Moyen-Orient / Levant / Maghreb / raï

FMA 2025 | Chazil a séduit Montréal

par Sandra Gasana

D’entrée de jeu, Chazil a choisi d’ouvrir le bal avec la chanson Twahchete Shabi w Bladi, dans laquelle il parle de sa mère et de ses amis qui lui manquent, lorsqu’il est loin du pays. En effet, l’exil tient une place importante dans son répertoire, comme si le raï se prêtait bien à ce genre de thème.

Pour son premier spectacle au Canada, Chazil a plutôt fait bonne impression. Le National était rempli de jeunes, mais pas que, certains étant venus avec leurs parents pour écouter le jeune prodige du raï 2.0, comme il l’appelle.

Dès la deuxième chanson, les spectateurs se lèvent pour danser, alors que la salle n’est pas propice à cela et plus la soirée avançait, plus les danseurs se faisaient de plus en plus nombreux, transformant le National en véritable boîte de nuit.

Une écharpe autour du cou, sa signature, et vêtu d’un costard beige, Chazil a un fan club montréalais qui était au rendez-vous, à entendre son nom scandé à plusieurs reprises durant la soirée.

Avec un full band 100% Montréalais, Chazil a réussi à nous livrer un spectacle digne de ce nom, avec une complicité particulièrement forte avec son guitariste. Certaines chansons débutent en douceur, mettant en évidence sa voix profonde, avant que la darbouka et la batterie n’embarquent avec puissance. Malgré son jeune âge, il n’a que 25 ans, on a l’impression qu’il a l’âme d’un vieux sage.

« Est-ce que vous êtes chaud pour la suite ? » demande-t-il à la foule avant de poursuivre avec des classiques de la musique algérienne que tout le monde semblait connaitre par cœur, en alternance avec ses propres chansons à succès. Il fait participer la salle qui se transforme en chorale et fait applaudir son public aux rythmes de la darbouka, ajoutant des chansons à réponses. Ses pas de danse ont plu aux jeunes filles dans la salle, qui se mettaient à ululer.

Au bout de quelques chansons, un spectateur lui donne le drapeau algérien qu’il attache à son micro, lui qui se dit nationaliste et très fier de son pays. Une chanson dédiée à l’amour a particulièrement plu aux spectateurs, qui chantaient à tue-tête.

Parfois, le raï se mêlait au rock sur certains morceaux alors que dans d’autres, il était plutôt à l’état brut, avec des solos de clavier et de guitare électrique époustouflants. Il en a profité pour présenter sa nouvelle chanson Katba, que plusieurs dans la salle connaissaient déjà par cœur ou encore Khelouni, qui signifie « Laissez-moi » en arabe, et qui figure dans son live session Raï Rayi sur Youtube.

La darbouka a laissé la place aux congas sur certains morceaux, notamment lors de sa reprise de Abdelkader Ya Boualem, de Cheb Khaled, le vrai king du raï. Voyant le déchainement de la foule, il a offert un medley des classiques du raï, sans interruption. Pas très bavard entre les chansons, il s’adresse au public en arabe surtout, glissant des petites blagues par-ci par-là. Il demande souvent de mettre la lumière sur le public afin de mieux voir son audience, qui en redemandait encore et encore. D’ailleurs, même après le seflie de fin de concert, le public ne voulait pas partir. Chazil n’a pas eu d’autre choix que d’en faire une dernière, avant de clôturer son tout premier show à Montréal, et sûrement pas le dernier.

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arabe / arabo-andalou / chaâbi / Moyen-Orient / Levant / Maghreb / Moyen-Orient / Levant / Maghreb

FMA 2025 | Soirée nostalgique avec Lamia Aït Amara

par Sandra Gasana

La communauté algérienne de Montréal est sortie en grand nombre pour aller voir Lamia Aït Amara, qui en était à son premier séjour dans la métropole. Elle était accompagnée de ses huit musiciens, une condition qu’elle a imposé pour sa première participation au Festival du monde arabe.

Toute vêtue de noir, avec une veste dorée qui se mariait bien à celle des musiciens, elle apparait sur la scène et c’était parti pour les ululations dans la salle, ce cri de célébration, dès les premières notes.

Les musiciens étaient également choristes, ce qui rajoutait de l’intensité au spectacle et contrastait avec la voix mielleuse de Lamia. On lui met le drapeau d’Algérie sur les épaules dès la première chanson, qu’elle dépose ensuite pour le reste du concert.

« Ce soir est encore plus spécial puisque c’est la date si chère à notre cœur, la journée qui symbolise le courage, la résistance, la soif de liberté pour notre chère Algérie », évoquant le début de la guerre d’Algérie.

Certaines chansons débutent uniquement avec l’oud, alors que d’autres commencent avec la flûte ou le piano, avant que les autres instruments s’insèrent les uns après les autres. Nous avons eu droit à un enchainement de plusieurs classiques de la musique algérienne que la salle connaissait par cœur. Alors que les places sont assises au National, plusieurs se sont mis debout pour danser, tellement l’envie était forte.

La salle était quasiment pleine, avec des spectateurs de tous âges mais principalement dans la quarantaine et au-delà. Ses chansons parlent beaucoup de l’Algérie mais aussi d’amour, de ce que j’ai pu en tirer avec le peu d’arabe qu’il me reste.

Lamia s’adresse principalement en français à son public mais le fait également en arabe, rajoutant quelques blagues au détour. Alors qu’elle est plutôt dans la retenue durant les premières chansons du spectacle, on sent qu’elle se dégourdi de plus en plus et se met même à faire des pas de danse par moments.

La soirée devient de plus en plus festive après le court entracte. « On va faire un programme très nostalgique », annonce-t-elle à son public avant d’entamer une chanson en français aux allures de boléro mais chantée à la façon orientale, débutant avec un solo de piano.

« J’avais peur de venir à Montréal, je me demandais s’il y aurait du monde. Mais là, ça me donne envie de revenir », avoue-t-elle.

Elle reprend la fameuse chanson « Historia de amor », qu’elle chante en espagnol et en arabe avec beaucoup de justesse. Certaines chansons débutent calmement, s’accélèrent au fur et à mesure tout en rajoutant les applaudissements et les ululations de la foule pour arriver à un bouquet final explosif. Parmi les reprises qui ont été appréciées, figurait LA fameuse chanson de Rachid Taha, « Ya Rayah », Lamia laissant le public chanter à sa place. Les danseurs deviennent plus nombreux, quittant leur siège pour se rendre sur les côtés afin d’avoir plus de place pour danser.

Mais la danseuse qui a volé la vedette est une jeune fille d’une dizaine d’années qui s’est retrouvée sur la scène à la toute fin du spectacle et qui s’est mise à danser avec classe et beaucoup d’assurance. Elle a également eu droit à un drapeau algérien autour des épaules, comme si le flambeau lui était passé.

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arabo-andalou / traditionnel

Festival du monde Arabe : Lamia Aït Amara au National

par Rédaction PAN M 360

Le temps d’une soirée, la voix de l’exceptionnelle Lamia Aït Amara devient à la fois mémoire et avenir. Elle fait résonner la puissance discrète des femmes qui, depuis des générations, tissent la trame invisible de ce patrimoine et renouent l’époque aux traditions séculaires. Artiste passionnée et visionnaire, elle œuvre avec ferveur pour donner aux femmes la place qui leur revient dans la sauvegarde et la transmission du patrimoine arabo-andalou.
De son Alger natal aux plus grandes scènes, Lamia Aït Amara ne se contente pas de chanter l’Andalousie, elle en incarne l’âme et l’immortalité. Bercée depuis son plus jeune âge par les mélodies envoûtantes de cette musique ancestrale au sein de cercles prestigieux, cette artiste porte en elle la sagesse des maîtres qu’elle chérit, mais elle y ajoute sa propre magie, une voix d’or qui transforme chaque chanson en une confidence intime, en une émotion pure.
À travers ses recherches et ses créations novatrices, cette ambassadrice du patrimoine musical algérien fait rayonner les richesses de la nouba, du hawzi et du malhoun. Son art allie authenticité et innovation, faisant d’elle une figure incontournable de la scène musicale algérienne et maghrébine.

For one special evening, the exceptional voice of Lamia Aït Amara rekindles ancestral memories and sparks hope for the future. Amara unfurls the subtle power of women—figures who have woven the invisible fabric of their heritage for generations, working tirelessly to reconnect the present day with ancient traditions. A passionate and visionary artist, Amara boldly asserts the role of women as guardians and transmitters of Arab-Andalusian heritage.
From her native Algiers to the world’s biggest stages, Lamia Aït Amara continues to channel the voice of Andalusia, embodying its soul and immortal beauty. Immersed from a young age in the enchanting melodies of this ancestral music, she transmits the wisdom of her prestigious mentors while adding her own touch of magic: a golden voice that transforms each song into an intimate confession steeped in breathtaking emotion.
Through her tireless research and innovative compositions, this ambassador of Algerian music shares the richness of the nouba, hawzi, and malhoun. Amara’s authentic and innovative artistry has earned her a prominent place on the Algerian and Maghrebi music scene.

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arabe / classique persan / flamenco

Festival du monde Arabe : Olé Persia au National

par Rédaction PAN M 360

Un souffle nouveau inaugure le 26e FMA : Olé Persia, une rencontre singulière entre flamenco, musique arabe et musique persane. Trois traditions millénaires se répondent dans un dialogue envoûtant, révélant la profondeur de leurs racines communes.
Cette création propose un langage hybride où les sonorités se font tour à tour fragiles et puissantes, anciennes et toujours renouvelées. Distinctes mais profondément liées, l’étreinte des trois mondes nous replonge dans le temps des grandes migrations musicales, lorsque les subtilités arabes et persanes ont nourri le cœur du chant andalou. Passion et émotion intense circulent librement, reléguant la géopolitique au profit de la géoculture et invitant le public à plonger dans un univers sans limites.
Sur scène, sous la direction musicale de Saeed Kamjoo, la voix envoûtante de Mina Deris, en arabe et en persan, répond à l’ardeur flamenca de Fernando Gallego. La danse magnétique de Shahrokh Moshkin Ghalam se mêle à la fougue des zapateados de Rosanne Dion. Ils sont rejoints par le maître des percussions persanes Pejman Hadadi, le polyinstrumentiste Behfar Bahadoran au târ et au tanbur, ainsi que les virtuoses Caroline Planté à la guitare et Abboud Kayyali au oud.
Sur les cendres du temps, les artistes tissent la promesse d’un monde réconcilié, où les pas de la danse portent les rêves de ceux qui écoutent. Le public, suspendu à l’éclat des voix et des cordes, devient témoin d’une traversée où chaque battement célèbre la beauté de l’altérité. Alors, dans la lumière naissante de l’aube, Olé Persia se révèle comme une mosaïque vivante qui s’étend bien au-delà des scènes et des peuples.

The 26th Arab World Festival of Montréal opens with a thrilling new show: Olé Persia, a unique encounter between the art of flamenco and the worlds of Arabic and Persian music. Three millennia-old traditions come together in a mesmerizing dialogue to reveal the depth of their shared roots.
This brand-new show speaks a hybrid language whose sounds shift between fragility and power, between the ancient and the modern. The merging of these three art forms—distinct yet deeply intertwined—will transport audiences back to a time of continent-wide musical migrations, when the refined subtleties of Arab and Persian traditions nourished the heart of Andalusian song. Passion will ignite and emotion will flow freely, brushing aside geopolitics to embrace geoculture, and transporting the audience to a world without borders.
Under the musical direction of Saeed Kamjoo, Mina Deris’s spellbinding Arabic and Persian vocals will unite with the flamenco fervour of Fernando Gallego. At the same time, the magnetic dancing of Shahrokh Moshkin Ghalam merges with the fiery zapateados of Rosanne Dion. They will be joined by Persian percussion master Pejman Hadadi and multi-instrumentalist Behfar Bahadoran on târ and tanbur, as well as the virtuosic Caroline Planté on guitar and Abboud Kayyali on oud.
In the ashes of time, these artists will plant seeds of reconciliation, each gesture blooming like the dreams of those who deign to listen. A whirlwind of voices and strings will carry you away on a journey where every heartbeat pulses with the beauty of the Other. And in the light of a new dawn, Olé Persia will be revealed: a vast, living mosaic reaching beyond concert halls and across nations.

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arabo-andalou / chant choral / hommage

Festival du monde Arabe : Songe d’une nuit andalouse au National

par Rédaction PAN M 360

Plongez dans l’univers fascinant de l’Andalousie musicale avec la Chorale Asala, sous la baguette passionnée de la Maestro syrienne Ghada Harb, dans une soirée exceptionnelle qui révèle la puissance et la subtilité des grandes mélodies de l’âge d’or de la civilisation arabe.
Les voix tissent une trame sonore où résonnent à la fois l’héritage des anciens et la nostalgie des modernes, dans un espace-temps à la fois imaginaire et réel, vigoureux et résistant à l’usure. Chaque qassida est enveloppée d’harmonies apaisantes, émanant d’un passé qui nous nourrit et nous protège éternellement. Orchestrés avec brio, les muwachahat se transforment en un manifeste poétique, rendant hommage à cette terre de vie et de rêve qu’est l’Andalousie.
Dans cette soirée, Ghada Harb ne manque pas de nous rappeler que l’Andalousie sommeille dans les cœurs et que la vie enfante toujours des génies qui ont l’audace de la réveiller. Elle rend hommage à feu Ziad Rahbani, un Ziryab des temps modernes qui a osé renouveler les codes musicaux et introduire de nouvelles arabesques dans notre univers sonore.
Et lorsque les dernières notes s’éteignent dans la nuit andalouse, le silence devient le berceau des souvenirs, où chaque cœur continue de fredonner l’éternité retrouvée.

Discover the fascinating world of Andalusian music with Chorale Asala, under the passionate direction of Syrian conductor Ghada Harb, in an exceptional evening that explores the stunning power and delicate sensitivity of great melodies from the golden age of Arab civilization.
Chorale Asala weaves a sonic fabric in which ancient heritage resonates with modern-day nostalgia, suspended in a space and time that is at once imaginary and real, defiantly vigorous and resistant to the erosion of centuries. Each qassida is wrapped in soothing harmonies, emanating from an eternally nourishing past, forever protecting. The brilliantly orchestrated muwashahat transform into a poetic manifesto, in an homage to the ancient dream and living legacy of Andalusia
With this performance, Ghada Harb rouses the Andalusia that slumbers within our hearts, reminding audiences how life gives birth to new artists bold enough to awaken it. The concert also pays tribute to the late Ziad Rahbani, that modern-day Ziryab who revived ancient musical codes and introduced new sounds to our collective consciousness.
When the final notes yield to the hush of the Andalusian night, silence will become the cradle of memory, as every heart beats in rhythm to an eternity reborn.

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chaâbi / gnawa / raï

Festival du monde Arabe : Chazil au National

par Rédaction PAN M 360

Des ruelles sinueuses de la Casbah de Constantine aux scènes vibrantes du monde entier, Chazil porte le raï comme une flamme inextinguible. Sa voix grave et magnétique, chargée de mélancolie, mais traversée d’éclats d’espérance, fait résonner les blessures et les joies de tout un peuple. Elle s’ancre dans les traditions malouf, chaâbi, gnawa tout en les propulsant vers un ailleurs réinventé avec audace, souffle et modernité.
Artiste du métissage et gardien d’une mémoire toujours en mouvement, Chazil redessine les contours du raï. Il l’élève au rang d’espace de résistance et de liberté, un lieu où l’intime devient universel, où la douleur se transmue en énergie collective. Son projet artistique autour du raï n’est pas seulement une proposition musicale, c’est une traversée sensorielle et émotionnelle. Entre exil et renaissance, chaque morceau devient une prière ardente, un poème chanté qui porte les désirs d’une jeunesse en quête de lumière.
La musique de Chazil embrasse le monde, tout en restant fidèle à ses racines. Elle incarne un souffle de liberté et d’universalité. Ici, le raï ne se limite plus à une mémoire vivante, il se fait cri, lumière et fraternité.

From the winding alleyways of Constantine’s Casbah to the spotlight of global stages, Chazil carries raï like an inextinguishable flame. His deep, magnetic voice, tinged with melancholy yet warmed by glimmers of hope, channels the pain and joy of an entire people. Rooted in malouf, chaâbi, and gnawa, Chazil’s music propels these traditional genres to new heights, reinventing them with a bold, modern vision.
An artist of métissage and a guardian of memory in perpetual motion, Chazil redraws the boundaries of raï, elevating it into a realm of resistance and freedom, a place where the personal becomes universal, and where pain is transformed into collective energy. His vision of raï moves beyond music, offering a visceral, full-body experience. From the pain of exile to the hope of rebirth, each song is a prayer, a lyrical poem carrying the desires of youth in search of destiny.
Rooted in heritage yet fully alive in the present, Chazil’s music embodies freedom and our shared humanity. With Chazil, raï moves beyond memory and tradition to become a cry in the dark, a light along new pathways, and a radical call to unity.

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drum & bass / Hip Hop / trap

La déesse tunisienne Emel nous présente MRA

par Sandra Gasana

S’il y a une chose qu’Emel Mathlouthi maîtrise, c’est bien l’art de la mise en scène digne d’une tragédie. Avec une entrée en scène spectaculaire, des effets de lumière de circonstance, et accompagnée de ses deux musiciens, à la batterie et aux claviers, celle que l’on surnomme « la voix de la révolution » est apparue telle une déesse du haut de son trône. Avec sa couronne sophistiquée, une robe blanche de style antique sortie du XVème siècle, l’artiste tunisienne nous présentait son plus récent album Mra, qui veut dire femme en arabe, paru en 2024 et entièrement réalisé par une équipe de femmes.
Toujours avec un écran en arrière, sa voix est rarement à l’état naturel, elle utilise beaucoup de réverbération et joue avec son micro, ajoutant un effet énigmatique à son univers dans lequel le trap, le hip hop et le drum n’bass cohabitent harmonieusement. Emel entre réellement dans son personnage et se laisse aller, insérant des mouvements de danse saccadés sur plusieurs morceaux. Elle tape sur son tambour par moment, venant complémenter le travail de son batteur, et ajouter l’effet dansant.

Au bout de la troisième chanson, le public se met tout doucement à danser, en contraste avec le style un peu solennel des deux premiers morceaux. Emel rajoute aussi des sons pré-enregistrés qui viennent fusionner avec les images qui défilent en boucle, un vrai cocktail sensoriel. La plupart de ses chansons sont en arabe mais elle chante également en anglais, une langue qu’elle maîtrise, tout comme le français. Elle passe d’ailleurs de l’un à l’autre lorsqu’elle s’adresse à l’audience.
Malheureusement, Naya Ali, qui devait être de la partie, n’a pas pu être présente finalement. Cela dit, un moment fort du concert est lorsque l’artiste Narcy est arrivé sur scène pour le morceau Yemenade. Et là, la soirée a pris un tournant tellement son énergie s’est fait ressentir dans toute la salle. Il a réussi à nous faire chanter, danser, en un seul morceau, pendant qu’Emel dansait derrière lui, tapant sur son tambour doré.

L’autre artiste que j’avais hâte de revoir était Ziya Tabassian. Également de la partie sur quatre morceaux, il a rajouté la touche Moyen-Orientale traditionnelle au spectacle. Il s’accordait parfaitement aux rythmes du batteur avec qui il échangeait des regards. 

« J’espère que vous aimez les percussions folles comme celles que nous faisons ! On ne sait pas comment ça sonne de votre côté mais nous, on aime ça » dit-elle entre deux chansons. « Je n’arrive pas à faire des chansons douces, je n’y peux rien », nous confie-t-elle. 

Pendant le morceau Souty, qui signifie Ma voix, elle fait défiler des feuilles sur lesquelles il est écrit « My voice is time less like the wind », comme s’il s’agissait des paroles de la chanson. Elle en profite pour mentionner le nom des détenus sur certaines de ces feuilles.

Emel a pris le temps de partager le message d’un militant palestinien qui lui a écrit pour lui donner l’état des lieux. En effet, la Palestine était en toile de fond tout au long du spectacle, incluant durant la première partie qui était assurée par Checkpoint 303, un duo de DJ qui ont mis la table pour le spectacle d’Emel.Ma chanson préférée est Mazel, qui veut dire Encore, et qui parle de l’espoir qu’elle porte encore en elle, et du nouveau lendemain qu’elle compte construire. En guise d’arrière-plan, plusieurs femmes militantes défilaient l’une après l’autre.
Elle a terminé avec Rise, faisant participer le public sur le refrain, avant de nous offrir un rappel qui a fait plaisir à l’audience. Je m’attendais à voir un National plein à craquer, mais ce n’était pas le cas. Mais une chose est sûre : les personnes qui y étaient sont rentrées satisfaites de leur soirée.

Crédit photo: Ola Choukair

Hip Hop / Moyen-Orient / Levant / Maghreb / rap

Festival du Monde Arabe de Montréal | Narcy et Omar Offendum: Deux décennies d’amitié artistique

par Sandra Gasana

Une épée en forme de Palestine. Voici ce qui attire l’attention d’emblée, en plus du salon d’inspiration arabe qui décore la scène du National. Avec des coussins à motifs rouges, quelques livres, du café, on a vraiment l’impression de s’incruster dans une soirée entre amis, mettant l’art à l’honneur sous toutes ses formes.

C’est d’abord Omar Offendum qui ouvre le bal, pendant que Narcy est assis dans le salon avec ses convives, incluant deux membres du groupe iconique montréalais de Hip Hop, Nomadic Massive, Tali et Meryem Saci.

Éclairé par un spot lumineux, une canne à la main (sa signature), vêtu d’une tenue traditionnelle et de son chapeau Fez noir, Offendum manie la langue arabe et anglaise, jonglant entre ces deux univers, les mélangeant parfois. Narcy lui sert du café de temps en temps, échangeant des anecdotes, se taquinant sur les rivalités syriennes et iraquiennes. Excellent conteur, il alterne entre poésie, nous raconte des histoires, rappe, le tout avec une aisance incroyable. Riches d’une amitié datant de vingt ans, Narcy intervient sur certaines chansons d’Offendum, parfois en anglais, parfois en arabe, et vice-versa. « C’est rare d’avoir un ami artiste qui te challenge encore, même après 20 ans », dit-il en s’adressant à Narcy. En effet, on pouvait ressentir cette complicité sur scène.

Omar a fait participer la salle sur son morceau I love you, un hymne à l’amour, avec en images de fond de vieux films romantiques. Les transitions sont parfois brutes, juxtaposant des chants classiques arabes avec des beats modernes. La Palestine était à l’honneur durant les deux parties du spectacle mais également le Liban, qui défraie les manchettes ces dernières semaines. On en apprend également sur des figures importantes de l’histoire Moyen-Orientale tels que Nizar Qabbani, un poète syrien ou encore Mahmoud Darwish, un poète et auteur palestinien qui nous a quitté en 2008. Il termine avec son plus grand succès, God is Love, que mes voisins semblaient particulièrement apprécier mais mon coup de cœur restera le morceau Close My Eyes en hommage à son père. « Cette chanson, je la dédie à toutes les personnes qui ont perdu un être cher », nous partage-t-il alors que le vidéoclip défilait en arrière.

Après un court entracte, Narcy s’installe à la place d’Omar et prend le relai en entamant avec l’un de ses plus grands succès, P.H.A.T.W.A, sur fond d’images d’Al-Jazeera en arrière-plan, et des archives personnelles. Entièrement vêtu de cuir noir et d’une chemise blanche, il passe en revue d’autres morceaux phares de sa carrière de 20 ans, entre autres Hamdulillah, qui figure dans l’album The Narcicyst paru en 2009, une collaboration avec Shadia Mansour. Des collaboratrices, il en avait invité quelques-unes sur scène, celles qu’il appelle des « sœurs » telles que Meryem Saci, avec qui il a enregistré le morceau 7araga, la poète Palestienne Farah qui a déclamé un poème en hommage à sa terre natale ainsi que Tali qui a opté pour un texte poignant pour l’occasion.

En guise de clôture, il nous a offert Free, une chanson hommage aux enfants de l’album World War Free Now, en collaboration avec Ian Kamau ainsi que le morceau Time, écrit en hommage à son grand-père. Et quoi de mieux que de terminer avec le morceau le plus récent, Sword, dont les fonds amassés iront aux enfants palestiniens. En plus d’avoir le sens de l’amitié fort, la famille tient une place importante pour Narcy. Il a invité la sienne sur scène à la fin du concert pour saluer le public, l’invitant à venir faire un tour dans sa librairie/bibliothèque Maktaba, au Vieux-Port de Montréal.

Brésil / funk / samba

Céu, entre rétro et mélancolie

par Sandra Gasana

Céu, qui signifie « Ciel » en portugais, est arrivée sur scène toute vêtue de noir, avec un collier assorti à sa robe, de longues bottes noires à lacets et une fleur tatouée sur l’épaule. Sa présence scénique est remarquable, alors qu’elle alterne entre pas de danse et chorégraphies simplistes.

Accompagnée de son bassiste Lucas Martins, qui l’accompagne depuis ses débuts, de Thomas Harres à la batterie, Leonardo Caribe Mendes à la guitare et au cavaquinho et Sthe Araujo, percussionniste hors-pair, la chanteuse a su nous transporter dans son univers particulier, dans lequel elle mélange la soul, le funk, le jazz mais aussi les rythmes brésiliens tels que la samba, toujours sur un fond rétro, sa signature. D’ailleurs, tous ses musiciens sont également choristes, ce qui permet d’enrichir le spectacle.

Elle a principalement parcouru son plus récent album Novela paru cette année mais y a ajouté des succès de ses autres albums, notamment Malemolencia, tiré de l’album Céu.

« J’aurais aimé parler français avec vous mais je vais y aller avec l’anglais », nous dit-elle d’emblée alors que plusieurs Brésiliens dans la salle criaient : « En portugais ! ».

Mon coup de cœur restera la chanson Gerando Na Alta, qu’elle chante en duo avec l’artiste française d’origine sénégalaise anaiis, mais que la percussionniste Sthe a parfaitement interprété à sa place. Dans cette chanson, Céu parle de l’importance de célébrer l’amitié entre femmes alors que le mot Novela, tiré du mot telenovela, aborde l’aspect dramatique de nos vies. Certaines chansons n’avaient pas de transition, alors qu’elle interagissait avec le public à d’autres moments. Elle prend le temps de mettre en valeur ses musiciens à tour de rôle et c’est ce qu’elle fait avec Sthe par exemple, avant le morceau Lenda, de l’album Céu, qui débute avec des percussions.

À mon grand plaisir, nous avons eu droit à une séquence reggae, notamment avec High na Cachu suivie de Cangote tiré de l’album Vagarosa. Bien entendu, on ne pouvait pas finir le concert sans des reprises de classiques de la musique brésilienne. Et pour ce faire, elle a choisi deux légendes : João Gilberto avec Bim Bom, et Caetano Veloso avec Pardo, tous les deux originaires de Bahia.

Le moment fort de la soirée restera le rappel avec Concrete Jungle de Bob Marley, qu’elle a interprété merveilleusement bien avec le chanteur Haïtien Paul Beaubrun, qui a assuré la première partie du concert. Ce dernier a d’ailleurs été présenté par son père, le grand chanteur du groupe Boukman Eksperyans. « Quand j’ai vu Paul chanter, je me suis dit qu’il fallait qu’il chante cette chanson avec moi », nous a confié Céu. En effet, Paul semble être un grand fan de Bob Marley car durant la première partie, il a joué trois morceaux de l’icône jamaïcaine, toujours en prenant le soin de rajouter sa touche particulière. J’aurais toutefois aimé découvrir d’autres compositions originales telles que Noyé, qui a ouvert le bal.

Brésil / samba

Jorge Aragão n’a pas déçu les Montréalais

par Sandra Gasana

Jorge Aragão a peut-être quelques années de moins que Marcos Valles, qui était également de passage à Montréal cette semaine, mais il est tout aussi populaire auprès des Brésiliens de Montréal, voire plus. Accompagné de ses sept musiciens, dont une femme qui semble être directrice musicale, il a charmé les Montréalais malgré le retard important avant le début du spectacle. Mais à peine a-t-il fredonné ses premières notes, encore dans les coulisses, que la frustration s’est transformée en excitation, accompagnée de cris, pour accueillir ce géant de la samba et du pagode.

Un pandeiro, une guitare, un surdo, plusieurs tambours, une batterie et un cavaquinho, voici les instruments qui l’accompagnaient alors qu’il se contentait de chanter avec sa voix grave reconnaissable. Tout vêtu de noir, il s’adresse à la foule : « Je vais chanter de très vieilles chansons ce soir ». Il commence par le classique Eu e você sempre, et c’est parti pour les cellulaires sortis et la foule entière qui chante à l’unisson. Sa voix est toujours aussi reconnaissable mais on sent qu’elle perd un peu de sa vigueur. Et sans transition, il enchaine avec un autre classique Lucidez, qu’il a joué en live avec son ancien groupe Fundo de Quintal, dont il est l’un des membres fondateurs. Ont suivi Novos tempos, De Sampa a São Luis, pour ne nommer que ceux-là.

Il avait une machine devant lui, sur laquelle il tapait par moments, tout en faisant quelques pas de danse mais en toute subtilité. Il a aussi parfois tendance à mimer ses paroles, prenant le temps de connecter avec son audience qui est en admiration.
Une bonne amie brésilienne était en larmes durant certaines chansons, tellement la saudade (la nostalgie made in Brazil) était omniprésente au National.

« À présent, je vais vous chanter de la samba », nous annonce-t-il, avant Malandro, qui a connu un succès phénoménal notamment grâce à Elza Soares, qui l’a popularisé. En effet, en plus d’être chanteur et multi-instrumentiste, Jorge Aragão est également compositeur et parolier.

Il invite le public à frapper des mains sur certaines morceaux pour qu’il contribue à l’ambiance festive. La recette magique de ce grand artiste est bien son talent à raconter des histoires de la vie quotidienne, avec une touche romantique, sur des rythmes rapides ou lents, selon le cas.

Après une heure debout sur la scène, il a demandé une chaise, la fatigue se faisant ressentir. Et c’était propice pour le morceau qui allait suivre, beaucoup plus calme mais sur lequel on pouvait danser à deux.

Il a poursuivi son enchainement de succès tels que Loucuras de uma paixão, Feitio de paixão, Doce amizade ou encore Conselho, une de mes préférées.

On n’a pas eu droit à un rappel cependant on a eu droit à un retour sur scène de la talentueuse danseuse de samba, Daniela Castro. Cette dernière avait fait quelques pas de danse durant la première partie, qui était assurée par Roda de Samba Sem Fim. Ce qui nous avait mis dans les bonnes conditions pour accueillir ce géant de la musique brésilienne.

Crédit photo: Monica Kobayashi

arabe / chaâbi

Festival du monde arabe : Abdelkader Chaou

par Rédaction PAN M 360

L’ultime légende de la musique chaâbi algérienne envoûte le public en faisant vibrer le répertoire de ses chansons les plus immortelles.
Ce virtuose du mandole à la voix suave et allègre, a renouvelé le genre en lui insufflant une énergie sans pareille. Sa musique évoque avec passion le souvenir lointain d’une Andalousie mythique, source d’une éternelle inspiration.

Don’t miss this opportunity to see the living legend of chaabi in a concert of his most beloved songs. This velvet-voiced virtuoso of the Algerian mandole is credited with modernizing the chaabi genre with his unique and dynamic sound. Chaou’s music evokes distant memories of a mythical Andalusia, a timeless source of artistic inspiration.

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Ce contenu provient du Festival du monde arabe de Montréal et est adapté par PAN M 360

arabe / rap

Festival du monde arabe : Narcy & Omar Offendum

par Rédaction PAN M 360

L’artiste multidisciplinaire montréalais Narcy s’associe à son collaborateur de longue date, Hakawati Omar Offendum pour une performance hip-hop multimédia qui fait la part belle à une arabité enracinée en Amérique du Nord. Sur des paysages musicaux multi-genres, les deux rappeurs délivrent, à travers des flows implacables et accrocheurs, des textes forts qui célèbrent la vie des humbles et des oubliés. Un spectacle d’une énergie revigorante qui, le regard tourné vers la Palestine, dénonce les injustices du monde. Ce spectacle est un hommage à l’ancien et au nouveau, associant la musique moderne à la poésie classique de la tradition arabe. Une rétrospective de leurs 20 ans de carrière en tant qu’artistes indépendants.

A firebrand of the North American urban music scene, MC Narcy teams up with rapper/storyteller/poet Omar Offendum for a multidisciplinary hip hop show that celebrates the Arab experience in the Americas. With an irresistible underground sound infused with Middle Eastern influences, the two rappers deliver hard-hitting flows and powerful lyrics that illuminate the struggles of society’s downtrodden and forgotten. Get ready for an inspiring evening as these electrifying emcees turn their gaze towards an embattled Palestine, in an unabashed performance that calls out the injustices of the world.

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Ce contenu provient du Festival du monde arabe de Montréal et est adapté par PAN M 360

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