Harry Styles se renouvelle avec un mélange d’électro, d’une touche de new wave et de (peu de) disco sur son quatrième album Kiss All the Time. Disco, Occasionally. Rebaptisé Kissco par les intimes, l’opus de 12 chansons a été entamé à Berlin aux côtés des collaborateurs de longue date Tyler Johnson et Kid Harpoon. Inspiré de la playlist Européenne de l’artiste (Jamie xx, Ben Klock..), mais aussi des shows de LCD Soundsystem, il nous transporte dans un voyage sonique surprenant et consistant où l’artiste se libère des attentes.
Tout d’abord, le single à l’énergie printanière Aperture ouvre, à mi-chemin entre les percussions battantes du House et les synthés/chœurs à la MGMT, pour donner le ton : « Dance halls, another cadence ». Une chanson qui lui aurait été inspirée par l’écoute de The Durutti Column.
Ensuite, American Girls suit sur un tempo moyen, à mon sens un clin d’oeil évident à The 1975 avec ses accords aquatiques au piano, son refrain à la mélodie contagieuse et ses synthés groovy. Le groove mène à la funky basse de Ready, Steady, Go!, clairement un clin d’œil à Metronomy cette fois, avec ses modulations vocales et ses claps sur fond de disco-rock.
Puis, l’inspiration de LCD Soundsystem culmine sur Are You Listening Yet?, où caisse claire industrielle et toms futuristes se retrouvent pour une pièce inattendue, indie et dansante. L’artiste y confronte des pensées chaotiques aux illusions qui l’entourent : « Now you’re all out of choices, are you listening yet? / Between your head and your heart and somewhere else instead » .
Par ailleurs,Taste Back, pièce synth-pop avec douces clochettes et joli crescendo ainsi que The Waiting Game, avec son beat trip-hop et ses pizzicatos électro, mènent plaisamment à l’expérimentale Season 2 Weight Loss. À la différence de la ballade romantique Coming Up Roses, pour lequel un orchestre de 39 musicien.ne.s a été dirigé par le chef anglais Jules Buckley afin de porter une histoire d’amour maudite, écrite exclusivement par l’artiste dont la voix se trouve à l’avant-plan.
Enfin, la partie la plus disco de l’album arrive avec l’électrique pop et la funky Dance No More, réminiscence des meilleures années de Prince et de MJ. Elles nous entraînent jusqu’à la planante Paint By Numbers en version acoustique et à Carla’s Song, une folle ride électro qui clôt en nous encourageant à risquer, nous aussi : « it’s all waiting there for you ».
En définitive, ce qui ressort de cette écoute est qu’Harry fait la musique qu’il a envie d’entendre, moins préoccupé par la réception du matériel que par son envie d’explorer ce qui le distingue. Là où tous les autres membres de One Direction se ressemblent dans l’évolution de leur carrière solo, Harry fait le choix de prendre une autre direction, plus authentique et mature, qui le mène au-delà des standards.






















