Alternative / folk-rock

FIJM 2026 I Nous étions toustes des frères Barr

par Stephan Boissonneault

En ce jeud soir du 25 juin, la Scène TD était bondée jusqu’aux confins de la Place des Festivals, avec cette foule qui se forme lorsqu’un groupe a été absent assez longtemps pour que ses retrouvailles ressemblent davantage à un événement céleste. Cela fait huit ans que The Barr Brothers n’ont pas sorti d’album complet — huit années au cours desquelles la vie les a entraînés vers de nouvelles directions, tant sur le plan personnel que professionnel. Puis, à la fin de l’année dernière, ils ont sorti Let It Hiss, un retour électrisant, un « merci » adressé à tout Montréal. On pouvait sentir tout ce poids dans l’air, puis Brad Barr a ouvert la bouche, et tout s’est évaporé comme de la fumée.

Je suis arrivé au moment où les Barr Brothers enchaînaient sur leur quatrième morceau, « Naturally », avec Leif Vollebekk qui faisait des merveilles à la guitare aux côtés de Brad Barr. Le groupe comptait une section de cordes, une harpe, une basse, une batterie, et Brad qui passait d’une guitare à l’autre. Une rangée d’ampoules à incandescence était suspendue au-dessus du groupe.

Vint ensuite Moonbeam, un autre titre issu de l’album de retour Let It Hiss, et ce n’est nulle autre que Klô Pelgag elle-même qui est montée sur scène pour l’interpréter en duo avec Brad, tandis que celui-ci jouait du clavier. Let It Hiss lui-même — le titre éponyme — a pris une toute autre dimension à plein volume, la guitare de Brad se transformant en un véritable rugissement garage, tandis que le groove de batterie d’Andrew faisait vibrer tout le corps. Le morceau-titre repose sur une base R&B brute, portée par un jeu de guitare sinueux et des grooves entraînants, propulsés par une section rythmique énergique.

C’est un morceau très contagieux en live. Vient ensuite Baseball, où Brad fait des prouesses à la guitare slide sur une vieille Gibson acoustique tandis qu’Andrew mène le shuffle rythmique. Un match de baseball en Technicolor est diffusé à l’écran, renforçant le côté surréaliste.

Les surprises s’enchaînent alors que les frères interprètent Burn Card, en utilisant une corde rouge drapée sur la guitare de Brad (pour lui donner un son de violon) et en mettant en valeur les douces voix en duo des Barr Brothers. J’ai toujours su qu’Andrew savait chanter, mais mon Dieu, sa voix est bien plus belle de près.

La dernière chanson de la soirée était un vieux titre, « Beggar in the Morning », tiré du premier album des Barr Brothers sorti en 2011. Le fils de Brad, qui ne doit pas avoir plus de huit ans, est venu chanter en chœur tout en jouant des maracas. C’était une affaire de famille, et pendant cette heure et demie, nous étions toustes des frères Barr.

Crédit photos: Victoria Diaz Lamich

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blues / jazz vocal / soul-roots

Festival International de Jazz de Montréal : Dominique Fils-Aimé au Théâtre Maisonneuve

par Rédaction PAN M 360

Dominique Fils-Aimé, autrice-compositrice-interprète montréalaise et double lauréate d’un prix JUNO, s’impose comme l’une des voix incontournables du jazz vocal actuel. Avec son nouveau projet My World Is The Sun, elle poursuit sa quête de liberté sonore, créative et spirituelle, et propose sur scène un spectacle immersif qui vous invite à plonger dans les racines de son âme. Son dernier album, Our Roots Run Deep, a remporté en 2024 le JUNO de l’Album jazz vocal de l’année, ainsi que le Félix de l’Album de jazz de l’année à l’ADISQ, confirmant l’importance de sa démarche artistique, à la croisée du jazz, de la soul et du blues. L’album numérique Live At The Festival International de Jazz de Montréal, sorti en 2025, témoigne également de la force de sa présence et de sa capacité à tisser un lien intime avec son public. Ces dernières années, elle s’est produite sur des scènes prestigieuses telles que le Blue Note New York, le Blue Note Los Angeles, le Monterey Jazz Festival, ainsi qu’à Jazz à Vienne et au North Sea Jazz Festival.

Two-time JUNO Award-winning Montreal singer-songwriter Dominique Fils-Aimé has established herself as one of today’s leading voices in vocal jazz. Her latest album, Our Roots Run Deep (2023), earned the 2024 JUNO Award for Vocal Jazz Album of the Year as well as the 2024 Félix Award for Best Jazz Album at ADISQ, affirming the importance of her artistic vision at the crossroads of jazz, soul, and blues. In February 2026, she will unveil the second chapter of her sophomore trilogy with a new studio album My World Is The Sun, preceded by the single Going Home (November 20, 2025). With this project, Fils-Aimé continues her exploration of sonic, creative, and spiritual freedom. On stage, she offers an immersive performance that invites audiences to delve into the roots of their soul, guided by a profound quest for connection. Live at the Montreal International Jazz Festival (2025), her first live album, is a testament to the strength of her stage presence and her ability to forge an intimate bond with her audience. In recent years, she has performed on prestigious stages including the Blue Note New York, Blue Note Los Angeles, and the Monterey Jazz Festival, as well as Jazz à Vienne (opening for Jamie Cullum) and the North Sea Jazz Festival. In 2026, Dominique Fils-Aimé will bring her new album to the stage on a world tour, with concerts announced in Europe at La Maroquinerie (Paris) and Le Botanique (Brussels), in Canada at the Montreal International Jazz Festival, and across the United States.

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Amérique latine

FIJM 2026 | Lila Downs enflamme un MTELUS devenu mexicain 

par Michel Labrecque

Le spectacle n’avait pas encore commencé qu’on entendait des « Viva Mexico » partout dans la grande salle, alors que des spectateurs installaient des drapeaux au bord du balcon. Suivis de « Lila, Lila, Lila! ». L’ambiance était installée et ce n’était qu’un début…

Puis, Lila Downs est arrivée sur scène avec un aréopage de musiciens et danseurs multiples. C’était un « grand débarquement » mexicain et autochtone, autant au niveau visuel qu’auditif. Lila, telle une grande prêtresse, officiait cette grand-messe profane avec une grande assurance. La Mexicaine-Américaine nous a souvent adressé la parole dans un français très correct, bien que la salle était, au moins au deux tiers, mexicaine et latina. Ceci illustre les volontés de la dame d’être inclusive. C’est noble.

Dire que Lila a enflammé le MTELUS n’est pas qu’une métaphore. Lors de la troisième pièce, une vidéo montrait une grande flamme, alors que la douzaine de personnes sur scène célébraient autant en musique qu’en danse. Avec des costumes flamboyants, largement inspirés de l’artisanat autochtone indigène. 

La chanteuse, également anthropologue et artisane, était accompagnée d’un solide groupe qui conjuguait les sonorités mexicaines. Accordéon, cuivres, percussions et guitares. Cumbia, musiques autochtones, norteña et musiques plus contemporaines ont été malaxées, mélangées, métissées, avec comme ancre, la voix profonde et plurielle de Lila Downs.

En plus des morceaux de son récent album, Cambias Mi Mundo, nous avons eu droit à une ode dédiée aux piments mexicains, à une vieille chanson révolutionnaire et à une réflexion sur la relation compliquée entre le Mexique et les déchets.

Il était tout aussi fascinant d’observer les spectateurs et spectatrices que Lila Downs et son ensemble. Ça souriait, ça dansait, ça écoutait. « Ce que fait Lila Downs est vraiment important », m’a confié Adriana, une “Mexicoise”, originaire de Mexico et heureuse de vivre à Montréal depuis six ans. « Elle défend les femmes et les Autochtones, qui sont les plus défavorisés du Mexique », ajoute-t-elle tout en spécifiant que Lila Downs est privilégiée dans ce pays si inégal.

Mais elle utilise ses privilèges pour défendre les pauvres. Ce qui n’est pas mal.

Nous avons aussi eu droit à une avalanche de costumes, incluant aztèques  et indigènes, qui nous faisaient plonger dans la formidable culture métissée de ce grand pays, en particulier de Oaxaca, d’où Lila est originaire. Un magnifique party mexicain surréaliste!

En première partie, la “Mexicoise” Gabriella Olivo, de mère mexicaine et de père québécois, élevée à Québec, nous a donné un avant goût de son album à venir, Reflexiones, qui paraîtra en octobre.

Gabriela poursuit sa démarche d’auteure compositrice qui alterne entre le français et l’espagnol. Une pop synthétique à raffiner. Curieusement, c’est quand elle a chanté des chansons traditionnelles mexicaines qu’elle a été le plus applaudie. C’était le public de Lila Downs.

Un petit impair : alors que Lila Downs, une Mexicaine-Américaine, a très peu utilisé l’anglais dans ses présentations, Gabriella Olivo a opté principalement pour la langue de Trump. Sans doute qu’elle visait le contact avec le public ou la presse anglo-saxonne.

Mais c’était mal avisé. Des gens lui ont crié de parler français. 

Dans sa seule intervention en anglais, Lila Downs a rappelé que l’Amérique n’était pas le nom d’un pays, mais plutôt d’un continent. Plurilingue, ajouterais-je.

Photo: Frédérique Ménard-Aubin

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expérimental / contemporain / hip-hop alternatif / punk rock

Suoni Per Il Popolo : IWANT2BEONTV – The Spelling Bee of the Century with Bastard Idol, Laughing, Culvert Corpse and Perry Fraud à La Sala Rossa

par Rédaction PAN M 360

Bzzzzz… Qu’est-ce que vous entendez ? Un buzzer ou une abeille ? Peut-être bien le S-P-E-L-L-I-N-G Bee.
Approchez… et découvrez une occasion unique : un spectacle diffusé, aussi audacieux qu’inoubliable « The World’s Most Complicated Adult Spelling Bee », imaginé par IWANT2BEONTV.
Avec des invité·e·s musicaux : Belly Hatcher, Bastard Idol, Laughing… et un dernier nom encore gardé secret…
Ici, oubliez les concours d’orthographe traditionnels. Les participant·e·s seront poussé·e·s à leurs limites, confronté·e·s à des épreuves imprévisibles, des obstacles inattendus, et un chaos brillamment orchestré.
Un spectacle où l’esprit, la langue… et les nerfs seront mis à rude épreuve.
IWANT2BEONTV est un collectif montréalais fondé par Alex Apostolidis en 2021. Il crée des performances participatives hybrides, du théâtre et des concerts qui donnent lieu à des vidéos rendant hommage à l’histoire et à l’esthétique de la télévision câblée communautaire, dans un esprit queer et DIY. Leurs œuvres remettent en question les structures de pouvoir hégémoniques par le biais de l’humour, de la déviance et de la communauté, tout en repoussant les frontières du genre et de la performance. L’équipe est composée d’Alex Apostolidis, Charvel Rappos, Mars Zaslavsky et Chris Vargas.
ENTRE TORONTO ET MONTRÉAL – BASTARD IDOL JOUE UN PUNK BRUT À LA DISCLONE PENDANT ONZE MINUTES MAXIMUM. INSPIRÉ PAR DES GROUPES COMME GLOOM, FRAMTID ET SHITLICKERS. LOGO ET ILLUSTRATIONS PAR WILBUR. PRÉPAREZ-VOUS À VOUS FAIRE TOMBER !
Laughing est un groupe de rock montréalais composé de quatre membres. Leur premier album, « Because It’s True », est sorti en juin 2024, coproduit par le label montréalais Celluloid Lunch et le label madrilène Meritorio Records. Le magazine Paste les a qualifiés de « slacker-rock avec des solos de guitare », les comparant à Big Star, Pavement et Neil Young.
Fraud Perry est le projet pop et hip-hop alternatif de Melinda Massolas, artiste multidisciplinaire haïtiano-canadienne basée à Montréal. Massolas explique son exploration musicale sans genre par son désir d’explorer et de créer un espace pour toutes les facettes de sa personnalité. « Ayant vécu un passé de répression et de compartimentage émotionnels pour survivre et me sentir en sécurité aujourd’hui, j’utilise la musique comme moyen d’exprimer mes sentiments en profondeur et de me comprendre à travers la répétition inhérente à la création et à l’interprétation. » Fortement inspirée par la puissance et le rythme du punk, de la dance et du hip-hop, Perry allie avec brio la profondeur des textes, la fluidité et le côté entraînant de la pop, du R&B alternatif et du rock indépendant.
Culvert Corpse est un groupe de black metal brutal aux influences punk, dans le style de Perverted Ceremony, ildjarn et autres formations de black metal lourd. Originaire de Nouvelle-Écosse, Canada.

Bzzzzz…. What is that you hear? A buzzer or a bee? Maybe the S-P-E-L-L-I-N-G Bee! Come hither for a once in a lifetime opportunity for a broadcasted spectacle of « The World’s Most Complicated Adult Spelling Bee » created by iWant2BeOnTV with musical guests Belly Hatcher, Bastard Idol, Laughing and one more secret guest…
This is not your traditional orthographic mastery display- spellers will be pushed to their limits with unexpected obstacles and challenges.
IWANT2BEONTV is a Montréal-based collective founded by Alex Apostolidis in 2021, creating hybrid participatory performances, theatre, and concerts that result in video pieces honoring public access cable television histories and aesthetics with a queer, DIY ethos. The works challenge hegemonic power structures through comedy, deviancy, and community, while pushing the boundaries of genre and performance. The team includes Alex Apostolidis, Charvel Rappos, Mars Zaslavsky, and Chris Vargas.
SPLIT BETWEEN TORONTO AND MONTREAL — BASTARD IDOL PLAY RAW DISCLONE STYLE PUNK FOR NO MORE THAN ELEVEN MINUTES. INSPIRED BY BANDS LIKE GLOOM, FRAMTID, AND SHITLICKERS. LOGO & ART BY WILBUR. CRACK UP YOUR DULL BRAIN.
Laughing are a four piece rock and roll band from Montreal. Their debut album « Because It’s True » was co-released by Montreal’s Celluloid Lunch and Madrid’s Meritorio Records in June of 2024. Paste Magazine called them « slacker-rock with guitar solos », comparing them to Big Star, Pavement and Neil Young.
Fraud Perry is the alternative Pop and Hip-hop project of Montreal based Haitian-Canadian multi-disciplinary artist Melinda Massolas. Massolas credits her genreless exploration to her
desire to explore and create space for all the different facets of herself. “Coming from a past of emotional suppression and compartmentalization in order to survive my now in physical safety, I use music as the place to express my feelings to their depth and understand myself through the repetition found in creation and performance.” Heavily inspired by the power and rhythm of Punk, Dance, and Hip-hop Perry pairs it well with lyrical depth, smoothness, and the catchiness of Pop, alternative RnB, and Indie rock.
Culvert Corpse is ugly metal with some punk influences in the style of Perverted Ceremony, ildjarn, and other clunky black metal. From Nova Scotia, Canada

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jazz vocal

Festival International de Jazz de Montréal : Cécile McLorin Salvant au Théâtre Maisonneuve

par Rédaction PAN M 360

Cécile McLorin Salvant est compositrice, chanteuse et artiste visuelle. Elle est une curatrice éclectique, qui déniche des chansons rarement enregistrées et oubliées, riches en récits, en dynamiques de pouvoir intéressantes, en rebondissements inattendus et en humour. La regrettée Jessye Norman décrivait Salvant comme « une voix unique soutenue par une intelligence et une musicalité accomplie, qui illuminent chaque note qu’elle chante ». Salvant s’est découvert une passion pour la narration et la recherche de liens entre le vaudeville, le blues, les traditions folkloriques du monde entier, le théâtre, le jazz et la musique baroque. Salvant a remporté le concours Thelonius Monk en 2010. Elle a reçu trois Grammy Awards consécutifs dans la catégorie « Meilleur album vocal de jazz » pour ses albums The Window, Dreams and Daggers et For One To Love, et a été nominée pour ce prix en 2014 pour son album WomanChild. En 2020, Salvant a reçu la bourse MacArthur et le prix Doris Duke Artist Award. Ghost Song, le premier album de Salvant chez Nonesuch Records, est sorti en mars 2022 et a été acclamé par la critique. Il a ensuite reçu deux nominations aux Grammy Awards. Le dernier opus de Salvant, Ogresse, est une fable musicale sous forme de cantate qui mélange les genres; folk, baroque, jazz et country. Salvant en a écrit l’histoire, les paroles et la musique. Il a été arrangé par Darcy James Argue pour un orchestre de treize musiciens multi-instrumentistes. Ogresse, à la fois biomythographie et hommage à l’œuvre Erzulie peinte par Gerard Fortune et à Sara Baartman, explore le fétichisme, la faim, la diaspora, les cycles d’appropriation, les mensonges, l’altérisation et l’écologie. Il est en cours d’adaptation pour devenir un long métrage d’animation, que Salvant réalisera.

Cécile McLorin Salvant, is a composer, singer, and visual artist. Salvant is an eclectic curator, unearthing rarely recorded, forgotten songs with strong narratives, interesting power dynamics, unexpected twists, and humor. The Late Jessye Norman described Salvant as “a unique voice supported by an intelligence and full-fledged musicality, which light up every note she sings.” Salvant has developed a passion for storytelling and finding the connections between vaudeville, blues, folk traditions from around the world, theater, jazz, and baroque music. Salvant won the Thelonius Monk competition in 2010. She has received Grammy Awards for Best Jazz Vocal Album for three consecutive albums, The Window, Dreams and Daggers, and For One To Love, and was nominated for the award in 2014 for her album WomanChild. In 2020, Salvant received the MacArthur fellowship and the Doris Duke Artist Award. Ghost Song, Salvant’s debut for Nonesuch Records, was released in March 2022 to critical acclaim, and has gone on to receive two Grammy Nominations. Salvant’s latest work, Ogresse, is a musical fable in the form of a cantata that blends genres: folk, baroque, jazz, and country. Salvant wrote the story, lyrics, and music. It is arranged by Darcy James Argue for a thirteen-piece orchestra of multi-instrumentalists. Ogresse, both a biomythography and an homage to the Erzulie painted by Gerard Fortune and Sara Baartman, explores fetishism, hunger, diaspora, cycles of appropriation, lies, othering, and ecology. It is in development to become an animated feature-length film, which Salvant will direct.

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hip-hop / rap keb

Francos 2026 | Lost, la rue en catharsis au MTELUS

par Samuel Lemieux

Le 20 juin dernier, dans le cadre des Francos de Montréal, Lost a investi la scène du MTELUS avec une intensité brute, viscérale. Devant une salle comble et fébrile, le rappeur montréalais n’est pas venu simplement offrir une performance. Il est venu se livrer.

Dès les premières notes, l’atmosphère est dense. Pas de mise en scène surchargée ni d’artifices inutiles, Lost mise sur l’essentiel. Sa présence. Sa voix. Et surtout, ses mots. Fidèle à sa réputation, il transforme chaque morceau en confession publique, oscillant entre rage contenue et lucidité désarmante.

Figure incontournable du rap montréalais, Lost s’est imposé avec une plume introspective où se croisent mémoire, rédemption et réalité sociale. Sur scène, cette écriture prend une autre dimension. Les textes, déjà lourds de sens sur disque, deviennent physiques, presque palpables,  portés par une interprétation tendue, habitée.

Le public, lui, suit. Et participe. Chaque refrain est repris en chœur, chaque punchline déclenche une réaction immédiate. Il y a quelque chose de profondément collectif dans ce show : une communion entre l’artiste et une foule qui semble connaître chaque ligne, chaque silence.

Accompagné notamment de Zayo et Fléau DiCaprio, Lost construit une montée en puissance efficace, alternant entre morceaux introspectifs et bangers plus directs . Cette dynamique permet au spectacle de respirer et d’éviter l’uniformité, tout en maintenant une tension constante.

Mais ce qui frappe surtout, c’est l’authenticité. Là où plusieurs performances rap tombent dans le spectaculaire ou le calculé, Lost reste ancré dans quelque chose de vrai, de rugueux. Il ne cherche pas à séduire,  il impose. Et c’est précisément ce qui capte.

Dans un festival comme les Francos, où cohabitent tous les styles de musique francophone , ce type de prestation rappelle à quel point le rap québécois peut être à la fois populaire et profondément artistique.

Quelques faiblesses subsistent : une balance sonore parfois inégale et une présence scénique qui, par moments, pourrait gagner en variation. Mais ces détails restent marginaux face à la puissance globale du spectacle.

Au final, Lost livre une performance à son image : intense, honnête et sans compromis. Un moment de vérité plus qu’un simple concert — et sans doute l’un des passages les plus marquants de cette édition des Francos.

Verdict : un show qui ne cherche pas à plaire à tout le monde  et qui y parvient justement pour cette raison.

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rock

Francos 2026 | Disiz impose son univers rock devant une foule immense

par Sandra Gasana

Contrairement à plusieurs concerts aux Francos avec des groupes en format réduit, Disiz était de ceux qui sont arrivés en mode full band.

Présenté comme l’un des artistes les plus importants de la Francophonie, Disiz était un bon pari pour clôturer les Francos puisqu’il a attiré une foule immense, comparable à celle de Kassav’ en ouverture.

Il arrive sur scène avec une veste en cuir sur laquelle on pouvait voir des oiseaux, et ses lunettes fumées. Vous avez peut-être connu cet artiste lorsqu’il se faisait appeler Disiz la Peste, mais depuis quelques années, il a décidé d’utiliser uniquement Disiz, pour marquer un tournant important dans sa carrière.

« La prochaine chanson est pour tous ceux qui ont le cœur brisé », annonce-t-il d’emblée avant de remercier la foule à plusieurs reprises pour son accueil.

L’univers de Disiz est empreint de rock, même s’il y incorpore encore un peu de rap par-ci, par-là. D’un point de vue stratégique, il acquiert un nouveau public qui ne l’aurait pas connu sans cette transformation, tout en conservant son fan club durant l’époque « Disiz la Peste ». Résultat : il attire une foule monstre aux Francos de Montréal, composée de ses deux publics.

Il joue plusieurs morceaux de son plus récent album on s’en rappellera pas, paru en 2025, comme « surfeur », sur laquelle il a collaboré avec Laurent Voulzy, qui figurait aussi dans la programmation de cette année.

Plus la soirée avance, plus l’énergie sur scène est explosive.

« Le concert est gratuit, le minimum que vous pouvez faire c’est de vous lâcher », déclare-t-il à la foule avant de jouer un de ses succès « Amsterdam ».

Le moment fort de la soirée restera durant la chanson « Qu’ils ont de la chance », qui figure dans l’album Pacifique paru en 2017. Adressé à tous ceux qui ont perdu quelqu’un, nous avons vécu un moment suspendu dans le temps, et autour de moi, tout le monde avait la larme à l’œil, incluant moi et mes fils. Et comme pour nous consoler d’une certaine manière, il poursuit tout de suite avec « Rire de pleurer », avant d’enchainer avec un de ses plus gros hits « try try try » sur lequel il a fait un featuring avec Kid Cudi.

Malheureusement, la pluie s’est invitée durant la deuxième partie du concert mais les festivaliers étaient arrivés préparés. Ils ont sorti leur parapluie ou imperméables et ont continué à « se lâcher » complètement.

Pour ma part, je suis de ceux qui apprécient l’univers de Disiz la Peste mais j’avoue que son concert plus rock m’a sortie de ma zone de confort et m’a fait découvrir une nouvelle facette de l’artiste. Disiz ou Disiz la Peste, nous avons eu droit à un concert digne de celui d’une rock-star.

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jazz / post-bop

Festival International de Jazz de Montréal : Joshua Redman Group au Théâtre Maisonneuve

par Rédaction PAN M 360

Le nouvel album de Joshua Redman, Words Fall Short, marque une évolution naturelle dans son art plutôt qu’un changement radical suite à son précédent album Where Are We. Alors que celui-ci mettait en vedette un chanteur, son nouvel opus s’articule autour de nouvelles compositions inédites, développées pendant la pandémie et interprétées par un quatuor jeune et plein de fraîcheur. Redman a réuni le pianiste Paul Cornish, le bassiste Philip Norris et le batteur Nazir Ebo, des musiciens qu’il décrit comme exceptionnellement talentueux, intuitifs et collaboratifs. Le groupe a développé une alchimie unique au cours d’une année de concerts, ce qui a conduit Redman à réaliser qu’ils étaient prêts à enregistrer. Les participations exceptionnelles de la saxophoniste Melissa Aldana, du trompettiste Skylar Tang et de la chanteuse Gabrielle Cavassa ajoutent de la profondeur à certains morceaux, soulignant l’engagement de Redman en faveur d’un jeu expressif et conversationnel plutôt que de solos compétitifs. Plusieurs titres et thèmes s’inspirent d’œuvres littéraires, notamment celles de Cormac McCarthy et Yiyun Li. Le nom de l’album vient de Where Reasons End de Li, faisant écho à la conviction de Redman dans la résonance émotionnelle de la musique et du langage, même lorsqu’ils sont insuffisants. Au fond, Words Fall Short est une réflexion sur l’imperfection humaine, la créativité et la connexion, embrassant la beauté ineffable que l’on trouve dans la collaboration spontanée et l’expérience partagée et imparfaite de l’être humain.

Joshua Redman’s new album Words Fall Short follows his acclaimed Where Are We, marking a natural evolution in his artistry rather than a departure. While the previous album featured a vocalist, this latest work is centered around new, previously unheard compositions developed during the pandemic and brought to life by a fresh, younger quartet. Redman assembled pianist Paul Cornish, bassist Philip Norris, and drummer Nazir Ebo—musicians he describes as exceptionally talented, intuitive, and collaborative. The group cultivated a unique chemistry over a year of performances, leading Redman to realize they were ready to record. Guest appearances by saxophonist Melissa Aldana, trumpeter Skylar Tang, and vocalist Gabrielle Cavassa add depth to select tracks, highlighting Redman’s commitment to expressive, conversational playing rather than competitive soloing. Lyrical inspirations and literary references, including works by Cormac McCarthy and Yiyun Li, inform several titles and themes. The album’s name comes from Li’s Where Reasons End, echoing Redman’s belief in the emotional resonance of music and language—even when they fall short. At its core, Words Fall Short is a reflection on human imperfection, creativity, and connection, embracing the ineffable beauty found in spontaneous collaboration and the shared, flawed experience of being human.

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bluegrass / jazz / Musiques du Monde

Festival International de Jazz de Montréal : Béla Fleck, Edmar Castañeda & Antonio Sánchez au Théâtre Maisonneuve

par Rédaction PAN M 360

Lauréat de 18 Grammy Awards, Béla Fleck — le plus grand virtuose du banjo au monde et un explorateur musical reconnu — sera sur la scène du Festival International de Jazz de Montréal en trio à l’été 2026. Il a à la fois étudié l’histoire complexe de son instrument à travers le monde et révélé toute l’étendue de ses possibilités. Depuis plus de 30 ans, il dirige Béla Fleck & The Flecktones, un quatuor révolutionnaire inspiré par le jazz, le funk, le bluegrass et bien plus encore. Il a écrit et interprété trois concertos pour banjo et a retracé les origines africaines de l’instrument dans le documentaire primé Throw Down Your Heart (2009). Parmi ses nombreux collaborateurs figurent Abigail Washburn, le quatuor à cordes Brooklyn Rider, Chris Thile, The Blind Boys of Alabama, McCoy Tyner, Zakir Hussain, Edgar Meyer et Rakesh Chaurasia.

18-time Grammy winner Béla Fleck—the world’s premier banjo virtuoso and a celebrated musical adventurer—will be performing at the Festival International de Jazz de Montréal as part of a trio in the summer of 2026. He has both explored his instrument’s complex global history and unlocked the breadth of its possibilities. For over 30 years, he has led Béla Fleck & The Flecktones, the groundbreaking quartet inspired by jazz, funk, bluegrass and beyond. He has written and performed three banjo concertos and traced the African origins of the banjo with the award-winning 2009 documentary Throw Down Your Heart. Collaborators include Abigail Washburn, the Brooklyn Rider String Quartet, Chris Thile, The Blind Boys of Alabama, McCoy Tyner, Zakir Hussain, Edgar Meyer, and Rakesh Chaurasia. Fleck returns to the Virginia Arts Festival with his latest project, featuring acclaimed harpist Edmar Castañeda and drummer Antonio Sanchez for an innovative and dynamic fusion of sounds.

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jazz

Festival International de Jazz de Montréal : The Bad Plus au Théâtre Jean-Duceppe

par Rédaction PAN M 360

The Bad Plus est un groupe résolument original. Une formation démocratique avec une vision claire et un refus de se conformer aux conventions. Au cours des deux dernières décennies, ses membres ont joué avec enthousiasme et audace, établissant leurs propres règles avec une créativité et une détermination sans faille. Refusant toute catégorisation facile, The Bad Plus a conquis la critique et une légion de fans à travers le monde grâce à son son unique et son talent pour les performances live. Le groupe continue de repousser les limites alors que les membres fondateurs, Reid Anderson à la basse et Dave King à la batterie, se lancent dans une nouvelle incarnation sans piano, avec Ben Monder à la guitare et Chris Speed au saxophone ténor, suscitant une nouvelle vague d’enthousiasme et d’anticipation au sein du groupe qui redynamise leur son et leur inspiration. The Bad Plus a constamment cherché à faire le pont entre les genres et les techniques tout en explorant les possibilités infinies offertes par des musiciens exceptionnels travaillant en parfaite synchronisation.

The Bad Plus are the ultimate originals. A democratic unit with a clear vision and a refusal to conform to convention. For the past two decades they have played with spirit and adventure, made their own rules and done so with a bold sense of creativity and intent. Avoiding easy categorization, The Bad Plus has won critical acclaim and a legion of fans worldwide with their unique sound and flair for live performance. The band continues to push boundaries as founding members Reid Anderson (bass) and Dave King (drums) embark on a new piano-less incarnation of the band with Ben Monder (guitar) and Chris Speed (tenor saxophone)– instigating a new wave of excitement and anticipation within the band that is re-energizing their sound and inspiration. The Bad Plus have constantly searched to bridge genres and techniques while exploring the infinite possibilities of exceptional musicians working in perfect sync.

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Jazz Pop / jazz vocal

Festival International de Jazz de Montréal : Diana Krall à la salle Wilfrid-Pelletier

par Rédaction PAN M 360

La chanteuse et pianiste canadienne Diana Krall de passage au Festival International de Jazz de Montréal à l’été 2026. Diana Krall est la seule chanteuse de jazz à avoir vu huit de ses albums se classer en tête du palmarès Billboard Jazz Albums. À ce jour, ses albums lui ont valu deux prix Grammy®, dix prix Juno® ainsi que neuf disques d’or, trois disques de platine et sept disques multi-platine. Le talent artistique unique de Krall transcende tous les styles musicaux et fait d’elle l’une des artistes les plus reconnaissables de notre époque. Les enregistrements de Diana Krall ont été inclus dans plusieurs bandes originales de films et elle a élargi son rôle d’interprète pour inclure la composition, la production et l’arrangement. Elle a mis son talent au service de nombreuses collaborations avec d’autres artistes, notamment Paul McCartney, Barbra Streisand et Tony Bennett. Elle effectue de nombreuses tournées à travers le monde devant des salles combles, se produisant dans les plus grands festivals de jazz et salles de concert d’Amérique du Nord, d’Europe, d’Asie et d’Australie.

Canadian singer and pianist Diana Krall will be performing at the Festival International de Jazz de Montréal in summer 2026. Diana Krall is the only jazz singer to have eight albums debut at the top of the Billboard Jazz Albums chart. To date, her albums have garnered two Grammy® Awards, ten Juno® Awards and have also earned nine gold, three platinum and seven multi-platinum albums. Krall’s unique artistry transcends any single musical style and has made her one of the most recognizable artists of our time. Diana Krall’s recordings have been included in several film soundtracks and she has expanded upon her role as a performer to include songwriting, producing and arranging and has brought her talents to collaborate with many other artists including Paul McCartney, Barbra Streisand and Tony Bennett. She tours extensively around the globe to sold out audiences, appearing at premiere jazz festivals and concert halls throughout North America, Europe, Asia and Australia.

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