Il y a du Elizabeth Shepherd dans l’air! Vous ne verrez jamais ce chroniqueur s’en plaindre, remarquez! C’est juste que ce sont deux albums de l’excellente artiste montréalaise qui sortent en même temps aujourd’hui, et vous m’en voyez très heureux. Si l’album Three Things nage en eaux résolument métissées de jazz, mais aussi d’avant-pop, d’électro et de folk contemporain (prenez connaissance de ma critique ici), ce Poigne de funk, gant de velours se campe fermement en territoire jazz. Shepherd, avec le concours de l’Orchestre national de jazz (ONJ) de Montréal (et les brillants arrangements de Jean-Nicolas Trottier, pour la majorité des pièces), revisite en format grand orchestre de jazz plusieurs de ses titres passés. Deux exclusivités s’ajoutent, toutes deux issues de la musique classique : He Was Despised, extrait du Messie de Handel (méconnaissable), et la Sicilienne, touchante mélodie de Gabriel Fauré. Swing endiablé, downtempo insouciant, tendresse apaisante, les moods se suivent et séduisent autant l’un que l’autre. Solos finement exprimés et exécutés dans un encadrement discursif classique (mais un classicisme revu par Wynton Marsalis, mettons), chorus amples et solaires, implication idéalement sentie de Mme Shepherd, toujours en splendide voix, tout est bien en place et rodé au quart de tour. Du grand plaisir..
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