Derrière le sobriquet Lomelda s’active Hannah Read, jeune Texane transplantée à Los Angeles. Hannah, son quatrième album complet, démarre délicatement, comme une bruine si légère qu’on croirait d’abord l’avoir imaginée. Le texte évoque aussi la légèreté, celle des baisers furtifs qu’on s’échange sur le trottoir. Cette première chanson s’intitule Kisses. Dans Hannah Sun, la suivante, un rythme chaloupé qu’ornent d’étranges sons de hautbois synthétisé nous fait entrer de plain-pied dans la musicosphère de Lomelda, à l’esthétique onirique et aux accords pacifiques. Sing for Stranger commence comme une maquette batterie-guitare rythmique qui se mute, après quelques secondes, en tentative de syntonisation de la station Radio Nulle-Part. Il pourrait s’agir d’un interlude ou alors d’une intro à Wonder, la chanson qui suit. Ici, la guitare s’électrifie quelque peu, des accords répétitifs de piano annoncent une ritournelle indie pop, mais c’est en territoire lo-fi amplifié qu’on se retrouve, comme si Elliott Smith et Stephen Malkmus se balançaient gaiement sur un tape-cul. Ensuite, Lomelda nous refait le coup des baisers si légers dans Polyurethane, un air acoustique qui devrait émouvoir les musicophiles les plus endurcis : « Je pleurais pendant que le polyuréthane séchait », affirme Lomelda d’une voix flageolante. La talentueuse jeune femme et ses vaillants compagnons enchaînent ensuite avec Reach, un mini-hymne rock indie qui nous prouve que le romantisme – qui existe depuis quoi, 250 ans? – ne montre absolument aucun signe d’essoufflement, bien au contraire. Suivent encore huit autres chansons tout aussi réussies, ce qui nous fait un album touffu dans le très bon sens du terme. Oh, et puis si Both Mode n’est pas une sorte de clin d’œil au Misunderstood de Wilco (sur Being There), je ne sais pas ce que c’est. Pour conclure, osons affirmer que Hannah est l’un des meilleurs albums folk-rock des trois premiers trimestres de 2020.
Tout le contenu 360
Interview jazz/soul/R&B
Franky Freedom: et de deux pour la gloire du néo jazz fusion québécois
Par Alain Brunet
Interview classique occidental/classique
Esteban la Rotta : retour aux sources lointaines du luth
Par Frédéric Cardin
Interview jazz
On parle avec John Sweenie de Mysticism for Intellectuals, un album qui fera la liste des ‘’Meilleurs of’’ 2026
Par Frédéric Cardin
Interview classique occidental/classique
Beethoven et Brahms : premiers et derniers feux de passion musicale au 9e étage
Par Frédéric Cardin
Interview classique/pop
OSM | Tout sur la saison 2026-2027, les mots de la direction artistique et musicale
Par Alain Brunet
Interview americana/chanson française/pop
La Zarra de nouveau sur la ligne de départ
Par Alain Brunet
Critique de concert danse/classique occidental/classique
Stephanie Lake Company : symbiose de la frappe et du mouvement
Par Frédéric Cardin
Interview Chanson francophone/americana
Éric Dion, « L’origine du vent »… et de ses chansons gaspésiennes
Par Alain Brunet
Critique de concert latino/pop/rock/Europe de l'Ouest
Maruja Limón, arme de construction massive!
Par Alain Brunet
Critique de concert jazz
Hilario Durán et le Big Band de l’UdeM: caliente à la salle Claude-Champagne !
Par Michel Labrecque
Interview reggae
David Cairol et Taïro dévoilent “Ticket pour Mars”, un single reggae engagé
Par Sandra Gasana
Critique d'album classique occidental/classique 2026
Esteban La Rotta – Orbus Ille Germanus : L’art du luth allemand au XVe siècle
Par Frédéric Cardin
Critique d'album électronique/classique occidental/classique/expérimental / contemporain/musique de film 2026
Colin Stetson – Something Very Bad Is Going to Happen
Par Frédéric Cardin
Critique d'album classique occidental/classique/jazz 2026
Vision String Quartet – In the Fields
Par Frédéric Cardin
Critique d'album classique occidental/classique 2026






















