kebamericana

Coup de cœur francophone | Sommet kebamericana!

par Justine Charland

Stephen Faulkner, Mara Tremblay, Patrick Bourdon, Fred Fortin, Arielle Soucy, Veranda, Tom Chicoine, Cindy Bédard, Dan-Georges Mckenzie… C’est la brochette d’artistes qu’Alex Burger a rassemblé lors de son Un coin du ciel, une soirée qui veut rendre hommage à la culture americana. 

18 :40 : une file à l’entrée des portes s’installe déjà. Une heure plus tard, elle s’étire jusqu’à Sainte-Catherine, tourne le coin, attire les curieux. Il fait froid, mais le public multigénérationnel de la scène folk et country a tout sauf froid aux yeux. Rares sont les moments où il peut se rassembler, chanter les paroles de la relève ainsi que des ceux qui l’aura forgée. La soirée qu’Alex Burger nous offre est précieuse. 

L’americana mélange les styles nord-américains, le  country, le folk, le rock, le blues, enfin, ces sons ayant constitué l’identité musicale de  ce continent. Avant même qu’une seule note tombe, Alex Burger s’offre une introduction percutante, nécessaire. Il prend d’abord le soin de saluer Renée et Marcel Martel (auteur de la chanson Un coin du ciel), importantes influences pour le genre au Québec. 

Il aborde ensuite un sujet grave : ce qu’il advient de notre culture dans notre monde capitaliste. « On dit de plus en plus à quel point y’a des choses qui sont toughs dans l’industrie de la musique, on est écœuré.es des grosses plateformes, qui ne donnent pas assez de redevances. Et bien il y en a, des chaînes et des radios, qui sont programmées par des êtres humains, qui choisissent chaque chanson à la mitaine, puis qui créent à l’année longue, comme Alex Burger et ces musiciens-là ce soir. »

C’est sur une dernière phrase touchante, que les musicien-nes de Spagatt préparent leur venue sur scène : « J’espère que comme moi, vous allez trouver que la musique americana francophone et autochtone, c’est une des plus belles musiques au monde. »

Le mandat est grand pour les six membres de Spagatt, qui doivent ouvrir le bal (et quel bal!) devant une salle non seulement pleine, mais pleine d’un public qui en a vu et entendu. Un mandat qu’ils auront réussi avec succès, alors que le groupe livre un country moderne, avec des touches de rock et des expressions jeunes qui font sourire. Ça danse déjà en avant, la foule est décidément prête pour Burger. 

Il monte ensuite sur scène et ouvre ce qui sera une longue performance de près de 3 heures. D’abord, par une chanson très rock, qui assure un commencement fort (dans tous les sens du terme), un choix judicieux pour un public qui aura attendu longtemps dehors quelques heures auparavant. C’est ensuite que montent ses premiers invités avec qui il partage une ou deux chansons de leur répertoire. Chacun de ces moments sont touchants, et permettent de revoir chaque chanson de manière unique.  

Parmi ces moments, l’entrée de Mara Tremblay est remarquable. Sa performance partagée avec Alex fige le temps. Le duo a une complicité contagieuse, quelque chose se passe sur scène. C’est intime, la salle est attentive, l’énergie est palpable. 

Quelque chose de similaire se passe avec Arielle Soucy, une artiste douce au génie créatif. Elle porte sa chanson dans une sensibilité qui fait du bien, qui apprivoise l’americana différemment.  

Stephen Faulkner, pour sa part, n’aura pas besoin d’introduction. C’est  le nom qui pend sur toutes les lèvres. Sa présence à elle seule, aura fait la semaine de bien des gens. Sa performance était à la hauteur de nos attentes. 

Les textes touchants de Fred Fortin arrivent en fin de parcours. Il y a quelque chose de beau à l’écouter, car sa musique est aussi en quelque sorte un poème. C’est un baume chaleureux qui a su réchauffer la salle avant qu’il faille retourner dans l’hiver montréalais.  

La soirée se conclut finalement par un beau party sur scène. Tout ce beau monde, pour quelques minutes, se retrouve sur les planches  pour partager un instant de musique. C’est devant ces artistes, toustes côte à côte, qu’on se dit que la musique americana québécoise est entre de bonnes mains. 

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