Bad Bunny, contre-pouvoir latino au Super Bowl

par Alain Brunet

Vêtements très très chic et très très blanc cassé, gonflés par un gilet pare-balles, le très attendu (ou très malvenu parce qu’exprimé en espagnol sauf exception) Bad Bunny, s’est présenté dans un labyrinthe de cannes à sucre où il croise différents acteurs de la vie quotidienne à Puerto Rico. On sait que l’île de Bad Bunny est un territoire américain souvent décrié par les trumpistes les plus fervents… et les plus racistes. On connaît la levée de boucliers des fachos refusant de reconnaître l’américanité états-uniennne de l’artiste le plus populaire de notre continent, on apprécie la réplique humaniste et progressiste à cette posture répugnante.

Tout au long de ce spectaculaire pot-pouri chorégraphié et assorti de moult parenthèses stylistiques, les caméos se multiplient : Cardi B, Jessica Alba, Lady Gaga, Ricky Martin, Young Miko, Karol G. Tout un pouvoir d’aspiration !

S’ensuit une chorégraphie de beautés latines au centre desquelles trône la superstar mondialisée. Dans le décor intérieur d’une maison typique de son île, Bad Bunny traverse un plancher qui s’effondre sous ses pieds et en ressort du rez-de-chaussée, devant un torride plancher de danse. Ça se trémousse jusque sur le toit d’un pick-up où il triomphe.

On enchaîne avec un orchestre à cordes couplé à un breakbeat, suivi d’une salsa-son interprétée en anglais par Lady Gaga, excellente une fois de plus. Nous sommes alors au coeur de la grande musique latine des caraïbes, Bad Bunny nous offre un mélange de chant et de rap, la mélodie vocale accompagne son flow.

Et puis une séquence troubadour, cuatro portoricain et voix puissante, celle de Ricky Martin, assortie d’une chorégraphie tribale de monteurs de lignes électriques, suspendus à des poteaux évoquant les coupures de courant dont l’île souffre lorsque les tempêtes se déchaînent. Souvenons-nous du mépris de Donald Trump après la tempête ayant ravagé Puerto Rico durant son premier mandat.

Cette méga-exécution culmine avec un God Bless America bien senti de Bad Bunny, avant qu’il définisse sa conception de l’Amérique en en énumérant tous les pays au lieu de se limiter aux Estados Unidos, dont le gouvernement se prend pour le continent entière plutôt de sa portion nord-américaine.

Voilà, sur la plus grande scène du monde en ce dimanche 8 février 2026, l’expression d’un contre-pouvoir tangible et encore naissant dans les trois Amériques, à cette nouvelle époque où la plus grande puissance de ce continent veut assujettir toutes les contrées et les peuples qui l’habitent.

À suivre… D’ici là, si ce n’est pas déjà fait, écoutez l’album DeBÍ TiRAR MáS FOToS (J’aurais dû prendre plus de photos) qui fait partie du top 2025 de PAN M 360.

POUR VISIONNER LA PRESTATION , ON CLIQUE ICI

Tout le contenu 360

Akousma | Matière limpide pour Eaux mêlées

Akousma | Matière limpide pour Eaux mêlées

Akousma | Mélanie Zhou et les échos du deuil

Akousma | Mélanie Zhou et les échos du deuil

Akousma | Le legs de feue Chantal Dumas

Akousma | Le legs de feue Chantal Dumas

Akousma | Manipulations en temps réel et douce violence chez Xavier Ménard et Diego Bermudez-Chamberland

Akousma | Manipulations en temps réel et douce violence chez Xavier Ménard et Diego Bermudez-Chamberland

Akousma | Synthèse rétroactive selon Alex Brisson

Akousma | Synthèse rétroactive selon Alex Brisson

Akousma | Manuella Blackburn, une poétique de l’ordinaire

Akousma | Manuella Blackburn, une poétique de l’ordinaire

Oktoecho x FMA | Katia Makdissi-Warren, 25 ans de pratiques métissées et nouvelles collaborations symphoniques

Oktoecho x FMA | Katia Makdissi-Warren, 25 ans de pratiques métissées et nouvelles collaborations symphoniques

Guillaume Côté et Les Songes d’une nuit d’été : le chorégraphe nous parle de son rapport intime avec la musique

Guillaume Côté et Les Songes d’une nuit d’été : le chorégraphe nous parle de son rapport intime avec la musique

SQMC/Chapelle historique du Bon-Pasteur : à la découverte de la musique contemporaine québécoise

SQMC/Chapelle historique du Bon-Pasteur : à la découverte de la musique contemporaine québécoise

OSM | De la virtuosité de Kavákos au flamboyant Oiseau de feu

OSM | De la virtuosité de Kavákos au flamboyant Oiseau de feu

Jayleen McCarty : «Je ne suis pas née reine, je le suis devenue»

Jayleen McCarty : «Je ne suis pas née reine, je le suis devenue»

Akousma| Felix Deufel nous fait découvrir la richesse sonore inouïe de l’Arctique

Akousma| Felix Deufel nous fait découvrir la richesse sonore inouïe de l’Arctique

Akousma | Les Artefacts sonores de Roxanne Turcotte

Akousma | Les Artefacts sonores de Roxanne Turcotte

Akousma | Duo Audréanne Filion et Myriam Bleau : là où réel et virtuel se confondent

Akousma | Duo Audréanne Filion et Myriam Bleau : là où réel et virtuel se confondent

Akousma | Exzald S, la violence du calme

Akousma | Exzald S, la violence du calme

Mois du Créole 2026 | Richy Jay fait vivre le konpa et le zouk à Montréal

Mois du Créole 2026 | Richy Jay fait vivre le konpa et le zouk à Montréal

OSM | D’un quatuor à l’autre à Bourgie, Debussy révèle toute la complicité des musiciens de l’OSM

OSM | D’un quatuor à l’autre à Bourgie, Debussy révèle toute la complicité des musiciens de l’OSM

Akousma | Melanie Zhou : façonner le son, traduire l’émotion

Akousma | Melanie Zhou : façonner le son, traduire l’émotion

Akousma | Alex Brisson et l’exploration musicale du feedback

Akousma | Alex Brisson et l’exploration musicale du feedback

Caprice au 9e : un agréable essai de rencontre baroque et carnatique

Caprice au 9e : un agréable essai de rencontre baroque et carnatique

Le Vivier | La fièvre (tonitruante) du dimanche soir

Le Vivier | La fièvre (tonitruante) du dimanche soir

Piknic Électronik x Igloofest: un dernier hourrah! avant janvier

Piknic Électronik x Igloofest: un dernier hourrah! avant janvier

Le Vivier | Albane Tamagna, autres modes de jeu de la flûte

Le Vivier | Albane Tamagna, autres modes de jeu de la flûte

Mois du Créole 2026 | David Bontemps : des frissons du début à la fin

Mois du Créole 2026 | David Bontemps : des frissons du début à la fin

Inscrivez-vous à l'infolettre

Inscription
Infolettre

« * » indique les champs nécessaires

Type d'abonné