Spellling – pseudonyme mal orthographié derrière lequel se cache l’artiste californienne Chrystia Cabral – nous a jusqu’à maintenant offert deux albums parmi les plus déstabilisants à avoir été produits récemment. Synthés glaciaux hérités de la musique dark wave des années quatre-vingts, chant soul tout en profondeur, poésie elliptique et incantatoire… La juxtaposition de ces différents éléments nous faisait entrer de plain-pied dans le royaume de l’étrange. Aujourd’hui, avec la parution The Turning Wheel, Spellling déboussole à nouveau, mais cette fois-ci, c’est en adoptant une approche se trouvant aux antipodes de son travail passé qu’elle nous étonne. Exit les arrangements squelettiques et les textes obscurs, cette nouvelle offrande nous propose une pop orchestrale remplie d’espoir. En plus d’avoir écrit et composé la foisonnante matière de cet opus double, la chanteuse en a assuré la réalisation et signé les arrangements opulents. En fait, madame Cabral a requis les services d’une trentaine de musiciens qu’elle a dirigé à distance. Cordes, cuivres, basson, banjo, harpes et guitares électriques ne sont que quelques-uns des instruments qui viennent étoffer le son de Spellling qui n’a toutefois pas mis les claviers vintage de côté. Ces derniers sont surtout présents sur Below, deuxième moitié du disque de teneure plus sombre que Above, lumineuse première partie de l’œuvre. Ces deux sections s’imbriquent comme le yin et le yang sur le symbole taoïste. L’écoute de la sémillante Little Deer et de l’introspective Boys at School – excellentes pièces d’ouverture de chacun de deux segments du projet – donnera une bonne idée de toute la richesse sonore et émotionnelle dont The Turning Wheel regorge. Évoquant la manière vocale de la jeune Kate Bush, le chant haut perché et théâtral de madame Cabral en rebutera peut-être quelques-uns, mais point de remplissage tout au long de la soixantaine de minutes que dure cet album. Ambitieux à souhait, il se rapproche du magistral Grae que Moses Sumney publiait l’an dernier. Tout comme Sumney, Spellling nous démontre qu’elle est une créatrice complexe qui embrasse toutes ses contradictions et qu’elle peut prendre toutes les directions qu’elle désire, se trouvant rarement là où on l’attendra.
Tout le contenu 360
Interview électronique/expérimental/expérimental / contemporain/rock
MUTEK 2026 | Trouver le « flow » avec Fennesz
Par Alain Brunet
Critique d'album classique occidental/classique 2026
Jocelyn Morlock – Artemis Sleeps
Par Frédéric Cardin
Critique d'album classique occidental/classique 2026
WDR Sinfonieorchester Köln, Joseph Bastian – Mel Bonis : Orchestral Works
Par Frédéric Cardin
Critique d'album expérimental / contemporain/classique occidental/classique 2026
Jack M Campbell, Andreas Kahre, Alexander Varty – No Room For Error
Par Frédéric Cardin
Interview classique occidental/classique
Domaine Forget 2026 | Concert final aux accents de fleurs et de couronnes
Par Frédéric Cardin
Interview Asie du Sud
Découvrez Le Qafila : groupe de pop, fusion soufie, bhangra indienne à Montréal
Par Frédéric Cardin
Interview Maghreb/Moyen-Orient / Levant / Maghreb
Orientalys 2026 | Nuit blanche kabyle, « traversée sensible de la mémoire »
Par Alain Brunet
Interview classique occidental/classique
Domaine Forget 2026 | Vienne immortelle et classique : dialogues entre Haydn, Beethoven, Mozart…et Labadie
Par Alexandre Villemaire
Interview jazz/Maghreb/Afrique
Orientalys 2026 | Rakcha Band, jazz-funk-fusion de Tunisie transplanté à MTL
Par Alain Brunet
Interview Afrique/Moyen-Orient / Levant / Maghreb/classique/électronique/arabe
Orientalys 2026 | DJ Mina, du chant sacré au DJisme oriental !
Par Jeremy Fortin
Interview Asie centrale/Asie de l'Est/Asie du Sud/Moyen-Orient / Levant / Maghreb
Orientalys 2026 | Du 13 au 16 août, les meilleures prises du festival!
Par Alain Brunet
Interview autochtone/classique occidental/classique/Musique traditionnelle/traditionnel
Présence autochtone | En attendant la (vraie) Grande Paix de MTL, Forestare, Joséphine Bacon, Richard Desjardins et tant d’autres sur scène
Par Alain Brunet
Interview traditionnel
Orientalys 2026 | Qi Shen et Jasmine Xu, un duo erhu/piano, mère/fille, à découvrir
Par Frédéric Cardin
Interview autochtone/americana/hip-hop























