Après la super percutante prestation de Kali Horse, c’était au tour de l’artiste montréalais Miro Chino de performer vendredi dans l’arrière salle de la Casa del Popolo. De son vrai nom Miro Nguyen, le musicien autodidacte a grandi dans les rues de Montréal, une métropole qui habite le cœur de son œuvre. Dans ses morceaux, il dépeint avec authenticité ce que signifie vivre et vieillir dans cette ville : y grandir, travailler, aimer, pleurer et traverser les petits et grands moments du quotidien.
Nommé Révélation Radio-Canada 2024-2025 (aux côtés d’artistes comme Rau_Ze), Miro Chino se produisait ici pour la première fois, mais pour une deuxième fois devant moi. En l’espace de ces deux années, l’évolution de son univers saute aux yeux. Lors d’une listening party pour son prochain album encore inédit à laquelle j’avais pu assister, l’artiste m’avait partagé son désir de s’éloigner, mais aussi d’innover par rapport aux sonorités de son précédent projet, Good Times Bad Times.
Véritable baroudeur musical, Miro Chino navigue avec aisance entre les genres. Nourri d’influences variées, entre Jean Leloup et Hubert Lenoir jusqu’à des figures internationales comme Mac Miller, il surprend constamment, comme en témoigne sa récente collaboration avec la talentueuse Virginie B.
C’est devant une salle comble et chaleureuse, entouré de ses proches au premier rang et d’un public varié à l’arrière, que l’artiste est monté sur scène avec une pointe de fébrilité après plusieurs mois d’absence. Fidèle à son excentricité visuelle, il a fait son entrée affublé d’une imposante tête de marionnette en forme de poisson, guitare à la main et, comme à son habitude, pieds nus (ou plutôt en chaussettes…)
Pendant près d’une heure, le musicien a alterné entre ses classiques et l’interprétation en exclusivité de nouveaux morceaux encore non parus. Délaissant son masque à mi-parcours pour dévoiler son visage, Miro a pris le temps d’échanger avec la foule, insistant sur son désir de « spread love in Montreal » (qu’il a d’ailleurs appelé “petites pustules d’amour… cute, non?)
Musicalement inclassable, passant entre le ska, le rock et le hip-hop, son répertoire s’enrichit désormais de textures nettement plus électroniques, teintées d’influences house et inspirées de la scène club locale et internationale.
Après la décharge grunge et percutante de Kali Horse, Miro Chino a su apaiser l’atmosphère avec un univers musical chaleureux, préparant le public en douceur et en amour pour la toute dernière prestation de la soirée. Une performance lumineuse qui confirme, une fois de plus, toute la richesse et l’imprévisibilité de son talent.























