Antoni Girjatowicz est un états-unien de naissance mais polonais d’origines. En 2010 il s’est installé dans le pays de ses ancêtres et y a développé une florissante carrière d’artiste en électro expérimentale, de la mouvance Psytrance et Darkpsy, sous le nom de Mirror Me. Cette jouissive sortie en collaboration avec le label montréalais Voodoo Hoodoo Records offre un aperçu pas mal efficace de cette esthétique électro dans la marge, si jamais vous n’êtes pas familiers avec celle-ci. La musique se déploie sur des rythmes martelés, très rapides, sur lesquels s’éparpillent des scintillements brillants de couleurs aiguës, en plus d’être supportés par des basses dodues et bien insistantes.
Comme un ballet de fractales délirantes lâchées lousses, les lignes mélodiques s’entrecroisent, s’entremêlent, et se métamorphosent continuellement. La pulsation nous pousse vers l’avant, sans se reposer, ou rarement. Certaines pièces nous font tournoyer dans un maelstrom de textures (Intent, Infratones), d’autres semblent bouillonner sous une surface plus sombre, opaque (Nox Van Lux). D’autres, encore, baignent dans une ultra granularité, faites de millions de particules élémentaires en état d’excitation incontrôlée (Atmana Amana). Red Queen nous emmène en territoire bruitiste.
La mamelle nourricière lointaine s’appelle Aphex Twin, mais il y a aussi un peu de petit lait genre Merzbow dans la recette. Pour les similarités contemporaines, on peut trouver des échos de Cindervomit et XianZai.
L’intelligence qui accompagne le viscéral. On aime beaucoup.






















