Membre du collectif Anjunabeats, ce Californien de 24 ans concocte une house trance progressive distincte de l’offre actuelle, offre extrêmement vaste comme on le devine. L’objet est évidemment de remplir le plancher de danse jusqu’aux petites heures. À peine sorti de l’adolescence, Spencer Brown s’imposait avec l’EP Chalice sous étiquette LE7ELS, avant de joindre l’écurie Anjunabeats et d’y lancer plusieurs enregistrements très prisés des fans d’électronique, dont l’album Illusion of Perfection (2018) et le tout récent Stream of Consciousness dont il sera assurément question à l’Espace SAT.
Originaire de Seattle, Aaron Parks a une impressionnante feuille de route. Le pianiste new-yorkais témoigne d’une technique supérieure et d’une ouverture d’esprit le menant aux projets les plus créatif du nouveau jazz américain. Habitué des scènes montréalaises et proche de sa communauté de musiciens, cet excellent instrumentiste s’amène cette fois avec le contrebassiste Ben Street et le batteur Damion Reid. La matière au programme pourrait être en partie celle de son plus récent album paru chez Ropadope, Little Big, enregistré avec un personnel différent de celui au programme de la salle Bourgie.
Avec ses intrigues de palais, ses attaques de pirates, ses trépidantes courses de chars et l’apparition du Christ lui-même, la version tournée en 1925 de Ben-Hur offrira aux musiciens de quoi s’amuser. Zoé Dumais au violon, Guillaume Bourque à la clarinette, Joanie Labelle aux percussions et Guillaume Martineau, leader du collectif allumé Lucioles et pianiste aussi à l’aise en jazz qu’en classique, accompagneront la projection d’une copie 16 mm top niveau (gracieuseté du Cinéclub de Montréal/The Film Society) de l’épique Ben-Hur du réalisateur Fred Niblo. Attachez bien vos sandales, cette soirée s’annonce mémorable et digne du Circus Maximus romain.
Montréal Guitare Trio et California Guitar Trio: « Six guitares au sommet! »
par Michel Rondeau
Crédit photo: I. Vadnais
Six guitares au sommet, c’est la rencontre de deux trios guitaristiques, l’un de Montréal et l’autre de Californie. Depuis une dizaine d’années, les musiciens du sextuor ainsi formé se retrouvent périodiquement pour jouer ensemble, enregistrer ou donner des concerts. Celui à l’Outremont s’inscrit d’ailleurs dans une tournée nord-américaine qui les amènera dans six autres villes du Québec.
In a Landscape, leur plus récent album en commun, réalisé dans une église du Canton de Gore, une municipalité des Laurentides au nord de Lachute, donne une bonne idée du répertoire joué en tournée. Il propose autant des pièces originales des membres du sextuor que des reprises réarrangées, comme Weird Fishes de Radiohead, Space Oddity de David Bowie, Perpetuum Mobile du Penguin Cafe Orchestra et la pièce-titre, composition de John Cage.
À l’instar de la mixtape 51tr4p Fr4p50, la chanson On fouette de Tizzo fut diffusée dès le printemps 2018, pour ensuite être primée par la SOCAN, soit en juin 2019. L’expression on fouette, soit dit en passant, magnifie les velléités conquérantes de Tizzo et de ses potes afro-montréalais qui ne l’ont pas eu facile avant de s’imposer dans le hip-hop local. Tous impliqués dans le bricolage de ce tube authentique, Tizzo (Teddy Laguerre), Shreez (Shawn Volcy), Soft (Marc Casseus) et 4590’z (Vladimir Methelus) avaient remporté conjointement ce prix de la SOCAN. Nous sommes encore au début de cette ascension rapide et sûre de Tizzo et sa bande, dont la prochaine étape est prévue au Club Soda, dans le contexte de l’événement Run It Fest. Tizzo, Shreez et Soft seront sur scène, sans compter d’autres collègues issus de la communauté rap keb – Kay Bandz, Soubillz, TK, Mike Shabb, Kevin Na$h, DJ Crowd.
La songwriter norvégienne Anna Lotterud est connue publiquement sous le pseudo d’Anna of the North pour les raisons évidentes. Dans le cas qui nous occupe, indie pop, synth pop, soul pop et dream pop concourent à une approche résolument… pop. Accroches mélodiques, harmonies consonantes, thémathiques romantiques… rien de plus pop. Pour l’instant, l’économie de moyens et d’artifices confère à cette Scandinave s’exprimant en anglais (parfait pendant un long séjour en Océanie) une fraîcheur et une légèreté au-delà du conformisme apparent de ses chansons. Si tout se passe bien pour Anna of the North, l’escale au Ministère sera une étape vers des salles beaucoup plus vastes. Ce qui n’est pas acquis, malgré les succès d’estime des albums Lovers (2017) et Dream Girl (2019).
Prix Polaris 2019, la rapper torontoise Haviah Mighty doit remonter les marches de l’escalier et ainsi conquérir le public montréalais, à commencer par celui venu à sa rencontre au Belmont. Depuis la sortie de l’excellent opus 13th Floor, on sait son éloquence, sa force de frappe, la qualité du beatmaking enrobant ses mitrailles verbales. Haviah Mighty est une forte personnalité, un ego renforcé par de multiples victoires sur l’adversité, sa propre condition de femme noire est devenue une arme redoutable, formidable matériau de son expression hip-hop. Allons le constater sur scène! Partage ce programme Louis-Philippe Célestin, alias Lou Phelps, jeune frère du Kaytranada, ainsi que CJ Flemings, autre rappeur montréalais.
Salomé Leclerc a indéniablement trouvé sa voie en explorant Les choses extérieures, de loin l’enregistrement le plus concluant d’une carrière encore jeune. Les échos des concerts qui ont suivi ont été pour la plupart élogieux, et le cycle n’est pas encore terminé. Il faut contempler l’incarnation sur scène de cette très douée parolière, compositrice, multi-instrumentiste, réalisatrice, interprète, certes l’une des figures dominantes en Amérique francophone au tournant de cette décennie. Il faut donc quitter les chaumières pour apprécier les versions plus musclées de son excellent album, auxquelles s’ajoutent ses meilleurs crus antérieurement conçus. Un must, sans contredit.
Éminence noire de la techno expérimentale aux accents industriels, cet artiste allemand se présente masqué, capuchonné à l’instar de la grande faucheuse, spectral, farouchement anonyme. Sa musique est plus que sombre, dystopique voire apocalyptique. Ses rythmes sont violemment binaires, grooves empreints de sons hachés menu, de voix traitées, fragments symphoniques, psalmodies mystiques et plus encore. Est-il besoin de souligner que cette noirceur est assortie d’une esthétique froide, clinique, résolument germanique. De quoi passer une excellente nuit! Partagera le programme la Montréalaise Softcoresoft, dont on a fait l’éloge à l’annonce d’un programme présenté plus tôt en février à la SAT.
Sarah et Emily Oulousian: sœurs pianistes aux Mélodînes
par Alain Brunet
Nées de mère chinoise et de père arménien, les frangines montréalaises Emily et Sarah Oulousian mettent leur talent pianistique au service de Mozart, Chopin et Gershwin. Ce programme s’inscrit dans le contexte de la série les Mélodînes, mise de l’avant par la société de concerts Pro-Musica. Depuis sa tendre enfance, l’aînée épate la galerie. Elle fut d’ailleurs championne de l’émission Virtuose et poursuit sa route sur les ivoires. De concert avec sa cadette Emily, Sarah Oulousian propose un programme classique, romantique et moderne, de Mozart à Gershwin en passant par Schubert et Chopin.
PROGRAMME Emily Oulousian: Wolfgang Amadeus Mozart: Sonate pour piano n° 14 en do mineur, K. 457, I. Molto allegro et II. Adagio Frédéric Chopin: Étude op. 25 n° 4 en la mineur Sarah Oulousian: Franz Schubert: Impromptu op. 90 n° 3 en sol bémol majeur Frédéric Chopin: Scherzo op. 39 n° 3 en do dièse mineur Duo: George Gershwin: Rhapsody in Blue
Preuve du succès du groupe suédois auprès du public montréalais, le concert du MTelus affiche complet depuis le 17 janvier. La tournée de la formation dirigée par le chanteur, guitariste et compositeur Mikael Åkerfeldt fait suite à la sortie de l’album In Cauda Venenum en septembre dernier. Dans une entrevue accordée à Hop ‘N’ Music, une publication italienne consacrée à la musique et à la bière, le claviériste Joakim Svalberg mentionne entre autres que les membres d’Opeth ne savaient pas que Mikael avait entrepris de composer leur 13e disque jusqu’à ce qu’il soit terminé. Depuis ses débuts en 1989, le groupe death metal progressif, devenu métal rock progressif depuis l’album Heritage (2011), livre ses textes en anglais. Cette fois-ci, Mikael a décidé d’écrire et de chanter ceux d’In Cauda Venenum dans sa langue natale. Les musiciens ont également enregistré une version anglaise, mais ils considèrent que la version originale est la suédoise. Première partie: Graveyard.
Gregory Charles, Alexandre Da Costa et l’improvisation symphonique
par François Vallières
L’Orchestre Symphonique de Longueuil a prévu un concert éclectique qui réservera son lot de surprises au public présent. Intitulé Improvisations Symphoniques , le chef titulaire de l’orchestre, Alexandre Da Costa, y dirigera tout d’abord des extraits de musiques de film du compositeur Miklos Rozsa. Ayant composé autant de musique destinée au concert que pour le 7e Art, la musique du hongrois naturalisé américain est inventive, originale et a influencé bon nombre de créateurs par la suite. Da Costa troquera ensuite la baguette pour le violon et interprétera les trois mouvements tirés de la célébrissime musique que John Williams a composée pour le film La liste de Schindler. Cet évènement se conclura avec la venue d’un invité spécial, le polyvalent musicien Grégory Charles qui présentera sa Rhapsodie pour piano et orchestre.
PROGRAMME Orchestre symphonique de Longueuil Alexandre Da Costa : violon et direction Grégory Charles, piano John Williams : extraits de La liste de Schindler Grégory Charles : Rhapsodie pour piano et orchestre