indie pop / indie rock / indietronica / pop / pop de chambre / rock

POP Montreal | Nous étions Stars

par Lyle Hendriks

Il est difficile de trouver un autre groupe qui ait connu la même trajectoire que le groupe pop indie Stars, formé à Montréal. Célébrant le 20e anniversaire de l’un de leurs albums les plus emblématiques, Set Yourself On Fire, nous avons eu droit à l’intégralité de l’album, avec tous les raffinements apportés en direct par le fait d’avoir joué avec tous les membres originaux du groupe pendant plus de deux décennies.

Les Stars sont réputés pour leur vision unique de leurs fans, une gratitude profonde et sincère qui leur a valu un public niche, mais vraiment fidèle, qui n’a pas faibli au fil des ans. Ce fut un plaisir de constater cette attitude de première main lorsque Stars est monté sur scène devant une salle comble dans le magnifique Rialto Theatre. Le chanteur Torquil Campbell dégage une grâce humble sur scène, regardant les centaines de visages souriants avec une chaleur et une gentillesse difficiles à exprimer. « Nous avons écrit ces chansons pour vous », a-t-il déclaré, « parce que nous savions que vous étiez là ».

Stars confère une confiance étonnante à ces vieux morceaux, les élevant encore plus avec les ajouts brillamment placés de saxophone et de violon, qui ajoutent une élégante touche de nuance et de beauté orchestrale à leurs morceaux caverneux. La chanteuse et guitariste Amy Millan ne peut s’empêcher de sourire suffisamment longtemps pour délivrer son chant délicat mais délicieux, tandis que le bassiste Evan Cranley bondit sur la scène à chaque note. Le travail de synthétiseur de Chris Seligman est magnifiquement modéré, se faufilant habilement entre les riffs décoiffants de Chris McCarron à la guitare solo. Les voix de Millan et Campbell sont vraiment magiques ensemble, et lorsque Cranley et Seligman montent sur le micro pour les soutenir, nous avons droit à un festin harmonique pour les oreilles.

Bien sûr, il est difficile de complimenter les voix de Stars sans mentionner les autres artistes invités : Presque tous les membres du public. J’ai été frappé par le dévouement et l’amour du public, qui a dansé, applaudi et chanté comme je l’ai rarement vu, même lors de concerts à guichets fermés donnés par des musiciens de renommée mondiale. C’était tellement palpable que Stars nous a laissé chanter la dernière chanson du set, « Calendar Girl », du début à la fin, mot pour mot – un magnifique chœur de centaines de voix s’unissant dans leur adoration commune pour Stars.

Stars est un phénomène au sens propre du terme. Quel autre artiste suscite un tel dévouement de la part d’un si grand nombre de personnes, avec une telle aisance ? Quel groupe indépendant canadien peut se vanter d’avoir la longévité et l’endurance de celui-ci ? Qui d’autre rejette l’idée d’être une idole et nous renvoie tout l’amour et la gratitude sans le moindre soupçon d’ironie ou de cynisme ? Stars n’est pas un groupe comme les autres, et c’était un plaisir de les voir faire ce tour de piste bien mérité.

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Photos : Stephan Boissonneault

indie pop / indie rock / rock

POP Montréal I The Dears sortent l’artillerie lourde

par Lyle Hendriks

Ce n’est pas tous les jours que l’on va voir un groupe indie-rock canadien et que l’on aperçoit 14 personnes monter sur scène. C’est pourtant ce qui s’est passé pour The Dears à POP Montréal, dans le magnifique Théâtre Rialto du Mile End.

Le groupe de cinq musiciens dirigé par Murray Lightburn et Natalia Yanchak était soutenu par un incroyable ensemble de neuf musiciens composé de cordes, de cuivres, de bois et même d’un chef d’orchestre. Ne connaissant pratiquement rien des Dears et de leur histoire riche de 24 ans de pop de chambre indie, je ne savais pas trop à quoi m’attendre de ce petit orchestre.

En jouant l’intégralité de leur album No Cities Left de 2003, nous avons eu droit à un set aux proportions épiques. Presque toutes les chansons s’étirent sur au moins cinq minutes, avec de nouvelles sections et parties qui s’écrasent encore et encore comme des vagues sur le rivage.

Lightburn, surnommé « The Black Morrissey » en raison de son chant puissant et mélodique, a fait une démonstration de son talent au micro, à la guitare et même au mélodica. Chaque ballade pourrait facilement servir de numéro culminant dans une comédie musicale indie sleaze, avec ses tons de ténor perçant à travers le réseau dense d’instrumentation fourni par l’énorme ensemble sur scène. La claviériste et chanteuse Natasha Yanchuk est une artiste incroyable, avec des mélodies au piano à la fois sinueuses et décisives, qui ne finissent jamais là où on les attend. Lorsque Yanchuk et Lightburn s’harmonisent, c’est avec l’assurance et la grâce que seule une grande familiarité peut apporter, ce qui est logique si l’on considère que les deux musiciens ont été mariés pendant la plus grande partie de leur relation de travail, qui dure depuis des décennies.

Des arrangements décalés, des guitares perplexes et minimalistes et une batterie immaculée ont fait du noyau dur de cinq musiciens un succès retentissant. Bien que les autres musiciens aient parfois rehaussé ces arrangements, je me suis retrouvé à souhaiter que les Dears fassent plus avec leur flotte de musiciens – en particulier les cuivres, qui semblaient rester là à se balancer pendant la majeure partie du concert, obtenant une ou deux phrases de temps de jeu pour chaque trois chansons jouées par les Dears. C’est le seul reproche que j’ai à faire à The Dears. Alors que les cordes ajoutent une profondeur et une texture magnifiques aux effets pop orchestraux de The Dears, pour élever cet album emblématique, je me suis retrouvé à vouloir plus d’espace pour les cuivres et les cordes, en les incorporant dans les arrangements plutôt qu’en les reléguant sur la touche.

Malgré tout, The Dears a offert un spectacle revigorant, et Lightburn et son armée de musiciens n’ont rien laissé derrière eux sur la scène. La foule a trouvé leur performance sensationnelle, y compris la mère de Lightburn, qui a assisté au spectacle depuis le balcon VIP, rayonnante et chantant chaque mot. The Dears n’est peut-être pas exactement à mon goût, mais leur passion est indéniable et a fait plaisir à voir lors de la dernière soirée de POP Montréal.

Photos : Stephan Boissonneault

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électro-rock / électronique / glam rock / punk hardcore / punk rock / rock

POP Montréal | Le tranchant d’Alix Fernz

par Alain Brunet

Alix Fernz alias Alexandre Fournier fait parler de lui depuis que l’étiquette  Mothland le met de l’avant. Et ce n’est qu’un début, l’artiste montréalais parcourt les festivals indie et alimentent un mythe naissant. On pouvait en témoigner ce samedi à la Sala Rossa.

Alix Fernz et son groupe défendaient une part congrue de Bizou, un album sorti en avril et qui n’est certes pas passé inaperçu. Pas très grand, pas très baraqué néanmoins athlétique, tatoué de long en large, les cheveux peroxydés. À l’évidence, le frontman souscrit mise sur un profil connu de rock star.

Comme il l’affirme lui-même lorsqu’on le lui demande, Alix Fernz ne carbure aucunement au psychédélisme ni à l’ambient ou autres fréquences placides qu’il considère fades ou carrément brunes. Il préfère visiblement les propositions plus musclées, plus carrées, plus rock, plus punk, plus post-punk, plus glam, plus hardcore, plus synthwave, plus noise. Il préfère humer les fleurs en polyéthylène, pour reprendre le titre d’une chanson récente de son cru. Il est enclin à des contes chansonniers pour le moins évocateurs, qu’il nomme Muselière, Crack de dent, Cage en verre, L’étranglé, Défigurée et plus encore.

L’attitude intense et le look de Fernz et de ses redoutables créatures  puisent dans l’imagerie punk mais la rugosité apparente de la facture n’exclut pas les structures rythmiques et harmoniques plus complexes. 

On y observe la rigueur du prog et du métal lorsque ces styles sont bien exécutés, mais le côté hirsute de l’interprétation en camouflent la rigueur, fort heureusement d’ailleurs.

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blues / folk / jazz / reggae / rock

POP Montréal | Yves Jarvis, le chapitre power trio

par Alain Brunet

Depuis qu’il s’est installé à Montréal il y a une dizaine d’années, je me penche assidûment sur le travail de Jean Sébastien Yves Audet au fil de ses pseudos : Faux Fur, Un Blonde, finalement Yves Jarvis depuis un bon moment déjà. 

Le label Anti- l’a même vu dans sa soupe, on croyait à sa propulsion en première division. On attend toujours et, pourtant, l’intérêt est toujours là.

Yves Jarvis et ses prédécesseurs ont exploré plusieurs territoires de la musique, et ça continue.

Vendredi à la Casa del Popolo, nous étions tassés comme des cornichons pour apprécier ce trip de Jarvis mené à fond dans le power trio hendrixien, parfois enclin aux harmonies de Joni Mitchell , puis au roots reggae et plus encore on s’en doute bien. Blues, rock, funk, folk, reggae, jazz, et une image de John Coltrane sur le thorax. Rien à l’épreuve de cet homme toujours jeune, si doué, si libre.

Yves Jarvis peut user certes de références connues, mais il est tout sauf le clone d’un classique pop-rock. 

Ce vendredi, on a vu et entendu que l’homme a gagné énormément de maturité pour ainsi occuper l’espace avec autant de ressources et prendre autant de temps pour accorder ses guitares.

Excellent riffer à la guitare, très bon soliste, chanteur doué, accompagné par basse et batterie. Solide sur toute la ligne, l’épisode power trio est palpitant et illustre une fois de plus cette totale liberté de pensée qu’exprime Yves Jarvis. Incarnation de l’anti-stratégie, Yves Jarvis pourra-t-il encore cheminer longtemps sur les routes secondaires et ansi alimenter son personnage ? L’avenir nous le dira.

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garage-rock

POP Montréal | The Fleshtones, autre remontée de coolitude

par Alain Brunet

Hormis son rôle de découverte de la culture émergente, POP Montréal est aussi l’occasion des résurrections et des remontées de coolitude. Beverly Glenn-Copeland était la grande prise cette année. Le garage rock aux effluves protopunk des Fleshtones était aussi une prise de choix.

Depuis les années 70, ces créatures de New York ramonent, labourent, ruminent un rock encore toujours aussi merveilleusement inachevé.

Ce côté croche, un peu mou et pataud  dans l’exécution, ce groove un tantinet stonien par moments, aurait pu produire un court effet. Or, The Fleshtones nous lancent encore de la bonne bouette, 40 ans plus tard ! Eux-mêmes font partie de l’œuvre, il faut dire. Leur énergie n’est pas celle de leur 20 ans mais celle de leurs 60 demeure remarquables et inspirantes pour les fans plus jeunes de la chose rock, qui n’ont pu vivre cette effervescence rock à New York dans les années 70 et 80.

En 2024, Peter Zaremba sait mener les claques, entrelarder ses présentations de charmantes phrases en français pour le public de MTL, et citer les faits d’armes des Fleshtones et des collègues de leur époque – Television, Stooges, Blondie, Ramones, etc. Son collègue à la basse Ken Fox peut compter sur une voix criarde à la Brian Johnson (AC/DC), il contribue au groove de Bill Milhizer à la batterie, pendant que le guitariste Keith Streng les alimente de riffs graveleux.

Enfin bref, Zaremba et ses sbires savent encore brasser la cage, plus précisément le chapiteau (Marché des Possibles) de Pop Montréal. Le set s’est terminé par une parade improvisée de  Fox et Zambera  autour de la console de son, au terme d’une série de joyeux rappels.

Sympa !

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alt-folk / alt-latino / électronique / latino

POP MONTRÉAL | Grande soirée latina, féministe et profonde

par Michel Labrecque

Vendredi soir, la Sala Rossa était remplie à craquer pour ce triple programme de voix hispanophones. Elles et ils ont beaucoup chanté, applaudi, crié. Un public majoritairement latino, mais pas que, car la créativité musicale de cette partie du monde attire aussi des curieux.ses séduit.e.s par le genre. 

Je vous propose une récapitulation à l’envers : le clou de cette soirée était la mexicaine Silvana Estrada, qui a clôturé la soirée. Comment dire? Sa voix très particulière nous transperce, nous ensorcelle, nous captive, nous berce. Qu’on comprenne les paroles ou pas, son registre vocal et ses trémolos, qui s’inspirent à la fois de la musique occidentale et indigène, nous plongent dans les tréfonds de l’âme mexicaine. Et nous sommes médusés par ce voyage. 

Seule sur scène, avec une guitare, un ukulélé et un piano électrique, Silvana Estrada se dit heureuse de venir à Montréal en cette saison. Car son dernier spectacle chez en plein hiver l’avait traumatisée. Elle fera également partie du spectacle hommage à Lhasa de Sela, au Rialto les 29 et 30 septembre.

La moitié de la salle connaissait les paroles de ses chansons. C’était la communion totale entre Silvana et son public. Une mexicaine debout à côté de moi se trouvait dans une extase totale. 

C’était un moment de grâce, effectivement. Sa prestation en solo magnifie sa voix, qui, dans les enregistrements studio, reste magnifique mais se fait un peu plus discrète en raison des orchestrations plus savantes. 

En deuxième partie, la Montréalaise d’origine colombienne Lapelúda nous a présenté le voyage intérieur d’une femme violentée sur le chemin de la guérison. 

C’est une proposition musicale alt-folk et introspective, menée par la voix chaude de Lapelúda, avec un quatuor très soudé, incluant deux percussionnistes. Nous cheminons avec l’artiste sur le chemin de sa guérison. La musique se fait de moins en moins triste et plus apaisée au fur et à mesure que le concert progresse. Elle nous parle d’une chanson d’amour écrite en état de choc traumatique. 

Lapelúda parle tantôt en espagnol, tantôt en anglais, tantôt en français québécois sans accent espagnol. D’ailleurs, sur son album Caidas (2022) on retrouve des chansons en français. En passant, c’est un album magnifique. 

Le parcours de Lapelúda (La chevelue) est décidément à suivre.

Cette soirée latine a été amorcée par la mexicoise Gabriella Olivo, qui a grandi à Québec, fille d’une couple mexicano-québécois, d’où le néologisme suggéré. À l’instar de  Maritza et de Noé Lira, cette jeune femme s’inscrit dans ce courant de réappropriation des origines culturelles, bien qu’ayant essentiellement grandi et vécu au Québec. 

Gabriella compose à la fois en français et en espagnol, saupoudrant le tout d’anglais. Sa musique est largement indie-folk et, à mon sens, gagnerait à être présentée avec un groupe de musiciens. Hier, il n’y avait qu’une accompagnatrice, avec des échantillonnages d’instruments. 

Gabriella Olivo sortira bientôt un nouvel EP. C’est une artiste émergente 

à suivre, qui possède, indubitablement, un talent et une créativité authentiques.

Bref, j’ai passé une superbe soirée en compagnie de ces dames. Il est extrêmement intéressant de voir s’agrandir la nébuleuse de nouvelles musiques latines, autant ici que dans les Amériques. Et le public qui suit.

Muy bien…No?

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pop / synth-glam / synth-pop

POP Montréal | Faux Real… vraie folie !

par Marianne Collette

Dire que le duo franco-américain Faux Real a une bonne présence scénique est un parfait euphémisme.

Jeudi soir au Piccolo Rialto, le tandem n’a pas lésiné sur ses efforts pour ravir son public, qui s’en est donné à cœur joie. Les airs étaient pour la plupart issus d’un premier album, Faux Maux, lequel est d’ailleurs toujours en gestation et devrait être disponible dans son entièreté le 11 octobre.

Comment les décrire? Si on mettait dans un mixeur un boy band des années 80, du glam rock et une bonne dose de synth-pop, on obtiendrait sans doute quelque chose de ce type.

Faisant preuve d’une énergie débordante, les frères Virgile et Elliot Arndt ont enchaîné leurs classiques (mais peut-on vraiment les qualifier de « classiques » ?), assortis de mouvements de danse synchronisés pour le plus grand plaisir des spectateurs, qui étaient fréquemment invités à danser à leur tour.

Il était d’ailleurs inspirant de voir un groupe qui arrive à en mettre plein la vue sans avoir recours à un budget mirobolant. Donnez-leur simplement un micro et une bande sonore et c’est parti. Même la scène semble optionnelle à voir comment le duo la quitte à tout instant pour rejoindre la foule. Le spectacle s’est même conclu en toute intimité, le duo ayant demandé à être éclairé uniquement par la lumière des cellulaires de la foule. En bref, toute une ambiance était instaurée pour ce qui était sans contredit une fête parfaitement réussie.

crédit photo: Sarah Driscoll

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chanson keb franco / drum & bass / Électronique / footwork / ghettotech / jungle / pop / synth-pop

POP Montréal | Et Dieu créa Virginie B

par Alain Brunet

Près d’une heure passée jeudi soir avec Virginie B au Belmont imposent ce témoignage d’approbation.

La  chanteuse attire l’attention pour ses tenues extravagantes et (très) sexy, pour sa lascivité contagieuse et sa capacité à se lancer de tous bords tous côtés devant public. Virginie B a le talent de s’entourer d’excellents musiciens, sa direction artistique est fine, éclairée et visionnaire dans un contexte pop.

Un fond de scène orné d’un écran circulaire, des musiciens très compétents, une authentique bête de scène , talentueuse frontwoman qui a tôt fait de nous faire oublier la relative ténuité de son organe vocal, non sans rappeler la pop française au féminin.

Les influences musicales, cependant, n’ont pas grand-chose à voir avec la pop des cousins, elles puisent  plutôt chez Flying Lotus et tous ces funksters jazzmen de LA convertis au hip-hop à la J Dilla. Virginie B s’inspire aussi des grooves frénétiques du footwork ou du ghettotech, côté USA ou (moins) de la jungle/drum’n’bass côté UK.

Ses airs soul-pop et son inclination pour le easy-listening adoucissent ces références pointues, les textes (surtout) écrits en français québécois de bon aloi  créent une certaine familiarité et étoffent assurément le niveau de notre pop locale.

Comme on l’avait déjà constaté après la sortie de son album Insula (2022), Virginie B a très bon goût. Car elle sait mettre à profit son sens affûté de la pop culture. Car elle sait aussi construire son propre personnage fantasque et sensuel, avec une juste touche d’autodérision.

En bref, elle donne tout un show !

La question à 100 euros vient alors à l’esprit: Virginie B percera-t-elle le marché européen pour ainsi décupler la cohorte de ses fans ? Souhaitons-le lui, car l’album Astral 2000 qui vient d’être lancé chez Bonsound, n’a rien à envier avec toutes productions du genre au-delà de nos frontières… et rarissimes dans la francophonie pop.

Crédit photo ci-bas: Sarah O’Driscoll

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americana / classique / gospel

POP Montréal | Soirée touchante avec Beverly et Elizabeth Glenn-Copeland

par Alain Brunet

Beverly Glenn-Copeland a connu le succès au crépuscule de son existence. Le succès important d’un film documentaire, Keyboard Fantasies: The Beverly Glenn-Copeland Story, a eu pour effet de gonfler la coolitude et propulser la carrière de cet octogénaire non binaire, homme trans sans genre apparent, et dont la personnalité respire la grâce et la bonté.

Le profil biographique de Beverly Glenn-Copeland indique que son père afro-américain savait jouer les grandes œuvres romantiques au piano et que sa mère connaissait un vaste répertoire de chant gospel. 

On peut dire que cet artiste étonnant, qui fut l’un des premiers étudiants afro-descendants venus des USA pour y mener des études de musique à l’Université McGill, soit au tournant des années 60.

Ce qu’on a pu écouter au Rialto jeudi soir illustre parfaitement cet équilibre entre patrimoine classique européen et culture afro-américaine.Sa voix de contralto ou de ténor témoigne certes d’une formation classique mais se trouve aussi imprégnée de gospel, non sans rappeler les chanteurs classiques afro-descendants lorsqu’il entonnent les chants sacrés du gospel états-unien.

Accompagné de sa compagne de toujours, la chanteuse et compositrice Elizabeth, Beverly a offert un concert devant une salle comble impliquant un chœur aguerri, des claviers et percussions légères. 

Devant un auditoire attentif, admiratif pour ne pas dire ébloui par cette expérience, le couple Glenn-Copeland a offert un programme rétrospectif fondé sur de belles mélodies folk ou gospel, chansons arrangées pour plusieurs voix. 

On accueillait Beverly Glenn-Copeland comme un pionnier de sa propre identité composite, mais aussi comme un compositeur new age avant que cette étiquette n’existe, un concepteur iconoclaste ayant même créé des matériaux constitutifs de la techno, repris par ses pères fondateurs – Juan Atkins, Kevin Saunderson, Derrick May. 

Jeudi soir au Rialto, il n’était aucunement question de cette contribution, mais bien d’un concert axé sur le répertoire choral de Beverly et Elizabeth Glenn-Copeland, avec en prime quelques retours percussifs sur le legs africain.

Vraiment rien de mémorable sur le plan compositionnel, néanmoins une soirée très touchante, chaleureuse, réconfortante et pleine d’espoir pour les humains de la communauté LGBTQ+. Et aussi pour nous toustes.

Photo ci-dessous: Sarah ODriscoll

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afro-électro / afro-fusion / afro-pop / jazz

POP Montréal | SAM.IITO, nouveau cycle prometteur

par Michel Labrecque

Dans la petite salle clairsemée du Rialto Hall, SAM.IITO (Samito), nous a fait découvrir jeudi soir son nouveau projet musical, intitulé Des-Dobramento (déploiement) et dont le thème principal est la honte. 

Pour le Mozambicain d’origine, établi à Montréal depuis près de deux décennies, ce projet est un retour aux sources : après avoir oeuvré largement dans la sphère électro, ce musicien africain formé en jazz nous avouait en interview écouter aussi  beaucoup de musique douce. Ainsi, il avait envie de rassembler toutes ces parties de lui dans une nouvelle aventure musicale. 

Et le résultat sur scène est très prometteur, bien qu’inachevé. C’est SAM.IITO lui même qui l’a dit d’emblée au début du concert, et il a même demandé au public de lui faire des commentaires pour améliorer le tout. SAM.IITO ne fait vraiment pas les choses comme la plupart des gens, c’est ce qui le rend particulièrement attachant. 

Ce voyage sonore nous emmène dans toutes sortes de textures musicales, de l’extrême douceur au dance party, avec des harmonies jazz intrigantes, avec l’aide du saxophoniste et claviériste Alex Ambroise, de la batteuse Salin Cheewapansri, de la violoniste Elsasosa Jousse et du bassiste Milla Thyme, également aux claviers.

SAM.IITO chante, la plupart du temps en portugais, et nous aussi des claviers. S’ajoute à cet assemblage des échantillons traités de chant choral, de discours prononcés ou d’instruments joués.

Si certains arrangements restent encore à parfaire, l’expérience globale est une des propositions musicales les plus achevées de Samito. La fusion de ses divers héritages musicaux nous fait flotter dans une bulle émotive. C’est à la fois savant et ludique, berçant et interpellant. 

Des-dobramento est donc une œuvre en progression, inachevée, mais vachement intéressante. Souhaitons qu’on puisse bientôt assister à la suite de ce projet embryonnaire. 

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Alternative / Art Folk / folk expérimental / folk-rock / indie folk

POP Montréal I Nap Eyes, histoires oubliées

par Stephan Boissonneault

Avez-vous déjà découvert un groupe qui vous fait l’effet d’une étreinte chaleureuse de la part d’un ami lointain que vous n’avez peut-être jamais rencontré ? C’est le cas du groupe Nap Eyes de Halifax. Dès l’entrée en scène de ce quatuor – cinq en fait pour ce concert, avec le seul et unique Yves Jarvis à la guitare et aux synthétiseurs – le sous-sol de La Sotterenea s’est illuminé. Nap Eyes, à son meilleur, est soutenu par une guitare acoustique douce, mais ample, une section de basse et de batterie stable, des lignes de guitares claires et rayonnantes, et des paroles qui rappellent un peu Bob Dylan de l’époque de la Rolling Thunder Revue (pensez à « Isis »). Cela fait des années que l’on me dit, dans les cercles étranges des médias musicaux, d’aller voir ce groupe en concert, et je sais maintenant pourquoi.

Ces contes musicaux, menés par le chanteur/guitariste Nigel Chapman, sont profondément descriptifs, mais restent vagues, un peu comme un morceau de réalisme magique. Il suffit d’écouter pour s’en convaincre « Passageway », le single du prochain album de Nap Eyes, The Neon Gate. Pour la plupart des groupes, l’instrumentation mène les paroles, mais avec Nap Eyes, c’est l’inverse. Je me suis retrouvé à flotter, à dériver dans le sous-sol et dans le récit fantastique de Nap Eyes, puis j’ai été ramené par la guitare solo, parfois harmonisée par Jarvis, qui était tout simplement trop cool sur scène. J’ai aussi adoré la façon dont Chapman souriait et disait « This is nice » dans le micro, puis se fendait d’un sourire comme un enfant qui vient de découvrir la crème glacée. On pouvait voir que lui et le groupe savouraient vraiment ce moment.

Le concert de Nap Eyes nous donne l’impression d’écouter un vieux disque de Yo La Tengo ou de lire Hermann Hesse ; les chansons sont longues, mais à juste titre, comme une histoire racontée par quelqu’un qui a bu un peu trop de vin à une soirée. Mais grâce à cette imagerie et à ce délire, nous restons tous présents pour le dénouement. Cela peut sembler un peu trop prétentieux, mais c’est la vérité. Oui, Nap Eyes est peut-être l’une des performances les plus authentiques qu’il m’ait été donné de voir depuis longtemps.

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indie rock / shoegaze

POP Montréal I Bain de soleil pour Sunsetter

par Stephan Boissonneault

J’ai attrapé la fin du style acoustique de l’auteur-compositeur-interprète Devarrow (après avoir écouté quelques minutes, je vais certainement aller le voir) et j’ai attendu un peu pour être baigné dans le son par Sunsetter, le projet d’Andrew McLeod. En tant que collaborateur régulier et artiste de scène de Zoon, j’ai déjà vu McLeod auparavant, mais c’était mon premier concert de Sunsetter.

Le sonorisateur de La Sotterenea semblait avoir des problèmes avec le microphone de McLeod, mais après environ 15 minutes de « Opus No. 1 » de Tim Carelton (vous savez si c’est le cas parce que vous êtes en attente au téléphone n’importe où au Canada), McLeod a gratté sa SG rouge cerise, dont il avait trois exemplaires, et le spectacle a commencé. Sunnsetter utilise un mélange sain de shoegaze avec des pédales qui, additionnées, coûtent probablement des milliers de dollars, mais leurs sons sont comme du miel. Il aime aussi boucler une ligne sur une guitare et passer à la suivante. Je m’attendais à ce qu’il sorte une barre de whammy et qu’il fasse des vibratos à la guitare, mais il ne l’a pas fait, ce qui a été une véritable bouffée d’air frais. Trop d’artistes shoegaze utilisent à outrance les techniques de Kevin Shields.

Les voix de Sunnsetter, pour la plupart, sont assez simples, provenant de la voix usée de Mcleod, parfois une combinaison de celles de Billy Corgan et de Mark Gardener, abordant les thèmes de la mort, de l’isolement et de l’amour ; très shoegazey. Les niveaux audio semblaient être très variables, passant d’un niveau extrêmement élevé à des murmures étouffés, ce qui a certainement perdu certaines personnes. Quoi qu’il en soit, ceux qui voulaient un bain de son somnolent en ont eu un. Je ne manquerai pas d’aller voir le prochain album, Heaven Hang Over Me, en novembre, surtout quand j’aurai envie de me projeter dans l’espace sidéral.

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