Marche Moderne est présenté comme le « road trip musical et charnel ». « Deux amants hallucinent, ou concrétisent, leur lente dérive sur le côté de la société, et se fondent à la faune discrète de la Jungle Abstraite, sorte d’envers du monde », nous indique-t-on sur la page Bandcamp du collectif Oblique, dont cette deuxième offrande a été rendue publique fin décembre. Bon bon… résumons l’affaire par une autre éloge de la fuite. La création de beauté dans les mondes parallèles n’est-elle pas le propre de tout artiste aux prises avec une réalité qui ne lui sied point ? Nous sommes ici à rouler sur du feutre, à frôler des étoffes, à se vautrer dans la ouate, à ainsi se frayer un chemin sans trop chercher le sens direct des mots ici alignés dans un flou artistique néanmoins consonant. Les genres musicaux se croisent sur le parcours, ambient, krautrock, prog, chill wave, cold wave, ethereal wave, les mots dits ou chantés font partie de la grappe de sons. L’instrumentation hybride de cette Marche Moderne se déploit autour de Félix Petit (chant, synthés, orgue, saxo), William Côté (batterie), Jérémi Roy (basse, synth bass), Simon Saint-Hillier (basse, boîte à rythme), Sélim Chanard (flûte), sans compter la contribution d’une Grande Chorale Semi-Professionnelle de 14 voix… effectivement « semi-professionnelles». Intéressant, somme toute, bien assez pour que l’on tente de connaître la suite de cette Marche.
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