Ayant fait des hymnes inspirants et audacieux leur marque de commerce, les reines de la K-pop reviennent en force avec plus de pop que de K sur le mini-album DEADLINE, EP de 5 chansons marquant un tournant majeur vers les inspirations occidentales. Épaulée par Diplo, d’Ejae et même de Chris Martin (!), la formation signe ici son travail le plus électro-dance, mariant techno et synth-pop aux tendances actuelles du genre qu’elles ont participé à populariser.
Sans perdre de temps, l’énergie nous assaille avec le méga-hit étant devenu viral sur Tiktok JUMP. Une frappante production de Diplo à mi-chemin entre l’eurodance et le hard qui ne manque pas de braguer avec leur assurance habituelle qu’elles sont de retour et qu’elles savent s’actualiser : « Bet you get it now/ Rocked that didn’t I/ Don’t get it twisted I know who’s who oh ».
Puis, vient le single aux teintes industrielles GO, dévoilé aux côtés d’un vidéoclip futuriste en même temps que l’album. Sur cette chanson produite par Cirkut, les quatre filles dominent tour à tour dans une atmosphère sonore aux teintes industrielles et invitent Chris Martin à l’écriture. Remplie de synthés dissonants et de dubstep, elle balance à la fois brutalité et douceur, sur des lignes de basse qui ne nous laissent aucun autre choix que de danser.
Au milieu de l’album, on retrouve Me and my, une incursion plus minimaliste dans les influences R&B, les sonorités latines et les instruments ensoleillés comme les cuivres et castagnettes. Avec les rappeuses à l’avant-plan, Cardi B et Nicky Minaj dans le rétroviseur, la pièce apporte une bonne dose d’irrévérence et de glamour sur le thème de la loyauté en amitié.
Ensuite, les influences post-punk se font sentir sur les couplets de Champion, évoluant étonnamment vers un refrain qu’on croirait de Taylor Swift agrémenté de et d’effets de foule pour préparer les arénas. Un savant hybride d’hyper-pop et de rock où les arrangements de cordes seraient enchanteurs s’ils n’étaient pas produits par le l’agresseur controversé de Ke$ha Dr.Luke…
Enfin, l’unique ballade de l’album Fxxxboy, simplement présentée guitare-voix, clôt l’écoute avec émotion, une flèche libératrice dirigée droit au cœur de leur immense bassin de fans.
En définitive, les quatre filles démontrent qu’elles n’ont rien perdu de leur aplomb et qu’elles peuvent aussi bien aller dans de nouvelles directions que revisiter celles ayant fait leur succès. Bien sûr, les fans de la première heure pourraient décrier l’américanisation de leur son et l’absence quasi-totale d’artistes coréens mais la formation se positionne ainsi dans un univers sonore différent de celui qui l’a vu naître, plus renouvelé que dénaturé, multipliant ses possibilités. Un nouveau chapitre aventureux qui lui permettra peut-être de ne pas être rattrapée par l’ombre de pionnière qu’elle laisse derrière.






















