Le 9e, superbe salle Art Déco du Centre Eaton qui connut ses heures de gloire au siècle précédent, est enfin remise à contribution. Le programme Mère-Noël donné le mardi 16 décembre par la mezzo Kristin Hoff, la soprano Jacqueline Woodley et la harpiste Juliette Duguay fut l’occasion pour les férus de chant lyrique et de musique de chambre d’apprécier en famille une jolie sélection de grands airs de Noël.
Minuits Chrétiens fut la porte d’entrée de cette prestation en trio. Dès lors, on a observé la polyphonie à deux voix de la mezzo et de la soprano, le tout
Feu Gilbert Patenaude, son fils Julien Patenaude et Juliette Duguay, tous liés à la famille Patenaude comme l’est Jacqueline Woodley, ont conçu les arrangements de ce programme fort sympathique, juste assez classique pour se démarquer de plusieurs exercices du genre, et assez pop pour séduire les profanes du chant lyrique.
Après Minuit, chrétiens, un petit tour dans le Great American Songbook avec la version bilingue de White Christmas / Noël blanc composé par Irving Berlin. Dans cette même inclination pour le bilinguisme montréalais, Ô nuit de paix / Silent Night , un air créé en 1818 et composé en Allemagne par Franz Xaver Gruber, se fondant dans Night of Silence, un air composé en 1981 par Daniel Kantor afin qu’il s’imbrique dans la première chanson que tout le monde occidental connaît fort bien.
M3F étant un collectif se consacrant au chant lyrique et à l’opéra tout en favorisant les femmes (et personnes non binaires) compositrices et librettistes dans les choix de production, ce récital de Noël faisait un peu exception à la mission, bien que deux femmes compositrices aient été identifiées dans œuvres archi-connues : Augusta Holmès pour Trois anges sont venus ce soir (1884) et Gloria Shayne Baker pour Do you hear what I hear? (1962).
De retour côté classique, on a eu droit à un extrait de l’incontournable Messie de Haendel (He shall feed his flock / Come unto Him), suivi de l’hispanophone A la Nanita de Ramon Gomis, de Interlude, A Ceremony of Carols de Benjamin Britten, Nana de Manuel de Falla. Lors de l’exécution de la pièce instrumentale de Benjamin Britten, jouée exclusivement à la harpe, les enfants de la salle ont été invités à se rapprocher des artistes et ressentir encore plus ce qui s’y exprimait.
Sauf Mariae Wiegenlied de Max Reger. le reste du programme fut clairement plus pop-opérette, avec les versions lyriques de Greensleeves (traditionnel), Marie-Noël de Robert Charlebois, Happy Christmas de John Lennon, Petit Papa Noël de Henri Martinet, Noël, c’est l’amour de Norbert Glanzberg. Pour cette dernière partie les enfants des chanteuses se sont joints à elles pour entonner les airs de la dernière partie au programme, arrangés par feu Gilbert et Julien Patenaude. Aux mères Noël et leur progéniture se sont joints les papas (dont Julien Patenaude, mari de Jacqueline) pour une finale bien sentie, soit le fameux Gloria des Anges dans nos campagnes, repris également à l’unisson par le public.
Ainsi, Jacqueline Woodley et Kristin Hoff se sont partagé les mélodies principales de ces chants et aussi une seconde ligne mélodique qui produisait un contre-chant réussi dans la plupart des cas observés mardi. On peut noter que la soprano a eu une part plus importante des mélodies principales, mais que L’accompagnement sobre de la harpiste était tout à fait indiqué dans ce contexte éminemment festif.






















