chanson française

Francos 2026 | Laurent Voulzy: un moment de grâce

par Michel Labrecque

Les Francos ont de la suite dans les idées: un an après la venue d’ Alain Souchon, accompagné de ses fils, c’était au tour de son comparse et compositeur, Laurent Voulzy, de se présenter au public montréalais, à 77 ans, après une longue et riche carrière.

Voulzy est, de loin, le compositeur français le plus anglophile, adepte des Beatles, des Beach Boys et de Simon & Garfunkel depuis son adolescence et malgré ses origines guadeloupéennes, de par sa mère. D’abord et avant tout, Laurent Voulzy est un mélodiste exceptionnel, doublé d’un arrangeur et musicien au-dessus des normes.

Bien que n’ayant rien de neuf à proposer, musicalement, Voulzy nous a présenté un spectacle magnifique, avec des chansons réarrangées avec un souci du détail qui frôlait la perfection.

Mariant les chansons plus connues, comme My Song of You et Coeur Grenadine et d’autre moins connues, comme Ma Seule Amour et Le Rêve Du Pêcheur, assorties de très longues présentations, durant lesquelles il a rendu de longs hommages à Alain Souchon, son « frère ». Souchon écrivait des textes, Voulzy faisait des musiques, une complicité qui dure depuis un demi-siècle.

Laurent Voulzy était accompagné d’un quatuor de musiciens étonnant: quand le batteur électronique Mederic Bourgue délaisse les percussions pour enfourcher un violoncelle; Karen Brunon alterne entre le violon, la harpe celtique et  la guitare électrique. Le pianiste et claviériste Michel Ansellem est d’une versatilité hallucinante. Le bassiste Olivier Brossard complétait la formation. Tous chantaient et contribuaient aux harmonies vocales, qui sont aussi une obsession de Voulzy. Digne de Crosby, Stills & Nash.

Nous avons eu droit à des arrangements d’une finesse exceptionnelle. Il faut ajouter Laurent Voulzy, un guitariste digne de Paul Simon, qui a utilisé une dizaine de guitares durant ce concert de deux heures et demie. Il s’est même permis d’improviser sur des congas sur un air de calypso en hommage à sa mère.

Pour un geek de musique comme moi, qui n’attendais rien de particulier de ce concert, ce fut un plaisir formidable. Un tout petit bémol: j’aurais aimé qu’il nous fasse entendre des chansons de Belém (2017), son album le plus brésilien. Ce n’est pas arrivé.

Évidemment, il fallait qu’on entende Rockcollection, son premier grand succès et quelques souchonneries comme La Fille D’avril ou Foule Sentimentale, « une des rares dont je n’ai pas fait la musique » a-t-il dit avec une douce ironie.

Mais j’ai préféré Le Soleil Donne, un discret hymne anti-raciste qui affirme que « Le Soleil donne la même couleur aux gens », chantée en anglais espagnol et français. Avec une mélodie digne de Sir Paul McCartney.

Cette fête s’est terminée sur une interprétation de Je reviendrai à Montréal, de son ami Charlebois. Et Paradoxal System, une pépite Voulzéenne des années 90.

Quelqu’un lui a emmené un drapeau du Québec, qu’il a brandi devant le public, qui était totalement rassasié.

Crédit photo: Victor Diaz Lamich

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