chanson keb franco / folk / indie pop

FME 2026 : Mantisse au Café-bar L’Abstracto

par Rédaction PAN M 360

Biographie Mantisse – 2026 Mantisse est un auteur-compositeur-interprète montréalais. Formé en guitare et en chant dès sa jeunesse, il se tourne vers le hip-hop à l’adolescence, un style qui devient central dans sa pratique dès l’âge de 17 ans. En 2016, il cofonde le groupe de rap LaF avec des amis du CEGEP, marquant ainsi ses débuts professionnels. Le groupe s’impose rapidement sur la scène rap et musicale québécoise, notamment en remportant Les Francouvertes en 2018. Avec LaF, Mantisse co-écrit, co-interprète et co-réalise trois EPs, trois albums, en plus de lancer un album solo en 2022, sous l’étiquette Disques 7ième Ciel. Artiste de scène prolifique et énergique, il cumule plus de 300 spectacles à travers les bars, salles et grands festivals du Québec. À la fin de 2022, une remise en question identitaire le ramène à ses premiers amours musicaux. En voyageant en Europe et en Amérique centrale avec sa guitare, et au contact de musicien·nes issu·es du rock et de la chanson, il amorce une recherche artistique plus intime, nourrie par la littérature et des réflexions sur l’amour, l’amitié et les liens familiaux à l’ère numérique. Ce virage marque une transition vers une musique plus personnelle et profonde, explorée notamment en collaboration avec Étienne Coppée et Bnjmn.lloyd, qui l’accompagnent respectivement dans l’écriture, la direction artistique et l’exploration sonore d’une nouvelle esthétique folk contemporaine. En 2026, c’est toujours avec son timbre de voix distingué et son sens de la mélodie qu’on lui connaît, qu’il présentera un premier album sous l’étiquette 117 Records, fruit de cette démarche personnelle et artistique.

Mantisse is a singer-songwriter from Montreal. Trained in guitar and singing from his youth, he turned to hip-hop in adolescence, a style that became central to his practice at the age of 17. In 2016, he co-founded the rap group LaF with friends from CEGEP, marking his professional debut. The group quickly established itself on the Quebec rap and music scene, notably by winning Les Francouvertes in 2018. With LaF, Mantisse co-wrote, co-performed and co-produced three EPs, three albums, in addition to launching a solo album in 2022, under the label Disques 7ième Ciel. A prolific and energetic performing artist, he has performed over 300 shows in bars, venues and major festivals across Quebec. At the end of 2022, a questioning of identity brings him back to his first musical love. Traveling in Europe and Central America with his guitar, and in contact with musicians from rock and song, he initiated a more intimate artistic research, nourished by literature and reflections on love, friendship and family ties in the digital age. This shift marks a transition towards a more personal and deep music, explored notably in collaboration with Étienne Coppée and Bnjmn.lloyd, who accompany him respectively in writing, artistic direction and sound exploration of a new contemporary folk aesthetic. In 2026, it is still with his distinguished tone of voice and his sense of melody that we know him, that he will present a first album under the label 117 Records, fruit of this personal and artistic approach.

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dream pop expérimentale / indie pop / R&B

FME 2026 : NOUVELLES ONDES: HAWA B / N NAO / Grand Eugène / Lou-Adriane Cassidy à la scène principale

par Rédaction PAN M 360

Lou-Adriane Cassidy (22h)

Lou-Adriane Cassidy n’est plus un nom que l’on se doit de présenter. Plus récente lauréate de 12 Félix au Gala de l’ADISQ 2025, du prix Félix-Leclerc, récipiendaire du Félix du Spectacle de l’année réinterprétation au Gala de l’ADISQ 2024 et du Lucien de l’artiste de l’année au GAMIQ 2022, lauréate du prix Slaight Music 2022 et du prix Coup de Coeur de l’Académie Charles-Cros en 2020, Lou-Adriane Cassidy est désormais une des meneuses de la nouvelle scène québécoise. N’en témoigne que sa participation à la triomphale série de concerts Le Roy, la Rose et le Lou[p] et dont les critiques élogieuses laissent entendre qu’elle est une de celles détenant l’avenir de notre chanson entre ses mains. Elle a déjà marqué l’année 2025 de manière indélébile en alignant coup sur coup les apothéoses de son Journal d’un Loup-garou, le disque et le spectacle. D’aucuns parlent déjà de l’album comme d’un nouveau classique de la chanson québécoise et en ont souligné la profondeur des textes, des arrangements ainsi que la sublime qualité de son interprétation; le spectacle a pour sa part obtenu une réception dithyrambique de la part du public et des médias qui parlèrent de triomphe, de consécration, d’entrée dans la cour des grands. Son quatrième album, Triste Animal, paru en surprise le 6 mai 2025, nous démontre que Lou-Adriane est une créatrice inclassable et infatigable. Dans des arrangements dépouillés, contrastant avec le maximalisme de l’album précédent, Triste Animal nous donne un accès inédit à Lou-Adriane et à sa voix, qui ici, peut prendre toute la place qui lui revient. Lou-Adriane nous démontre encore une fois, et peut-être de la façon la plus évidente à ce jour, qu’elle est une interprète comme peu s’en rencontre dans une vie. Alliant folk, west-coast country orchestral, pop chic londonienne, soul, samba, grunge acoustique et jazz, Triste Animal est l’album le plus éclectique que l’artiste nous offre jusqu’à maintenant et, peut-être, son plus maîtrisé.

Lou-Adriane Cassidy is no longer a name we should introduce ourselves. Most recent recipient of 12 Félix awards at the 2025 ADISQ Gala, the Félix-Leclerc Prize, recipient of the Félix for Performance of the Year reinterpretation at the 2024 ADISQ Gala and the Lucien for Artist of the Year award at the 2022 GAMIQ, winner of the 2022 Slaight Music Award and the 2020 Coup de Coeur Prize from the Académie Charles-Cros, Lou-Adriane Cassidy is now one of the leaders of the new Quebec scene. Testifies only to her participation in the triumphant concert series Le Roy, la Rose and le Lou[p] and whose rave reviews suggest that she is one of those holding the future of our song in her hands. She has already indelibly marked the year 2025 by aligning, one after another, the apotheoses of her Journal d’un Loup-garou, the disc and the show. Some already speak of the album as a new classic of Quebec song and have highlighted the depth of the lyrics, arrangements and the sublime quality of its interpretation; the show, for its part, has received a rave reception from the public and the media who spoke of triumph, consecration, entry into the big league. Her fourth album, Triste Animal, released as a surprise on May 6, 2025, shows us that Lou-Adriane is an unstoppable and tireless creator. In stripped-down arrangements, contrasting with the maximalism of the previous album, Triste Animal gives us an unprecedented access to Lou-Adriane and her voice, which here can take all the place that belongs to her. Lou-Adriane shows us once again, and perhaps in the most obvious way to this day, that she is an interpreter as few meet in one’s life. Combining folk, orchestral west-coast country, London pop chic, soul, samba, acoustic grunge and jazz, Triste Animal is the most eclectic album the artist has ever offered us and, perhaps, his most masterful sound.

Grand Eugène (21h)

Le duo québécois Grand Eugène, composé de Melyssa Lemieux et Jeremy Lachance, chemine autant dans l’urgence de créer que dans le creux des souvenirs qu’on peine à raconter. Après deux microalbums que le groupe a portés sur les routes du Québec et de la France, Grand Eugène présente son premier album, Deux places au cimetière. Témoignant d’un esprit indie rock agile, qui se meut aisément au gré des humeurs, l’album est le produit d’un élan créatif inarrêtable : des maquettes enregistrées entre Saint-Hugues, Montréal, Paris et l’ancienne van de Jeremy, parfois sur un coin de table, avec rien de plus qu’un micro d’ordinateur et un haut-parleur. Comme une fleur sur une pierre tombale, leur musique pousse partout, cajole les cœurs brisés et donne un air vivace aux choses les plus éphémères.

The Quebec duo Grand Eugène, composed of Melyssa Lemieux and Jeremy Lachance, walks as much in the urgency to create as in the hollow of memories that we struggle to tell. After two micro-albums that the group has taken on the roads of Quebec and France, Grand Eugène presents its first album, Deux places au cimetière. Reflecting an agile indie rock spirit, which moves easily according to the moods, the album is the product of an unstoppable creative momentum: models recorded between Saint-Hugues, Montreal, Paris and Jeremy’s old van, sometimes on a table corner, with nothing more than a computer microphone and a speaker. Like a flower on a tombstone, their music grows everywhere, coddles broken hearts and gives a lively air to the most ephemeral things.

N Nao (20h)

N NAO, nommée Naomie de Lorimier, est une artiste née et basée à Montréal. Elle explore la romance expérimentale par la musique, la performance et la vidéo depuis des millions d’années. Ses compositions s’inscrivent dans une démarche écoféministe, inspirée de rêves et de rituels. Elle se taille une place sur la Longue Liste du Prix en musique Polaris en 2023 et 2025, avec ses albums L’eau et les rêves (24 mars 2023 via Mothland) et Nouveau Langage (31 janvier 2025 via Mothland), ce dernier cité parmi ses meilleurs albums de 2025 chez Le Devoir, qui ajoute : « Nouveau Langage évoque l’idée du futur, entre autres par son recours à Auto-Tune et à l’électro de différentes mouvances, allant de l’EDM à la drum and bass. [N NAO] rappelle une Björk ou une Laurie Anderson, par moments. » En sus de collaborer avec entre autres Lou-Adriane Cassidy (participant notamment au célébré Journal d’un loup-garou), Rau_Ze, Marie-Pierre Arthur, Klô Pelgag, Laurence-Anne, Joni Void, Crabe, Zouz, Jonathan Personne, Lumière et Bon Enfant, elle a assuré les premières parties de plusieurs artistes dont Sarah Pagé, Jessica Moss, Ariane Moffatt, Patrick Watson et Water From Your Eyes, et joué dans les dernières années notamment à Pop Montréal, Paris, Berlin, Sled Island à Calgary et SXSW au Texas. N NAO nous partage Nouveaux Langages le 17 juillet 2026 via Mothland, un album-double où figurent collaborations, remixes et démos inédits.

N NAO, named Naomie de Lorimier, is an artist born and based in Montreal. She has been exploring experimental romance through music, performance and video for millions of years. Her compositions are part of an ecofeminist approach, inspired by dreams and rituals. She carved out a place on the Long List of the Polaris Music Prize in 2023 and 2025, with her albums L’eau et les rêves (March 24, 2023 via Mothland) and Nouveau Langage (January 31, 2025 via Mothland), the latter cited as one of her best albums of 2025 by Le Devoir, which adds: «Nouveau Langage evokes the idea of the future, among other things by its use of Auto-Tune and electro from different genres, ranging from EDM to drum and bass. [N NAO] reminds me of a Björk or a Laurie Anderson, at times.” In addition to collaborating with, among others, Lou-Adriane Cassidy (notably participating in the famous Journal d’un loup-garou), Rau_Ze, Marie-Pierre Arthur, Klô Pelgag, Laurence-Anne, Joni Void, Crabe, Zouz, Jonathan Personne, Lumière, and Bon Enfant, she opened for several artists including Sarah Pagé, Jessica Moss, Ariane Moffatt, Patrick Watson and Water From Your Eyes, and played in the last years at Pop Montreal, Paris, Berlin, Sled Island in Calgary and SXSW in Texas. N NAO shares Nouveaux Langages on July 17, 2026 via Mothland, a double album featuring collaborations, remixes and unreleased demos.

Hawa B (19h)

Nadia Hawa Baldé HAWA B est une auteure-compositrice-interprète qui échappe aux étiquettes. Sa musique est un espace libre invitant à la réflexion : certains l’entendront rock, d’autres R’n’B, jazz ou électro…un mélange audacieux, exécuté avec soin, qui mène à une proposition unique et percutante. Elle crée un espace où l’on peut twerker en pleine session de head bang, rire et pleurer dans un même souffle. Son art cherche à redéfinir l’idée de perfection en célébrant les différences, en revendiquant les failles, sans honte ni filtre. HAWA B façonne un univers où la diversité devient une source de richesse et d’apprentissage. C’est un appel à l’authenticité et à la croissance personnelle. Après avoir partagé la scène en tant que choriste avec des artistes tels qu’Hubert Lenoir, Charlotte Cardin, Clay and Friends, et Dominique Fils-Aimé, HAWA B est aujourd’hui lauréate d’un prix GAMIQ pour son EP sadder but better. Son premier album solo, better sad than sorry est sorti en novembre 2024 via Duprince et est en nomination au GAMIQ pour l’album Soul R’N’B de l’année. En 2025, HAWA B a sorti trois singles: Je danse dans ma tête (reprise de Céline Dion), Je veux rester (feat. Greg Beaudin) et oui non I know.

Nadia Hawa Baldé HAWA B is a singer-songwriter who escapes labels. His music is a free space inviting to reflection: some will hear it rock, others R’n’B, jazz or electro… a bold blend, executed with care, which leads to a unique and impactful proposal. It creates a space where you can twerk in the middle of a head bang session, laugh and cry in the same breath. His art seeks to redefine the idea of perfection by celebrating differences, claiming flaws, without shame or filter. HAWA B shapes a universe where diversity becomes a source of richness and learning. It is a call for authenticity and personal growth. After sharing the stage as a chorister with artists such as Hubert Lenoir, Charlotte Cardin, Clay and Friends, and Dominique Fils-Aimé, HAWA B is now the winner of a GAMIQ award for her EP sadder but better. His first solo album, better sad than sorry was released in November 2024 via Duprince and is nominated at the GAMIQ for Soul R’N’B of the year. In 2025, HAWA B released three singles: « Je danse dans ma tête » (a Céline Dion cover), « Je veux rester » (feat. Greg Beaudin) and yes, no, I know.

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art-rock / indie pop / Musiques du Monde

FME 2026 : Marie Céleste à Les Mooses

par Rédaction PAN M 360

Il y a quelque chose d’organique, d’élastique chez Marie Céleste : dans ses généreuses compositions autant que dans sa chronologie. Apparu au mitan de la précédente décennie à Alma, ce quintette formé d’amis du secondaire – qui se définit comme la somme des influences de ses cinq têtes, hybridant folk, indie pop, art-rock, electro et musiques globales – prend finalement son envol en 2023, suite à une migration vers la métropole. Et, depuis, tout coule vivement : en 2024 paraît le mini-album Feux de joie, qui s’affirme rapidement comme un succès initiateur. Paru le 13 mars 2026, Tout ce qui brille est un album de célébration, de lumière, de communauté, d’amour, d’amitié, d’aller mieux. Marie Céleste, c’est « indéniablement de la musique qui s’écoute avec des oreilles » – et, de plus en plus, avec le cœur.

There is something organic, elastic about Marie Céleste: in her generous compositions as much as in her chronology. Appearing at the end of the previous decade in Alma, this quintet made up of high school friends – which defines itself as the sum of its five influences, hybridizing folk, indie pop, art-rock, electro, and global music – finally took off in 2023, following a migration to the metropolis. And, since then, everything has been pouring in: in 2024, the mini-album Feux de Joie was released, which quickly established itself as a seminal success. Released on March 13, 2026, Tout ce qui brille is an album of celebration, light, community, love, friendship, getting better. Marie Céleste is « undeniably music that can be listened to with your ears » – and, increasingly, with your heart.

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americana / country-folk / folk

FME 2025 : Ada Lea profite pleinement de l’été

par Jake Friesen

Dans un café animé reconverti en salle de spectacle, la chanteuse et compositrice montréalaise Ada Lea et son groupe attirent un public calme et attentif. Sa musique est celle d’une douce chanteuse-autrice-compositrice, avec une guitare scintillante, une basse chaleureuse et des percussions terre-à-terre. La voix d’Ada Lea, avec une légère touche western, est aussi chaude et haletante que les derniers soupirs de l’été. 

Pendant le concert, le groupe de la chanteuse reste extrêmement stoïque tandis qu’elle tente nerveusement de faire la conversation avec le public. Cependant, son trac ne se ressent en aucun cas dans sa performance. Elle retrouve facilement ses marques dès que la musique reprend, après une brève interruption dans son paysage sonore.

Elle nous entraîne dans des vignettes de soleil tamisé et de routes poussiéreuses avec des chansons comme Diner. À bien des égards, la performance d’Ada Lea semblait hors norme par rapport à l’exposition de curiosités qu’est le FME. Cela dit, le public qui s’était rassemblé pour elle était unanimement captivé par sa performance sobre et accomplie.

Ada Lea vous invite à prendre place et à profiter des derniers moments précieux de l’été, loin de la cacophonie du festival.

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Club / darkwave / synth-pop / synthwave

FME 2025: Automelodi remède au lendemain de veille

par Lyle Hendriks

Lors des éditions passées du FME, je me souviens toujours du dernier concert comme d’un moment où j’étais complètement épuisé, me balançant doucement dans un sous-sol, luttant pour préserver mes dernières cellules face à l’assaut d’une musique trance et monotone.

Comme vous pouvez l’imaginer, j’étais ravi d’apprendre que le dernier spectacle cette année se déroulerait non seulement en plein air, mais qu’il mettrait en vedette Automelodi, un artiste synthpop exceptionnel et énergique venu faire la fête. Automelodi, également connu sous le nom de Xavier Paradis, est une figure solitaire sur scène, entourée de synthétiseurs, de beatpads et de pieds de micro. Après avoir lancé sa carrière en 2006, le musicien montréalais profite aujourd’hui d’un regain, retrouvant la scène à l’occasion de plusieurs sorties prévues en 2025.

Avec des voix déformées et saturées de réverbération, des changements de tempo vertigineux et entraînant, la musique est urgente, vivante et incite même mon pauvre corps fatigué par la gueule de bois à danser une dernière fois pour clôturer le festival. Nous, les quelques-uns qui étions restés jusqu’à la fin de la nuit, avons été anéantis de le voir terminer son set, alors que nous supplions pour juste un dernier morceau sale, sauvage et déchaîné, pour clore la soirée. Bien que ce rappel ne nous ait pas été accordé, j’étais quand même heureux que FME ait choisi de clôturer la programmation de cette année avec un artiste aussi universellement apprécié. Un coup de cœur garanti.

Psychedelia / rock psychédélique / surf

FME 2025: TEKE::TEKE nous amène dans l’au-delà

par Lyle Hendriks

De nombreux groupes prétendent vous transporter dans un autre monde. Peu y parviennent aussi rapidement et profondément que TEKE::TEKE, légendes montréalaises du surf rock psychédélique japonais.

Qu’il s’agisse de Maya Kuroki, la chanteuse qui ouvre le spectacle avec un monologue mélodramatique en retirant masque après masque pour en révéler toujours un nouveau, plus troublant encore ; de Yuki Isami, la flûtiste au look glamour de danseuse go-go des années 70 ; ou simplement des compositions agitées et en perpétuelle mutation qui composent leur répertoire, il est impossible de ne pas se laisser emporter par ce sextuor d’exception.

Vêtus de tenues aux motifs criards et dépareillés reflétant les influences musicales éclectiques qui animent le groupe, TEKE::TEKE nous a emmenés dans un voyage épique de près de 90 minutes, depuis leurs premiers albums jusqu’à certaines de leurs œuvres les plus récentes créées pour la bande originale du dernier Assassin’s Creed. Par moments, le son est brut, entraînant, parfait pour une journée sur la jetée. À d’autres, il devient un thème de poursuite façon parkour, haletant, survolté, qui nous saisit sans jamais nous lâcher : chaque virage serré nous prend de court et tisse une trame sonore dense, complexe, presque impossible à démêler.

Les morceaux peuvent comporter cinq, six, voire dix sections différentes, et le groupe fait preuve d’une maîtrise absolue, s’abandonnant à des instants de calme avant de jaillir soudainement dans des climax dramatiques, sans le moindre avertissement. Avec une énergie inégalée et un son unique, TEKE::TEKE continue d’être une force à ne pas sous-estimer.

FME 2025 : Frannie Holder dévoile son projet solo

par Stephan Boissonneault

Frannie Holder évoque une ancienne légende du FME. Je connaissais son nom que parce que l’un de ses groupes, Random Recipe, avait participé au tout premier concert secret du FME, organisé il y a environ 20 ans dans le célèbre restaurant nocturne Morasse Poutine.

Cette année, Frannie a fait ses débuts en solo à l’Agora Des Spectacles. Les morceaux que j’ai pu entendre mêlaient pop expérimentale, trip-hop et atmosphères à la française, façon house. Pendant que Frannie chantait en français, un bassiste et un batteur bâtissaient un mur de son brumeux, offrant à Frannie la liberté de se lancer au synthétiseur. Le résultat évoquait un mélange de Regina Spektor et Björk, avec une touche de N NAO de Montréal — une manière douce et apaisante de commencer la journée à 16 heures. J’ai remarqué que c’était en réalité le batteur qui orchestrai la plupart des changements complexes, ponctuant chaque transition d’un « un, deux, trois, quatre » avant de conclure une chanson ou d’annoncer la suivante. Il sera fascinant de découvrir quelle forme prendront ces morceaux sur l’album, mais seul le temps nous le dira.

hard rock / metal

FME 2025 : Hommage à Aut’Chose avec la relève rock n’ roll

par Stephan Boissonneault

Originaire d’Alberta, je ne savais pas qui était Aut’Chose avant ce spectacle hommage présenté le dernier jour du FME, mais je me souvenais avoir entendu ce nom lors d’une conversation avec Félix B. Desfossés, historien du rock et du métal, il y a quelques années. Il les mentionne également à plusieurs reprises dans son livre publié en 2014, L’évolution du métal : No Speed Limit 1964-1989

Le chanteur et poète Lucien Francoeur et le guitariste Jacques Racine du band Aut’Chose, tous deux décédés l’année dernière, ont été des figures légendaires de la scène hard rock québécoise, avec trois albums sortis au milieu des années 1970. Les Freaks de Montréal, le groupe hommage à Aut’Chose, ont réuni de jeunes artistes tels que Rose Cormier de Mulch, Alix Fernz, N Nao, Pierre-Luc Gratton de Population II, et d’autres, qui ont pris le relais au chant et rendu hommage à Francoeur entre les chansons. On se trouvait devant un super groupe : à la batterie, Michel « Away » Langevin (Voïvod) et aux guitares et synthés, des membres de GrimSkunk, Groovy Aardvark et Tricky Woo.

Je n’avais jamais entendu les chansons d’Aut’Chose avant ce concert, mais j’ai trouvé qu’elles rappelaient le meilleur de RUSH, ZZ Top, Black Sabbath, avec une touche de Lou Reed dans le chant. Il y avait des moments de hard rock pur et des moments de prog étrange et flou. C’était captivant d’entendre et de voir chaque chanteur sous un jour différent : N Nao qui criait, Alix Fernz sans beaucoup d’effets vocaux, avec une voix plus claire que jamais, et Pierre-Luc Gratton chantant debout, alors qu’on le voit habituellement assis sur son trône dans Population II. Un autre moment marquant a été le jeu de la double basse lorsque Population II est remonté sur scène pour la deuxième fois.

garage punk / hard rock / pop-punk / punk

FME 2025 : The OBGMs sont-ils… Céline Dion ??

par Jake Friesen

Sélectionnés dans la liste courte du Prix Polaris 2025, The OBGMs reviennent au FME pour la première fois depuis 2021, où ils avaient joué devant un public assis et soumis à des restrictions liées à la COVID. Ils montent sur la scène principale et se présentent comme un groupe hommage à Céline Dion. Malgré un accueil froid de la part du public, ils se lancent à corps perdu dans un set d’une intensité implacable.

Le chanteur Densil MacFarlane provoque le public avec charisme à chaque instant, le défiant d’aller toujours loin. Les OBGMs offrent un son percutant et électrisant, mêlant des mélodies accrocheuses, des voix ardentes, une percussion furieuse et une bonne dose de riffs de guitare endiablés. Ils dégagent une attraction magnétique irrésistible, mêlant une précision chirurgicale à une sensibilité punk effervescente. Après avoir mené une bataille acharnée pour conquérir le public, MacFarlane le rallie à sa cause en demandant si quelqu’un dans la salle aurait un ex qu’il déteste profondément.

Les applaudissements retentissent tandis que tout le monde scande « Fuck Robbie » et MacFarlane dédie la chanson suivante à l’ex d’un spectateur, Robbie. Même si les OBGMs se produisent devant un public de plusieurs centaines de personnes, ils parviennent sans effort à créer l’esprit de solidarité propre aux concerts punk underground . Ils demeurent loyaux envers leur art et leurs convictions, tandis que MacFarlane souligne avec ferveur l’importance de se faire mutuellement de la place, tant dans l’espace que dans la communauté.

Après avoir assisté à leur concert samedi soir, je suis convaincu que les OBGMs sont sur le point de conquérir le monde. Ça me réjouit.

Photos by Julia Mela

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indie rock / rock alternatif

FME 2025 : Party de piscine gonflable dans la ruelle

par Jake Friesen

Le groupe de rock garage montréalais Poolgirl fait ses débuts au FME devant un public enthousiaste  agglutiné autour de la scène. Avec la foule qui sautille comme des grains de pop-corn et des accessoires de piscine gonflables qui volent dans tous les sens, Poolgirl est dans son élément.

Guitares grungy, percussions bruyantes et voix gutturales saturent l’espace. La qualité brute de leur son est attachante, sans prétention et sincère : Poolgirl délaisse le sérieux de la performance pour la fanfare déchaînée de la jeunesse. Leur son occupe un territoire musical autrefois réservé aux jeunes des banlieues. Pourtant, sous les lumières de la scène FME Fizz, il est rafraîchissant d’assister à un concert de garage rock accessible et désinvolte donné par un groupe composé principalement de musiciennes. 

Une intensité constante anime Poolgirl tout au long de leur set, comme si elles étaient aussi légères que les ballons de plage qui rebondissent au-dessus du public. La basse tourbillonnante et crasseuse les propulse vers leur dernière chanson, et dans le plus pur style garage rock, elles disparaissent dans la nuit, comme des adolescentes fuyant un concert clandestin.

hip-hop / trip-hop

FME 2025 : Transcendance dans la ruelle avec Boutique Feelings

par Stephan Boissonneault

Nous avions besoin de capturer l’ambiance intimiste de la ruelle du FME, en particulier mon ami qui avait pris une bonne dose de LSD. Ce projet de Karim Lakhdar transcendant les genres a tout donné : un mélange envoûtant de hip-hop psychédélique, à la fois introspectif et énergisant, capable de ramener les morts à la vie.

Mes amis et moi étions dans un état d’esprit assez déconnecté, captivés par les riffs déformés et les récits décalés. Le message sociopolitique a façonné un instant d’union pour la foule, avant que Lakhdar ne le déconstruise pour le reconstruire aussitôt.

Avec ce projet, Karim Lakhdar réalise quelque chose de complètement fou, comme si Madlib et Kim Gordon avaient eu un enfant et l’avaient élevé au son du krautrock. Tout ce qui fait Atsuko Chiba se retrouve désormais dans cette création. Subliminal. Sublime.

Experimental / expérimental / krautrock / rock / rock expérimental

FME 2025 : Krautrock à la brunante

par Stephan Boissonneault

Je suis trop jeune pour avoir assisté au concert Live at Pompeii de Pink Floyd, qui n’a été joué devant personne, à l’exception de l’équipe de tournage et de quelques inconnus, mais assister à cette performance unique You II Avec Nolan Potter au FME est ce qui s’en rapproche le plus.

Ce titan du krautrock composé de six membres, les deux membres principaux de Yoo Doo Right, les trois membres de Population II et Nolan Potter, le multi-instrumentiste génial d’Austin, ont joué un set vibrant, brumeux et psychédélique pour l’âge d’or. Le lieu ? Le lac Osisko à Rouyn-Noranda, ou juste à côté, sur une dalle de béton, au coucher du soleil.

Malgré quelques problèmes de son, qui étaient sans doute inévitables compte tenu de la multitude d’instruments que ce sextuor a fait apparaître comme par magie, ce spectacle était phénoménal. Deux batteurs, avec des kits complets, si synchronisés que leurs fills faisaient partie d’une imagination collective. Deux synthétiseurs/guitaristes échangeant des solos, se laissant mutuellement de l’espace alors qu’ils approchaient de l’oubli. Nolan Potter sautillant sur un saxophone ténor vif et rapide, une flûte en fleurs, un interlude au tambourin, et surtout, allumant des cigarettes pour lui-même et le batteur John Talbot.

Avec le recul, les problèmes techniques semblaient avoir été répétés et faisaient partie intégrante du concert. On pouvait sentir la frustration palpable lorsque la guitare du guitariste et magicien des synthés Justin Cober a refusé de fonctionner, mais elle a été remise en état pour un bend de guitare impeccable. Ce concert ne se reproduira jamais. Le meilleur moment ? Le final interminable, annoncé par un rapide « OUAIS ! » du batteur et chanteur Pierre-Luc Gratton.

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