Festival Bach | La Messe en si mineur, un épisode fondamentalement puissant

par Alexis Desrosiers-Michaud

À la Maison symphonique, le Festival Bach lançait samedi son édition de majorité avec la présentation de la Messe en si mineur du maître. Avec l’annulation de la venue de Sir John Eliot Gardiner et des Monteverdi Singers l’an passé, cette prestation par le Chœur et Orchestre du Festival sous la direction de Leonardo García Alarcón était fort attendue, au vu d’une salle comble. 

Et elle n’a pas déçu, loin de là. Dire que la Messe en si mineur de Johann Sebastian Bach est monumentale relève de l’euphémisme, mais il y a de ces concerts qui deviennent des événements qui resteront gravés dans la mémoire de ceux qui y ont assisté. Ce samedi soir, 23 novembre 2024 était l’un de ceux-là. 

Déjà, la direction du Festival nous a annoncé une version pieuse, nous invitant à, comme Bach lui-même avec son œuvre-synthèse-testamentaire, « repenser à tout ce dont nous avons accompli de plus fier dans notre existence ». Mis à part l’intervention d’un comédien déguisé en Bach venant nous dire à quel point on est chanceux d’entendre sa musique et d’autres commentaires que le chef nous reformulera dans un contexte plus propice à l’esthétique de l’œuvre, ce fut une soirée dont tous se souviendront longtemps.

Justement, après l’allocution du chef, après nous avoir dit que cette œuvre est la jonction entre art et technique, nous annonce « bon concert » après l’accord initial de si mineur donné à l’orgue, les lumières de la Maison Symphonique s’éteignent, l’orchestre se le lève d’un bond et les choristes chantent le premier Kyrie des allées du parterre, dans une pénombre avec pour seul éclairage les lumières de lutrin, pour ensuite marcher lentement vers le devant de scène pendant l’exposition instrumentale.Toujours dans le noir, les deux sopranos sont perchées dans les loges corbeilles pour le Christe qui suit. Bien sûr, les lumières se sont rallumées aussi rapidement qu’elles se sont éteintes pour le Gloria. 

Des quatre solistes, Dara Savinova est celle qui performe le moins bien. Elle chante avec un gros vibrato et une voix pleine, alors que l’on recherche le contraire dans du baroque. En plus, la projection n’est pas toujours au rendez-vous. Le ténor Nicholas Scott, la basse Andreas Wolf et l’autre soprano Mariana Flores ont chacun brillé dans leurs airs. 

Leonardo García Alarcón dirige cette musique de main de maître, par et avec son cœur. En fait, il ne fait pas que diriger, il vit la musique. Levant souvent les bras au ciel, signifiant que cette musique est divine, Alarcón rend tout fluide et insuffle un côté personnel à l’œuvre. Il prend des décisions audacieuses, mais qui rapportent, comme de faire entrer et sortir les solistes au gré de leurs interventions, déplacements se faisant selon le tempo de la musique en cours, de sorte que chaque mouvement peut s’enchaîner. Notons aussi, les appuis forts sur les endroits qui font mal dans l’enchaînement Et Incarnatus est–Cruxifixus. C’était tellement profond qu’il fut difficile de sortir de cet esprit malgré la vivacité du Et resurrexit suivant. 

Ce fut fondamentalement puissant lorsque la soprano Savinova a chanté l’Agnus Dei à genoux devant le podium dans la pénombre, pendant que les choristes sont descendus de scène lentement, comme une procession, pour rejoindre les allées pour le Dona Nobis Pacem final.

crédit photo: Gabriel Fournier

Tout le contenu 360

Samuel Bonnet Trio feat. Joe Magnarelli – Slow

Samuel Bonnet Trio feat. Joe Magnarelli – Slow

Super scintillant – Tarot

Super scintillant – Tarot

Prix Azrieli 2026 | Dalit Hadass Warshaw : une dernière lettre avant de mourir

Prix Azrieli 2026 | Dalit Hadass Warshaw : une dernière lettre avant de mourir

Flux 2026 | Musique spatialisée et harmonies microtonales

Flux 2026 | Musique spatialisée et harmonies microtonales

Flux 2026 | En Orient électro avec 3Phaz et Liliane Chlela

Flux 2026 | En Orient électro avec 3Phaz et Liliane Chlela

Krystina Marcoux : ‘’Je veux mettre le marimba sur un piédestal’’

Krystina Marcoux : ‘’Je veux mettre le marimba sur un piédestal’’

Prix Azrieli 2026 | Nicholas Denton Protsack : à la recherche d’une authentique symbiose

Prix Azrieli 2026 | Nicholas Denton Protsack : à la recherche d’une authentique symbiose

FLUX 2026 | Explorations trans et non-binaires

FLUX 2026 | Explorations trans et non-binaires

Apashe x OSM, triomphe du poème électro-symphonique

Apashe x OSM, triomphe du poème électro-symphonique

FLUX 2026 | Trois femmes, art, engagement

FLUX 2026 | Trois femmes, art, engagement

FLUX 2026 | Oud, kora, didgeridoo et « sommet de tubas »

FLUX 2026 | Oud, kora, didgeridoo et « sommet de tubas »

Apashe x OSM | Le parcours jusqu’à la Maison symphonique

Apashe x OSM | Le parcours jusqu’à la Maison symphonique

FLUX 2026 | Kim Zombik’s Origin Stories et le Silvervest Quartet à la Sala Rossa

FLUX 2026 | Kim Zombik’s Origin Stories et le Silvervest Quartet à la Sala Rossa

FLUX X QMP X Vivier | George Lewis : les partitions de la liberté

FLUX X QMP X Vivier | George Lewis : les partitions de la liberté

SAT x Making Time | Massimiliano le maître

SAT x Making Time | Massimiliano le maître

Piknic Electronik | Eris Drew, le Motherbeat en pleine transe

Piknic Electronik | Eris Drew, le Motherbeat en pleine transe

Concert au 9e : l’africanité de la chaconne

Concert au 9e : l’africanité de la chaconne

Flux 2026 | Peter Burton explique la 2e semaine

Flux 2026 | Peter Burton explique la 2e semaine

QMP 2026 | Hugo Blouin, le trésor du palais

QMP 2026 | Hugo Blouin, le trésor du palais

Mots de Gilles Vigneault, musique de Simon Leclerc: grand moment d’émotion à Bourgie

Mots de Gilles Vigneault, musique de Simon Leclerc: grand moment d’émotion à Bourgie

OM | Gabriela Montero et l’Orchestre Métropolitain : la musique comme acte de liberté

OM | Gabriela Montero et l’Orchestre Métropolitain : la musique comme acte de liberté

MUZ 2026 | Cameroun, Brésil et le reste du monde : voici la cohorte 2026

MUZ 2026 | Cameroun, Brésil et le reste du monde : voici la cohorte 2026

SAT X Making Time | Aurora Halal, sombre, palpitante, sensuelle, empreinte de mystère et d’émotion.

SAT X Making Time | Aurora Halal, sombre, palpitante, sensuelle, empreinte de mystère et d’émotion.

Inscrivez-vous à l'infolettre

Inscription
Infolettre

« * » indique les champs nécessaires

Type d'abonné