hip-hop / rap

Pouya au Club Soda

par Rédaction PAN M 360

Pouya s’est fait connaître avec « Get Buck », titre phare de son EP Baby Bone, un morceau brutal et agressif, dépourvu de refrain. Le titre de cet EP sorti en 2013 faisait référence à son surnom et à son admiration pour Bone Thugs-N-Harmony. Si l’influence de ce groupe pionnier du rap mélodique se ressent tout au long de sa discographie, le rappeur originaire de Miami s’est démarqué par un style personnel et créatif, ainsi que par sa grande capacité d’adaptation aux variations de ses producteurs. Entre 2016 et 2018, Pouya connaît le succès avec Underground Underdog, Drop Out of School (en collaboration avec Fat Nick) et Five Five, qui se hissent dans les classements Billboard. Durant cette période, il marque aussi les esprits avec « 1000 Rounds », un single réalisé avec Ghostemane. Lorsque ce titre est certifié or en 2021, son catalogue s’est enrichi de plusieurs projets indépendants, dont The South Got Something to Say et Blood Was Never Thick as Water.

Pouya broke through with the Baby Bone EP highlight « Get Buck, » a track so unrelenting and combative that it lacked space for a hook. The title of its 2013 parent release referred to the rapper’s nickname and love for Bone Thugs-N-Harmony. While the influence of that pioneering melodic rap group can be sensed throughout Pouya’s discography, the Miami native’s highly personal and creative lyricism, combined with his easy adaptability to the wildly varying approaches of his producers, have made him stand out all along. From 2016 through 2018, Pouya’s Underground Underdog, Drop Out of School (with Fat Nick), and Five Five each hit Billboard charts, a period during which the rapper also scored with the Ghostemane collaboration « 1000 Rounds. » By the time that single went gold, in 2021, Pouya’s catalog had expanded with additional independent projects such as The South Got Something to Say and Blood Was Never Thick as Water.

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art-pop / cosmic jazz / jazz groove

Syncopes et synergies : Le jazz fusion de Karneef se mêle à la yacht pop de Rapallo

par Stephan Boissonneault

Cette semaine, grâce aux locaux Karneef et Rapallo, La Sala Rossa a accueilli une soirée de jazz fusion cosmique éclectique et de pop expérimentale de yachty, qui a également servi à la sortie de l’album de Karneef, It’s How You Say It, un album de jazz fusion déjanté.

Fusions et bousculades : Les mouvements de marché de Rapallo

La soirée a commencé avec l’entrée en scène de Rapallo, qui s’est lancé dans le disco-funk de plage de « Daryll’s on the News », avant d’enchaîner avec les chansons de leur premier album, Merger, qui sont plus proches du monde des affaires. Rapallo ne se contente pas de jouer ses chansons, il les présente, et tout le monde dans la foule est un actionnaire en puissance ou un noceur qui cherche à s’éclater. Les duels vocaux enjoués et les histoires absurdes entre le guitariste Nick Lanyon et l’envoûtante Kyla Jolene ressemblent un peu à un duo entre Kenny Loggins et Olivia Newton-John, et l’idée d’un groupe qui se la joue « slacker business » fonctionne vraiment bien en live. Mais cela ressemble plus à une croisière avec des CEOS nonchalants et buvant trop de Mai Tais qu’à une réunion Q4 à part entière. « The Alkalite » est peut-être l’une des chansons les plus accrocheuses que j’ai entendues en concert depuis longtemps, et sur scène, c’est un merveilleux rêve de fièvre. La guitare de Lanyon sur le morceau « The Cage » est absolument dégoûtante et hypnotique – l’homme peut déchirer comme Steve Vai et s’en débarrasser comme si de rien n’était.

L’ambiance de Rapallo se résume à une accroche qui vous fait bouger, avec des paroles étonnantes comme « Don’t call it a fantasy / You just live in it / All of the ivory in the key of C », tirée de « Lion’s Share ». Une chanson comme « V.I.P. » est un hymne au synthétiseur avec un fantastique solo d’Isaac Maynes dans les années 80. On dirait Tears for Fears s’ils étaient coincés dans un WeWork. Et « Breathing Underwater » est très codé Supertramp. La musique de Rapallo est une pure métaphore d’entreprise : l’amour comme les fusions et les acquisitions hostiles, la vulnérabilité comme un actif qui se déprécie. Le contraste n’aurait pas pu être plus parfait : Rapallo exigeant que nous investissions, et Karneef exigeant que nous ressentions.

Liquidité en 11/8 temps : It’s How You Say It de Karneef, en belle chute libre

Le jazz a toujours connu une certaine résurgence, et depuis une quinzaine d’années, des artistes comme Thundercat, BADBADNOTGOOD et Snarky Puppy ont mené la charge vers le grand public. Mais avec son spectacle et son album It’s How You Say It, Karneef devrait être ajouté à cette liste.

Lorsque Karneef est entré sur scène avec son orchestre de jazz composé de six musiciens, les lumières se sont éteintes et une brise chaude et jazzifiée s’est emparée de la salle. La musique est douce, chaotique et profondément engagée dans la communication émotionnelle. Saxophone, clavier, basse, guitare brumeuse et un tourbillon syncopé de batterie tourbillonnent dans des négociations polyrythmiques. Karneef est l’orchestrateur vocal fou de ce groupe sauvage de musiciens trop talentueux. Il se lance dans des grognements passionnés, pleins d’âme, et secoue la tête en signe d’incrédulité face au talent brut de son groupe : Rodolfo Rueda à la basse, Max Lazich à la batterie, Ryan Nadin à la guitare, Teddy Kadonoff aux chœurs et au trombone basse, Cedric de Saint-Rome aka Housefly aux claviers et Evan Shay aux saxophones.

Leur set semblait intergalactique, comme si le groupe s’était branché sur une transmission d’un univers parallèle où la fusion est la source d’énergie dominante et où les sentiments s’échangent comme des minéraux rares. Karneef, à la fois magicien, prêcheur et bouffon de jazz, dirigeait le chaos comme un homme possédé par la mélodie elle-même. Sa voix ricoche entre chants gutturaux et supplications en fausset, en particulier sur « If Only You Could See Your Face Right Now », qui m’a donné d’énormes vibrations Awaken, My Love ! de Childish Gambino. La batterie de Lazich était étonnante. Vous savez qu’un batteur de jazz est trop bon lorsque vous vous demandez si vos mains sont correctement attachées à votre corps. Lazich a dû être élevé dans une usine de métronomes.

Le style de jazz fusion de Karneef est constamment sur une corde raide sonore, juste assez déroutante pour les vrais amateurs de jazz, et juste assez accessible pour les gens qui cherchent à groover. Un morceau comme « Insides Match the Outside » va poser un groove régulier, l’abandonner comme un mauvais bail, puis se lancer dans un feu d’artifice polyrythmique d’inventions. Et puis il y a la présence scénique déjantée de Karneef, qui saute sur la scène comme un bouffon et un chef d’orchestre fantasque, ancrant le public pour des moments d’humilité et de répit. Honnêtement, nous sommes probablement encore en train de nous en remettre.

heavy metal / humour / post-grunge

Steel Panther & Buckcherry au MTelus

par Rédaction PAN M 360

Steel Panther

En se faisant passer de manière satirique pour un groupe de hair metal ayant manqué sa chance dans les années 80, le chanteur Ralph Saenz (Michael Starr), le batteur Darren Leader (Stix Zadinia), le bassiste Travis Haley (Lexxi Foxxx) et le guitariste Russ Parrish (Satchel) ont écumé les clubs du Sunset Strip au tournant du millénaire sous le nom de Metal Shop (plus tard rebaptisé Metal Skool, puis Steel Panther). Avec leurs perruques volumineuses, vestes en cuir, spandex à rayures zébrées, une technique acquise en jouant dans un groupe hommage à Van Halen, et une dose massive de machisme, leur parodie des excès du sexe, des drogues et du rock’n’roll a rapidement séduit le public, entraînant des concerts à guichets fermés et quelques incursions inattendues dans le grand public. À mesure que leur popularité grandissait, la scène hollywoodienne se pressait à leurs concerts, avec des apparitions fréquentes sur scène. Cela leur a ouvert des portes : le groupe a incarné le groupe de metal Danger Kitty dans une publicité pour Discover Card, a joué son propre rôle dans The Drew Carey Show, et sa chanson FF a été utilisée comme thème de l’émission Fantasy Factory sur MTV.

Satirically pretending to be a hair metal band that missed its big break in the ’80s, singer Ralph Saenz (« Michael Starr »), drummer Darren Leader (« Stix Zadinia »), bassist Travis Haley (« Lexxi Foxxx »), and guitarist Russ Parrish (« Satchel ») hit the club circuit on the Sunset Strip around the turn of the millennium under the name Metal Shop (later changed to Metal Skool and then to Steel Panther). With big, spiky wigs, leather jackets, zebra-striped spandex, chops earned from playing in a Van Halen tribute band, and lots and lots of machismo, their comic take on sex, drugs, and rock & roll to the extreme caught on quickly, leading to sold-out shows and some unexpected brushes with mainstream success. As their popularity increased, the Hollywood crowd started frequenting their sets, often making appearances on-stage. This led to some opportunities: the group fittingly played the metal band « Danger Kitty » in a Discover Card commercial; they appeared on The Drew Carey Show as themselves; and their song « FF » was used as the theme for MTV’s Fantasy Factory.

Buckcherry

Arrivé à la fin des années 90, alors que le post-grunge s’éteignait et que le nu-metal gagnait du terrain, Buckcherry a fièrement entretenu la flamme du hard rock décadent. Le groupe s’est présenté comme un retour assumé à l’âge d’or du Sunset Strip des années 80, considérant Mötley Crüe comme ses pairs plutôt que Limp Bizkit. Son premier album éponyme, paru en 1999, a produit le hit Lit Up, qui s’est hissé au sommet du palmarès Mainstream Rock, permettant au groupe de se maintenir jusqu’à ce qu’il connaisse un succès inattendu en 2006 avec son troisième album, 15. Porté par le sulfureux Crazy Bitch et la ballade Sorry (qui a atteint le Top 10), l’album a été certifié platine, un succès qui a permis au groupe de traverser les décennies malgré de nombreux changements de formation, avec toujours le chanteur Josh Todd comme pilier. Buckcherry a sorti son dixième album studio, judicieusement intitulé Vol. 10, en 2023.

Arriving in the late ’90s amidst the embers of post-grunge and the rise of nu-metal, Buckcherry proudly kept the torch of hard rock sleaze burning. The band styled themselves as deliberate throwbacks to the glory days of the ’80s Sunset Strip, acting as if their peers were Mötley Crüe instead of Limp Bizkit. Their eponymous 1999 debut generated the number one mainstream rock hit « Lit Up, » which was enough to keep the band afloat until they had an unexpected hit in 2006 with their third album, 15. Boasting the sordid rocker « Crazy Bitch » and « Sorry » (a power ballad that cracked the Top Ten), the album was certified platinum, a success that buoyed the group for decades amid numerous lineup changes, but always anchored by singer Josh Todd. Buckcherry issued their tenth studio album, the aptly named Vol. 10, in 2023.

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garage-rock / noise-pop / post-punk

L.A. Witch au Ritz PDB

par Rédaction PAN M 360

L.A. Witch, un trio rock gothique et atmosphérique basé à Los Angeles, est centré autour de la chanteuse/guitariste Sade Sanchez. Ils ont gagné une large reconnaissance avec leur premier album éponyme sorti en 2017, qui mettait en avant leur son endurci par la route et les alignait avec des groupes au style brut et vêtu de cuir, comme les Kills, the Jesus and Mary Chain, et Black Rebel Motorcycle Club.

Los Angeles’ L.A. Witch is a gothy, atmospheric rock trio centered on singer/guitarist Sade Sanchez. They gained widespread buzz with their 2017 debut, L.A. Witch, which showcased their road-hardened sound and aligned them with gritty, leather-clad outfits like the Kills, the Jesus and Mary Chain, and Black Rebel Motorcycle Club.

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folk-punk / indie rock / lo-fi

AJJ (en formule solo)

par Rédaction PAN M 360

AJJ est un groupe prolifique de folk-punk originaire de Phoenix, Arizona, dont le son sauvage intègre une instrumentation éclectique (cuivres, Theremin, mandoline, scie musicale) et explore une multitude de sujets allant de l’actualité et la politique à l’absurde. Après leurs débuts en 2005 sous le nom de Andrew Jackson Jihad, ils ont enregistré à un rythme effréné, publiant de nombreux singles D.I.Y., splits 7″, EPs et démos entre leurs albums studio, comme le très apprécié Can’t Maintain (2009) et Knife Man (2011). Ils se sont éloignés de leurs origines acoustiques sur Christmas Island (2014), avant de raccourcir leur nom en AJJ pour leurs sorties suivantes, comme Good Luck Everybody (2020) et Disposable Everything (2023), tout en offrant des commentaires spirituels et intenses sur eux-mêmes et la société à travers leurs nombreuses sorties annexes.

AJJ is a prolific folk-punk band from Phoenix, Arizona whose wild sound incorporates eclectic instrumentation (horns, Theremin, mandolin, singing saw) and explores myriad subjects from the topical and political to the absurd. After debuting in 2005 under the name Andrew Jackson Jihad, they recorded at a furious pace, issuing numerous D.I.Y. singles, split 7″ releases, EPs, and demos in between studio albums like 2009’s highly regarded Can’t Maintain and 2011’s Knife Man. They moved away from their acoustic originals on 2014’s Christmas Island, then shortened their name to the abbreviated AJJ on subsequent releases like 2020’s Good Luck Everybody and 2023’s Disposable Everything, all while offering witty, intense commentary on themselves and society at large through their copious auxiliary releases.

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classique / Piano

OSM : L’étincelant Concerto pour piano de Ravel

par Rédaction PAN M 360

Benjamin Grosvenor, magicien du piano, interprétera l’éblouissant Concerto en sol de Ravel. Au centre de cette partition d’un irrésistible dynamisme, le compositeur dévoile pudiquement sa sensibilité par le biais d’une mélopée d’une extrême douceur. L’ambiance plus tumultueuse de la Symphonie no 6 de Vaughan Williams offrira un contraste frappant. Puissante, entrecoupée de passages introspectifs, l’œuvre est attisée par des tensions permanentes qui s’estompent dans les sonorités quasi immatérielles du final.

Benjamin Grosvenor, a magician of the piano, will perform Ravel’s mesmerizing Concerto in G. In the middle movement of this irrepressibly vibrant work, the composer reveals his deep sensitivity in an ethereal melody of the utmost tenderness. The more turbulent mood of Vaughan Williams’ Symphony no. 6 offers a striking contrast: forceful, though interspersed with introspective passages, this work is powered by an ongoing tension that dissolves into virtual immateriality in the finale.

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hip-hop / rap keb

Shreez au Club Soda

par Alain Brunet

Le rappeur lavallois Shreez a récemment lancé On Frap II sous étiquette 7ième Ciel, soit la suite du premier de ses trois albums studio lancé en 2020. Il s’amène au Club Soda le vendredi 2 mai, 20h, avec ses meilleurs potes et invités spéciaux. Lisez la critique de Jacob Langlois-Pelletier et visionnez l’interview vidéo d’Alain Brunet.

Laval rapper Shreez recently released On Frap II on the 7ième Ciel label, the follow-up to the first of his three studio albums released in 2020. He comes to Club Soda on Friday, May 2, 8 p.m., with his best buddies and special guests. Read Jacob Langlois-Pelletier’s review and watch Alain Brunet’s video interview.

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avant-garde / musique contemporaine

Le Vivier | Corie Rose Soumah et invités: beaucoup d’aptitudes, moins de surprises

par Frédéric Cardin

Je tiens à vous dire tout de suite que j’ai passé une belle soirée malgré les bémols que je m’apprête à apposer sur la partition de cette analyse. La soirée, nommée Aptitudes matérielles, c’était celle d’une rencontre entre les scènes créatives contemporaines de New York et de Montréal, présentée à l’Espace Bleu du Wilder, dans le Quartier des Spectacles à Montréal, et ceci sous le chapeau du Vivier, indispensable catalyseur musical de la scène montréalaise. 

L’ensemble Hypercube, de New York, une quatuor hors norme formé d’un piano, d’un saxophone, d’une guitare électrique et de percussions, croisait les effluves sonores avec trois artistes montréalais, Antonin Bourgault, Antoine Goudreau et Corie Rose Soumah. Seul Bourgault s’est véritablement joint aux New-yorkais avec son saxophone. Pour les autres, c’est uniquement en tant que compositeur.trice que la relation s’est incarnée. 

Je retiens plusieurs choses de cette expérience : l’excellence des interprètes de Hypercube, un groupe soudé serré tant dans l’écoute mutuelle que dans l’impressionnante qualité technique déployée. Je retiens aussi que l’avant-garde musicale à fait du chemin depuis 50, voire 75 ans. On est rendu à un point où on peut apprécier un concert de ce genre, goûter à l’excellence interprétative manifestée et à la beauté plastique des sonorités générées sur scène, sans réellement être surpris par la proposition. C’est en effet le sentiment qui m’a assailli lors du concert : j’ai déjà entendu cela très souvent. Car dans les abstractions narratives suggérées, les nombreuses saillies timbrales, les contrastes texturaux et les jaillissements sonores, rien de vraiment révolutionnaire, voire intrigant, n’est apparu. Beau et plastiquement impeccable, mais pas surprenant ni hors des sentiers battus.

Cela dit, tel que mentionné, votre humble serviteur à tout de même passé une agréable soirée, car la musique offerte était intelligente, nourrie aux meilleurs savoirs et conçue dans un esprit évident de communication à la fois esthétique et sensoriel. 

Mentionnons d’abord la très belle spatialisation des portions acousmatiques des partitions, une octophonie (si je ne m’abuse) efficace et qui a réussi à plonger les spectateurs au centre d’agréables élans synthétiques. Musicalement, je résumerai en disant que Soumah et Goudreau sont les meilleurs pour tirer profit des possibilités coloristiques de l’ensemble Hypercube, en les intégrant dans des constructions dramatiques efficaces, discursivement éclatées mais compréhensibles. Corie Rose Soumah est l’une des voix les plus intéressantes de la relève en musique savante, et sa page Soundcloud devrait être une priorité d’écoute, si la chose contemporaine vous intéresse vraiment. 

Page Soundcloud de Corie Rose Soumah

La saxophoniste de Hypercube, la Canadienne Erin Rogers, a offert Mirror to Fire, une pièce dérivée d’une chanson de Nine Inch Nails (The Lovers, de l’album Add Violence). Devenu une sorte d’étude sur les possibilités musicales d’une séparation des piliers harmoniques et rythmiques d’une œuvre ‘’populaire’’, Mirror to Fire est la partition la plus aisée en termes de cheminement discursif qui a pu être entendue dans le concert. Soulignons que toutes les oeuvres au programme étaient des créations (mondiales pour chacune, sauf pour une des pièces de Soumah, une création canadienne).

De l’avant-garde classique, qui puise autant chez Stockhausen que dans le free jazz des années 1970, sans étonnement particulier mais d’une indéniablement séduisante facture artistique.

chanson keb franco / électro-pop / Indie

Klô Pelgag au MTelus

par Rédaction PAN M 360

Abracadabra comme une quête d’absolu, un désir de croire encore à quelque chose. Une formule qu’on aimerait voir tout régler. Un mot qu’on se répète en fixant la fenêtre. À force de le répéter, finira-t-il par ouvrir une porte à l’intérieur de soi?

Abracadabra, like a quest for the absolute, a desire to still believe in something. A formula we wish could solve everything. A word we repeat while staring out the window. If we keep repeating it, will it eventually open a door within ourselves?

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art-rock / garage-rock / gospel / gothique / post-punk / rock / rock expérimental

Nick Cave & the Bad Seeds à la Place Bell, cours magistral de chaos contrôlé

par Stephan Boissonneault

À un âge où la plupart des leaders du rock s’évanouissent dans l’obscurité ou se retrouvent dans des tournées d’adieu maladroites commanditées par des compagnies d’assurance, Nick Cave est devenu encore plus mythique – en partie prédicateur, en partie lézard de salon, en partie fantôme. La semaine dernière, à la Place Bell, lui et les Bad Seeds ont donné un cours magistral de chaos contrôlé, prouvant qu’alors que le monde autour d’eux devient de plus en plus bon marché et stupide, leur marque particulière de menace reste obstinée et magnifiquement intacte.

La setlist est un exercice de funambulisme entre les anciens dieux et les nouveaux. Ils n’ont pas perdu de temps, et Cave, ressemblant à un mafioso, a plongé directement dans « Frogs  » – une ouverture théâtrale synthétisée qui a immédiatement séparé les touristes des vrais croyants. Alors que Cave chantonnait Kill Me, Kill Me, in the Sunday Raiiiiinnn, j’ai été immédiatement séduit.

À partir de là, Nick Cave a arpenté la scène comme un homme qui invoque les fléaux d’un simple claquement de doigts, entraînant la foule dans Wild God et Song Of The Lake. Ces nouvelles chansons de Wild God semblaient déjà être des classiques entre les mains de Cave, cousues sans couture dans le vieux tissu trempé de sang. D’une certaine manière, Wild God n’est pas une crise de la quarantaine, mais un artiste qui contrôle parfaitement sa machine à cauchemars.

Ensuite, ce fut From Her to Eternity, probablement le morceau le plus proche de The Birthday Party en concert, et l’horreur gothique et marécageuse de Tupelo. Chaque cri, chaque menace chuchotée était parfaitement calibré, sans jamais donner l’impression d’être mécanique. Cave et Warren Ellis (qui a fait du violon son esclave) étaient déjà trempés de sueur après trois chansons. Pourtant, Cave a donné aux fans ce qu’ils voulaient, en leur serrant constamment la main au milieu de la chanson ou en se faisant porter par eux.

Une mention spéciale doit être accordée aux Bad Seeds eux-mêmes – un groupe si soudé qu’il pourrait probablement pratiquer une chirurgie du cerveau sonore les yeux bandés si on le lui demandait. Les chœurs gospel qui accompagnent Cave sont spectaculaires, et Warren Ellis, toujours aussi hirsute et déséquilibré, jouait de tous les instruments qui n’étaient pas boulonnés, parfois deux à la fois. Larry Mullins a martelé la batterie avec la détermination sinistre habituellement réservée aux bourreaux médiévaux. Avec les Bad Seeds, le chaos semble avoir été répété et la perfection semble avoir été un accident. Nous avons bien sûr eu Red Right Hand, qui est bien plus sinistre en live que sur l’enregistrement, mais mon coup de cœur doit être The Mercy Seat, de Tender Prey. Cette chanson est absolument obsédante en live et possède une énergie dérangée qui restera à jamais l’un de mes meilleurs moments en concert.

Le rappel a été une véritable guerre émotionnelle : Papa Won’t Leave You, Henry s’est transformé en The Weeping Song avant de glisser vers le silence dévastateur de Skeleton Tree. C’était amusant ? Bien sûr, dans une sorte de cortège funèbre. Était-ce brillant ? Évidemment. Nick Cave & The Bad Seeds ne font plus de « shows » – ils organisent des cérémonies, et si vous avez la chance d’y assister, vous repartez un peu moins entier qu’à votre arrivée.

Crédit photos : Patrick Beaudry, evenko

classique occidental / période classique

OSM | Une matinée en légèreté

par Alexis Desrosiers-Michaud

Moins de douze heures après avoir donné une version concert de l’opéra Cosi fan tutte de Mozart dans le cadre du festival du même nom, l’Orchestre Symphonique de Montréal (OSM) et Rafael Payare présentaient deux des dernières du compositeur, soient le Concerto pour piano no 27 avec Kevin Chen et la Symphonie no 41 dite « Jupiter ». 

Dès le premier mouvement du Concerto, on sent que tout sera en finesse, avant même l’entrée du soliste. À ce moment, notre impression se confirme; les doigts flottent presque sur le clavier. S’installe alors un réel dialogue entre Chen et l’orchestre, avec qui il établit constamment un contact visuel. Le second mouvement est un vrai délice de douceur qui nous emmène ailleurs, dans un monde plaintif et reposant, quasi méditatif. Cet extrait, rempli d’émotion où les notes tenues ne meurent jamais, aurait certainement fait l’objet d’une relecture sur une application numérique.

La symphonie « Jupiter » qui suit entre dans la même veine que le Concerto, c’est-à-dire que tout est vivant, chantant, rythmé, mais avec légèreté. D’autant plus qu’« un des thèmes du premier mouvement est un air de basse écrit pour un opéra d’Anfossi  ». Il y a quelque chose de lyrique dans ce premier mouvement. 

Le troisième mouvement aurait pu être plus dansant, comme le veut la tradition du menuet. Marqué Menuetto : Allegretto, il tendait plutôt vers la deuxième partie de son surtitre, avec un peu plus de galanterie qu’à l’accoutumée. 

Le point d’exclamation de cette symphonie est sans contredit le mouvement final. En effet, la dernière page symphonique de Mozart est un bijou d’écriture contrapuntique où pas moins de 5 (!) thèmes se poursuivent sans cesse. C’est un tour de force de composition, mais également un défi pour le chef, qui doit balancer le son pour que l’ensemble ne devienne pas un fouillis, ce que Payare réussit avec brio. Constamment aux aguets, il contrôle tout. Il fait même la longue reprise, à l’instar des versions précédentes de Labadie et Nagano, mais qui n’est pas la mode sur disque. On note la présence adéquate de la timbale, cachée sur la droite, qui ponctue les phrases et fin de section, en plus d’insuffler l’énergie aux différents climax. Un petit mot pour dire que le concert s’est ouvert sur la prestation en solo du pianiste Chen dans la Fantaisie en do mineur K. 475. Ce sombre, mais très beau morceau a plutôt eu l’air d’une pièce de salon. Non pas par l’interprétation, bien au contraire, mais par le léger chahut causé par l’admission en salle des dizaines de retardataires venus en autobus pour cette matinée scolaire. Nul doute que l’écoute de ce même concert en soirée aura été différente. Il y avait cependant quelque chose de beau de voir et entendre à plusieurs reprises les « habitués » de l’OSM questionner et s’intéresser à ses jeunes venus de partout, certains portant un morceau de vêtement à l’effigie de leur programme de musique.

crédit photo : Antoine Saito

ambient / électronique / expérimental / contemporain / musique acousmatique / noise

Série Ultrasons de l’UdeM | Des sons, de l’art et de la relève

par Alexandre Villemaire

Après une première soirée où l’alignement du programme donnait dans la variété des performances, cette seconde soirée des Ultrasons 2024-2025 du 25 avril, consacrée aux œuvres des étudiant.e.s des programmes de musique numérique de l’Université de Montréal proposait un programme essentiellement acousmatique avec des œuvres sur support. 

Pour l’occasion, l’intérieur de la Salle Claude-Champagne s’est métamorphosé en dôme de haut-parleurs et fut plongé dans le noir, pour permettre une posture et une atmosphère d’écoute optimale. D’emblée il nous faut le souligner, une soirée complète de pièce acousmatique, dont la durée oscille toujours généralement autour une dizaine de minutes, n’est pas nécessairement donnée aux oreilles les plus novices et même pour les plus habituées. On peut facilement se sentir submergé par ce flot continu de sons. Les œuvres qui ont cependant été présentées, bien que conçues sur le même support, avaient toute une personnalité sonore distincte, une griffe bien personnelle. 

C’est la pièce acousmatique de Mikael Meunier-Bisson TG-DM-VAE-01 qui a ouvert la soirée. La pièce prend son titre du processus créatif qui la jalonne, soit un dialogue entre tone generator, drum machine et variational auto-encoder. La matière y est granuleuse, semi-erratique et brute. D’une écologie sonore plus fraîche, Fun2 de Felipe-Emile Francoeur, est, comme son nom l’indique, une exploration stylistique dont les sujets principaux étaient le plaisir et le jeu. On y entendait des sons traités, rappelant la pièce précédente, mais également des éléments plus organiques.

Alexandre Hamel a offert une performance audiovisuelle avec Cagliari MK0, une suite spirituelle d’un projet de lutherie numérique élaboré dans une précédente session. Présent sur scène, le jeune compositeur manipule la matière sonore à l’aide d’un microcontrôleur Daisy Seed. Il n’est pas donné de toujours voir de près la manipulation qui est faite sur la machinerie utilisée. Hamel a démontré une bonne maîtrise de la matière sonore, sans tomber dans les excès ou la perte de contrôle du son, qui aurait saturé nos oreilles.

Lors de l’entracte, le foyer de la salle Claude-Champagne a été le théâtre d’une performance de Z Neto Vinheiras avec sa pièce “here now all over again”.  Le dispositif autour duquel s’était amassée une bonne partie du public comprenait 2 guitares électriques, 2 amplificateurs, une station de no-input et quelques pédales d’effet. Il en résultait une œuvre au rythme ondulatoire et à la pulsation constante dont l’intensité contrôlée par Z Neto Vinheiras variait en intensité, passant d’un grondement sourd à de légères distorsions. 

La deuxième partie nous a donné à voir deux œuvres de vidéomusique. Citons Pieces de Kassandra Picazo, œuvre où la voix humaine est mise à l’honneur dans une superposition d’échantillonnage et Moi. Je. Elle. Est, court métrage expérimental de Gabriela Hébert où la musique venait accompagner de manière plus figurative les différents gestes de la comédienne Amélie Clément dans un environnement sonore plein de tensions.

Vivian Li, que le collègue Alain Brunet a interviewée l’année passée dans le cadre du festival Akousma, a présenté une des pièces les plus complètes au niveau du matériel textural. Baignant dans un son éthéré et cristallin en trame de fond, Sonic Memories, est un baume sensoriel, tout à fait en phase avec l’approche thérapeutique à la musique de la compositrice. Entre Deux Tempêtes de Clément Castaing, « explore les strates mouvantes de la mémoire, de l’introspection et du rêve » en utilisant comme matériau de base des enregistrements de terrains hivernaux et des mémos vocaux de l’enfance du compositeur. Il en ressort une pièce à l’esthétique décalée où les voix sont transformées, échantillonnées pour se fondre dans la nouvelle masse sonore.

Finalement, Brouillard I, pièce acousmatique d’Antonin Gougeon-Moisan mélange savant interventions d’instruments acoustiques enregistrés (piano, saxophone et clarinette basse) avec une esthétique alliant ambiant, noise et électronique dans un flot musical continu. Le traitement est savamment dosé, laissant à chaque texture un temps de développement. Il en ressort une œuvre à la fois onirique, mais aussi, par moment, explosive. Cette pièce d’ailleurs se retrouvera sur un album éponyme à paraître.

Devant une assistance d’au moins une centaine de personnes, les étudiantes ont livré des performances franches et sensibles et ont surtout démontré la maîtrise de la matière sonore qu’il possède et la variété de techniques qu’ils peuvent compter dans leur arsenal pour exprimer leur art. À aucun moment nous ne nous sommes sentis en présence de travaux juvéniles. Au contraire, chacun présentait une histoire, un but, une démarche et une esthétique qu’il nous était possible de discerner. S’il y a bien une chose que les professeurs Myriam Boucher, Dominic Thibault et Nicolas Bernier peuvent se dire, c’est qu’il y a de la relève dans le milieu. Et elle est belle et bonne.

crédit photo : Nina Gibelin Souchon

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