Lors de la troisième et dernière soirée d’Akousma, ce vendredi 23 octobre à l’Usine C, .618, alias sonore de Nick Rony, présentait Vows of Return (2026), une composition de vingt minutes qui fait cohabiter pulsations rituelles et textures électroniques mouvantes.
Un glissando menaçant tourne en boucle, bientôt rejoint par des percussions lourdes et mécaniques qui installent une atmosphère crépusculaire, aux accents industriels. L’arrivée des voix infléchit la rythmique vers des motifs plus organiques et syncopés, évoquant une pulsation cérémonielle. Les percussions gagnent ensuite en intensité, se multipliant dans une séquence IDM dense et saturée. Au sein de l’acousmonium, les frappes s’entrechoquent, se désarticulent et se recomposent dans un mouvement presque convulsif, porté par des ondes synthétiques en arpèges.
Puis, la tension change de forme. Les percussions s’effacent progressivement au profit de textures plus flottantes et enveloppantes, où des cordes pincées émergent d’un tissu électronique aux timbres changeants. Cette accalmie, presque méditative, n’efface toutefois pas complètement l’étrangeté qui imprègne la pièce. La matière sonore s’étire et se raréfie, jusqu’à laisser subsister des échos persistants et des voix lointaines, qui plongent la composition dans un paysage spectral en suspens.
Ancrée dans l’héritage haïtien de Rony, Vows of Return transforme ses matériaux sonores sans jamais les figer. Les voix et les percussions semblent porter les traces d’une mémoire vivante, qui se déforme et ressurgit au fil de la composition. Plutôt que de résoudre les tensions accumulées, la pièce s’achève sur une présence insaisissable, comme un écho dont l’origine nous échappe.























