Virée classique 2024 – Des Rugissants qui ne rugissent pas assez fort

par Alexis Desrosiers-Michaud

Dès le début du concert, un constat nous frappe: cet ensemble a été programmé au mauvais endroit. Il n’aurait pas dû être programmé en extérieur à l’Esplanade Tranquille. Les 12 voix et la guitare ont peine à se faire entendre dans les nuances douces, malgré l’amplification. Qu’à cela ne tienne, il y a foule, ce qui est très encourageant pour le seul concert choral gratuit du festival.

Le chœur dirigé de main de maître par Xavier Brossard-Ménard est très dynamique, même si les pupitres d’hommes chantent en majorité plus fort que celui des femmes. Les paroles sont très audibles et les chanteurs font preuve d’une justesse implacable; on assiste à une démonstration magistrale dans El Grito du finnois Einojuhani Rautavaara, pièce truffée des glissandos avec des secondes mineures comme point d’arrivée.

Un autre élément marquant des œuvres auxquelles nous assistons est la diversité des sujets des chants espagnols. Au lieu des habituelles chansons à boire ou d’aventure, il y a dans le même recueil de Manuel Oltra, une histoire de la Mort qui entre dans un bar, un gars qui invite une fille à monter à cheval, une fillette qui a peur des mauvais esprits, une autre qui trouve toutes les excuses du monde pour ne pas se lever et un chant de Noël.

Comme avant-dernier numéro, nous avons droit à une pièce pour guitare seule, interprétée par Marc-Étienne Leclerc. Ce Variations sur un thème de Sor par Miguel Llobet est un peu comme le 24e caprice de Paganini, c’est-à-dire que le soliste peut y déployer une très grande virtuosité, mais tombe rapidement dans la redondance.

crédit photo: Gabriel Fournier

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Virée classique 2024 – La Symphonie de la Virée : des amateurs pas si amateurs que ça

par Alexis Desrosiers-Michaud

Devenue une tradition, la Symphonie de la Virée est un concert réunissant des musiciens amateurs de tous âges préalablement choisis. Rafael Payare vient mener l’ensemble pour la dernière œuvre au programme.

Cet évènement est la preuve vivante que les professionnels n’ont pas le monopole du bon produit musical et qu’avec beaucoup de passion et un peu de travail, on arrive à un résultat franchement convaincant. Passons outre les erreurs individuelles et petits débalancements pour regarder le tout dans son ensemble. Ce n’est pas parce que ce sont des amateurs qu’ils ne peuvent pas faire de grande musique.

Il y a une cohésion qui se tient dans cet ensemble. Le chef Adam Johnson insuffle une énergie contagieuse. On sent le travail d’écoute effectué en répétition; les solos de violon, de hautbois ont assez de place pour le lyrisme et l’expression. Le son est homogène et les dynamiques sont respectées à la lettre, tant au niveau des nuances, du phrasé et de l’articulation.

Alors que Payare prend les rênes pour l’ouverture de l’opéra Nabucco, il prouve à quel point il est un grand chef et monte le niveau d’un cran. Comme Johnson avant lui, il ne fait aucun compromis sur rien. Il pousse l’audace de prendre la coda à une vitesse folle et les musiciens répondent présent.

N’hésitez pas à l’avenir à aller assister au concert du voisin qui joue dans l’harmonie du lundi soir. Il y a de fortes chances que, pour une poignée de dollars, vous passiez un agréable moment.

crédit photo: Antoine Saito

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classique occidental / Moyen-Orient / Levant / Maghreb / période romantique

Virée classique 2024 | OSM et Constantinople: Dialogues bigarrés, conversation à poursuivre

par Alexandre Villemaire

L’équipe de PAN M 360 est très présente à la Virée classique, présentée par l’OSM. Sur le terrain, dans les activités gratuites et les concerts en salle, Alain Brunet, Alexis Desrosiers-Michaud et Alexandre Villemaire rendent compte de ce qu’ils ont vu et entendu aux évènements présentés à Montréal jusqu’au 18 août.

Il s’agissait sur papier d’une première qui n’avait pas son pareil. Pour la première fois dans son histoire, l’Orchestre symphonique de Montréal recevait sur les planches de la Maison symphonique un ensemble de musique traditionnelle pour un concert commun. Et pas n’importe lequel ; Constantinople, ensemble bien connu et implanté dans le paysage musical montréalais et québécois. Le choix de la collaboration avec Constantinople s’imposait, son identité et sa pratique étant, comme l’a rappelé son directeur artistique Kiya Tabassian, le dialogue et le métissage entre les univers musicaux. Une vision que partage aussi Rafael Payare.

Si nous pouvons dire qu’il y a effectivement eu un dialogue, le concert auquel nous avons eu droit a montré que la conversation, elle, mériterait de gagner en profondeur. Alors que l’on s’attendait à voir et entendre une interaction entre l’orchestre et les musiciens de Constantinople, nous avons eu droit à un échange de questions-réponses où les interventions virtuoses de Constantinople des pièces de Dimitrie Cantemir étaient intercalées entre des extraits de la suite Peer Gynt de Grieg, jouées avec ferveur et maîtrise par l’OSM. Peer Gynt est logique thématiquement, le personnage éponyme du conte d’Ibsen incarnant la figure du voyageur qui, au cours de son récit, s’établira pendant un temps en Afrique du Nord. Malheureusement, le maillage avec la musique, notamment dans la « Danse d’Anitra » et la « Danse arabe », nous apparaissait plus comme un pastiche et non comme un élément organique.

La pièce maîtresse du concert était le Concerto pour piano no 5 « Égyptien » de Camille Saint-Saëns. Le soliste Cédric Tiberghien s’est démarqué dans des pages qui sont d’une virtuosité technique certaine, sans pour autant être grandiloquentes. Composé par Saint-Saëns alors qu’il résidait à Louxor, il fait défiler plusieurs thèmes musicaux lyriques et chantants, imbibés d’influence orientale. Le deuxième mouvement, marqué par une inspiration arabo-andalouse, fait écho à la virtuosité vocale que Kiya Tabassian a démontrée dans sa pièce Chavosh.

Bref, on ne peut que souligner et saluer la volonté marquée de l’OSM et de son chef de s’être mouillé et d’avoir initié cette rencontre, mais il faudra l’affiner.

crédit photo: Antoine Saito

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classique

Virée classique 2024 – OSM et Miloš : Entre classiques et raretés

par Alexis Desrosiers-Michaud

Samedi soir avait lieu le concert avec l’OSM du guitariste Miloš dans le Concierto de Aranjuez de Rodrigo, précédé d’extraits de Carmen de Bizet et d’œuvres de Rossini, Ravel et Mel Bonis.

Passons outre l’ouverture L’italiana in Algeri qui n’apporta rien de magistral et qui était de trop dans ce concert. Les Cinq mélodies populaires grecques de Ravel est un court recueil brillamment orchestré. La mezzo-soprano Emily Sierra l’interprète malheureusement presque sans différence de nuances, n’exagérant les consonnes que dans les mélodies rapides. À l’inverse, dans Carmen, elle joue le jeu du rôle. Avec une voix suave, coquine et résonnante, ajoutant quelques inflexions vocales, le rendu de ce classique est réussi, malgré des accélérations mal coordonnées avec l’orchestre dans la Chanson Bohème.

Avant le Aranjuez, nous avons eu droit à une courte œuvre de quatre minutes de Mel Bonis, Salomé. Nous en aurions pris davantage car cette compositrice, élève de Franck, sait orchestrer. On retiendra la portion centrale de l’œuvre à cinq temps.

Puis, vint Miloš. Il joue avec une très grande précision et une sensibilité aux nuances qui nous amène dans un autre monde. Son dialogue avec le cor anglais reste mémorable et l’orchestre s’ajuste dans son accompagnement, trop présent dans le premier mouvement.

Hélas!, ce moment de grâce fut gâché par une (autre) sonnerie de cellulaire. À ce titre, à travers les toux et les multiples programmes échappés, nous en avons entendu trois hier soir, dont une entre la fin du message d’avertissement et l’entrée du violon solo, ce qui ne manqua pas de soulever un rire généralisé.

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classique / jazz

Virée classique de l’OSM | 5 cuivres, 5 styles

par Alexis Desrosiers-Michaud

L’équipe de PAN M 360 est très présente à la Virée classique, présentée par l’OSM. Sur le terrain, dans les activités gratuites et les concerts en salle, Alain Brunet, Alexis Desrosiers-Michaud et Alexandre Villemaire rendent compte de ce qu’ils ont vu et entendu aux concerts présentés à Montréal jusqu’au 18 août.

Il fallait arriver tôt au concert du quintette de cuivres et percussions de musiciens de l’OSM; même 10 minutes d’avance, il n’y avait plus de places assises dans l’enceinte installée à l’Espace Georges-Émile Lapalme. C’est un concert varié qui s’annonce, avec des œuvres allant de la Renaissance au jazz, en passant par le folklore.

Dans le Canzon de Giovanni Gabrieli, on a eu droit à un son résonnant, profitant de l’endroit vaste. Le tuba est plutôt fort et lourd, mais ça s’ajustera. Belle hégémonie de son des trompettes. Dans la suite de Isaac Albéniz, Austin Howle nous démontre une belle agilité au tuba et on remarque les cadences de Rob Weymouth à la trompette et de Florence Rousseau au cor, qui ont fait étalage d’un son clair.

Le morceau le plus connu était sans doute le célébrissime Nessun Dorma. Nous avons eu droit à un touchant solo du tromboniste Charles Benaroya, au lyrisme vibrant, et ce malgré quelques écarts de justesse.

La fin du concert s’annonçait dynamique. Plus en retrait, le percussionniste Corey Rae a eu son moment de gloire, alors qu’il donnait du rythme à la pièce festive et folklorique Samanta Cocek et au standard A Night in Tunisia de Dizzy Gillespie.

Tour à tour, les musiciens se sont adressés au public et ont présenté leur instrument, ce qui donna droit à un malaise. Lorsqu’il s’adressa au public en anglais, l’Ontarien Weymouth a subi les doléances de spectateurs réclamant une intervention/traduction en français.

Crédi Photo: Gabriel Fournier

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classique occidental / période romantique

Virée classique de l’OSM | Une balade en sol méditerranéen réussi pour l’OSJM

par Alexandre Villemaire

L’équipe de PAN M 360 est très présente à la Virée classique, présentée par l’OSM. Sur le terrain, dans les activités gratuites et les concerts en salle, Alain Brunet, Alexis Desrosiers-Michaud et Alexandre Villemaire rendent compte de ce qu’ils ont vu et entendu aux évènements présentés à Montréal jusqu’au 18 août.

Le Complexe Desjardins a vibré aux sons de la Méditerranée avec un Orchestre symphonique des jeunes de Montréal solide et plein de vivacité dans un programme ensoleillé qui a fait mouche. L’orchestre, fondé en 1976 et dirigé depuis 1986 par Louis Lavigueur, en était à sa quatrième participation à la Virée classique de l’OSM, une belle symbolique et une participation que nous souhaitons voir se maintenir entre l’ensemble montréalais et les jeunes de l’orchestre, des jeunes qui, comme l’a fait remarquer très justement maestro Lavigueur, compteront sûrement dans un avenir rapproché parmi les nouveaux membres de l’OSM ou de l’OM. Le programme qu’il avait concocté a permis d’être témoin de la qualité du jeu des musiciens. Débutant le concert avec la pétillante « Ouverture » de l’opéra L’Italienne à Alger de Rossini, l’orchestre a par la suite accueilli le violoniste Justin Saulnier, lauréat du 2e prix du Concours de l’OSM en 2023, pour interpréter le cinquième mouvement de la Symphonie espagnole d’Édouard Lalo. Saulnier a démontré une belle agilité technique avec un son clair et mordant, malgré quelques petits défis de communication avec le chef, notamment pour quelques ralentis. Rien cependant de majeur pour venir gâcher la performance. Assurément la pièce la plus complexe du programme, la Suite provençale de Darius Milhaud a offert un jeu de texture et de couleur des plus enlevants. L’orchestre a conclu sa performance d’une heure par une interprétation du Capriccio espagnol de Rimski-Korsakov des plus vivifiantes où plusieurs sections instrumentales de l’orchestre ont pu briller par la maîtrise de leur instrument.

crédit photo: Gabriel Fournier

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