De Leipzig, cette ville allemande où JS Bach a déployé son génie au 18e siècle, Félix Deufel a entrepris d’enregistrer sous l’eau les impacts du réchauffement climatique au Groenland. L’oeuvre Lost In Liquid Noise nous plonge ainsi dans les eaux arctiques et nous en découvrons, ce jeudi 22 octobre à l’Usine C, les particularités et aussi les prolongements créatifs du compositeur et designer sonore.
Un superbe bourdon nous introduit d’abord dans le Grand Nord marin, sorte de sas préparatoire à cette immersion majeure. Plusieurs éléments distincts constituent ce drone fascinant, bourdonnements, grondements, vrombissements, murmures…
On atteint presque le silence et nous voilà prêts à une exploration profonde amorcé par un doux ruissellement de l’érosion assorti de légers clapotis. De nouveaux sons surgissent, des bruits sourds d’entrechoquement, des sons émanant peut-être de manipulations humaines, des claquements de glaces dans l’eau ou objets.
Bref, nous sommes virtuellement sous l’eau et découvrons les résultats de ces prises de sons de Felix Deufel. Les fréquences se transforment, on en observe les courbes ascendantes et descendantes, non sans rappeler les sons graves et moyens émis par les mammifères marins enregistrés par les hydrophones depuis les années 80, auxquels s’ajoutent des fréquences plus aiguës, sifflements relativement ténus.
Il est ici difficile de trancher entre les vertus de l’art “pur” ou d’une excellente trame sonore d’un documentaire scientifique…
Tout compte fait, l’assomption des deux avenues semble préférable.
LIRE ICI L’INTERVIEW RÉALISÉE PAR MICHEL RONDEAU























