The Dark Side of Venus : collecte de fonds pour la Société canadienne du cancer de l’ovaire

Entrevue réalisée par Stephan Boissonneault

renseignements supplémentaires

Ce jeudi, Indie Rootz Records présentera une interprétation entièrement féminine et unique de The Dark Side of The Moon de Pink Floyd. Le projet s’intitule The Dark Side of Venus, un remake rock moderne, et parfois R&B, de l’album classique de Floyd, mettant en vedette le trio montréalais Bella Forte, NeeNee Knightly et SLM, ainsi que Prestige de Woodstock, en Ontario.

Le projet a été inspiré par Brian Kotler, qui a récemment perdu sa sœur Donna, atteinte d’un cancer de l’ovaire. Brian a de bons souvenirs de Pink Floyd dans la maison, forçant sa sœur à découvrir le groupe avec lui. Ils ont même assisté ensemble au fameux concert de Pink Floyd en 1994 à Montréal, au Stade olympique.

PAN M 360 : Vous étiez donc en quelque sorte le grand frère qui a fait découvrir Pink Floyd à Donna ?

Brian Kotler : Oui, j’étais le grand frère et j’étais un peu un terroriste. Je jouais du Pink Floyd et j’avais un meuble stéréo qui se verrouillait. Vous ne voulez pas que votre petite sœur s’amuse avec vos disques !. Alors je jouais Pink Floyd, je verrouillais le meuble et je le laissais jouer. Je crois que j’étais le bourreau. Et maintenant, depuis qu’elle est décédée, c’est comme si elle me tourmentait è son tour. Le but de ce concert est donc de lui rendre hommage et de tourner la page. Je veux dire que j’ai dû jouer l’album un million de fois au cours de ses années.

PAN M 360 : Quand avez-vous eu l’idée de faire un album et un spectacle en hommage à votre soeur ? À l’occasion de son décès ?

Brian Kotler : Littéralement, depuis que je me suis lancé dans la musique, faire une reprise de Dark Side of the Moon a toujours été sur ma liste de choses à faire. Je n’y ai jamais vraiment réfléchi. J’ai commencé à mettre les choses en place pour faire l’album quelques mois avant sa mort. Elle était déjà atteinte d’un cancer. Mais l’hommage est venu tout seul, toute cette idée est venue après. Je veux dire, je me suis dit que tout serait parfait, comme un cercle complet.

PAN M 360 : Comment avez-vous procédé pour trouver les chanteurs de l’album ?

Brian Kotler : J’en connaissais une fort bien. J’ai déjà travaillé avec elle, elle s’appelle Prestige. Elle vit à Woodstock, Ontario. J’ai déjà travaillé avec elle par le passé. J’ai eu des recommandations de la part d’autres personnes à qui j’ai demandé des renseignements parce que normalement, nous faisions beaucoup de reggae. Et en général, les artistes reggae ne vibrent pas vraiment avec Pink Floyd, dont mon partenaire Bobby. C’est comme l’acide et l’eau. J’ai eu beaucoup d’idées, et mon partenaire Bobby est celui qui a quand même joué de tous les instruments sur tous les morceaux.

PAN M 360 : Cela a dû prendre une éternité !

Brian Kotler : Oui. Et donc, par exemple, sur la chanson Money, il y a peut-être sept ou huit pistes de guitare, la batterie, le clavier, la basse. Et Bobby, qui déteste Pink Floyd, joue sur toutes les pistes ! Enfin.. je ne dirais pas qu’il détestait Pink Floyd au départ, mais il n’aimait pas, tout simplement. Et d’entendre les chansons encore et encore et encore et encore, et de rejouer ce qu’ils ont fait, ça lui a fait détester Pink Floyd. Je veux dire, ça l’a fait détester. Et il ne mâche pas ses mots en disant que la principale raison pour laquelle il a fait ça, c’est aussi pour ma sœur, parce qu’il sait à quel point cette perte m’a affectée. C’est en quelque sorte ce qui l’a poussé à aller jusqu’au bout.

PAN M 360 : Qu’est-ce qui, dans Dark Side of the Moon, l’album ou tout simplement Pink Floyd, vous a poussé à le jouer en permanence ?

Brian Kotler : Pour vous dire la vérité, je ne sais vraiment pas. J’ai juste eu l’impression de graviter vers ça. Je pourrais écouter Pink Floyd aujourd’hui, en particulier Dark Side of the Moon, et être encore emporté. C’est un peu comme si je me défonçais sans prendre de drogue. Cela me prend vraiment. C’est une musique à laquelle je pouvais m’identifier de différentes manières. Je dirais que c’est presque une connexion spirituelle que j’ai eue avec ce type de musique.

Brian & Donna Kotler in their ’80s goth phase / photo coutesy of Brian Kotler

PAN M 360 : Et sur ce nouvel album hommage, pourquoi certaines paroles des reprises sont plus actualisées ? Pour refléter notre époque ?

Brian Kotler : Oui. Je voulais les mettre à jour parce que vous savez, nous ne sommes plus en 1973. Nous sommes en 2023, et faute de mieux, il se passe beaucoup de choses dans ce monde qui méritent vraiment d’être abordées. Par exemple, pour The Great Gig in the Sky, qui est une sorte de chanson d’opéra – que je fais d’ailleurs interpréter par une chanteuse d’opéra, et qui se trouve aussi à être médecin – il est question du droit à la mort. Et si vous écoutez les séquences ad-lib ou les nouvelles paroles, en fait, il s’agit de personnes atteintes d’un cancer et qui arrivent à la fin de leur vie ; elles souffrent et veulent mourir. Elles veulent mourir dans la dignité, elles veulent mourir selon leurs propres conditions.

Et même ma sœur, qui voulait elle aussi passer par là, n’a pas eu le temps d’y parvenir; au moment où ils ont voulu lui faire signe les papiers, elle était déjà trop droguée à la morphine, malheureusement. Et je peux vous dire qu’en entrant dans cette aile de l’hôpital, on pouvait entendre une femme brailler : « Je veux mourir, je veux mourir, je ne peux plus supporter la douleur. » C’est… C’est presque surréaliste. Je veux dire, c’est votre propre sœur qui vous supplie presque de mourir. Une fois qu’elle est décédée, c’est presque comme un soulagement, sachant qu’elle voulait mourir. Vraiment, vraiment, vraiment, ce sont des montagnes russes que vous traversez dans ces moments-là. J’ai donc pensé que ces libertés dans le texte étaient admissibles.

PAN M 360 : Pour en revenir à Money, SLM ajoute une touche de R&B et de hip-hop au morceau.

Brian Kotler : C’est une jeune artiste rap extraordinaire et j’adore ce qu’elle a fait sur ce morceau. Elle l’a vraiment fait sien et elle a fait du bon boulot. Elle lui a donné un son très distinct, je veux dire qu’elle l’a fait avec son propre rythme. Ça sonne comme une sorte de blues très décontracté.

PAN M 360 : L’événement sera donc la représentation de The Dark Side of Venus, puis une sorte d’after party.

Brian Kotler : Exactement. Je veux que les gens en aient plus pour leur argent. L’album dure environ 45 minutes et nous avons donc filmé un clip avec NeeNee Knightly, la chanteuse d’opéra. Elle se trouve seule dans un théâtre, en fait j’y suis un peu, elle interprète The Great Gig in the Sky, et nous avons un drone qui s’envole dans le ciel avec une photo de ma sœur. C’est ce que nous allons montrer, puis nous aurons de la musique avec Drew Edghill, DJ Lady Savage et d’autres surprises.

La soirée bénéfice The Dark Side of Venus a lieu ce jeudi 11 mai, Sala Rossa. BILLETS ICI

Tout le contenu 360

Oktoecho x FMA | Katia Makdissi-Warren, 25 ans de pratiques métissées et nouvelles collaborations symphoniques

Oktoecho x FMA | Katia Makdissi-Warren, 25 ans de pratiques métissées et nouvelles collaborations symphoniques

Guillaume Côté et Les Songes d’une nuit d’été : le chorégraphe nous parle de son rapport intime avec la musique

Guillaume Côté et Les Songes d’une nuit d’été : le chorégraphe nous parle de son rapport intime avec la musique

Jayleen McCarty : «Je ne suis pas née reine, je le suis devenue»

Jayleen McCarty : «Je ne suis pas née reine, je le suis devenue»

Akousma| Felix Deufel nous fait découvrir la richesse sonore inouïe de l’Arctique

Akousma| Felix Deufel nous fait découvrir la richesse sonore inouïe de l’Arctique

Akousma | Les Artefacts sonores de Roxanne Turcotte

Akousma | Les Artefacts sonores de Roxanne Turcotte

Akousma | Duo Audréanne Filion et Myriam Bleau : là où réel et virtuel se confondent

Akousma | Duo Audréanne Filion et Myriam Bleau : là où réel et virtuel se confondent

Akousma | Exzald S, la violence du calme

Akousma | Exzald S, la violence du calme

Akousma | Melanie Zhou : façonner le son, traduire l’émotion

Akousma | Melanie Zhou : façonner le son, traduire l’émotion

Akousma | Alex Brisson et l’exploration musicale du feedback

Akousma | Alex Brisson et l’exploration musicale du feedback

Mois du Créole 2026 | David Bontemps, entre piano et héritage de Dessalines

Mois du Créole 2026 | David Bontemps, entre piano et héritage de Dessalines

Le Vivier | Entre chaos, humour et musique, l’univers déjanté de Tonitruances

Le Vivier | Entre chaos, humour et musique, l’univers déjanté de Tonitruances

Ensemble Caprice au 9e : Dialogue avec l’Inde carnatique

Ensemble Caprice au 9e : Dialogue avec l’Inde carnatique

Une Cendrillon ressuscitée et pyrotechnique à la salle Bourgie

Une Cendrillon ressuscitée et pyrotechnique à la salle Bourgie

Mois du Créole 2026 | Pierre-Roland Bain : entre bilan et perspectives

Mois du Créole 2026 | Pierre-Roland Bain : entre bilan et perspectives

Akousma 2026 | Louis Dufort nous explique tout !

Akousma 2026 | Louis Dufort nous explique tout !

Palais Montcalm | Pierre Flynn avec quatuor à cordes, l’idée avait germé à Québec !

Palais Montcalm | Pierre Flynn avec quatuor à cordes, l’idée avait germé à Québec !

Prix Azrieli 2026 | Adrian Mocanu : l’encre qui s’évanouit et la mémoire des femmes troubadours

Prix Azrieli 2026 | Adrian Mocanu : l’encre qui s’évanouit et la mémoire des femmes troubadours

Jazz@vue | LéNo en continu, conversation piano-batterie, Brésil-Guadeloupe, ami-ami

Jazz@vue | LéNo en continu, conversation piano-batterie, Brésil-Guadeloupe, ami-ami

Prix Azrieli 2026 | Hana Ajiashvili : une énigme non résolue

Prix Azrieli 2026 | Hana Ajiashvili : une énigme non résolue

Prix Azrieli 2026 | Dalit Hadass Warshaw : une dernière lettre avant de mourir

Prix Azrieli 2026 | Dalit Hadass Warshaw : une dernière lettre avant de mourir

Prix Azrieli 2026 | Nicholas Denton Protsack : à la recherche d’une authentique symbiose

Prix Azrieli 2026 | Nicholas Denton Protsack : à la recherche d’une authentique symbiose

Krystina Marcoux : ‘’Je veux mettre le marimba sur un piédestal’’

Krystina Marcoux : ‘’Je veux mettre le marimba sur un piédestal’’

Apashe x OSM | Le parcours jusqu’à la Maison symphonique

Apashe x OSM | Le parcours jusqu’à la Maison symphonique

FLUX 2026 | Kim Zombik’s Origin Stories et le Silvervest Quartet à la Sala Rossa

FLUX 2026 | Kim Zombik’s Origin Stories et le Silvervest Quartet à la Sala Rossa

Inscrivez-vous à l'infolettre

Inscription
Infolettre

« * » indique les champs nécessaires

Type d'abonné