jazz

Gabi Hartmann à la Casa del Popolo

par Rédaction PAN M 360

On pourra discuter à l’infini, mais on ne sait pas forcément très clairement où la voix de Gabi Hartmann nous transporte : un bar jazz en sous-sol, une plage tropicale au crépuscule, une terrasse dans une pente de Lisbonne, le fond d’une brasserie parisienne par une nuit d’hiver ? On ferme les yeux et passent, enlacées, l’ombre d’une légende du jazz, d’une diva de la bossa nova, d’une grande dame en noir de la chanson française ou portugaise, quelque part au carrefour du chic exquis et de la mélancolie vertigineuse, de la douceur consolante et du spleen partagé.

We can talk endlessly, but we don’t necessarily know very clearly where Gabi Hartmann’s voice takes us: a jazz bar in the basement, a tropical beach at dusk, a terrace on a slope in Lisbon, the background of a Parisian brasserie on a winter’s night? We close our eyes and pass, entwined, the shadow of a jazz legend, a bossa nova diva, a great lady in black from French or Portuguese song, somewhere at the crossroads of exquisite chic and vertiginous melancholy, consoling sweetness and shared spleen.

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Ce contenu provient de Gabi Hartmann et est adapté par PAN M 360.

Métal / noise-rock

Pyrrhon et Couch Slut à la Casa del Popolo

par Rédaction PAN M 360

« Tout ce que fait Pyrrhon émane d’un noyau de death metal obsidional, mais cette musique est bien plus expressive et son impact bien plus inquiétant que presque tout ce qui se fait dans le genre.
-Decibel

Doté d’un cerveau et de muscles, Couch Slut fait de la musique qui frappe les tripes et stimule l’esprit. La version déchirante du rock de l’album Contempt est à l’image de sa ville natale – sale, dangereuse, éblouissante – et assure la place du groupe dans la lignée des grands documentaristes de NYC, de Sonic Youth à Swans, d’Unsane à Pyrrhon.

« Outré as they get, everything Pyrrhon do emanates from an obsidian death metal core – just that this music is that much more expressive, its impact that much more disquieting than almost anything else in the genre. »
-Decibel

Sporting brains and brawn, Couch Slut makes music that punches the gut and stimulates the mind. Contempt’s harrowing version of rock reflects its hometown – dirty, dangerous, dazzling – and secures the band’s place in the line of great NYC documentarians, from Sonic Youth to Swans, from Unsane to Pyrrhon.

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Ce contenu provient de Pyrrhon et de Couch Slut et est adapté par PAN M 360.

électronique / house

Wax Motif au Théâtre Beanfield

par Rédaction PAN M 360

Daniel Chien, plus connu sous le nom de Wax Motif, est considéré comme l’un des principaux orchestrateurs du développement du son house aux États-Unis. Avec des influences musicales telles que le R&B, le disco et la basse britannique, ce producteur né en Australie et basé à Los Angeles apporte un style unique au studio, ce qui fait de lui un producteur très recherché.

Daniel Chien better known as Wax Motif is regarded as a major orchestrator in developing house sound across the US. With musical influences like R&B, disco and U.K. bass, the Australian-born, LA-based producer brings a unique style to the studio, making him a highly sought-after producer.

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Ce contenu provient de Wasserman Music et est adapté par PAN M 360.

MUTEK 2023 | A/Visions 2 : Hatis Noit, DATUM CUT, SPIME.IM

par Laurent Bellemare

L’équipe de PAN M 360 vous offre une couverture exhaustive de MUTEK Montréal 2023. Voilà une sélection des meilleurs performances samedi soir au Théâtre Maisonneuve, dans le cadre de la série A/Visions.

Crédits photos : Nina Gibelin Souchon

Hatis Noit

« Je n’utilise que ma voix, est-ce que c’est correct de jouer à Mutek? »  C’est la question que Hatis Noit posait lors de sa première adresse à la foule. L’artiste japonaise basée à Londres n’avait effectivement qu’une pédale de boucles et des projections comme matériel technologique, opérant l’essentiel de son art à partir de ses plis vocaux. Du point de vue technique, Noït impressionnait en passant aisément du chant opératique à du yodel très près de ce que les chanteuses est-européennes font en musique traditionnelle. Imitations de cris d’animaux et autres textures étaient également au rendez-vous. Les voix se superposaient ainsi en textures arythmiques, toujours tonales. La compositrice n’avait toutefois pas une approche maximaliste, ses pièces restreignant leur épaisseur à quelques boucles. Les différentes couches mélodiques étaient donc toujours perceptibles pour l’oreille souhaitant décomposer la masse. Avec les déplacements et la présence scénique de l’artiste, celle-ci a livré une performance hors de l’ordinaire et des plus uniques du festival. La communication verbale avec la foule entre les pièces et les projections de Yuma Kishi étaient un bonus. Même uniquement sonore, le spectacle aurait été tout aussi captivant. Oui, Hatis Noit, c’est correct que tu joues à Mutek!

DATUM CUT

Derrière ses écrans et ses synthétiseurs, Maxime Corbeil-Perron composait un drone massif, mais harmoniquement assez simple. On avait l’impression d’être plongé dans un accord durant l’entièreté de la prestation, l’artiste prenant le temps de décortiquer et varier sur toutes ses formes le contenu harmonique. Sur cette trame relativement statique s’ajoutait une séquence complexe de sons plus rugueux. Sans pulsation perceptible, la composition était tout de même très rythmée, avec des attaques percussives rapides et sporadiques. La musique se développait par micro-montage, révélant des événements sonores complexes cachés dans la texture globale. Les aigus semblent avoir été filtrés, ce qui adoucissait nettement l’agressivité des sons plus noise. Esthétiquement, le tout rappelait un groupe comme Yellow Swans, qui développe justement une forme de « noise harmonique ». Visuellement, des photographies de textures métalliques alternaient avec des images de synthèse dans une palette néon. Inex.materia était un bon exemple d’œuvre accessible informée par une pratique académique. Il s’agit là de l’une des manifestations sonores de Corbeil-Perron, qui opère sous plusieurs alias.

SPIME.IM

Décidément, le collectif italien SPIME.IM ne passe pas par quatre chemins pour en mettre plein la gueule. En format duo, les artistes ont débuté la performance de façon assez minimaliste, avec une musique industrielle et noise rythmée, éclairée par des stroboscopes blancs. Rapidement, le tout est devenu beaucoup plus éclectique… et politique. Toutes les abjections de notre monde contemporain y sont passées : culture militaire, individualisme numérique, pollution, surconsommation, matérialisme, obscénités richissimes, destruction du monde naturel, etc. Ces images étaient décomposées et recomposées dans des séquences parfois raffinées et parfois viscérales. Particulièrement percutante était une longue mise en abîme où les pixels de chaque nouvelle image s’agrandissaient pour plonger dans de nouvelles images qui s’agrandissaient à leur tour pour ensuite révéler de nouvelles images. Il y avait quelque chose de thérapeutique à voir toutes ces représentations de violences être réutilisées de manière artistique.

La musique, toujours très expérimentale, devenait de plus en plus intense, martelant des sons très saturés avec quelques échos d’harmonie quand l’effet dramatique souhaité le commandait. Par exemple, une brusque progression d’accords entrecoupée de silences laissait apparaître un à un les mots  « Where are we going then? ». Ce passage, comme bien d’autres durant la performance, aurait très bien pu clôturer le numéro. C’était peut-être le défaut de SPIME.IM: ne pas savoir quand s’arrêter. Les culminations dramatiques étaient si fréquentes que le public les applaudissait telles des fins de soli dans un spectacle de jazz. En somme, le public a eu droit à une critique cinglante des images médiatiques qui tapissent notre quotidien. La trame sonore apocalyptique accompagnant ces clichés déferlants soulignait habilement la brutalité des enjeux auxquels nous faisons face. Captivant du début à la fin.

MUTEK 2023 | Piknic Elektronic mutékien

par Rédaction PAN M 360

Scène Fizz

DJ Stingray 313 B2B Helena Hauff US+DE

OJPB FR/QC

SIM CA/QC

Scène du Boisé

Eli Goldstein (Soul Clap) US

G L O W Z i CA/QC

Les détenteur·trice·s d’un Passeport ou d’une Passe Weekend MUTEK accèdent gratuitement au Piknic Électronik MTL #12 sur présentation de leur bracelet à l’entrée de l’événement.

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MUTEK 2023 | Nocturne 4 : SUFYVN, Deadbeats present Ark Welders Guild, Honeydrip, µ-Ziq & ID :Mora, dBridge

par Laurent Bellemare

L’équipe de PAN M 360 vous offre une couverture exhaustive de MUTEK Montréal 2023. Voilà une sélection des meilleurs sets présentés samedi soir à la SAT, dans le cadre de la série Nocturne.

Crédits photos : Vivien Gaumand

SUFYVN

Dès son entrée sur scène, SUFYVN a installé une ambiance de club dans la salle, avec une musique électronique puissante et accrocheuse. Ce style s’est toutefois nuancé dès le second morceau, plongeant plutôt l’auditoire dans un langage IDM équilibrant bien les sonorités familières avec un traitement varié du rythme et du timbre. Il est dit que l’artiste s’inspire de sonorités et de rythmes soudanais, ce qui n’est pas immédiatement accessible comme référence pour la majorité des auditeurs. Quoi qu’il en soit, SUFYVN produisait sans équivoque une musique pour faire danser. La performance parcourait une variété de tempi, alourdissant ou précipitant l’énergie du parterre aux moments opportuns. Les projections de Kaminska faisaient défiler des formes ondulées dans des teintes multicolores. Si ces formes étaient apparemment puisées dans les graphiques économiques, leur résultat produisait une esthétique psychédélique bien connue dans le milieu de la musique électronique. Une performance variée, quoiqu’un peu générique, qui fonctionnait bien comme avant-goût, à une heure où le public entrait toujours au compte-goutte.

Deadbeats present Ark Welders Guild

Ark Welders Guild, c’est le nom d’une collaboration entre le producteur canadien Scott Monteith (Deadbeats) et la chanteuse italienne Leitizia Trussi. Avec ce duo, c’est une ambiance plus sombre qui se développait. Les pièces lourdes et planantes avaient notamment des échos de trip-hop par leur tempi plus lents. La voix noyée dans la réverbération y était également pour beaucoup, tout à fait dans le style. Le registre grave était très chargé, faisant onduler des basses qui supplantaient souvent les autres éléments du mix. Le reste du spectre harmonique était flottant, suffisamment libre pour y ajouter toute sorte d’interventions sonores. Des moments plus agressifs contrastaient l’occasion avec cette direction musicale. Par ailleurs, un mélange de sépia et de noir prédominait sur le plan visuel. Des images granuleuses de paysages désertiques ont graduellement laissé place à des formes sphériques évoquant une cartographie céleste imaginaire, puis à des alvéoles de matière spongieuse. Ces éléments s’arrimaient plutôt bien avec la nostalgie générale se dégageant de la musique.

Honeydrip

Artiste très attendue de la soirée, la Montréalaise Honeydrip s’est emparée de la scène avec son Bass/Dub énergique. Dans cette musique, la mélodie et l’harmonie ne font plus partie des paramètres. Plutôt, on a affaire à des boucles rythmiques aux subdivisions de « hi-hat » bien marquées et aux basses fréquences grondantes. L’élément le plus distinctif de cette performance était la participation du chanteur reggae King Shadrock. Cette collaboration ajoutait un élément performatif supplémentaire, en plus de créer une esthétique originale. La performance présentait le matériel d’un album au titre très approprié de Psychotropical. Dépourvu de ses accords de guitares et de son accentuation des contretemps, le reggae était ici recontextualisé dans une musique électronique inharmonique et aux downbeats bien lourds. Le tout était accompagné d’un visuel constitué d’archives vidéos filtrées de diverses façons, voulu comme une représentation de l’expérience vécue sous les drogues psychotropes. Signée par Emma Forgues, cette conception visuelle complémentait bien la présence scénique et les costumes des artistes.

µ-Ziq & ID :Mora

Vétéran de la scène britannique µ-Ziq s’est imposé à une SAT bondée de monde avec une musique complètement déjantée. Davantage breakcore qu’IDM, la musique se développait à toute allure, laissant place à peu de répétition. Structures déconstruites et entrées fréquentes de rythmes typiquement drum’n’bass, la performance débutait avec un matériel somme toute assez harmonique, créant même un sentiment de légèreté chez l’auditoire. La partie centrale était, quant à elle, tout à fait atonale et chaotique. Sans jamais décroître en énergie, Muziq a fait évoluer sa trame en la tapissant de progressions majeures à l’effet planant vers la fin. On avait ainsi droit à un mélange intéressant de breakcore sur le plan rythmique et de trance sur le plan mélodique. Visuellement, le spectacle était tout aussi prenant. Les animations 3D de l’artiste tchèque ID:Mora étaient totalement loufoques, passant d’une pluie d’autobus scolaires à des pantins faisant de l’escrime. Les couleurs étaient vives, les personnages étaient enfantins et le traitement graphique rappelait des ébauches d’écrans de veille Windows 1995. Ces éléments visuels enjolivaient nettement l’expérience.

dBridge

Au petit matin, c’était finalement au tour de dBridge de s’emparer de la scène. Cependant, c’est toute la SAT qui vibrait au rythme des basses extrêmes de cet autre vétéran britannique. On pouvait sentir une catharsis générale dans la foule, qui prenait collectivement ces attaques fréquentielles de plein fouet. La musique de dBridge était physique, et mettait surtout en valeur le registre grave. Des percées de courts motifs mélodiques au clavier venaient parfois décorer la trame, à l’instar d’échantillons de voix variés qui intervenaient à d’autres moments. L’artiste livrait une performance entièrement analogue, synthétiseurs modulaires et pédales en guise de matériel. Il y avait dans sa musique une urgence menaçante. Les projections de Line Katcho, très minimalistes, complémentaient bien cette énergie. Un moment Mutek vécu par le corps tout entier.

MUTEK 2023 | Expérience 5: Sara Berts, Sheenah Ko, OBUXUM, ROSINA

par Théo Reinhardt

MUTEK Montréal 2023 et PAN M 360, voilà une combinaison qui tombe sous le sens ! Voilà pourquoi notre équipe s’y consacre cette semaine. Les férus de musiques électroniques de pointe et de création numérique se retrouvent cette semaine à Montréal, alors suivez la vibrante couverture de notre équipe , et ce jusqu’à dimanche!

Crédits photos : Bruno Aiello Destombes

Sara Berts

Sara Berts est une conceptrice de mondes parallèles. Je suis arrivé légèrement après le début de sa performance, et dès les premiers sons qui me parvenaient en sortant de la station Saint-Laurent, je me sentais doucement transporté ailleurs. 

La compositrice et artiste sonore italienne utilise des tons ronds, lisses, et d’autres qui claquent un peu comme un marimba, ainsi que des enregistrements de sons de vagues, de criquets et d’autres bruits nocturnes, le tout de manière très élémentaire. Du petit bonbon pour les oreilles, quoi. Souvent, alors que les mélodies basses se meuvent lentement, d’autres sons plus aigus tournent beaucoup plus vite: accords arpégés, petites bulles de savon synthétisées, cui-cui d’oiseaux électroniques… Les compositions font ressortir leurs couches, du souterrain au sol, du sol aux nuages, des nuages à l’atmosphère.

Se créent ainsi des espaces sonores qui ressemblent étrangement à des mondes vivants, riches et mûrs pour l’acte de contemplation. Des mondes calmes et étrangement sauvages, mais tout de même en harmonie. « Une conversation entre écosystèmes naturels et synthétiseurs », explique la page de l’artiste sur le site de MUTEK. 

C’est un son qui fait beaucoup penser aux saveurs électro tribales et déjantées que le groupe The Knife a avancées sur leur album Shaking the Habitual, mais en plus relax. Le même monde, peut-être, mais sur un autre continent, à une autre ère, sous d’autres cieux, avec d’autres créatures. Tout aussi enchanteur.

Sheenah Ko

« Je ne suis pas une DJ » dit Sheenah Ko avant de débuter sa performance 100% improvisée. « L’énergie que je vais recevoir de vous, je vais vous la renvoyer ». Un set spontané, donc. 

Le tout commence avec un loop de percussion lente et une basse bourdonnante. Rapidement, l’artiste assombrit le son, usant d’une gamme inhabituelle. Cela ne lui prend pas longtemps pour se mettre à chanter des semblants de paroles, avec beaucoup de réverbération. 

Après des changements progressifs d’effets, des jeux de polyrythmie, un alourdissement des coups de basse, une intensification des chants, nous sommes dans un territoire étrangement céleste. On se demande où la musicienne chinoise-irlandaise pourrait bien aller par la suite. Elle aussi, probablement. 

Les percussions sont ensuite enfouies, et l’allure générale ralentie, pour une nouvelle section. Nouveaux sons de percussion, énervés et métalliques, tempo accéléré, progression d’accords lumineux qui enflent comme des vagues, ajoutant une touche de clarté et d’espoir à l’atmosphère.

15 minutes plus tard, une basse vrombissante et un rythme club prennent le dessus, alors que des accords arpégés à intensité variable voguent au-dessus, leur timbre rappelant surtout les années 80, dont l’artiste utilise souvent l’esthétique dans ses œuvres. 

Le tout se termine sur une éclaircie musicale très cinématique, un zoom-out général au synthétiseur, suivi d’un mouvement panoramique vers le ciel… au synthétiseur aussi. Retour au vrai monde.

Une performance très fluide qui relève certainement d’une préparation rigoureuse de la part de Sheenah Ko, ainsi que d’une maîtrise impressionnante de son arsenal sonore. Surtout, un coup d’œil satisfaisant dans sa créativité atypique.

OBUXUM

Les sons d’OBUXUM sont variés. On passe de ce qui pourrait être un sample de hip-hop à des tambours et des bâtons, à de l’électro cyberpunk rétro, à un groove abstrait industriel, et à plein d’autres de ces sons qui ne semblent pas congrus du tout. Tout de même, et malgré les transitions abruptes, on sent une narrativité à l’expérience. On sent qu’une histoire se construit, que chaque petit morceau rentrera éventuellement dans l’ordre des autres. 

À travers les rythmes déroutants, les virages à 90 degrés, et le caractère généralement kaléidoscopique de son approche, OBUXUM effectue peut-être une œuvre anthologique, un ratissage un peu aléatoire de différentes ère de l’histoire musicale. Ce qu’elle présente est une mosaïque d’échantillons de créativité provenant des quatre coins du monde et de l’esprit, un grand exercice de variété, de bricolage sonore historique qu’une heure peut à peine contenir… ou quelque chose comme ça. On sent qu’une grande démarche se dissimule derrière, et il n’est pas difficile de l’apprécier.

ROSINA

On dit peut-être de ROSINA qu’iels ne sont pas des « people-pleasers ». Pourtant, observons leurs demandes: un monde où n’importe qui peut aimer la personne qui lui plaît, un monde où les gens ont leurs besoins de base comblés, un monde où on peut ressentir de la joie. Ces choses, elles, feraient bien plaisir aux gens, non?

Le trio ROSINA est dirigé par l’interprète de drag et artiste multidisciplinaire Franny Galore-Wngz et la poétesse, chanteuse et productrice ROSINA. Personnalités excentriques, les deux font semblant, pendant leur performance, d’être Anglaises. Ce n’est qu’un aperçu de l’espièglerie qui irradie de ces deux personnes.

Les membres de ROSINA aiment jouer leur musique lors du crépuscule. Rappel symbolique de leur mantra que rien ne dure pour toujours, que tout est éphémère, autant la joie que la souffrance. « We’re tired. We don’t want to be mad all the f****** time. », dit ROSINA (l’artiste). Face à l’adversité, ces mauvaises herbes qui poussent dans les craques de l’espoir décident de se tourner vers l’amour, vers les autres, d’embrasser la sensuelle bizarrerie de nos mondes extérieur et intérieur. Une reconquête du monde par une reconquête de soi qui, comme iels le disent, peut faire peur. Le tout dans une attitude assumée, affranchie, presque punk, l’esprit DIY à fond, sur un fond de musique dansante, agrémenté par des paroles affirmatives comme « I want to feel joy », et des mantras qui semblent provenir d’un train de conscience pur et inaltéré. Testée, pliée, tordue et grafignée par le monde, peut-être, cette conscience, mais honnête.

Peut-être pas la performance la plus cohérente, ou lisse, ou musicalement impressionnante, mais la force de ROSINA réside définitivement dans l’énergie. Un des meilleurs flux  d’énergie, qui prend sa source dans l’euphorie, la terreur, la montagne russe florissante de la queerness, et qui, en fin de compte, provoque un grand plaisir, et, sans doute, une grande libération à qui en aurait besoin.

MUTEK 2023 | Métropolis 1: .VRIL, E-Saggila, SYNC. (AtomTM & Peter Van Hoesen)

par Salima Bouaraour

Des jambes engourdies par la danse, des yeux plein d’étoiles et des cris de joie: Métropolis 1 a su déployer de l’amour à profusion! Cette première soirée MUTEK consacrée à la Techno fut étonnamment redoutable jusqu’aux premières lueurs du jour. La programmation, finement pensée, a offert au public une formule plus qu’efficace. Résultat : une foule électrisée par des rythmes binaires et fulgurants.

Crédits photos : Bruno Aiello Destombes

.VRIL

.VRIL s’est promené sur des phases break, house et des voix féminines entraînantes qui ont su amener en douceur un set percutant et progressif au kick puissant. Au milieu de la nuit, l’ambiance s’est enrichie de sonorités industrielles, froides et répétitives créant les conditions sine qua non à une expérience digne d’un club underground allemand.

E-Saggila

En utilisant des nappes énergiques, la Canadienne E-Saggila a relancé l’intensité de la soirée, placée sous haute tension. La compositrice a activé le détonateur avec une masse de beats lourds, ronds et massifs. Les basses venaient vous chercher au corps et au cœur. Entrecoupée avec délicatesse par des sons de synthé vaporeux, sa performance nous a plongé dans les abîmes cachées du festival.

SYNC. (AtomTM & Peter Van Hoesen)

Les tant attendus AtomTM & Peter Van Hoesen ont investi la scène avec une longue table de 3 mètres environ où s’entremêlaient un capharnaüm hybride de machines analogiques, de modulaires, de boîtes à rythme, de pédales d’effet, de contrôleurs et d’un CDJ… Bien que tous les sets furent d’une très grande qualité, il faut souligner que la performance hardware était remarquable. Après une introduction teintée de basse groovy, le duo s’est lâché dans un libre dialogue endiablé durant trois heures!

Dans une arborescence de techno pure, le Métropolis, bondé, s’est perdu avec générosité tout en sachant que la course folle de MUTEK se poursuivra de plus belle samedi et dimanche!

MUTEK 2023 | Nocturne 3 : upsammy & Jonathan Castro, Nick León, Halina Rice, Quan & DBY

par Alain Brunet

L’équipe de PAN M 360 vous offre une couverture exhaustive de MUTEK Montréal 2023. Voilà une sélection des meilleurs sets présentés vendredi soir à la SAT, dans le cadre de la série Nocturne.

Crédits photos : Nina Gibelin-Souchon

upsammy & Jonathan Castro

Posées sur des surfaces végétales, des formes cabalistiques sont projetées sur les écrans. Au milieu de tout ça, une femme, un homme. DJ, productrice et artiste multidisciplinaire, la Néerlandaise  upsammy (Thessa Torsing) aime illustrer les extrêmes: le confort, l’inconfort, la beauté harmonieuse, la désolation. Elle use de différentes couleurs pour peindre ses fresques sonores: voix traitées, rythmes et tempos variés, les sons de l’eau, les sons de la manipulation tactile, fragments mélodico-harmoniques, quelques poussées de beats fiévreux contrastants avec des séquences froides et arythmiques. On dit de cette approche illustrée dans l’espace par l’artiste péruvien Jonathan Castro Alejos, designer graphique de profession et artiste visuel de l’univers numérique, qu’elle serait de la techno expérimentale et de l’IDM. Peut-être… De notre côté, cette approche n’a pas de genre apparent a priori sauf l’usage de rythmes tirés de la techno minimale et de l’ambient cérébrale. On a plutôt ici un langage composite aux fondements électroacoustiques qui peuvent néanmoins accrocher le nuitard  avec quelques électrochocs qui peuvent le rendre agité.

Nick León

Le Floridien Nick León est féru des avancées latines en matière de musique électronique, particulièrement portoricaines et colombiennes. Un galbe psychédélique enveloppe les rythmes et en transforment l’identité originelle. Le psychédélisme et l’électronique, il faut le rappeler, font bon ménage depuis un demi-siècle,  nous en avons ici une version latine. Reggaeton, afrobeats, cumbia, krautrock et ambient se lient en direct. Juste assez groove pour un vendredi, juste assez nourrissant pour un set digne de MUTEK. D’une partenaire présente à ses côtés, des  projections top niveau appuient le tout, motifs de joaillerie en mouvement, scintillements, kaléidoscopes stylisés et plus encore. À l’écoute de ce set tout à fait concluant, on constate avec intérêt que le reggaeton a déjà généré des formes les plus raffinées. À l’évidence, Nick León et sa partenaire de scène font de belles choses.

Halina Rice

Suite d’harmonies et de fragments mélodiques au clavier,  musiques préenregistrées et modulées en direct. Techno cérébrale, électroacoustique, IDM. La Londonienne Halina Rice n’a pas le look de l’emploi, aucune extravagance vestimentaire sur scène, on la verrait fort bien animer un séminaire de doctorat. Les apparences sont trompeuses car Halina Rice crée une excellente musique technoïde,assortie d’une variété probante  d’arrangements consonants, d’une superbe sélection de sons industriels, de techno, de big beat, de chant choral au féminin, de hululements synthétiques non sans rappeler celui des  femmes arabes. Cette succession de climats contrastés, embrumés de glace sèche et de visuels conçus  par la principale intéressée, illustrent l’envergure conceptuelle,  l’intelligence et la sensibilité supérieures de cette femme qui, prédisons-le, marquera sa profession.

Quan & DBY

Au cœur de la nuit, un tandem montréalais de l’étiquette Chez.Kito.Kat fait dans la techno minimale, archi binaire pour les besoins évident du plancher de danse à l’heure qu’il est – de 2h à 3h. Les surimpressions sont relativement discrètes, absolument rien d’ostentatoire à ce programme déployé à la SAT: chuchotements variés, lignes rauques, ébullitions de microbasses et autres borborygmes de synthèse produisent un contrepoint sans l’emporter sur le beat. Plutôt que d’étaler toute la science qu’on leur connaît, breakbeat, deep house, acid, ambient, dub, bass music, dub, le tout produit par une impressionnante lutherie, notamment les synthétiseurs modulaires conçus pour les besoins de l’exercice, Quan et Dog Bless You (d’où l’acronyme D.B.Y., Samuel Ricciuti de son vrai nom) nous feront passer une  heure concluante de petites modulations et de gros beat destiné aux danseurs qui n’ont pas migré au MTELUS où sévit Sync en même temps qu’eux.

MUTEK 2023 | A/Visions 1 : Kyoka & Shohei Fujimoto, Alexis Langevin-Tétreault & Guillaume Côté, Alessandro Cortini & Marco Ciceri

par Laurent Bellemare

Pour le premier volet de sa série A/Visions, le festival MUTEK accueillait son public dans un Théâtre Maisonneuve muni d’un simple écran géant. C’est effectivement par les projections et les haut-parleurs que toute l’action artistique était communiquée à l’auditoire, du moins pour le premier des numéros. Au total, trois duos d’artistes étaient à l’honneur dans ce concert de vidéomusiques expérimentales et immersives.

Crédits photos : Bruno Aiello Destombes

Kyoka & Shohei Fujimoto

Le premier quart de l’œuvre Cinema Blackbox faisait immédiatement croire à un pastiche de Ryoji Ikeda, avec ses sonorités aiguës et sinusoïdales et son visuel désincarné. On y trouvait effectivement plusieurs codes de la sommité japonaise en installations sonores : exclusivité du noir, blanc et rouge, lignes et formes rectangulaires stroboscopiques, esthétique minimaliste et abondance de sons de synthèses. Plus tard, la composition s’est complexifiée, en s’attaquant à des rythmes plus structurés et en décuplant les plans visuels en mosaïques se mouvant à toute allure. Un bref moment de statisme a fait intervenir quelques hauteurs tonales définies, colorant une musique autrement très industrielle, fidèle à la performance de Kyoka présentée la veille au festival. Des échantillons de voix et de gouttes d’eau ont également ramené l’œuvre sur la plaine terrestre. Autrement, Cinema Blackbox semblait volontairement adopter une posture autoréférentielle, où l’art technologique choisit de représenter la technologie elle-même. À l’écran, on voyait effectivement d’innombrables éléments de sonogrammes, d’encéphalogrammes, de quadrants de radars et de codes de programmation.

Alexis Langevin-Tétreault & Guillaume Côté

Pour la seconde partie du spectacle, une table avec dispositifs électroniques a été ajoutée au décor. Cela tombait sous le sen, car la démarche d’Alexis Langevin-Tétreault s’attèle à la « performance électroacoustique », soit le fait de créer en direct une musique habituellement conçue entièrement en studio. Avec son comparse Guillaume Côté, il faisait effectivement évoluer la masse sonore qu’est Aubes en variant les couches timbrales et mélodiques avec un synthétiseur modulaire. La minutie qu’impose le style très académique de l’électroacoustique pouvait se faire entendre, car les textures étaient riches et complexes. Toutefois, l’atmosphère demeurait toujours celle d’une rêverie, voire d’une évasion du monde physique. Le contenu harmonique gardait toujours l’auditoire dans des tonalités majeures, emplissant d’espoir et d’émotion une proposition par ailleurs plutôt cérébrale. Le visuel était lui aussi composé de textures colorées, mais complexes, confirmant une formule équilibrée d’expérimentalisme et d’éléments accrocheurs. On pardonne aisément le son intrusif Macintosh très reconnaissable qui ponctuait drôlement bien un changement abrupt au centre de l’œuvre.

Alessandro Cortini & Marco Ciceri

Le duo italien présentait une performance beaucoup plus lourde. En plus d’un tempo beaucoup plus lent, toute la pièce conservait une tonalité mineure, donc perceptiblement plus mélancolique. Des arpèges joués aux synthétiseurs progressaient lentement, résultant en une trame relativement statique qui s’est densifiée allègrement durant la finale. À ce moment, le spectre harmonique s’approchait tranquillement du bruit blanc, alors qu’on percevait toujours clairement les éléments mélodiques. Visuellement, les projections étaient une sorte d’étude sur les motifs microscopiques d’ailes d’abeilles. Alessandro Cortini impressionne par son synthétiseur inventé et un curriculum vitae rempli de collaborations prestigieuses—de Nine Inch Nails à Merzbow. Toutefois, sa performance à A/V Visions enthousiasmait de façon plus modérée. Sans être soporifique, la musique qui était proposée était loin de sortir de l’ordinaire. Elle était tout de même efficace comme mantra pour réfléchir sur la disparition éventuelle des abeilles pollinisatrices et sur le dérèglement des cycles de fertilisation des plantes.

électronique

MUTEK : Métropolis 2

par Rédaction PAN M 360

La série Métropolis se consacre aux formes plus rythmées et envoûtantes de musique électronique avec une scénographie dynamique. Les deux soirées sont les meilleures options pour en profiter jusqu’à l’aube tout en satisfaisant sa curiosité artistique : le vendredi soir est dédié à la musique techno alors que le samedi s’inspire des sonorités électro et house.

The Métropolis series is dedicated to the more rhythmic and spellbinding forms of electronic music, with a dynamic scenography. The two evenings are the best way to enjoy it until dawn while satisfying your artistic curiosity: Friday night is dedicated to techno music, while Saturday is inspired by electro and house sounds.

Rich Aucoin CA — Synthetic

Originaire d’Halifax, le musicien, auteur-compositeur, producteur et interprète Rich Aucoin débute en solo sur scène en 2007 avec l’EP Personal Publication. Il s’est rapidement fait un nom en associant sa musique pop ambitieuse et exploratoire à d’impressionnants exploits d’endurance, notamment une tournée à vélo d’un océan à l’autre et une autre qui impliquait plusieurs marathons de course à pied, chacune de ces prouesses soutenant une œuvre caritative différente. Ainsi, avant même la sortie de We’re All Dying to Live en 2011, son premier album complet (sur lequel figure plus de 500 invité·e·s !), Aucoin jouissait d’une réputation d’artiste de scène hautement captivant. Les albums suivants, comme Ephemeral en 2014 et Release en 2019, n’ont fait que renforcer sa renommée d’auteur indie-pop. En 2020, il continue de défier les attentes, enregistrant United States, un carnet de voyage psychédélique. Cet effort a été suivi en 2022 par Synthetic : Season 1, le premier volume d’un quadruple album tentaculaire composé à partir de la collection de synthétiseurs rares et historiques du Centre national de musique de Calgary, où il était artiste en résidence. Aucoin a livré la suite en 2023, Synthetic – A Synth Odyssey : Season 2, sur laquelle il a de nouveau joué de tous les instruments, y compris 40 synthétiseurs de la collection basée en Alberta.

Halifax-born musician, songwriter, producer and performer Rich Aucoin made his solo live debut in 2007 with the EP Personal Publication. He quickly made a name for himself by combining his ambitious, exploratory pop music with impressive feats of endurance, including a coast-to-coast bike tour and another that involved several running marathons, each in support of a different charity. So, even before the release of 2011’s We’re All Dying to Live, his first full-length album (featuring over 500 guests!), Aucoin enjoyed a reputation as a highly captivating live performer. Subsequent albums, such as 2014’s Ephemeral and 2019’s Release, have only strengthened his reputation as an indie-pop auteur. In 2020, he continued to defy expectations, recording United States, a psychedelic travelogue. This effort was followed in 2022 by Synthetic: Season 1, the first volume of a sprawling quadruple album composed from the collection of rare and historic synthesizers at the National Music Centre in Calgary, where he was artist-in-residence. Aucoin delivered the follow-up in 2023, Synthetic – A Synth Odyssey: Season 2, on which he again played all the instruments, including 40 synthesizers from the Alberta-based collection.

Aux 88 US

AUX 88 a cimenté sa place dans l’histoire pour ses contributions à la techno et à l’électro à Détroit et dans le monde entier. Composé à l’origine du producteur Tommy « Tom Tom » Hamilton et du DJ Keith « K-1 » Tucker, AUX 88 est né de l’engouement des protagonistes pour les rythmes futuristes de Kraftwerk et de Cybotron. Depuis sa formation en 1993, le groupe de Détroit a été le fer de lance d’une réécriture de l’électro-funk breakbeat des débuts de la Motor City. Souvent appelé techno-bass, ce style intègre des éléments de l’électro de Détroit et de New York, de la bass music originaire de Miami et de l’aspect sombre et analogique de la techno de Détroit. Le premier album du groupe, Bass Magnetic (1993), a connu un succès immédiat et les sorties suivantes, comme les EPs My AUX Mind et AUX Quadrant (1995), annoncent une renaissance de l’électro de Détroit. Tucker a quitté AUX 88 en 1995 pour se lancer en solo et le groupe est resté sous la responsabilité de Hamilton qui a continué l’aventure Aux 88 avec l’ancien danseur William « BJ » Smith (alias Posatronix). Le duo sort Is It Man or Machine? en 1996. Après le départ de Smith en 1998, Aux 88 est devenu le projet solo de Hamilton, qui enregistre seul Xeo-Genetic en 1998, véritable succès critique et public. Un an plus tard, la compilation Electro Boogie a suivi sur !K7 Records. Smith a ensuite réintégré le groupe, tout comme Tucker qui est toujours demeuré discrètement dans le giron d’Aux 88, de même qu’Anthony « Blak Tony » Horton. En 2005, la formation sort son troisième album, tout simplement intitulé Aux 88, puis Mad Scientist (2009) et Black Tokyo (2010) suivirent dans la foulée. Dernier en lice, Counterparts est paru en 2020. Moins prolifique sur disque depuis une décennie, AUX 88 se concentre de plus en plus sur les nouveaux talents, le mentorat d’artistes, la sensibilisation et l’éducation de la communauté, tout en inaugurant la prochaine génération d’artistes de Détroit via son propre label, Electrostatic.

AUX 88 has cemented its place in history for its contributions to techno and electro in Detroit and around the world. Originally made up of producer Tommy « Tom Tom » Hamilton and DJ Keith « K-1 » Tucker, AUX 88 grew out of the protagonists’ infatuation with the futuristic rhythms of Kraftwerk and Cybotron. Since its formation in 1993, the Detroit band has spearheaded a rewriting of the breakbeat electro-funk of the Motor City’s early days. Often referred to as techno-bass, this style incorporates elements of Detroit and New York electro, Miami-based bass music and the dark, analog feel of Detroit techno. The group’s debut album, Bass Magnetic (1993), was an immediate success, and subsequent releases, such as the EPs My AUX Mind and AUX Quadrant (1995), heralded a renaissance in Detroit electro. Tucker left AUX 88 in 1995 to go solo, and the band remained under the care of Hamilton, who continued the AUX 88 adventure with former dancer William « BJ » Smith (aka Posatronix). The duo released Is It Man or Machine? in 1996. After Smith’s departure in 1998, Aux 88 became Hamilton’s solo project, and he recorded Xeo-Genetic alone in 1998, a critical and public success. A year later, the Electro Boogie compilation followed on !K7 Records. Smith then rejoined the band, as did Tucker, who remained discreetly in the Aux 88 fold, as did Anthony « Blak Tony » Horton. In 2005, the band released their third album, simply entitled Aux 88, followed by Mad Scientist (2009) and Black Tokyo (2010). The latest, Counterparts, was released in 2020. Less prolific on record over the past decade, AUX 88 is increasingly focusing on new talent, artist mentoring, community outreach and education, while ushering in the next generation of Detroit artists via its own label, Electrostatic.

Eris Drew & Jeisson Drenth US+NL

Eris Drew dirige le label T4T LUV NRG avec sa partenaire b2b Octo Octa depuis une cabane en rondins dans le New Hampshire. Drew enregistre ses productions auprès de son propre label, Interdimensional Transmissions (Détroit) et Naive Records (Lisbonne). Elle dirige également les Psychedelic Rites of the Motherbeat avec son entourage au Hot Mass de Pittsburgh et à Room 4 Resistance à Berlin.
Ses expériences de musicienne et de danseuse lui ont permis d’entrevoir la rave comme un outil puissant pour transformer les vies individuelles et celles des communautés. En plus de présenter des conférences dans le monde entier sur les liens entre la culture de la musique de danse et d’autres traditions extatiques, elle défend la cause des personnes trans/non-binaires/queer et encadre des DJ et des musicien·ne·s électroniques en début de carrière.

Eris Drew runs the T4T LUV NRG label with her b2b partner Octo Octa from a log cabin in New Hampshire. Drew records with her own label, Interdimensional Transmissions (Detroit) and Naive Records (Lisbon). She also runs the Psychedelic Rites of the Motherbeat with her entourage at Hot Mass in Pittsburgh and Room 4 Resistance in Berlin.
Her experiences as a musician and dancer have enabled her to see rave as a powerful tool for transforming individual lives and communities. As well as lecturing around the world on the links between dance music culture and other ecstatic traditions, she is an advocate for trans/non-binary/queer people and mentors emerging DJs and electronic musicians.

Cinthie DE

Propriétaire de la boutique de vinyles Elevate, fondatrice des labels we_r house et 803 Crystal Grooves (et du sous-label Collective Cuts), DJ et productrice : Cinthie compte parmi les personnalités les plus en vue de la scène house berlinoise. Initiée à la musique d’artistes tels que Steve “Silk” Hurley et WestBam dès son enfance, Cinthie se plonge rapidement dans l’univers de la house et de la techno, orchestrant ses premiers DJ sets dans les années 1990 alors qu’elle est adolescente. L’unicité de son approche en tant que DJ et l’étendue de ses connaissances musicales lui vaudront la reconnaissance de nombreuses légendes qu’elle écoute assidûment au cours de sa jeunesse passée à Chicago et à Détroit, tout comme les figures de proue des scènes house et techno actuelles. Traversant une large gamme de genres musicaux, ses productions comme ses DJ sets englobent l’étendue de la musique électronique en s’appuyant largement sur les vinyles qu’elle collectionne avec zèle.

Owner of the Elevate vinyl store, founder of the we_r house and 803 Crystal Grooves labels (and of the Collective Cuts sub-label), DJ and producer: Cinthie is one of the most prominent figures on the Berlin house scene. Introduced to the music of artists such as Steve « Silk » Hurley and WestBam as a child, Cinthie quickly immersed herself in the world of house and techno, orchestrating her first DJ sets as a teenager in the 1990s. The uniqueness of her approach as a DJ and the breadth of her musical knowledge earned her the recognition of many of the legends she listened to assiduously during her youth spent in Chicago and Detroit, as well as the leading figures of today’s house and techno scenes. Traversing a wide range of musical genres, her productions and DJ sets encompass the breadth of electronic music, relying heavily on the vinyl she zealously collects.

Jennifer Cardini FR/DE

La niçoise Jennifer Cardini s’intéresse à la musique électronique à l’adolescence, influencée d’abord par la new-wave ainsi que par l’émergence des musiques de Chicago et de Detroit. Ayant commencé à mixer dès 1992, elle s’installe à Paris en 1998 et devient DJ résidente du Pulp, avant d’être ensuite sollicitée par le Rex Club, entre autres. Après la parution de quelques 12 pouces, elle sort le maxi Don’t Stay en 2005 avec le producteur Laurent Hô sur Cross Town Rebels. Un second EP, August in Paris, est lancé l’année suivante sur Mobilee. D’autres EP’s paraîtront sur Mobilee ou encore chez Kill The DJ, sous le pseudo Jennygoesdirty. Suite à son déménagement à Cologne, Cardini est devenue la première femme à signer chez Kompakt avec la sortie de Feeling Strange en 2008. En 2011, elle démarre le label CORRESPONDANT (électro, house), puis, une fois installée à Berlin, co-fonde Dischi Autunno (Italo disco, underground techno, électro) en 2017. Færies, son tout nouveau label, se veut ouvert à toute la jeune scène artistique transdisciplinaire et post-genre. Bien qu’elle ait sorti de temps à autre quelques 12 pouces et remixes, ou assuré régulièrement la coordination musicale des défilés de mode pour Ami ou Kenzo, sa réputation s’est surtout forgée grâce à ses talents de DJ. Sa philosophie du dancefloor se reflète non seulement dans ses sets et dans la musique publiée sur ses labels, mais aussi dans son engagement en faveur de la communauté LGBTQIA2S+. Championne de l’électro, de la house, du disco et de la techno minimale, Jennifer Cardini est depuis longtemps associée aux nuits fauves des clubs et festivals les plus prestigieux de la planète.

Jennifer Cardini from Nice became interested in electronic music as a teenager, influenced initially by new-wave and the emergence of Chicago and Detroit music. Having started mixing in 1992, she moved to Paris in 1998 and became resident DJ at Pulp, before being called upon by Rex Club, among others. After releasing a number of 12-inch tracks, she went on to release the Don’t Stay EP in 2005 with producer Laurent Hô on Cross Town Rebels. A second EP, August in Paris, was released the following year on Mobilee. Further EP’s were released on Mobilee and Kill The DJ, under the pseudonym Jennygoesdirty. Following her move to Cologne, Cardini became the first woman to sign to Kompakt with the release of Feeling Strange in 2008. In 2011, she started the CORRESPONDANT label (electro, house), then, once settled in Berlin, co-founded Dischi Autunno (Italo disco, underground techno, electro) in 2017. Færies, her brand-new label, aims to be open to the entire young transdisciplinary and post-genre artistic scene. Although she has released the occasional 12-inch and remix, or regularly provided musical coordination for fashion shows for Ami or Kenzo, her reputation has been forged above all by her talents as a DJ. Her dancefloor philosophy is reflected not only in her sets and the music released on her labels, but also in her commitment to the LGBTQIA2S+ community. A champion of electro, house, disco and minimal techno, Jennifer Cardini has long been associated with the wild nights of the world’s most prestigious clubs and festivals.

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Ce contenu provient de MUTEK et est adapté par PAN M 360.

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