Le REFRAIN : Trouver sa voie

par Patrick Baillargeon

Le REFRAIN, ou le Regroupement des festivals régionaux artistiques indépendants, est né en plein début de confinement, en avril 2020, alors que beaucoup de festivals nageaient en plein doute, désemparés, sans savoir si leur événement aurait lieu. C’est à cette époque que Patrick Kearny, directeur général du Festival Santa Teresa a eu l’idée de fonder une structure associative pour promouvoir les petits et moyens festivals du Québec.

Le regroupement a pour mission de rassembler et valoriser les festivals et événements culturels indépendants comme des acteurs incontournables du développement économique, touristique et culturel québécois. Ses membres se caractérisent par la dimension artistique prédominante de leur programmation. Le regroupement compte près de 60 membres des domaines de la musique, des arts visuels et des arts de la scène. 

« J’ai eu l’idée de ce projet une semaine après le confinement, relate Patrick Kearny. Je venais juste de lancer ma programmation et, comme mon événement est au printemps, avant tous les autres, j’étais vraiment inquiet. Donc, j’ai rejoint d’autres directeurs de festivals pour qu’on parle de cette situation exceptionnelle car on est tous dans le même bain. Le REFRAIN, ce n’est pas juste un regroupement de festivals de musique, ça concerne toutes les formes d’art de partout à travers la province de Québec. On a avec nous un festival d’art du cirque, un festival de clowns, de marionnettes, de bandes-dessinées. Pour le moment, il y a environ 80 % des membres qui sont de festivals de musique. Cela dit, ce ne sont pas tous les festivals culturels qui peuvent se joindre à REFRAIN. On n’accepte que ceux qui ont un budget annuel de moins de 3 millions. Donc, ça ne concerne pas le FEQ, le FIJM, Osheaga, les Francos et les autres du même poids. Eux, ils ont leur propre réseau, ils ont leur lobby, ils n’ont pas besoin de nous. On n’a pas l’infrastructure de ces gros festivals, on roule avec une petite équipe et un petit budget, donc on doit s’unir et s’entraider. Maintenant, on va faire quoi avec ce regroupement ? Au-delà des bons coups, d’échanger des idées et de l’info, on cherche entre autres à créer un parcours culturel, un peu comme il y a des routes du vin ou du fromage, on veut créer une route des festivals culturels et faire la promotion de tous ces événements culturels provinciaux et des artistes d’ici. Car nous programmons majoritairement des artistes québécois. Osheaga, c’est un festival international, c’est complètement différent. » 

La plupart des festivals membres du REFRAIN, après avoir tous vu leurs éditions estivales de 2020 être annulées, font contre mauvaise fortune bon cœur cette année en programmant toutes sortes de petits événements. « On est capable de s’adapter, affirme Patrick Kearney, qui est à la tête du Festival Santa Teresa depuis deux ans. Et c’est là notre force; nous sommes pas trop gros, nous sommes plus souples, plus versatiles. Donc, tous ces petits festivals s’en sortent relativement bien malgré les circonstances parce que le gouvernement a honoré ses subventions, tout comme plusieurs partenaires tels que Musicaction, Factor, la SODEC, la SAQ, Hydro-Québec, pas mal tous ceux qui investissent dans nos événements. Ceux qui sont menacés par cette pandémie, ce sont surtout les nouveaux événements, ceux qui ont moins de trois ans d’existence. Car il faut savoir que pour toucher des subventions gouvernementales, ton événement doit rouler depuis trois ans ou plus. Donc, ceux-là sont dans l’eau chaude, et nous, on fait pression auprès du ministère de la Culture pour qu’il leur vienne en aide par le biais d’un petit programme où ces événements pourraient toucher peut-être une vingtaine de milliers de dollars, assez pour leur permettre de passer à travers la crise et subsister. Il ne faut pas oublier que les festivals sont une bonne source de retombées économiques », ajoute celui qui a organisé les Jeux du Québec plusieurs fois et qui est aussi président de la Fédération de judo du Québec et entraîneur. « Le Festif de Baie Saint-Paul, c’est 4 000 000 $ de retombées économiques en quatre jours. C’est du cash, ça, pour une ville de 10 à 12 000 habitants ! Moi, à Sainte-Thérèse, c’est presque 1 000 000 $ en un week-end ! Je peux te dire que les hôteliers et les bars du coin, ils nous aiment. C’est leur plus grosse fin de semaine de l’année. Et c’est pareil à Rouyn, à Petite-Vallée… Je ne pense pas que le REFRAIN va révolutionner le monde de la culture, mais ça va permettre de faire rayonner cette culture. » 

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