Pays : Angleterre / Irlande / Royaume-Uni Label : Hyperion Genres et styles : période romantique Année : 2023

Stanford – Requiem

· par Frédéric Cardin

Ce Requiem op. 63 de Sir Charles Villiers Stanford (1852-1924) est une rareté sur disque. Il y a eu un enregistrement pionnier sous étiquette Marco Polo (plus tard réédité chez Naxos) il y a plus de 25 ans, avec des forces irlandaises. Une bonne version, mais désormais largement dépassée par celle-ci, de la très british Birmingham, là où d’ailleurs le Requiem fut créé en 1897.

Martyn Brabbins et ses très belles forces locales (les University of Birmingham Voices et le City of Birmingham Symphony Orchestra) ont une affinité étroite avec ce genre de musique, solidement romantique, brahmsienne avec tendance française dans certains jeux de couleurs. L’orchestre ruisselle pleinement sous la baguette de Brabbins et le chœur resplendit. Les solistes (Carolyn Sampson, soprano; Marta Fontanals-Simmons, mezzo-soprano; James Way, ténor; Ross Ramgobin, baryton) ont du caractère et une fine possession du discours souhaité, fait d’un lyrisme affirmé mais empreint d’une indéniable retenue spirituelle. 

Cela est important car l’essence de cette messe catholique mise en musique par le protestant Stanford est toute là : dans cet amalgame de grandeur et de sobriété. La grandeur est certainement issue du rituel catholique lui-même (porté vers la démesure) et des autres requiem composés auparavant (Mozart, Verdi, Brahms), ainsi que de la fibre lyrique de Stanford (il a écrit pas moins de 9 opéras). La sobriété, elle, vient du protestantisme de Stanford, mais également de son expérience dans l’écriture d’hymnes anglicans. On se retrouve avec une œuvre écrite pour des forces imposantes, tant vocales qu’instrumentales, mais dont on fait un usage parcimonieux, avec très peu d’éclats ostentatoires, aucune explosion sonore terrifiante comme chez Verdi et beaucoup de lumière, une lumière douce et bienfaisante. 

L’écriture de Stanford se concentre sur la clarté des thèmes et des lignes mélodiques. Il a très rarement recours aux tutti massifs, et quand ceux-ci arrivent, c’est au bout de crescendos soutenus qui préparent graduellement l’auditeur. Le Tuba mirum, le Quam olim abrahae promisisti (une énergique fugue) et le Sanctus en sont les meilleurs exemples, avec ce dernier rayonnant de séraphisme et de chaleur. Ici, une opulence finement équilibrée plutôt qu’un déferlement musclé.

Ailleurs, et en vaste majorité dans les quelque 75 minutes que durent l’œuvre, on a droit a des passages tendres et mesurés, où les cordes ont souvent comme tâche de frémir doucement sous des chœurs angéliques, nous amenant dans des considérations contemplatives et célestes. Ce Requiem ne se complaît jamais dans des ténèbres menaçantes. Il fait le choix de l’espérance et de la rédemption. On y souligne le renouveau plutôt que la damnation. 

Sans avoir la même poésie instrumentale, le Requiem de Stanford a indéniablement certains atomes crochus avec celui de Fauré. Il devrait d’ailleurs plaire aux amoureux de ce dernier. Propulsé par une telle qualité d’interprétation et par une prise de son ample et généreuse sans perte de détails, voilà une très belle découverte à faire.

Tout le contenu 360

FMCM 2026 | Yoanna Prodanova revient à une de ses maisons

FMCM 2026 | Yoanna Prodanova revient à une de ses maisons

Jacques Kuba Séguin – Parfum no 3

Jacques Kuba Séguin – Parfum no 3

La vie est un parfum : conclusion de la Trilogie des odeurs de Jacques Kuba Seguin

La vie est un parfum : conclusion de la Trilogie des odeurs de Jacques Kuba Seguin

L’Entracte Cabaret Jazz : Un nouveau club 100% jazz ouvre ses portes à Montréal

L’Entracte Cabaret Jazz : Un nouveau club 100% jazz ouvre ses portes à Montréal

Classica 2026 | Supertramp Symphonique, TOUS les classiques du groupe britannique interprétés

Classica 2026 | Supertramp Symphonique, TOUS les classiques du groupe britannique interprétés

FMCM 2026 |  Cameron Crozman, la musique de chambre droit au cœur

FMCM 2026 | Cameron Crozman, la musique de chambre droit au cœur

SAT – Futurs Antérieurs | « Lueurs quantiques », espace de perception suspendu

SAT – Futurs Antérieurs | « Lueurs quantiques », espace de perception suspendu

SAT – Futurs Antérieurs | Jacques Greene & Martyn Bootyspon, dans la filiation post-club

SAT – Futurs Antérieurs | Jacques Greene & Martyn Bootyspon, dans la filiation post-club

SAT – Futurs Antérieurs | Mozhgan, messe industrielle dans la Satosphère

SAT – Futurs Antérieurs | Mozhgan, messe industrielle dans la Satosphère

SAT- Futurs Antérieurs | Kaitlyn Aurelia Smith amène ses breakbeats cathartiques

SAT- Futurs Antérieurs | Kaitlyn Aurelia Smith amène ses breakbeats cathartiques

SAT – Futurs antérieurs | Mattias Aguayo, danses et incantations organiques

SAT – Futurs antérieurs | Mattias Aguayo, danses et incantations organiques

SAT – Futurs Antérieurs | Johnny Jewel, comme au ciné

SAT – Futurs Antérieurs | Johnny Jewel, comme au ciné

Caprice & Art Choral | Trois époques se chevauchent et culminent avec le Magnificat

Caprice & Art Choral | Trois époques se chevauchent et culminent avec le Magnificat

ALLIANCE SuPRM – Plus forts ensemble, Vol. 1

ALLIANCE SuPRM – Plus forts ensemble, Vol. 1

Juan Sebastian Delgado – Tangos imaginarios

Juan Sebastian Delgado – Tangos imaginarios

Atsuko Chiba – Atsuko Chiba

Atsuko Chiba – Atsuko Chiba

La Commission B à Saint-Casimir: « complètement organique »

La Commission B à Saint-Casimir: « complètement organique »

Festival Énergik en Mauricie: musique, manèges, éco-responsabilité, communauté

Festival Énergik en Mauricie: musique, manèges, éco-responsabilité, communauté

Festival de musique de chambre 2026 | Trois midis avec Bach et Sirena Huang

Festival de musique de chambre 2026 | Trois midis avec Bach et Sirena Huang

Classica 2026 | Jorane & Oktopus, « Rêvances sans paroles »… et les mots de Gabriel Paquin Buki

Classica 2026 | Jorane & Oktopus, « Rêvances sans paroles »… et les mots de Gabriel Paquin Buki

Classica 2026 | La longueur sublime des Trios pour piano de Schubert

Classica 2026 | La longueur sublime des Trios pour piano de Schubert

Classica 2026 | Michel Legrand, chant lyrique, symphonie, jazz… Lorraine Desmarais raconte

Classica 2026 | Michel Legrand, chant lyrique, symphonie, jazz… Lorraine Desmarais raconte

La renaissance musicale de Mantisse

La renaissance musicale de Mantisse

CMIM 2026 | Le Japon triomphe avec la musique russe et hongroise! 

CMIM 2026 | Le Japon triomphe avec la musique russe et hongroise! 

Inscrivez-vous à l'infolettre

Inscription
Infolettre

« * » indique les champs nécessaires

Type d'abonné