jazz / salsa

PAN M 360 au FIJM 2024 | Audrey Ochoa Quartet, du groove convaincant

par Vitta Morales

Le quartette d’Audrey Ochoa a donné une prestation très convaincante hier soir sur la scène du Pub Molson. Parmi les points forts du spectacle, on retrouve plusieurs extraits de son dernier album The Head of a Mouse qui a fort bien reçu ici à PAN M 360. La formation en quartette a notamment permis d’obtenir des versions plus épurées, mais tout de même efficaces, de ces chansons. De plus, Ochoa a montré son talent de chanteuse en interprétant « I want you back » des Jackson 5. Cependant, quelques éléments ont empêché à ce bon spectacle d’être un excellent spectacle. 

Lorsqu’elle plaisante avec la foule, Ochoa semble plutôt maladroite. Sa voix trahit également une certaine nervosité qui affecte l’ambiance de son spectacle. (A-t-on oublié de lui dire que le Festival international de Jazz de Montréal était l’un des endroits les plus joyeux au monde ?)

Cette nervosité, heureusement, semble complètement oubliée dès qu’Ochoa commence à parler à travers son instrument. Lorsqu’elle joue en solo, on voit qu’elle a une confiance en elle qui est viscérale ; il serait bon qu’elle maintienne cette confiance.

Un autre point faible à mes yeux était l’utilisation de partitions sur scène par certains musiciens. Je n’ai pas eu l’impression qu’ils étaient absolument dépendants de leurs partitions, mais le fait qu’elles soient visibles, tout comme les lutrins, a créé une barrière entre le public et l’interprète. J’ai eu l’impression d’assister à une répétition de haut niveau de compositions intéressantes et qu’il manquait une touche finale de showmanship.

Enfin, à mes oreilles, le bassiste et le pianiste n’ont pas réussi à interpréter les moments les plus influencés par la salsa de la musique d’Ochoa. Il faut un certain temps pour apprendre les grooves de salsa avec les bonnes inflexions, et leurs interprétations se sont transformées en approximations au pire des moments. Seul le batteur, en plus d’Ochoa elle-même, semblait avoir une maîtrise décente des rythmes latins, les approximations au niveau de la percussion étant tout à fait convenables et groovy.

Quoi qu’il en soit, je crois qu’Ochoa a beaucoup de talent et qu’il ne lui faudrait pas grand-chose pour transformer ses concerts en véritables événements. Je suis heureux que la prolifique tromboniste d’Edmonton ait pu se rendre au festival de cette année, car ce fut un plaisir de découvrir sa musique éclectique et de voir ses capacités sur scène. Espérons qu’elle trouvera un peu plus d’arrogance à la hauteur de ses prouesses musicales.

photo: page Instagram de l’artiste @audreyochotron

Afrique / kora

Festival International Nuits d’Afrique : Afrique en cirque avec Kalabanté

par Rédaction PAN M 360

Pays : Guinée – Québec

Ce spectacle fait partie de la série Les grands évènements qui est présentée par ICI Musique.

Description :

« J’ai travaillé pour presque tous les cirques québécois à l’international et j’ai trouvé qu’il manquait quelque chose, les acrobaties africaines me manquaient. J’ai donc voulu monter un spectacle qui parlait de mon pays d’origine qui est la Guinée », explique Yamoussa Bangoura, fondateur de la troupe (RFI, 2022). Afrique en cirque, qui revient d’une tournée internationale, est un condensé rafraîchissant et hyper énergisant de l’immense talent artistique qu’abrite l’Afrique de l’Ouest. Exploits acrobatiques, explosifs, chorégraphies agiles et athlétiques, percussions palpitantes, kora authentique, tableaux qui se succèdent dans un rythme effréné… Le spectacle fédère le théâtre, la musique, la danse et les arts du cirque. »

POUR TE PROCURER UN BILLET, PAR ICI!

Ce contenu provient du site web officiel du Festival International Nuits d’Afrique et est adapté par PANM360.

Brésil

Festival International Nuits d’Afrique : Kirá au Club Balattou

par Rédaction PAN M 360

Pays : Brésil.

Ce spectacle fait partie de la série Révélations qui est présentée par Atuvu.ca

Description :

« Le Brésil coule dans ses veines. Sur la trace des folklores du Nordeste, sans artifice et un peu rebelle, le fils de Manu Chao suit joyeusement son propre chemin (50 millions d’écoutes de son 1er album, Semente de Peixe, toutes plateformes confondues!). Enveloppée dans une esthétique doucement psychédélique, sa juxtaposition fantaisiste de rythmes comme le Baião, le Maracatu, le Carimbó, la Pisadinhaou ou la Pagodão Baiano, annexés de sonorités latines tels les Salsa, Cumbia et Boléro, s’abreuve autant à la tradition des chanteurs populaires brésiliens qu’aux mouvements alternatifs de la Psicodelia Nordestina 70 et du MangueBeat. »

POUR TE PROCURER UN BILLET, PAR ICI!

Ce contenu provient du site web officiel du Festival International Nuits d’Afrique et est adapté par PANM360.

Afrique

Festival International Nuits d’Afrique: AfirkA invite soirée orientale avec ostie de Français

par Rédaction PAN M 360

Pays: Algérie.

Fait partie de la série « Les étoiles Nuits d’Afrique » présentée par la Fabrique culturelle de Télé-Québec.

Description:

« Pivot du projet d’AfirkA, le partage généreux avec le public du doux souvenir d’insouciantes et chaleureuses soirées remplies de joie et de rires ; de fêtes rassembleuses, libératrices et décomplexées, cadencées par les musiques populaires d’Algérie, défiées par les longs youyous enthousiastes. Authentiques et énergiques, s’appuyant sur une instrumentation composée de la darbouka, de la mandole, de la guitare et du violon, leurs reprises passionnées de succès aux intonations raï, chaoui et kabyle rappellent à quel point les rythmes de leur pays sont cosmopolites par essence. »

POUR TE PROCURER DES BILLETS, C’EST PAR ICI!

Ce contenu provient du site officiel du Festival International Nuits d’Afrique et est adapté par l’équipe de rédaction de PANM360.

Électronique

OfF Piknic 2024: Black Book Records présente Chris Lake et plusieurs autres! – 12 juillet

par Rédaction PAN M 360

POUR TE PROCURER DES BILLETS, C’EST ICI!

Ce contenu provient de la page officielle de Piknic Électronik et est adapté par l’équipe de PANM360.

afro-house

DJ Karaba aux platines : ambiance assurée !

par Sandra Gasana

Ça y est, j’ai eu ma première expérience au Piknic Électronik. Depuis le temps que j’en entends parler, je suis ravie d’avoir enfin pu élucider ce mystère et d’avoir pu assister au set de la grande DJ Karaba, celle qui est devenue incontournable sur la scène montréalaise et internationale. Elle arrive vêtue d’un top noir et de jeans, lunettes fumées et foulard couvrant une partie de ses tresses.

D’emblée, elle nous balance une version remixée de Water de la sensation Sud-Africaine Tyla, pour nous en mettre plein la vue dès les premières minutes. Elle semble connaître les paroles de toutes les chansons qu’elle revisite, en dansant et en interagissant avec son public, le sourire aux lèvres tout le long. Elle enchaîne justement avec des sons d’Amapiano, alors que ce style musical vient de souffler sa 10ème bougie. Avec ses transitions subtiles entre les morceaux, on ne sait pas toujours quand elle passe de l’un à l’autre. Avec des refrains accrocheurs, elle varie l’intensité au sein même du morceau afin de lui donner du relief, et le tout en vivant sa musique à fond. Elle fait plusieurs pas de danse durant tout son set, même parfois des pas de samba, ce qui rappelle son passé de danseuse pour des stars américaines. Elle mélange des vieux sons tels que Thriller, de Michael Jackson ou encore Gypsy Woman (She’s Homeless) de Crystal Waters, avec de plus récents comme Please don’t stop de music de Rihanna. Cela se fait toujours très graduellement : on détecte une mélodie qui nous rappelle le classique en question, et tout doucement la chanson se dévoile à nous avec la signature de la DJ Karaba. Là, elle fait danser la foule dès qu’elle ajoute la fameuse grosse basse qui nous force à bouger.

« La dernière fois que j’étais ici, c’était lors de la COVID. On était tous séparés mais ça fait plaisir de vous voir tous ensemble aujourd’hui », ajoute-t-elle entre deux morceaux.

Un retour dans le temps s’est fait lorsqu’elle remixe un vieux classique des années 80, Yeke Yeke de Mory Kanté. En fait, elle redonne une nouvelle vie à ce morceau sans toutefois le dénaturer. Durant certains morceaux, elle faisait de longues pauses, faisant croire que la chanson était terminée, pour reprendre de plus belle, en doublant d’intensité. Ces suspenses étaient appréciés du public, qui s’éclataient au fur et à mesure que la soirée avançait. Autre moment plaisant : les chansons en portugais qu’elle intégrait à son répertoire, venant du Brésil mais aussi d’autres pays lusophones, avec la touche Kuduro qu’elle a réussi à mettre en valeur. La nuit tombe, nous arrivons à la fin du spectacle. Elle remet ses lunettes, elle s’est débarrassée du foulard et on a l’impression d’être dans une discothèque à ciel ouvert, avec les lumières qui scintillent autour d’elle. L’ambiance est à son paroxysme et elle en profite pour remixer un morceau de Nelly Furtado, Say It Right, que la foule connaissait par cœur. Le seul hic, le micro qu’elle utilisait pour interagir avec le public par moment ne fonctionnait pas très bien. Elle termine en beauté avec sa propre version de Baianà, de Barbatuques, qui se prêtait bien pour l’occasion.

Avant son set, DJ Karaba a partagé la scène de la Banque nationale avec Mr Touré et le DJ, musicien et producteur Poirier, qui ont chacun offert un set de deux heures. Alors que le premier mélangeait plusieurs rythmes africains sur des instrumentaux dansants, le deuxième nous a fait faire un tour du monde musical. Nous sommes allés en Colombie, avec Agua Oro, une collaboration avec Ramon Chicharron, au Brésil avec Café com leche de Flavia Coelho ou encore en Haïti avec Teke Fren de Waahli, du groupe mythique Nomadic Massive. Nous avons également été transportés au Nigéria de Burna Boy, en Jamaïque avec du bon dancehall comme on les aime, en passant par la Côte d’Ivoire, avec le hit Coup de marteau. Tout le monde en avait pour son goût.

Publicité panam
jazz latin

PAN M 360 au FIJM 2024 | NOÉ LIRA : une bombe latina ! 

par Michel Labrecque

La chanteuse et comédienne mexico-québécoise (on pourrait dire mexicoise) Noé Lira donnait un concert gratuit en plein air, sous un temps un peu pluvieux. Mais la pluie, on ne la sentait pas, parce que la chanteuse musicienne irradiait avec son groupe entièrement féminin.

Noé Lira est une bête de scène, son énergie est contagieuse. Sa proposition est certes Latina, mais c’est une musique engagée, intelligente, loin des clichés du genre. La comédienne s’est imposée dans plusieurs séries québécoises, dont L’empereur ou La Candidate. En 2021, la musicienne et chanteuse a fait paraître Latiendo la Tierra. Trois ans et une pandémie plus tard, on peut sentir que la voix et la posture musicale de Noé Lira a maturé et progressé. Noé Lira s’adresse au public en français québécois, mais a choisi de chanter majoritairement dans la langue de son père. Le résultat est très chouette, n’en déplaise à certains nationalistes québécois, qui pourraient l’accuser d’affaiblir le français au profit d’une autre langue. Noé Lira est aussi une artiste engagée, résolument féministe, qui a affirmé hier soir que « les frontières étaient artificielles ». Elle joue de l’accordéon, qui se mélange au violoncelle, aux claviers et aux percussions. Elle est une parfaite illustration du Québec métissé et fier de l’être. Cette artiste plurielle n’a pas fini de nous étonner. Cette femme a un potentiel fabuleux. Elle va tourner un peu partout au Québec cet été. Allez l’entendre !

jazz

PAN M 360 au FIJM 2024 | AMBROSE AKINMUSIRE & DAVE HOLLAND : un dialogue sublime

par Michel Labrecque

Je vous ai raconté samedi mon enthousiasme face au concert solo du trompettiste Ambrose Akinmusire au Gésu, qui a fait sonner son petit instrument de tant de façons étonnantes. J’étais donc très content de pouvoir assister au deuxième spectacle d’Ambrose en compagnie du vétéran contrebassiste britannique Dave Holland. 

Vous vous dites : “Ce sera une sorte de rebelote, avec en plus un accompagnement solide de contrebasse”. Hors, ce ne fut absolument pas rebelote. Nous avons assisté à une authentique communion, un dialogue ouvert, fécond, comme le jazz peut nous l’offrir lorsqu’il est à son meilleur. Le trompettiste noir de 42 ans et le contrebassiste blanc de 77 ans nous ont fait léviter et flotter dans leur échange ou chaque note comptait, du moins j’ai eu cette impression. La trompette d’Ambrose Akinmusire était aussi intéressante que la veille, mais totalement différente, puisqu’elle échangeait avec la contrebasse, de façon complémentaire. Il y a eu autant, sinon davantage, de solos de contrebasse que de trompette. Parfois, Ambrose offrait des nappes de trompette répétitives pendant que David improvisait à plein gaz. Et après, on échangeait. Tout démarrait autour d’un thème de base, puis les deux instrumentistes s’écoutaient et décidaient d’une direction que seuls eux connaissaient. J’ai entendu Dave Holland pour la première fois en 1975 à l’Université Laval de Québec, accompagnant le saxophoniste free Anthony Braxton. Ce fut mon initiation au jazz libre. Puis, la radio communautaire CKRL-FM de Québec a adopté sa jolie balade The Conference of the Birds, comme musique pour un indicatif. Dave Holland a joué avec Miles Davis, Chick Corea, et à peu près tous les grands musiciens dans ses cinquante ans de carrière. Il est aussi un compositeur très doué. Sur son site web personnel, on trouve plus de deux-cents disques auxquels il a pris part. Cette rencontre entre lui et Ambrose Akinmusire était donc une rencontre entre deux grands instrumentistes et compositeurs. Une rencontre de très haut niveau. Était-ce la première rencontre entre les deux ? Je l’ignore. Mais c’était du jazz sérieux, mes ami-e-s !

Crédit photo: @frederiquema pour le FIJM

jazz

PAN M 360 au FIJM 2024 |  Ambrose Akinmusire soliloque

par Michel Labrecque

Vendredi a été mon baptême du 44ᵉ Festival de Jazz de Montréal. S’y replonger est toujours une bénédiction, spécialement quand il fait beau. En coup de vent, j’ai pu regarder des extraits de performances de Sunny War, qui réinvente le blues, en plein air, puis de la poétesse jazz Aja Monet, à l’intérieur. Ces deux concerts étaient gratuits, c’était plus que du bonbon. 

Entre-temps, je pouvais apercevoir des enfants qui se baignaient dans les fontaines du Quartier des Spectacles et des gens de toutes origines qui se dandinaient, discutaient, souriaient. La grande scène extérieure était remplie pour écouter le jazz fusion de Cory Wong. Ce n’est pas ma tasse de thé, mais la foule semblait éprouver du plaisir. L’éclectisme du festival est très fédérateur. 

Ma destination privilégiée de cette soirée était le Gésu, pour y entendre le trompettiste Ambrose Akinmusire performer en solo. Le trompettiste prodige de 42 ans est seul sur scène, presque complètement dans l’ombre. Seule sa trompette parle, parfois accompagnée de bruits de voix.

Mais quelle trompette mes amis ! Un son plein, qui habite tout l’espace. Où la virtuosité alterne avec des longues notes… et des silences parlants. Nous sommes dans la veine de son album Beauty is enough (2023), performé aussi en solo. Ambrose Akinmusire explore tous les orifices de son instrument. Il arrive à faire sonner la trompette de mille façons : parfois, c’est un long souffle de vent; parfois, le son de sa voix semble harmoniser avec le cuivre. Cette trompette éructe, argumente, berce, crie, miaule, calme, rugit, chante. Elle explore tous les demi-tons et quarts de tons possibles et impossibles. Tous ces glissements de notes qui nous font voyager dans nos têtes. Avec juste un peu de réverbération. 

Je ne suis pas toujours un grand fan de la trompette. Mais celle d’Ambrose est flottante, poétique, savante, émotive, dénudée. Le monsieur est aussi un grand compositeur, comme l’ont démontré ses autres albums en groupe. À la fin du concert, il a fini par nous adresser la parole, nous expliquant que ce récital est, en partie, un dialogue imaginaire avec d’autres trompettistes décédés, notamment Roy Hargrove et Wallace Rooney. Pour ma part, au fil de l’écoute, j’ai imaginé une méditation infinie, une session de thérapie, une guerre atroce, des gens qui déblatèrent dans des manifestations et des moments de tendresse absolue. Mes voisin-e-s de siège ont sans doute entendu tout autre chose. 

On entendait parfois des claquements étranges durant la prestation. Était-ce un problème de sonorisation ou des effets souhaités par le trompettiste ? Le débat entre spectateurs après le concert est resté ouvert. 

Aujourd’hui, Ambrose récidivera au Gésu en compagnie du vétéran contrebassiste britannique David Holland. Plusieurs d’entre nous y retourneront.

crédit photo: David Becker pour Wiki

Inscrivez-vous à l'infolettre

Inscription
Infolettre

« * » indique les champs nécessaires

Type d'abonné