L’audacieux quatuor montréalais Architek Percussion exécute ici les œuvres de deux compositrices canadiennes : Andrea Young et Sabrina Schroeder. Ces œuvres, qui durent une demi-heure chacune, ont en commun la mise en relation des percussions jouées en temps réel et des sons électroniques. Elles exploitent aussi la réverbération et la spatialisation des sources sonores et ont toutes deux pour objet « d’explorer les limites du temps » et d’amener l’auditeur à « se laisser porter par une série de moments musicaux qui semblent sans fin » et à vivre « une expérience acoustique immersive ».
Ásgeir compte quatre albums studio, dont le tout frais Bury the Moon; il en sera surtout question à L’Astral. Dans le sillon de Bon Iver et autres contre-ténors folkies enclins à l’électro et à la pop de chambre finement arrangée, l’artiste offre des chansons à la fois soyeuses et incarnées. Soulignons en outre que le répertoire anglophone de cet Islandais de 27 ans est généralement fondé sur la guitare, la voix et le texte. Tout part de là… et nous voilà ailleurs. Excellent mélodiste, chanteur habité, doué pour sa propre direction artistique, Ásgeir gagne à être connu par tous les fans d’indie folktronica.
Autrefois nommé Quatuor Alcan pour des raisons qu’on devine, le Quatuor Saguenay a enregistré l’intégrale des Quatuors à corde de Beethoven, incontournables pour tout mélomane qui se respecte. Pour cette escale montréalaise prévue à la superbe église de la Visitation, cet ensemble expérimenté, soit l’un des meilleurs quatuors à cordes au pays, prévoit l’exécution du Quatuor n° 1, opus 18, ainsi que du Quatuor n° 7, soit l’opus 59 n° 1 en fa majeur. Voilà une autre manifestation commémorative pour le 250e anniversaire de naisssance du fameux compositeur.
Un bref récital de piano à l’heure du midi? Quelle bonne idée! D’autant que l’entrée est libre. L’occasion de découvrir deux œuvres de deux compositeurs russes telles que proposées par Martin Karlicek, professeur de piano à l’École de musique Schulich de l’Université McGill. Rêves est un cycle de six pièces composé par Smetana en 1875 alors qu’il était en train de perdre l’ouïe. Composée quant à elle à la fin de la guerre en 1945, la Sonate n° 2 constitue la pièce la plus importante du répertoire pour clavier de Kabalevski.
PROGRAMME Smetana : Rêves Kabalevski: Sonate pour pour piano n° 2 en mi bémol majeur, opus 45
(ANNULÉ) Orchestre Métropolitain • Nicolas Ellis • Martin Carli : « L’eau et le feu : Génial ! »
par Alain Brunet
Bienveillants ou destructeurs, utiles ou nuisibles, le feu et l’eau sont mis en relation dans ce programme suggéré par l’Orchestre Métropolitain, cette fois sous la direction du jeune maestro Nicolas Ellis. L’Oiseau de feu, suite orchestrale tirée du ballet du compositeur russe Igor Stravinski, flots imprévisibles de La Moldau du Tchèque Bedřich Smetana, Sirènes du Français Claude Debussy, avec pour soliste la flûtiste Kaïla Stephanos, voilà autant de chefs-d’œuvre d’inspirations pyriques ou aquatiques à contempler aux côtés de l’OM, le tout chapeauté par quelques informations scientifiques, gracieuseté de l’animateur au sarreau Martin Carli.
ARTISTES ET PROGRAMME L’eau et le feu : Génial! Orchestre Métropolitain Nicolas Ellis, chef Bedřich Smetana: La Moldau Maurice Ravel: Une Barque sur l’océan Claude Debussy : Nocturnes, III. Sirènes Igor Stravinski: L’Oiseau de feu, suite (1919)
(ANNULÉ) Orchestre symphonique de McGill • Alexis Hauser
par Alain Brunet
Sous la direction du maestro Alexis Hauser, l’Orchestre symphonique de McGill partagera la scène (l’autel) de l’église Saint-Jean-Baptiste avec le Chœur de chambre Schulich et le Grand chœur de McGill, soit pour l’exécution du Ein deutsches Requiem de Johannes Brahms. Imaginée comme un chemin de consolation, cette œuvre fut marquée par la disparition de deux personnes très importantes pour Brahms : sa maman et le compositeur Robert Schumann, qu’il considérait comme son mentor.
ARTISTES ET PROGRAMME Orchestre symphonique de McGill Chœur de chambre Schulich Grand chœur de McGill Chœur universitaire de McGill Alexis Hauser, chef Johannes Brahms, Ein deutsches Requiem, opus 45 Jean-Sébastien Vallée, chef de chœur
À 22 ans, Shermar Paul, alias Night Lovell, a déjà trois albums en banque : Concept Vague (2014), Red Teenage Melody (2016) et Goodnight Lovell (2019). Adolescent, le MC lançait la chanson Dark Light, succès viral sur le web il y a cinq ans. Sa voix grave et rocailleuse est cimentée dans le beat, le rapper fait dans le trap, son propos se révèle (pour le moins) chargé de testostérone. Au programme, sexe, cash, jalousie, amour, ambition, vie nocturne, conflits humains… vie de rap, quoi !
Deux orchestres symphoniques de jeunes étudiants partageront la scène de la salle Oscar-Peterson (Université Concordia). D’abord le Greater Buffalo Youth Orchestra (État de New York) attaquera l’Ouverture Guillaume Tell de Rossini et la 9e symphonie d’Antonín Dvořák, dite du Nouveau Monde. L’Orchestre symphonique de l’École Joseph-François-Perrault complétera le programme avec des œuvres classiques dévoilées ultérieurement ou sur place.
PROGRAMME Concert d’orchestres de jeunes Greater Buffalo Youth Orchestra Chef d’orchestre : Ansgarius Aylward Rossini, Ouverture Guillaume Tell Dvořák, Symphonie n° 9, dite du Nouveau Monde Orchestre symphonique Joseph-François-Perrault Salle de concert Oscar-Peterson, Université Concordia
Découverte au début de la précédente décennie avec le duo Eli et Papillon, la chanteuse francophone Eli Rose a négocié un virage soul/R&B/hip-hop/synthpop, travaillé avec des beatmakers et artistes reconnus au sein de la communauté rap keb, et plus encore – Ruffsound, DRMS, Billboard, Realmind, June Nawakii, Mike Clay, Banx & Ranx. Endossée par la major Universal, Eli Rose peut compter sur une puissante machine pour assurer son décollage en solo. Ses fans auront l’occasion de réaliser à L’Astral l’ampleur de ce virage groove.
Stephen Lee Bruner, alias Thundercat, s’est produit à quelques reprises sur les scènes montréalaises – notamment dans les programmes de Flying Lotus au sein desquels il l’accompagnait également en plus d’y présenter son groupe et, plus récemment, en première partie de Herbie Hancock lors du FIJM 2018. Compositeur, parolier, chanteur et bassiste virtuose, il fait désormais partie de la nouvelle élite du jazz-groove californien (Kamasi Washington, Terrace Martin, Taylor McFerrin, etc.). Ses participations à plusieurs pièces du surdoué rapper Kendrick Lamar ont aussi fait rayonner Thundercat… et fait relativement oublier sa facture somme toute très années 70. It Is What It Is, son quatrième album, sera lancé sous étiquette Brainfeeder en avril prochain, avant quoi ses fans auront droit sur scène à cette matière inédite.
Sous la direction du claveciniste virtuose Luc Beauséjour, l’Ensemble de musique baroque présente un répertoire d’airs d’opéra baroques français et de musique instrumentale. Les compositeurs joués seront Jean-Baptiste Lulli (1632-1687), André Campra (1660-1744) et Jean-Philippe Rameau (1683-1764).
La facture de Niyaz se fonde sur l’intégration de chants traditionnels et sacrés à une esthétique actuelle. La lutherie décrit bien la connexion Orient-Occident : claviers, guitares, outils numériques, ordinateurs, santour, saz, kaval, kopuz, bendir, riqq, kanun, tabla, sarod.
Fondé en 2005, Niyaz est un groupe constitué autour de Azam Ali (voix, percussions et santour) et de Loga Ramin Torkian (multi-instrumentiste). Rappelons que le couple d’origine iranienne et leur enfant ont résidé à Montréal au cours de la précédente décennie, puis regagné la Californie où ils vivaient auparavant.
Enregistré entre Montréal et Istanbul, l’album The Fourth Light,dont il est ici question, est constitué de chansons originales du tandem, auxquelles s’ajoutent des pièces turques, afghanes et iraniennes. Les chansons s’inspirent aussi de Rabia Al Basri, poétesse et ascète soufie du VIIIe siècle. The Fourth Light fut lancé en 2015 et, cinq ans plus tard, Niyaz vient en interpréter la matière, actualisation en prime.
Le site web du Théâtre Outremont nous rappelle que « The Fourth Light est un spectacle multimédia, conçu par Jérôme Delapierre, où les luths orientaux se déploient dans une instrumentation électroacoustique et où l’éclairage et la scénographie se combinent à la danse de Tanya Evanson, l’une des rares danseuses derviches.»