Concert gala du XXIe Festival de l’Association des orchestres de jeunes du Québec à la Maison symphonique
par Rédaction PAN M 360
L’Association des orchestres de jeunes du Québec (AOJQ) regroupe les orchestres de jeunes du Québec pour promouvoir la musique et favoriser les échanges entre les jeunes.
Le XXIe Festival de l’AOJQ 2024 rassemblera sept orchestres sous la direction de trois chefs réputés : Naomi Woo, Adam Johnson, et Jean-Philippe Tremblay.
On nous a promis un festival sans oeillères et réfractaire au purisme coincé de la ‘’Police du jazz’’ (les snobs du genre). Chose promise, chose due. Le premier soir de la première édition du nouveau festival de jazz »élargi » fondé par Martha Wainwright, avec l’aide inestimable du batteur Tommy Crane et de toute l’équipe du Ursa, est assurément un succès qui rendra les mélomanes heureux et confiants.
La soirée, comme toutes les autres à venir, se déroule en trois actes. Un premier concert vers 17h30 (approx, car on est dans la fluidité du ressenti ici. Pas de chronomètre…), un deuxième vers 20h30, et un troisième à 23h. Trois actes, donc, et trois univers dissemblables dont le deuxième seulement peut être relié assez directement au monde du jazz.
Ça commence avec Edwin de Goeij, qui lance les festivités en grande douceur, avec une musique instru planante et soutenue par un assemblage à la fois lo-fi (fond sonore généré par cassette 4 pistes, comme on disait ‘’dans le temps’’) et hi-fi avec un appareillage synthétique moderne. Au-dessus de tout cela, flotte un clavier aux accents cosmiques. Ambiance néo-kitsch sans grande surprise, mais très agréable. Après cette intro chill, Erika Angell se présente et reprend une partie de ce qu’elle nous avait offert lors du lancement de son album The Obsession with Her Voice au Ausgang Plaza il y deux semaines. Face au nuage interstellaire sommes toutes assez placide de de Goeij, la musique d’Erika est une nébuleuse sonore extra dimensionnelle fascinante. L’originalité perçue à l’écoute de l’album et du spectacle de lancement se confirme sans aucun doute possible. Voici une proposition d’une unicité et d’une audace artistique férocement nouvelles et impressionnantes qui mérite de faire le tour du monde de la musique indie la plus avancée de notre époque.
Aaron Dolman cr.: Pierre LangloisDavid Binney cr. : Pierre Langlois
La pause arrive, ce qui nous permet de commander des tacos faits et servis par Martha Wainwright elle-même! Si vous avez envie de vivre cette expérience, il vous reste trois soirs! Le deuxième concert sera celui du saxophoniste californien David Binney, un ovni musical qui peut allier fulgurances avant-gardistes avec lévitations musakiennes ou post-bop bien cadré. Après une intro avec Martha à la guitare (elle a promis de chanter l’une de ses chansons chaque soir, fa que, soyez là pour les prochains), Binney se met en marche dans un quartette musclé : l’accompagnent une contrebasse (Morgan Moore, épatant de virtuosité) et deux… drumsets! Oui, DEUX batteries, l’une tenue par Tommy Crane et l’autre par Andrew Barr. Le groove, totalement acoustique mais qui garroche de la puissance au décibel carré comme ça ne se peut pas, est tout simplement emballant. On est subjugué et emporté par cette force sonore sur laquelle Biney s’échappe à qui mieux mieux dans des envolées stratosphériques ‘’free’’ et excitantes. Quelques pauses plus calmes équilibrent un show (séparé en deux ‘’sets’’) mémorable qui restera gravé. OMG, that was some seriously good shit!
23h arrive et nous sommes prêts à poursuivre l’aventure, bien que le popotin ronchonne un peu (les bancs et les chaises sont un peu ‘’hard’’ pour des séances aussi prolongées, seul bémol à relever dans cette première impression, autrement excellente). Cette fois, on revient à des sentiments moins exaltés, avec un trio étonnant : deux très belles voix (Sarah Rossy et Eugénie Jobin) avec batterie/percussions (Aaron Dolman). On se retrouve plongé dans un post/avant-folk aux douceurs fantomatiques et aux lignes mélodiques inattendues, parfois presque atonales. On pourrait imaginer les Soeurs Boulay chantant du Schoenberg! Le choix était bien pensé car cette première soirée se termine dans un calme, une sérénité et une nourriture intellectuelle/émotionnelle qui nous rassasient, juste ce qu’il faut pour attendre la deuxième soirée.
Exception faite de David Binney, tout le monde présent hier est Montréalais. C’est fou non, la qualité disponible dans cette ville?
Je parle ici d’un succès qualitatif, mais il faut noter également le succès quantitatif de cette première soirée. La salle était pleine, de remplie à bondée serrée, pour chaque concert! Voilà qui est très encourageant.
Le groupe LANY, basé à Los Angeles, fabrique une pop rêveuse et dansante avec un esprit R&B. Après avoir figuré au palmarès en 2017 avec leur premier album, LANY, ils se sont de nouveau classés dans le Top 40 en 2018 avec leur deuxième album, Malibu Nights, avant de décrocher leur premier tube du Hot 100 en 2019 avec la collaboration avec Lauv, « Mean It ». En 2020, le groupe a atteint un sommet dans les classements américains avec le Top 10 Mama’s Boy, suivi un an plus tard par gg bb xx, produit par Andrew Goldstein. En 2023, heartbroken a beautiful blur les propulse dans le Top 5 en Australie.
Los Angeles-based band LANY craft dreamy, dance-informed pop with a smooth R&B spirit. After charting with their 2017 debut, LANY, they had another Top 40 showing with their 2018 sophomore LP, Malibu Nights, before landing their first Hot 100 hit single in 2019 with the Lauv collaboration « Mean It. » In 2020, the band reached a U.S. chart peak with the Top Ten Mama’s Boy, following it a year later with the Andrew Goldstein-produced gg bb xx. In 2023, the heartbroken a beautiful blur launched them into the Top Five in Australia.
Regroupant des musiciens cubains et montréalais, Le Trio The Cuban Martinez Show, dirigé par le tromboniste Yordan Martinez, est un spectacle festif à saveur cubaine et latine.
The Trio The Cuban Martinez Show, directed by trombonist Yordan Martinez, is a festive show with a Cuban and Latin flavor.
Racines est le projet musical de Laurent Perrault-Jolicoeur, contrebassiste jazz gradué de McGill, et Zal Sissokho, korafola connu pour ses projets sortant des sentiers battus comme Kora Flamenca ou Famalé. Les deux compositeurs cherchent à retisser et retracer ensemble les liens unissant les musiques mandingue et jazz par leurs compositions hybridant les rythmes, l’harmonie et l’improvisation de chacune de ces traditions.
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Racines is the musical project of Laurent Perrault-Jolicoeur, a McGill-qualified jazz bassist, and Zal Sissokho, a korafola known for his off-the-beaten-track projects such as Kora Flamenca and Famalé. Together, the two composers seek to reweave and retrace the links between Mandingo and jazz music through their compositions that hybridise the rhythms, harmony and improvisation of each of these traditions.
Giant Rooks est un groupe de rock indépendant à la sensibilité pop et au son atmosphérique qui est devenu une star dans son pays d’origine, l’Allemagne, avant de développer une audience internationale. Se produisant souvent en anglais, les arrangements du groupe mélangent des éléments organiques et électroniques. Leur EP New Estate de 2017 a permis aux fans de découvrir leur son épuré, et une reprise de « Tom’s Diner » en 2019 (une collaboration avec AnnenMayKantereit) est devenue un succès massif en Europe. Une couche supplémentaire de polissage de la production sur leur premier album complet, 2020’s Rookery, a rendu leurs chansons encore plus conviviales, et 2024’s How Have You Been ? a ajouté une ambiance romantique à plusieurs de leurs chansons.
Giant Rooks are an indie rock band with a pop sensibility and an atmospheric sound who became stars in their native Germany before developing an international following. Often performing in English, the group’s arrangements blend organic and electronic elements. Their 2017 EP New Estate introduced fans to their streamlined sound, and a 2019 cover of « Tom’s Diner » (a collaboration with AnnenMayKantereit) became a massive success in Europe. An added layer of production polish on their first full-length album, 2020’s Rookery, made their songs even more user-friendly, and 2024’s How Have You Been? added a romantic vibe to several of their songs.
Souvent présenté comme le groupe de reggae le plus amusant de Montréal, les prestations énergisantes de ce groupe laissent le public dans un état de bonheur intense. Ils vous feront chanter et danser au rythme de leur musique intemporelle et vous laisseront des souvenirs inoubliables.
The Reggae Uprising Band est un groupe qui sait comment divertir et qui met tout en œuvre pour plaire. Selon ses fans, le groupe fait oublier les soucis et remonte le moral par son style de jeu authentique.
The Reggae Uprising Band s’est formé quand des musiciens partageant les mêmes idéaux se sont rencontrés dans des bars locaux et dans des lieux communautaires, puis ont décidé de se réunir et de former un groupe.
Le groupe puise dans plus d’un siècle de musique du monde, de reggae, de soul, de rnb, de jazz, de folk, de country et de rock pour vous proposer ce qu’il a de mieux à offrir. Un mariage de standards musicaux que tous les âges peuvent apprécier.
L’Uprising Band s’est produit dans tout le Canada pour des festivals, des bars et des pubs, des brasseries ainsi que pour des auditoires privés.
L’Uprising Band a également collaboré avec des artistes musicaux tels que des artistes comme, entre autres, Luciano, Marcia Griffiths, Tinga Stewart, Ras Lee, Leroy sibbles, Errol dunkley, Leroy gibbons, general trees, horace Martin.
Hailed as Montreal’s most fun and exciting Reggae Band, this band’s revitalizing and energizing performances leaves the audience in a state of youthful bliss. They’ll have you singing and dancing along to the timeless music and making all kinds of great memories while doing so.
The Uprising Band is a band that knows how to entertain and put out their all to please Fans say that The Uprising Band makes you forget your worries and uplifts you with their authentic style of play.
The Uprising Band formed when like minded musicians kept meeting up at local bars, and at community venues and decided to come together and form this group.
The Band draws from over a century of world music reggae, soul, rnb, jazz, folk, country, and rock to give you the very best they have to offer. A marriage of musical standards all ages can enjoy.
The Uprising Band has performed all over Canada playing for festivals, bars and pubs, brewery, charity organizations as well as for private audiences, which is one of the highest compliments you can receive as a band, Truly special.
The Uprising Band has also collaborated with musical artists like Luciano, Marcia Griffiths, Tinga Stewart, Ras Lee, Leroy sibbles, Errol dunkley, Leroy gibbons, general trees, horace Martin just to name a few names.
Le mardi soir, le Upstairs met en vedette les étudiants de premier et de deuxième cycle de l’École de musique Schulich de l’Université McGill qui jouent du jazz.
Dans le cadre de leurs cours de combo jazz, les étudiants préparent des ensembles de musique comprenant des airs et des arrangements de la tradition du jazz, ainsi que des compositions et des arrangements originaux. Ces étudiants, qui viennent de toute l’Amérique du Nord et de l’Europe, sont parmi les meilleurs étudiants en interprétation de jazz de l’heure.
Tuesday evenings, Upstairs showcases McGill University’s Schulich School of Music Undergraduate, and Graduate, Jazz Performance students.
As part of their jazz combo course requirements, students prepare sets of music encompassing tunes and arrangements from the jazz tradition, as well as, original compositions and arrangements. These students, coming from all over North America, and Europe, are some of the finest up and coming jazz performance students that you will hear anywhere.
RÉSERVATIONS PAR TÉLÉPHONE AU 514-931-6808
Ce contenu provient du Upstairs Jazz et est adapté par PAN M 360.
Semaine du Neuf | Collectif9 : héro musical pour tous
par Frédéric Cardin
L’ensemble collectif9 appuyé de deux compositeurs/vidéastes (Myriam Boucher et Pierre-Luc Lecours) donnaient, vendredi soir 15 mars, la première nord-américaine de Héros, œuvre créée en 2020 en France, mais qui n’a jamais pu voyager depuis en raison de la crise pandémique. Il s’agissait en quelque sorte d’une deuxième Première pour cette pièce en cinq mouvements, écrite pour les neuf instrumentistes de l’ensemble (4 violons, 2 altos, 2 violoncelles et 1 contrebasse) et deux vidéastes live.
Le processus de création musicale est bien expliqué par Thibault Bertin-Maghit, fondateur et directeur général/artistique de collectif9, dans l’entrevue qu’il m’a accordée et que je vous encourage écouter ici :
Je ferai tout de même un court résumé : à partir de la musique de Beethoven (2020 constituait le 250e anniversaire de sa naissance), Boucher et Lecours, habitués à travailler dans l’électronique, ont tissé une trame musicale numérique ou Beethoven devient difficilement reconnaissable, trame qu’ils ont par la suite retranscrite pour l’ensemble acoustique montréalais!
De l’acoustique au numérique puis à l’acoustique de nouveau, la démarche plutôt originale promettait quelque moments étonnants. En vérité ce ne fut pas le cas, ce qui ne veut pas dire que ce n’est pas bon. C’est seulement que je m’attendais à des passages instrumentaux techniquement très virtuoses et spectaculairement dessinés avec un pointillisme millimétrique. J’imaginais quelque chose de peut-être expérimental.
Héros se drape plutôt d’habits hyper séduisants de l’ordre du minimalisme répétitif étatsunien. Les cinq mouvements se développent dans une alternance lent-rapide-lent-rapide avec un finale mixte. L’effet d’ensemble est bien plus ‘’agréable’’ que la prémisse d’origine le laisse entendre, et aboutit à un produit dont le potentiel ‘’exportable’’ de tournée hors des cercles habituels de la musique de création est très intéressant.
crédit : Philippe Latourcrédit : Philippe Latourcrédit : Philippe Latourcrédit : Philippe Latourcrédit : Philippe Latour
Les projections vidéo animées en direct par Boucher et Lecours vont et viennent entre l’abstraction et les scènes naturelles (beaucoup d’oiseaux) filtrées par des effets de transparence et de changements chromatiques. Le rapport de Beethoven à la nature est probablement ce qui nous rappelle le plus à sa présence en filigrane car on cherche en vain quelque référence mélodique au compositeur (sinon quelques accords ici et là). De toute façon, l’intérêt ne se situe pas dans le fait de retrouver des citations connues, mais plutôt dans le voyage sensoriel, audio-visuel, qui est proposé.
Le quatrième mouvement m’est apparu le plus excitant et absorbant. Sur fond de bandes verticales faites de traits plus ou moins larges et déroulant à diverses vitesses, la musique très rythmique, voire nerveuse, crée un effet de transe hypnotique. Certaines bandes géométriques apparaissent en parfaite synchronicité avec les attaques des instrumentistes. Un bel exemple de création vidéo live réellement intégrée à une partition musicale.
Le mouvement final offre une synthèse presque lyrique dans son amplitude élégiaque, touchante et fortement appréciée du public.
L’Espace Orange du Wilder était rempli, confirmant un autre succès de fréquentation pour la Semaine du Neuf.
Comme mentionné, le potentiel exportable de Héros est certain. Je vois très bien ce spectacle de création contemporaine, sommes toutes assez user-friendly, être fort bien reçu partout au Québec, dans des lieux de diffusion peu habitués au répertoire proposé normalement par Le Vivier. Là où Andréa Streliski et Jean-Michel Blais attirent les foules, l’ensemble montréalais devrait pouvoir tirer habilement son épingle du jeu avec Héros.