Daybreak est le deuxième album studio du guitariste Matt Greenwood, basé à Boston. Le premier, Atlas, avait reçu d’excellentes critiques internationales, avec raison. C’est un album d’une remarquable cohérence, et d’une qualité d’exécution exemplaire. Daybreak prouve que ce n’était pas un coup de chance. Greenwood est un interprète de premier plan, et aussi un compositeur inspiré. Il a grandi au Zimbabwe (et a joué avec Oliver Mtukudzi) et est allé étudier entre autres au Berklee College
Peu d’esbroufe technique dans le programme constitué de neuf pièces, dont huit compositions originales (l’autre est une version étonnante, ultra raffinée de La demoiselle élue de Claude Debussy). Au contraire, une attention aux détails délicats et un focus précis sur la qualité des textures, bellement déployées. Greenwood construit un voyage d’une grande cohésion expressive, majoritairement réfléchie, studieuse, avec quelques escapades plus véloces mais jamais nerveuses.
Il y a quelque chose de Metheny dans le jeu de Greenwood, ou encore du jazz nordique. On se sent projeté dans de vastes espaces en ne perdant rien d’un fort sentiment d’intimité avec les émotions qui sont dessinées. Ses amis ont la même ligne de pensée. Douceur, finesse, retenue.
Les arpèges minimalistes de Mike Downes à l’archet de sa contrebasse dans Strength to Spare sont exquis, tout simplement. Et les jeux de chromatisme infinitésimaux de la guitare en multipistes dans La demoiselle élue sont renversants. Ou encore, que dire des échanges en symbiose presque télépathique entre guitare et batterie dans Paper Planes. Le percussionniste zimbabwéen Othnell ‘Mangoma’ Moyo vient apporter des textures rafraîchissantes dans 1000 Paper Cranes et Guide My Hand. Ce ne sont là que quelques exemples.
Daybreak est non seulement un album de très haute qualité, mais c’est aussi un album qui fait beaucoup de bien.
Matt Greenwood – Guitare, Compositions
Mike Downes – Contrebasse
Mark Kelso – Batterie
Othnell ‘Mangoma’ Moyo – Percussion (4 et 9)






















