Odd Lot, qui signifie s’envoler en langue polonaise, est le nom du premier ensemble du compositeur et trompettiste Jacques Kuba Séguin, fondé il y a 15 ans. Or, les jazzophiles connaissent trop peu de choses de cette formation, d’où la beauté et l’utilité de cette compilation de sept pièces tirées des trois albums d’Odd Lot – dont certaines du premier album ont été rematricées pour cette sortie commémorative. L’intérêt des projets discographiques réalisés autour d’Odd Lot réside dans l’intégration d’airs traditionnels de l’Europe de l’Est et des Balkans, airs destinés à la fête ou empreints de spleen. Côté jazz, Kuba Séguin s’y inspire de l’âge d’or du jazz moderne, du hard bop aux premières formes de funk (époque Horace Silver), tout en ouvrant ses horizons à des musiques plus éclatées et plus contemporaines en plus de reprendre des concepts harmoniques de la musique occidentale moderne de tradition classique. Cette compilation Odd Lot est aussi l’occasion de souligner les collaborations du leader trompettiste, improvisateur imaginatif et interprète rigoureux : le principal intéressé cite le batteur Kevin Warren, le pianiste et claviériste Jonathan Cayer et la chanteuse Doba (autrefois du tandem Dobacaracol), auxquels s’ajoutent Jean-François Ouellet (saxophone alto et baryton, clarinette), Sean Craig (saxophone ténor), Jean-Pierre Zanella (saxophone alto, flûte traversière), André Leroux (saxophone ténor), Jean-Olivier Bégin (trombone), John Dodge (tuba), Martin Lizotte (claviers), Richard White (guitare électrique), Joseph Marchand (guitare), Zack Lober (contrebasse), Frédéric Alarie (contrebasse), Adrian Vedady (contrebasse), Robbie Kuster (batterie), Max Sansalone (batterie). Voilà certes l’un des noyaux importants du jazz montréalais. Souhaitons à Jacques Kuba Séguin de poursuivre dans cette veine québéco-polonaise dont il est issu.
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