Dans la Satosphère, le 24 septembre dernier, la performance audiovisuelle de George Clanton sous son pseudonyme ESPRIT a pris la forme d’une expérience contemplative, nostalgique et hypnotique. Assis devant ses instruments, notamment sa fidèle Roland SP-404SX, l’artiste contrôle à la fois la musique et les images, dans un dispositif qui rappelle les débuts de son projet, alors qu’il façonnait ses morceaux dans l’intimité de sa chambre.
Plutôt que de chercher le contact direct avec le public, Clanton demeure concentré et presque immobile, laissant une vague sonore investir l’espace en continu. De lourdes nappes de synthétiseurs éthérés, des textures évoquant la distorsion des cassettes VHS et des samples manipulés au ralenti composent un univers vaporeux, fidèle à l’esthétique vaporwave. Le set revisite notamment des classiques comme « Wormpop » et « Secret Esprit.wav », tout en intégrant des samples reconnaissables, dont celui de « Crazy » de Seal, utilisé dans « Seal », pièce parue sur 200% Electronica, aujourd’hui considéré comme un album marquant de la vaporwave.
Autour des spectateurs, une succession de téléviseurs analogiques devient le cadre de visuels inspirés de la culture web et vidéoludique des années 1990. Glitchs, textures pixélisées et couleurs pastel, dominées par le rose, le cyan et le violet, composent un espace artificiel où flotte une mélancolie familière, celle des mondes numériques oubliés.
À la fin du concert, sous les applaudissements, George Clanton joint les mains face au public dans un geste de namasté, avant de reprendre, avec un sourire, la célèbre pose de la pochette de Seal. Mais son salut ne s’arrête pas là : il descend ensuite dans la foule pour serrer les mains de ses fans et prendre quelques instants avec chacun d’eux. Après une performance où il était demeuré concentré et presque impassible derrière ses instruments, ce moment révèle une tout autre facette de l’artiste. Une façon particulièrement généreuse de clore la soirée, en prenant le temps de remercier individuellement ceux venus faire vivre son univers.























