Lanaudière 2026 | Un festin symphonique en quatre services, signé Liu et Payare

par Julie Thériault

Ce samedi 1er août, l’humidité presque tropicale n’a pas empêché une soirée électrique à l’Amphithéâtre Fernand-Lindsay (le commanditaire sera content!), soirée d’énergie, de finesse et de découvertes… Le public estival de Lanaudière semblait ravi par ce programme audacieux, de Penderecki à Prokofiev en passant par un Tchaïkovski plus léger et méconnu, en culminant vers la totale mise en valeur  de l’orchestre dans la Suite sylphe de Prokofiev… On se serait cru dans une navette spatiale prête à décoller!!! 

En guise de dessert de ce concert, on a pu pleinement savourer la palette de couleurs de cet orchestre fabuleux, et l’énergie contagieuse de son chef chéri si fougueux, à la tombée de la nuit humide dans la suite scythe de Prokofiev. Cette œuvre, à l’origine commandée comme musique de ballet par Diaghilev, mais finalement refusée par celui-ci nous plonge efficacement dans un cinéma intérieur très inspiré. Extrêmement puissant et presque sauvage au début (on se souvient d’un sacre du printemps de Payare absolument électrisant à la Maison symphonique), on passe éventuellement au 3e mouvement complètement contrasté et magique (la nuit). Complètement transportés du début à la fin! Il ne faut jamais oublier que ces musiques ont inspiré les compositeurs des grandes musiques épiques, hollywoodiennes…

Le soliste tant attendu, gagnant du grand concours Chopin en avait beaucoup dans son assiette… Son interprétation  du 3e concerto de Tchaïkovski démontrait toute sa finesse, sa brillance, sa virtuosité. Cette œuvre moins connue, venait nous donner un peu de fraîcheur dans ce programme intense… bel entremets!!

Les qualités de Bruce Liu dans le Tchaïkovski étaient moins évidentes dans le Prokofiev —qui nécessite une puissance extrême— une personnalité presque décadente qui peut mener l’auditeur au nirvana… Un piano de concert neuf pieds n’aurait pas été un luxe pour se mesurer à un tel orchestre… En rappel, le pianiste de concert nous a offert une interprétation délicieuse, toute en finesse, de l’étude op.25 no1 de Chopin… La maîtrise est telle qu’on oublie que c’est une étude : on penserait entendre un nocturne… quel cadeau!!

Et comme magnifique hors-d’œuvre à ce concert, véritable prélude à tout ce qui nous attendait, la Sinfonietta no 1 de Penderecki. Pour cordes seulement, l’œuvre nous a fait apprécier les solii des premières chaises, ainsi que le contraste entre le grand orchestre à cordes (quel délice) et la musique de chambre.

Bref, une soirée réussie; un public excité de découvrir  à la fois une star internationale du piano (et formée à Montréal!!), et des œuvres moins connues si bien rendues par Rafael Payare et sa brigade ! 

Crédit photo: Gabriel Fournier

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