, les vents, les cordes et les peaux de batterie. Le 19 février dernier, 20 musicien-ne-s et six chanteuses nous ont donné rendez-vous dans la salle très intime- et remplie- de la Maison de la Culture Côtes des Neiges, pas très loin de leur Alma-mater, l’Université de Montréal.
C’était gratuit, inutile de dire que les spectateurs en ont eu bien plus que pour leur argent!
Le directeur musical du Big-Band, Joâo Lenhari, Brésilien d’origine et trompettiste de son état, parvient toujours à créer des programmations qui marient les standards avec les surprises. L’an dernier, nous avions eu droit à une performance a cappella des chanteuses à partir d’une pièce instrumentale de John Coltrane. Cette année, il y avait une pièce de son compatriote brésilien Felipe Salles, un compositeur intriguant, qui enseigne le jazz au Massachusetts.
Les six chanteuses avaient choisi les morceaux qu’elles souhaitaient interpréter. Nous avons entendu, entre autres, Blue Moon de Richard Rodgers, deux pièces de l’incontournable Duke Ellington, dont Sophisticated Lady, l’immortelle What a Wonderful World, associée à Louis Armstrong, et Canto de Ossanha de Baden Powell. Il y a toujours du Brésil dans les concerts dirigés par Joâo…
Les six voix, par ordre d’apparition,Simone Dumoulin, Maude Brodeur, Margaux Deveze, Juliette Oudni, Marie-Ève Caron et Marie-Soleil Lambert, ont toutes montré du talent. Elles ne sont pas toutes rendues au même niveau, certaines commencent leur baccalauréat, d’autres sont déjà professionnelles, bien que toujours aux études. Mais j’ai entendu des chanteuses prometteuses.
Il me faut quand même, ici, mettre un petit accent sur Marie-Soleil Lambert. Cette jeune femme est également compositrice, elle a fait paraître récemment l’album Anastasia, recensé dans nos pages par le collègue Frédéric Cardin. Elle était en pleine maîtrise en compagnie du Big Band, pour la fin du concert. Marie-Soleil est définitivement à suivre, incluant son groupe Sun Fantasia.
Et ce Big Band? Pour un groupe constitué largement d’étudiants, qui change annuellement au gré des diplômes, il assure. Un petit mot sur la section rythmique et son batteur, Jeremy Cano, qui est de plus en plus cohésive. On dirait « tight », dans la langue d’Ellington.
À noter: le 26 mars, le Big Band recevra le prestigieux pianiste canada-cubain Hilario Duran. On ne devrait pas s’ennuyer!
























