Pays : Royaume-Uni Label : PIAS Genres et styles : avant-rock / déclamation / électronique / expérimental / hip-hop instrumental Année : 2020

I Grow Tired But Dare Not Fall Asleep

· par Alain Brunet

Depuis 2011, on s’intéresse de plus en plus à Ghostpoet, Londonien de 37 ans avec aujourd’hui cinq albums dans sa besace. Dark Days + Canapes, son avant-dernier, fut d’ailleurs sélectionné pour le Mercury Prize. Voici venir I Grow Tired But Dare Not Fall Asleep, sans doute le meilleur de sa discographie, voire un tournant annoncé côté notoriété internationale. Obaro Ejimiwe (de son vrai nom) est apparu sur le radar en raison de ses idées musicales et poétiques visionnaires, pour employer cet euphémisme, et aussi parce que son jeu de référents dépassait largement les allégeances « naturelles » d’un artiste occidental d’origine africaine, afro-britannique ou afro-américaine. Cette fois-ci, le mélange est relativement le même mais la maîtrise est plus grande, le langage plus cohérent, les ingrédients mieux calibrés que jamais. De surcroît, Ghostpoet suscite un grand intérêt côté « recherche fondamentale » parce qu’il s’avère plus expérimental que Blood Orange ou les Young Fathers, et plus étrange qu’Yves Tumor, ce qui n’enlève rien à ces derniers. La demeure est ainsi hantée d’échos post-punk, avant-rock, du minimalisme américain, de la musique de chambre de tradition classique, de hip-hop, de grime, de jazz, d’électro. Les invitations y sont multiples : Art School Girlfriend, Skinny Girl Diet’s Delilah Holiday, Katie Dove Dixon ou la francophone SaraSara, qui y déclame dans sa langue maternelle. Les mots y sont dits à la manière d’une trame poétique, ni rap ni chant au programme. L’atypie du texte et le ton dystopique de son narrateur sont certes à l’image de la conjoncture, les mises en situation expriment une profonde perplexité devant les sociétés humaines. On y évoque les désirs contradictoires de vivre ou de mourir, de se retirer de la circulation ou d’y plonger, l’inefficacité des médicaments du bonheur, les bienfaits ou les méfaits du bruit, l’incertitude prononcée de son propre état intérieur… Rien pour nous rassurer sur quoi que ce soit, le tout est néanmoins nourrissant et protéiné. Ghostpoet propose ainsi une œuvre d’exception qui sied parfaitement au contexte actuel.

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