La première impression que l’on a à l’écoute de ce premier album chez Blue Note en tant que leader pour Julian Lage, c’est que cet humble virtuose des six cordes a enfin trouvé sa maison. Le prestigieux label qui, depuis huit décennies, publie un jazz de haute tenue qui ne brasse généralement pas trop la cage est l’étiquette toute désignée pour un musicien au goût aussi sûr que Lage. Avec Squint, l’artiste a d’ailleurs voulu rendre hommage à une tradition bien entretenue chez Blue Note, celle de marier les mélodies de la forme chansonnière populaire à l’aspect improvisé du jazz. À l’enseigne de la fameuse Note Bleue, Lage rejoint donc Bill Frisell et Nels Cline, des guitaristes qui, comme lui, arpentent un terrain musical situé aux confins du jazz et de l’americana. Le Californien a toutefois une identité sonore qui lui est propre. Son timbre méticuleusement travaillé et empreint de chaleur en fait un musicien immédiatement reconnaissable. Jusqu’à maintenant, sa dextérité a toujours plus impressionné que ses talents compositionnels, mais à en juger par ce nouvel opus, les choses sont lentement en train de changer. À l’exception de deux reprises, les pièces que l’on peut entendre sur Squint sont des œuvres originales de Lage et témoignent de son évolution vers de plus en plus de finesse. Après une magnifique entrée en matière en solo, il est rejoint par ses deux partenaires – le bassiste Jorge Roeder et le batteur Dave King (The Bad Plus) – avec qui il nous fait faire une fort agréable randonnée qui nous fait passer par de boueuses routes bluesy sur la bien nommée Boo’s Blues, des sentiers plus rock qui mènent à Saint Rose et les splendides plaines country de Twilight Surfer. On en redemande.
Tout le contenu 360
Critique de concert expérimental/expérimental / contemporain/jazz
FIMAV 2026 | Darius Jones : trio d’exception, concert d’exception
Par Michel Rondeau
Critique de concert expérimental/expérimental / contemporain/jazz/classique occidental/classique
FIMAV 2026 | Zubot Strings: maximum pertinence, maximum ravissement
Par Alain Brunet
Critique de concert classique indien/classique/électronique/expérimental / contemporain/jazz/expérimental
FIMAV 2026 | Amirtha Kidambi: musiques séduisantes, prolixité militante
Par Alain Brunet
Critique de concert électronique/DJ set/Électronique/pop
Palomosa 2026: Hannah Diamond nous offre le DJ set le plus rose qui soit
Par Helena Palmer
Interview classique occidental/classique
Mathieu Lussier et Arion dansent avec le Roi
Par Alexandre Villemaire
Interview électronique
Soul of Zoo dévoile « Connection », fruit de collaborations d’ici et d’ailleurs
Par Sandra Gasana
Interview classique/jazz
Saison 2026-2027 de la salle Bourgie : on en parle avec Caroline Louis et Olivier Godin
Par Frédéric Cardin
Interview A Cappella/classique occidental/classique/pop
Art Choral | Toustes ensemble, chantons The Beatles !
Par Alain Brunet
Interview électronique/hip-hop/rock
Palomosa 2026: groupes, rituels sanglants et l’art de programmer un festival – entretien avec Mathieu Constance
Par Lyle Hendriks
Interview Afrique/Antilles / Caraïbes
Wesli Louissaint | Makaya, le 7e album enfin célébré sur scène
Par Alain Brunet
Interview Antilles / Caraïbes
KLO: Un nouveau chapitre musical avec le single « Benito »
Par Sandra Gasana
Interview expérimental / contemporain/jazz/pop/soul/R&B
FIMAV 2026 | Eric Chenaux et ses ballades délicieusement déconstruites
Par Alain Brunet
Interview électronique/expérimental / contemporain/classique occidental/classique
FIMAV 2026 | « Voda » de Sarah Pagé, sons inspirés de l’eau à travers la mythologie et la poésie russes
Par Alain Brunet
Interview Afrique/rock/musique sacrée/reggae
Nda Chi: Du Cameroun à Montréal pour le Festival Afropolitain Nomade
Par Keithy Antoine
Critique d'album pop 2026
Palomosa 2026: Sophia Stel – How To Win At Solitaire (Édition Deluxe)
Par Stephan Boissonneault
Critique d'album électronique/rock
Palomosa 2026: femtanyl – MAN BITES DOG
Par Stephan Boissonneault
Interview expérimental / contemporain/jazz/expérimental























