électroacoustique / musique acousmatique

Akousma | Les échos de Daphne Oram, Joseph Sannicandro, Rehab Hazgui

par Joséphine Campbell-Lashuk

Le 30 octobre, Akousma a présenté sa deuxième soirée de musique acousmatique et électroacoustique.

La pièce de Daphne Oram a ouvert le premier bloc. Un bourdonnement analogique envahit l’espace ; de petits sons tourbillonnent autour de nous comme des extra-terrestres amicaux. C’est à la fois un bol chantant, une cloche synthétique et une réverbération granuleuse à l’ancienne. C’est une pièce chaleureuse et enveloppante qui nous habite comme l’espoir lui-même. Oram joue avec la distance, laissant certains tourbillons s’éloigner. Cette subtilité maintient notre attention sur les détails, de sorte que même lorsque la pièce commence à prendre de l’ampleur, nous pouvons encore entendre la résonance des petits sons. La partie centrale de la pièce apporte un contre-courant de noirceur, des rythmes semblables à ceux d’un train qui gonflent et s’estompent, laissant place au retour de la bande sonore pleine d’espoir.

La pièce suivante, composée par Joseph Sannicandro, nous semble assez particulière ; elle nous transporte du monde mystique d’Oram vers les rives d’un fleuve bien réel. Nous entendons l’eau, des bruissements et des gens. Le son reste proche de nous tout au long de la pièce, la rivière se déplaçant de gauche à droite tandis que le bruit blanc reste constant. La pièce, al-rambla / Las Ramblas, reste fermement ancrée dans le domaine de l’eau. Au début, elle m’a simplement bercé sans que j’y prête attention, mais sa répétition constante m’a rendu très conscient de ses subtiles variations. Il ne semblait y avoir aucun bruit d’eau répétitif ; chacun avait son propre rythme et sa propre tonalité. Cela rendait chacun d’entre eux spécial, comme si Sannicandro était accroupi près d’une rivière ou d’un ruisseau, écoutant attentivement sa voix. Dans la seconde moitié de la pièce, un moment m’a frappé comme l’incarnation de la claustrophobie, lorsque le bruit blanc s’est soudainement éloigné et que l’environnement s’est déplacé à l’intérieur.

La dernière pièce, Chôra (création) de Rehab Hazgui, commence avec vitalité. Deux explosions retentissantes nous frappent, suivies d’un haka tout droit sorti de la Chambre des communes néo-zélandaise, annonçant la résistance, le changement ou la destruction. Les voix du peuple nous frappent clairement, nous incitant à nous redresser et à prêter attention. Ensuite, les tambours prennent le relais, flottant au-dessus de nos têtes. On a l’impression que ces percussionnistes ont transcendé ce plan, au-delà de l’ici et maintenant. À notre niveau, un synthétiseur nous berce. Bien que cela soit agréable, il manque l’intensité et l’urgence qui rendaient l’ouverture si saisissante. Cela semble simplement s’apaiser et s’arrêter là. Ce programme Akousma était incroyablement varié, une occasion rare d’entendre des œuvres qui vont au-delà de ce à quoi on s’attend habituellement dans ce genre de contexte.

Photo de Joseph Sannicandro tirée de la page Instagram d’ Akousma

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