Il avait carte blanche pour cette soirée hommage à Jean Jacques Dessalines avec pour seule consigne : liberté. Et c’est avec cette liberté que David Bontemps nous a transportés durant cette heure de demie, grâce à son piano qui semblait être un prolongement de son corps. Avec des pièces qui mêlaient douceur et intensité, allant de l’un à l’autre de manière tout à fait fluide, nous ressentions en direct ces émotions contradictoires.
Ces morceaux avaient des allures d’histoires racontées à travers des notes de musique plutôt que des mots, avec un début, une intrigue souvent intense musicalement suivie d’une chute, parfois dramatique mais pas toujours. Lorsqu’il fermait les yeux, on pouvait ressentir cette connexion entre lui et son instrument, comme s’ils communiquaient entre eux, en plus de communiquer avec l’audience. Humblement, il saluait la salle toutes les deux ou trois chansons, avant de retourner à son piano.
La Chapelle musicale du Bon Pasteur était plutôt pleine en ce samedi soir d’automne avec des spectateurs de toutes les générations. Certains avaient l’air d’être des habitués du Mois du Créole puisque j’en ai reconnus plusieurs qui étaient au concert d’ouverture du 3 octobre avec Jocelyne Béroard et Tony Chasseur.
Une première partie était assurée par Kara Antoine qui nous a lu un magnifique poème de Félix Morisseau-Leroy, Mèsi Papa Desalin. Dans ce poème épique, ce poète et écrivain haïtien connu pour utiliser la langue créole dans ses œuvres rend un vibrant hommage à Jean Jacques Dessalines, figure emblématique de l’histoire d’Haïti. Dans ses vers teintés de reconnaissance, le poète a salué la bravoure, l’héroïsme et le courage de ce héros qui a œuvré en vue de bâtir une société haïtienne plus juste et plus égalitaire, une société basée sur la liberté, la fraternité, la dignité et le respect de la personne humaine.
Nous étions ainsi dans les meilleures conditions pour poursuivre avec le récital de David Bontemps. Et tel qu’il l’avait souhaité lors de notre entrevue quelques jours plus tôt, plusieurs dans la salle sont venus l’écouter, « les yeux fermés, et les oreilles ouvertes ».
Crédit photo: Valérie Gassien























