Montréal
Valery Gergiev dirige l’OSM
On a beau froncer les sourcils pour ses accointances avec le régime de Vladimir Poutine, Valery Gergiev n’en demeure pas moins l’un des très grands maestros de notre temps. Les mélomanes montréalais ont constaté son génie à quelques reprises, soit lors des passages de l’Orchestre Mariinsky de Saint-Peterbourg, qu’il dirige certes avec une poigne de fer mais aussi un extraordinaire raffinement et une maîtrise hallucinante. Nous aurons cette fois l’occasion de voir Gergiev à l’œuvre au pupitre de l’OSM, ce qui laisse présager une relation très spéciale avec ce maestro d’exception. Qu’en sera-t-il de la Symphonie n° 9 de Bruckner? Quelle place fera-t-il au virtuose hongrois Kristóf Baráti, soliste invité dans l’incontournable Concerto pour violon n°2 de Mendelssohn? Tous les espoirs sont permis, voilà un des concerts les plus attendus de la saison.
ARTISTES ET PROGRAMME
OSM
Chef : Valery Gergiev
Violon : Kristóf Baráti
Mendelssohn, Concerto pour violon n° 2 en mi mineur, op. 64
Bruckner, Symphonie n° 9 en ré mineur, WAB 109
(ANNULÉ) Birkin-Gainsbourg Le Symphonique
En 2016, l’OSM et les Francofolies de Montréal présentaient Birkin-Gainsbourg Le Symphonique, que porte Jane Birkin à travers le monde depuis lors. Voilà donc une seconde occasion de redécouvrir les grands classiques nés de cette collaboration entre Gainsbarre et Birkin, couple mythique s’il en fut. C’est aussi l’occasion de réaliser la teneur classique de ces chansons brillantes, orchestrées pour 72 musiciens par Nobuyuki Nakajima, de nouveau interprétées par Jane à la mémoire de son « Sège ».
PROGRAMME
Jane Birkin : chant
Orchestre symphonique de 72 musiciens
Philippe Forget : chef
Philippe Lerichomme : direction artistique
Nobuyuki Nakajima : arrangements et piano
Elliot Moss + Laura Derover
De New York, Elliot Moss est à la fois artiste visuel et créateur de chansons. Les douces mélodies portées par sa voix cendrée, haut perchée et… parfois filtrée à l’auto-tune (non sans rappeler James Blake par moments) se fondent dans une synthpop housy et jazzy soul, ornée de quelques instruments joués en temps réel – du moins en studio. À l’évidence, Moss connaît les vertus d’une accroche chansonnière, de surcroît il sait varier finement les ambiances d’une chanson à l’autre. Il sait aussi faire bon usage des synthétiseurs modulaires pour ainsi monter les œufs en neige. Jusqu’où se rendra-t-il après avoir répandu quelques étincelles sur le parquet ? Ce concert montréalais devrait nous donner quelques indices… Dans le même esprit, la très douée Laura Derover suggère une synthpop délicate, un tantinet plus complexe que celle de son collègue au programme, mâtinée de jazz et de musique de chambre de tradition classique. Écoutez attentivement cette chanteuse néerlandaise, qui pourrait s’avérer une révélation de 2020.
Akiko Tominaga, Blair Logfren, piano, violoncelle
Originaire du Japon, Akiko Tominaga réside au Canada, plus particulièrement à Montréal et Calgary, après avoir parfait ses études pianistiques au Curtis Institute de Philadelphie. À l’origine, elle devait présenter ce concert avec la marimbiste Anne-Julie Caron, mais cette dernière a dû annuler sa prestation, ce qui a conduit Akiko Tominaga à présenter un tout autre programme : elle se produira avec le violoncelliste Blair Lofgren. Les œuvres à exécuter n’ont pas été rendu publiques pour des raisons que l’on devine…
Bach : ombre et lumière
Lors de son prochain concert, Bach : ombre et lumière, Arion Orchestre Baroque présentera un programme conçu uniquement d’œuvres de Jean-Sébastien Bach. Sous la baguette de Hank Knox, claveciniste et membre fondateur d’Arion, sera interprétée la Suite pour orchestre en si mineur (BWV 1067), puis l’air Zerfliesse, mein Herze, tiré de la Passion selon Saint-Jean (BWV 245). La célèbre Suite pour orchestre en simineur est la deuxième de quatre et a été composée pour flûte, cordes et basse continue. Écrite entre 1738 et 1739, cette œuvre est l’une des dernières compositions pour orchestre de Bach. Elle comporte sept mouvements, dont deux qui mettront en valeur les talents de la flûtiste Claire Guimond, directrice artistique d’Arion depuis 1981. Figure importante de la musique ancienne au Canada, Claire Guimond sera entendue comme soliste dans deux mouvements de la suite, soit la Polonaise, ainsi que dans la très connue Badinerie. Le concert se terminera avec l’air Zerfliesse, mein Herze de la Passion selon Saint-Jean, qui est la première œuvre chorale à grande échelle composée par le maître. Étant donné ses nombreuses versions existantes, il est difficile d’établir avec précision l’année durant laquelle a été composée cette passion, mais on estime que ce fut en 1724. Signifiant « Fuis, mon cœur », Zerfliesse, mein Herze est un air doux et d’une profonde mélancolie. Sa texture épurée permet une appréciation complète de la partie vocale, qui se traduit par un lyrisme touchant. L’air sera interprété par la soprano espagnole Nuria Rial, chanteuse collaborant avec plusieurs maisons d’opéra européennes.
PROGRAMME :
Chef : Hank Knox, membre fondateur d’Arion
Soprano : Nuria Rial
Flûte : Claire Guimond
JS Bach :
Suite en si mineur n°2, BWV 1067 pour flûte, cordes et basse continue
(Ouverture, Rondeau, Sarabande, Bourrée l et ll, Polonaise, Menuet, Badinerie [flûte, cordes et clavecin])
Sinfonia de la cantate BWV 42Aria Zerfliesse, mein Herze tirée de la Passion selon Saint Jean BWV 245
Han-Na Chang dirige Chostakovitch
Lors de son prochain concert, l’Orchestre Métropolitain accueillera la cheffe Han-Na Chang qui dirigera le célèbre Concerto pour violon de Beethoven, ainsi que la 10e Symphonie de Chostakovitch. Autrefois violoncelliste soliste, Han-Na Chang est depuis 2017 directrice artistique et chef principal du Trondheim Symfoniorkester, en Norvège, où elle avait précédemment occupé le poste de chef invité principal de 2013 à 2017. Elle partagera la scène avec le soliste américain Benjamin Beilman, violoniste reconnu à travers le monde pour son impressionnante technique et sa riche sonorité. Ce dernier aura d’ailleurs la chance d’interpréter plusieurs fois le Concerto pour violon de Beethoven dans le cadre des festivités associées au 250e anniversaire de naissance du compositeur, notamment en France, en Hongrie, puis en Pologne. Composé en très peu de temps, le Concerto pour violon fut créé le 23 décembre 1806 par le violoniste Franz Clement, alors très connu. Celui-ci serait même l’auteur du dernier thème utilisé dans le rondo final du concerto, évidemment peaufiné par Beethoven par la suite. Le programme sera conclu par une pièce colossale : la 10e Symphonie de Chostakovitch. Créée le 17 décembre 1953, quelques mois seulement après le décès de Staline, cette œuvre pittoresque est l’une des plus connues du compositeur. Celui-ci s’exprime à son sujet en mentionnant que son but était de transmettre les émotions et les passions du peuple, à ce moment fortement opprimé par le régime sans pitié de Staline. Proposant une forme plus traditionnelle en quatre mouvements – en opposition avec celle qui l’avait précédée qui en comptait cinq – cette symphonie est à la hauteur des grandes œuvres de Chostakovitch : géante, poignante et virtuose.
PROGRAMME
Chef : Han-Na Chang
Violon : Benjamin Beilman
Beethoven : Concerto pour violon
Chostakovitch : Symphonie n° 10
Charles Richard-Hamelin à la Maison de la culture Claude-Léveillée
La Maison de la culture Claude-Léveillée accueillera le célèbre pianiste québécois Charles Richard-Hamelin pour un concert intime au piano. Lauréat de la médaille d’argent et du prix Krystian-Zimerman lors du Concours international de piano Frédéric-Chopin à Varsovie en 2015, Charles Richard-Hamelin est, à l’âge de 30 ans seulement, un pianiste de renom salué aux quatre coins de la planète. Lors de ce concert, le public pourra se laisser porter par des œuvres de Beethoven, Mendelssohn, puis Chopin : un répertoire romantique qui reflétera sans l’ombre d’un doute les meilleures qualités de l’interprète. Il est nécessaire ici de rappeler que la discographie de Richard-Hamelin contient non seulement un enregistrement des deux concertos pour piano de Chopin – datant de 2019, aux côtés de l’Orchestre symphonique de Montréal sous la baguette de son maestro, Kent Nagano – mais également deux disques dédiés uniquement au répertoire pianistique du même compositeur, tous deux reconnus et honorés par la critique. C’est donc un programme prometteur qui s’annonce pour le 27 février prochain, interprété par l’un des plus grands pianistes de chez nous.
Kent Nagano dirige Dusapin et Beethoven
Une commande conjointe de l’Elbphilharmonie Hamburg, de l’Orchestre Symphonique de Montréal, de l’Orchestre de la Suisse Romande, du Théâtre de La Monnaie/De Munt, de Radio France et de la Philharmonie de Paris a conduit le compositeur français Pascal Dusapin à se lancer dans la composition de sa symphonie pour orgue et orchestre. Pour cette présentation en création nord-américaine, l’œuvre sera interprétée par l’organiste émérite Olivier Latry. Également au programme, Chasse royale et orage , tiré de l’opéra Les Troyens de Hector Berlioz, ainsi que la Symphonie Pastorale n° 6, op. 68 en fa majeur de Ludwig van Beethoven.
PROGRAMME
Orchestre symphonique de Montréal
Kent Nagano : chef
Olivier Latry : orgue
Berlioz : Les Troyens, Chasse royale et orage
Pascal Dusapin : Symphonie pour orgue et orchestre
Beethoven : Symphonie n° 6 en fa majeur, op. 68, (Pastorale)
Three Echoes of the Odyssey
Présenté dans le cadre de la série de concerts du dimanche du Conservatoire de musique de Montréal, ce concert présentera des créations des compositeurs John Plant, Louis Babin et Jean Derome, entre autres. Diplômé de l’Université McGill en composition, John Plant s’est d’abord lancé dans la composition de musique vocale, avant de négocier un virage dans la dernière décennie pour ainsi se lancer dans la musique instrumentale. Pour sa part, Louis Babin est connu pour son style ludique, parfois théâtral. Les interprètes Marie-Josée Simard et Louise Bessette n’en seront pas à leur première expérience avec la musique de Jean Derome; elles avaient présenté en 2017 son Tombeau de Marin Mersenne lors d’un concert Carte blanche à Marie-Josée Simard à la Chapelle historique du Bon-Pasteur.
PROGRAMME
Marie-Josée Simard, percussion, Louise Bessette, piano
Œuvres de John Plant (création), Jean Derome, Louis Babin (création)
Patrimoine musical des îles créoles
Conférencière et conseillère culturelle en musique pour le Conseil des arts de Montréal, l’ethnomusicologue Marie-Christine Parent propose une réflexion entourant la transmission et le développement des arts de tradition orale, et plus particulièrement des musiques et danses des îles créoles. À ses côtés, se trouveront le percussionniste Daniel Bellegarde et les musiciens de l’ensemble Anba Tonèl. Sur l’album éponyme, ils nous présentent une instrumentation éclectique reflétant, d’une part, la tradition antillaise et d’autre part, l’influence européenne. Au-delà de l’instrumentation, cette influence est particulièrement perceptible sur le plan musical et sait illustrer avec éloquence les différents processus de transformation et de développement ayant mené ces musiques jusqu’à nous.
PROGRAMME
Conférencière : Marie-Christine Parent, ethnomusicologue
Daniel Bellegarde, percussions
Musiciens de l’ensemble Anba Tonèl