EDM / électronique / future bass

Igloofest 2023: faire la neige et le bon temps

par Alain Brunet

La COVID a dûrement touché Igloofest, un festival unique de par sa nature, de par ses planchers de danse enneigés et ses nuitards givrés – modérément, on le présume. Annulé les deux derniers hivers, le festival fut neutralisé par les pics d’éclosions du virus planétaire, et voilà le retour attendu. Igloofest retrouve son allant et redonne au Vieux-Port un lustre hivernal hors du commun.

Il faisait bon, jeudi, contempler de nouveau les rafales de neige se poser sur des milliers de tuques et capuchons au-dessous desquels des milliers de caboches et leurs popotins se faisaient aller à qui mieux mieux. Contexte hivernal par-fait au pied de la Scène Sapporo.

Pendant 90 minutes bien tassées, le producteur et DJ australien Flume a fait la neige et le bon temps, coiffant sa perfo d’une pluie de lasers à l’approche de 23h. Qui, au juste, aurait boudé son plaisir dans ce contexte de retrouvailles ? Mixtion tonique de bass music et de pop mondialisée, la musique au programme exclut toute prise de tête. Assortie de quelques interventions vocales par la collègue et compatriote Kučka, la manière Flume que l’on dit parmi les initiateurs de la sous-tendance future bass, s’adresse justement à une portion congrue du grand (et jeune) public venu à sa rencontre.

Oui, on imagine les fans plus âgés ou plus exigeants, mutékiens ou akousmiens, froncer les sourcils, faire la moue et autres gorges chaudes. On peut fort  bien ne plus carburer à ce type de pop EDM, construction prédigérée consistant à réduire la charpente d’une chanson archi-prévisible pour ensuite l’allonger de longs sédiments électroniques et l’assortir d’effets spéciaux, éclairages hi-tech, lasers, projections triées sur le volet. Il faut tout simplement admettre que le fast food peut parfois rassasier, faire du bien… à condition bien sûr qu’on ne s’en nourrisse pas quotidiennement. Inutile d’ajouter que Flume, star mondiale affublée de sa proverbiale combinaison de motocycliste de compétition, n’a que faire de ces considérations.

Depuis sa fondation en 2007, l’événement  montréalais a présenté un mélange équilibré de propositions, certaines faciles et conviviales et d’autres plus complexes, plus relevées artistiquement. Jeudi soir, par exemple, on pouvait assister au set de la Montréalaise (originaire de Toronto) Lia Plutonic, que notre collègue Salima Bouaraour nous a fait découvrir cet automne – lire l’interview. 

Néanmoins, on a pu faire un brin de jasette avec cette artiste douée de la relève house, au terme de sa performance donnée sur la scène Vidéotron entre 20h et 21h. 

« J’aime faire un mélange de couleurs nouvelles dans l’esthétique house, j’aime aussi référer aux sources du genre, en allant par exemple côté Chicago dans les années 90. Mais je ne réfléchis pas outre-mesure  lorsque je mixe ou produis,  j’y vais à l’instinct, je me lâche », a-t-elle expliqué tout sourire, satisfaite du travail accompli.

Au-delà du métier de DJ / productrice qu’elle souhaite pratiquer au cours des mois à venir, Lia Plutonic nous apprenait qu’elle terminait un premier cycle universitaire en psychologie, qu’elle envisageait maîtrise et doctorat à moins que la musique… Y a-t-il lieu de s’étonner que son sujet de recherche préféré en psycho soit le psychédélisme et ses drogues en voie de devenir thérapeutiques ? On pense notamment au champignon magique  chargé de psilocybine ou encore au célébrissime LSD,  psychédélique hallucinogène et psychostimulant d’origine hémisynthétique.

 Poser la question… Il fallait à être à Igloofest pour la poser !

Alors? Plus qu’acceptable pendant une quinzaine d’années côté Igloofest, cet équilibre entre divertissement léger et dance floor intelligent est-il aussi valable en 2023 avec la popularité acquise chez ces festivaliers qui, très souvent, ne savent pas devant qui ils se trémoussent ? Difficile de juger d’entrée de jeu, car il y a tant d’artistes à découvrir au cours des quatre week-ends consécutifs, dont le premier est bien entâmé. 

À très court terme, en tout cas, une fièvre du vendredi soir et une autre du samedi sont à prévoir dans des conditions plus que clémentes, réchauffement climatique oblige.

IGLOOFEST SE POURSUIT CE WEEK-END ET LES TROIS SUIVANTS. POUR INFOS ET BILLETS C’EST ICI

Tout le contenu 360

OperaM3F | Voix polyvalentes à la rencontre du jazz moderne

OperaM3F | Voix polyvalentes à la rencontre du jazz moderne

Geneviève Bilodeau – Rendre Grâce

Geneviève Bilodeau – Rendre Grâce

Valérie Lacombe : Du violon classique à la batterie jazz

Valérie Lacombe : Du violon classique à la batterie jazz

UdeM – Ultrasons | Florence Dubé, Allison Chidiac, Alexandre Hamel, Alexandre Vaillant, Florence Lafontaine, Olivier Martin-Fréchette, Charles Anthony Raymond-Plante Jacob Boucher, Rafaël Bouthillette, Félix Gervais-Richard

UdeM – Ultrasons | Florence Dubé, Allison Chidiac, Alexandre Hamel, Alexandre Vaillant, Florence Lafontaine, Olivier Martin-Fréchette, Charles Anthony Raymond-Plante Jacob Boucher, Rafaël Bouthillette, Félix Gervais-Richard

UdeM – Ultrasons  | Aurélie Théroux Sénécale, Maurice du Berger, Zao Dinel, Platon Beliaevskin, Ziryab El Hihi, Ac Riznar, Alex Ronald Brisson, Matisse Charbonneau, Jaden Brown

UdeM – Ultrasons | Aurélie Théroux Sénécale, Maurice du Berger, Zao Dinel, Platon Beliaevskin, Ziryab El Hihi, Ac Riznar, Alex Ronald Brisson, Matisse Charbonneau, Jaden Brown

Productions Nuits d’Afrique | Zalam Kao, grand gagnant des Syli d’Or

Productions Nuits d’Afrique | Zalam Kao, grand gagnant des Syli d’Or

Codes d’Accès, Constellations corporelles | « Crowdwork » d’Alexis Blais, pour violons, alto et haut-parleurs

Codes d’Accès, Constellations corporelles | « Crowdwork » d’Alexis Blais, pour violons, alto et haut-parleurs

Codes d’Accès, Constellations corporelles | Gabo et Rebecca, « Funelleries »

Codes d’Accès, Constellations corporelles | Gabo et Rebecca, « Funelleries »

Codes d’accès, Constellations corporelles | Gabi, Christophe, guitare, poésie, électro, open source, théorie du chaos

Codes d’accès, Constellations corporelles | Gabi, Christophe, guitare, poésie, électro, open source, théorie du chaos

Codes d’accès, Constellations corporelles | « Apparitions sur la chaîne de montage » par Nicholas Ma

Codes d’accès, Constellations corporelles | « Apparitions sur la chaîne de montage » par Nicholas Ma

OSM | Le pianiste montréalais Bruce Liu, superstar sur la planète classique… Et chez lui ?

OSM | Le pianiste montréalais Bruce Liu, superstar sur la planète classique… Et chez lui ?

Jordi Savall à la Maison symphonique, quête infinie dans l’Ancien et le Nouveau Monde

Jordi Savall à la Maison symphonique, quête infinie dans l’Ancien et le Nouveau Monde

Kelzk s’affirme avec DLB II, entre introspection et maitrise

Kelzk s’affirme avec DLB II, entre introspection et maitrise

Quasar: quatre saxophones, quatre compositeurs.trices, de l’électro et de la vidéo au CRMMT

Quasar: quatre saxophones, quatre compositeurs.trices, de l’électro et de la vidéo au CRMMT

High Klassified & Zach Zoya de nouveau réunis: Misstape II

High Klassified & Zach Zoya de nouveau réunis: Misstape II

Ping Pong Go – Smash Combat

Ping Pong Go – Smash Combat

UdeM | Soirée aux grands airs

UdeM | Soirée aux grands airs

Finale Sylis d’or 2026 : on vous présente Zalam Kao

Finale Sylis d’or 2026 : on vous présente Zalam Kao

Finale Sylis d’or 2026 : on vous présente Tamboréal Samba Bloco

Finale Sylis d’or 2026 : on vous présente Tamboréal Samba Bloco

Palais Montcalm | Palais Montcalm | Des hommes rapaillés, spectacle intemporel pour poète intemporel

Palais Montcalm | Palais Montcalm | Des hommes rapaillés, spectacle intemporel pour poète intemporel

Colin Stetson – Something Very Bad Is Going to Happen

Colin Stetson – Something Very Bad Is Going to Happen

Lamia Yared : entre le Minho et l’Euphrate, les époques et les traditions

Lamia Yared : entre le Minho et l’Euphrate, les époques et les traditions

Inéluctable musique artificielle, genèse et enjeux selon Michel Rochon

Inéluctable musique artificielle, genèse et enjeux selon Michel Rochon

‘’Jeux de couleurs’’ de l’Orchestre métropolitain : on y découvre un chef inspirant, et un bijou de Jacques Hétu

‘’Jeux de couleurs’’ de l’Orchestre métropolitain : on y découvre un chef inspirant, et un bijou de Jacques Hétu

Inscrivez-vous à l'infolettre