L’Au-Delà, paru début janvier, est le deuxième album des DDWD, dont la pochette est signée par nul autre qu’Elzo Durt, un des maîtres des visuels psychédéliques ces dernières années. Le groupe ne le cache même pas, il est clairement influencé par le rock garage psychédélique californien (on pense à Thee Oh Sees ou Ty Segall, pour ne citer que les plus connus). Cette fois-ci par contre, c’est en français que la formation montréalaise a choisi de s’exprimer. L’album enregistré, réalisé et mixé par Guillaume Chiasson (Ponctuation, Jesuslesfilles) se décline en huit courts titres juste assez psychédéliques pour nous faire voyager dans l’au-delà.
(ANNULÉ) Mdou Moctar • Avec le soleil sortant de sa bouche
par Rupert Bottenberg
Crédit photo: Jerome Fino
Le Nigérien Mdou Moctar n’est pas du genre à attendre que les choses arrivent. Ayant grandi dans un village où la musique était interdite, il a construit sa première guitare avec des morceaux de bois. En 2008, il s’est rendu au Nigeria pour enregistrer son premier album, mêlant blues-rock touareg et afro-électro, qui s’est répandu comme une traînée de poudre sur le circuit des téléphones portables d’Afrique de l’Ouest. Il a ensuite produit et joué dans le premier film en langue touarègue, un remake de Purple Rain. À coups de licks de guitare incendiaires, il s’est taillé une place à l’avant-garde du son psyché-désertique nord-africain popularisé par Tinariwen à partir de 2001. Son plus récent album, Ilana : The Creator (le premier avec un groupe convenable et un réalisateur), est une œuvre étonnante, débordante d’énergie où, sa section rythmique toujours sur ses talons, son timbre âpre et brillant et ses envolées incandescentes atteignent des sommets vertigineux.
Perpétuateurs de la vénérable tradition Qawwal Bacchon ka Gharana, la même école musicale séculaire qui nous a donné Nusrat Fateh Ali Khan, les frères pakistanais Fareed Ayaz et Abu Muhammad comptent, dans leur pays et à l’étranger, parmi les plus grands noms du qawwalî, l’exaltante tradition soufie des chansons extatiques en perpétuelle ascension. Idéal pour chasser la dernière humeur grise de l’hiver.
À cheval entre l’électro-punk et l’électro-pop, quelques fois plus l’un que l’autre et vice-versa, les We Are Wolves ont toujours fait preuve d’une certaine sensibilité mélodique. Leur dernier effort, le EP numérique de cinq titres La main de Dieu, avec ses chansons en français et en espagnol, en est une (autre) excellente preuve. Le trio montréalais, qui célèbre cette année ses 20 ans, se paye les Foufs, une salle de concert où on les a rarement (jamais?) vus. Un retour symbolique à leurs racines punk ?
L’œuvre de Frank Zappa est considérable, c’est connu, mais on n’y trouve pas beaucoup d’orgue à tuyau, sinon sur l’album Uncle Meat, quand Don Preston joue les notes d’introduction de Louie Louie sur le « Mighty & Majestic Albert Hall Pipe Organ » (dixit FZ). C’est donc une belle surprise de découvrir le Trio RCM, qui nous vient de France, dans lequel le percussionniste Henri-Charles Caget et le guitariste Frédéric Maurin appuient le travail de l’organiste Yves Rechsteiner, à qui on doit les arrangements de base de ce programme qui compte une dizaine de pièces de Zappa, mais aussi des interprétations d’œuvres d’Emerson, Lake and Palmer, de Pink Floyd, de King Crimson et de Pat Metheny. Cette fois-ci, c’est le Grand Orgue Pierre-Béïque de l’OSM qui sera mis à contribution. Ça va sonner !
Pionnier du mouvement future house, connu notamment pour son travail auprès de Lady Gaga, Janet Jackson et les DJ Snake, Mercer et Malaa avec qui il forme le collectif Pardon My French, le fondateur du label Confession viendra chauffer la salle du MTelus avec sa panoplie de sons chauds et sensuels. De son vrai nom Martin Bresso, le DJ et producteur parisien, établi à Miami, a fait de la house son domaine, flirtant pratiquement avec toutes les déclinaisons du genre. Toujours vêtu de son emblématique tenue de prêtre lors de ses sets, cet apôtre de la basse vous convie à une messe groovy pas très catholique.
Ben Böhmer
Si toutefois Tchami est trop ceci ou pas assez cela pour vous, vous pourrez toujours opter pour la house éthérée de Ben Böhmer au Théâtre Fairmount le même soir ; on se demande d’ailleurs pourquoi les deux ne sont pas programmés au même endroit… Actif depuis peu sur la scène house mondiale, Ben Böhmer est tout de même devenu en quelques années une référence incontournable de la deep house et de la progressive house avec déjà une dizaine de EP à son actif. Le prolifique DJ et producteur allemand, endossé par Anjunadeep et Keller Records, est aussi patron de l’étiquette Ton Topferei. Si vous n’arrivez pas à choisir entre Böhmer et Tchami, il vous reste encore un peu de temps pour développer le don d’ubiquité.
En l’espace de quelques années à peine, Call Super a gagné le cœur du public, des médias – son album Arpo a remporté le prix de l’album de l’année DJ Mag en 2017 – et la reconnaissance de ses pairs. Audacieux musicien d’origine anglaise, il produit une musique qui flirte avec l’expérimental. Nul doute que les sonorités chaudes et organiques de ses sets, taillés pour le dancefloor, trouveront une résonance idéale à travers le système de son du Stereobar, parfait pour ce type de musique. Il y a un autre écrin, l’afterhour Stereo, qui le soir même accueillera le tant attendu Dixon, élu DJ le plus populaire par Resident Advisor en 2019. Il est l’un des chefs de file de la house progressive allemande aux côtés d’artistes comme Âme (avec qui il a cofondé le label Innervisions) ou Henrik Schwarz.
Samy Ben Redjeb est le fondateur du label Analog Africa, basé à Francfort en Allemagne. Véritable archéologue de trésors musicaux, il voyage en Amérique du Sud et en Afrique pour dénicher des sons tropicaux, afrobeat, cumbia ou encore salsa des années 1960 et 1970. Le résultat de tout ce travail est une panoplie de compilations de sons totalement inédits, groovy et entraînants. Il vient nous les présenter pour la première fois à Montréal, pour le plus grand plaisir des oreilles à la recherche de découvertes exotiques.
Le concert est organisé par un des fondateurs du festival psychédélique montréalais Distorsion pour présenter deux bands émergents: Shade, formation rock’n’roll d’Hamilton, et Orchids, groupe montréalais de shoegaze, un genre plutôt rare à Montréal. Ce dernier band vient de joindre le label belge EXAG’ Records et nous présentera, entre autres, les deux prochaines chansons à paraître en single.
En première partie de programme, Jyraph remplacera Chacal, programmé initialement.
Originaire de Détroit, le berceau de la techno, Omar-S est un digne représentant de l’underground local. Son style unique, qui lorgne vers la house, s’inscrit dans la lignée de celui de ses prédécesseurs, à l’image de Theo Parrish ou Moodymann. Producteur prolifique et excellent DJ, lors de ses sets, il oscille entre techno, house et deep house. De la dance music tantôt nourrie au jazz, à la soul (Motown) et qui trouve son esprit dans la house de Chicago, échantillonnant parfois même du disco. Seul mot d’ordre : groovy. Sortez vos souliers de danse !
Mon premier est un compositeur et artiste audiovisuel montréalais du nom de Maxime Corbeil-Perron aux claviers et à l’électronique, mon second un bassiste actif sur la scène musicale indépendante depuis une vingtaine d’années appelé Sylvain Gagné, mon troisième un guitariste connu pour mettre en valeur les possibilités texturales de son instrument nommé Simon Trottier (absent sur la photo), mon quatrième une vocaliste d’origine japonaise répondant au nom de Maya Kuroki et mon tout un nouveau groupe baptisé Siamois Synthesis qui lance ce soir-là Feu Aimant, son premier album, sous étiquette Ambiances Magnétiques, dont le premier extrait est fort prometteur.
La formation suédoise n’a rien perdu de sa verve et de ses visées révolutionnaires, comme en témoigne son plus récent album, War Music, lancé en octobre dernier sur Search And Destroy/Spinefarm Records. Un sentiment d’urgence se fait entendre d’un bout à l’autre de ce brûlot hardcore, maxime de Marx à l’appui sur Blood Red. Impossible de passer sous silence les deux groupes qui l’accompagneront, et ce, pour la majeure partie de sa tournée nord-américaine. D’abord Youth Code, formation à l’EBM bien trempé, plongeant ses racines dans le hardcore, avec une présence scénique brutale et généreuse. Enfin, le groupe classique du punk hardcore engagé, Racetraitor, au son abrasif s’il en est. Une soirée sans compromis à ne pas manquer!