chanson / folk

Jip Less – Pax

par Luc Marchessault

« Ma mère ma mie je vous prie de me protéger – Dosette aimable néanmoins peur bleue d’y rester », chante Jip Less – Jean-Pilippe Lessard-Blouin à la ville – sur Pax. On l’imagine aisément hypocondriaque, cet auteur, compositeur et interprète de chansons intemporelles. On vous a causé récemment de son microalbum Changer ici. Le voici avec Éléonore, sa fille, en ballerine masquée, dans un clip réalisé par Frédérick Tremblay et s’inspirant du court métrage Pas de deux (1968) du maître Norman McLaren. D’un artiste comme Jip Less, qui nous propose autant de délicatesse sonore, on n’attendait pas moins de finesse visuelle.

pop

Isla Oiseau – Visage Blanc

par Luc Marchessault

S’agissant de scènes émoustillantes, on se souviendra nostalgiquement de celle où Kim Basinger s’effeuille sous le regard de Mickey Rourke, dans 9 semaines ½ (1986). Trente-six ans plus tard, le duo Isla Oiseau s’en inspire en inversant les rôles : Wanda Rhodes observe tandis que Billy Jet Pilot se déshabille, derrière puis devant un store vénitien. Comme trame de fond, une ritournelle où Isla Oiseau se joue des tensions érotiques (« Sous des envies – Inassouvies – Je reste au lit ») remplace le You Can Leave Your Hat On que chantait Joe Cocker. Isla Oiseau lancera le microalbum Barque en novembre, Visage Blanc en est le premier extrait.

dream-pop / électro-pop

Stef Aqui – L’amour en jachère

par Luc Marchessault

Stef Aqui (ex-Beige-à-cœur) lancera le 30 septembre prochain un microalbum intitulé glossAIRE. En attendant, en voici le premier extrait, L’amour en jachère, avec vidéoclip à l’appui. Tim Bouvette l’a réalisé, tandis que Samuel Wilde s’est chargé de la direction photo. Quand l’amour est en jachère, les sentiments passent au labour, comme on dit.

Jonathan Personne – À présent

par Patrice Caron

L’auteur-compositeur-interprète montréalais Jonathan Personne dévoile le single À présent, tiré de son album homonyme qui paraîtra ce vendredi, 26 août via Bonsound. Cette nouvelle chanson, qui fait suite aux précédents singles Un homme sans visage et Rock & roll sur ton chemin, est accompagnée d’un vidéoclip animé par Mathieu Larone et Henry McClellan.

Jason Bajada – Walt Disney

par Patrice Caron

Reprenant la partie là où il l’avait laissée avec Snake en mars dernier, Jason Bajada dévoile le second neuvième de son attendu Crushed Grapes à venir, composé entre New York, les Îles-de-la-Madeleine et L.A. et coréalisé avec Connor Seidel.

garage-rock / pop-punk / rock

Gazoline – Cassée

par Luc Marchessault

Après 3 minutes 5 secondes et Jessica, le quatuor Gazoline et le réalisateur Ariel Poupart récidivent : voici Cassée, un autre extrait de l’album Gazoline III. On se souviendra que dans le clip Jessica, des dirigeants de maison de disque sans scrupules avaient décrété l’élimination des membres du groupe et leur remplacement par des ados imberbes. Ce sont eux que l’on voit ici, tandis que leur destin croise celui de deux jeunes femmes désireuses de passer une belle soirée en boîte de nuit, dans une mise en scène inspirée de Riverdale, Stranger Things et Beat Street. Puisque l’action se situe à Laval, il va de soi que ça corse par la suite.

krautrock

Trees Speak – Zeitgeber

par Louise Jaunet

« DADA resurgit toujours, d’une manière ou d’une autre, chaque fois que s’accumule trop de bêtise », écrivait en 1924 l’artiste Kurt Schwitters à propos du dadaïsme, un mouvement artistique international et engagé, né lors des conflits de la Première Guerre mondiale. Un siècle plus tard, Trees Speak joue avec le hasard et redonne vie à Ghost before breakfast (Vormittagsspuk), un court-métrage réalisé en 1928 par le peintre, sculpteur et cinéaste allemand Hans Richter et censuré par le régime nazi à la fin des années 30 pour cause d’« entartete kunst », c’est-à-dire d’art dégénéré. Inspirée par la musique avant-gardiste des compositeurs John Cage et Karlheinz Stockhausen, l’ambiance angoissante et sens dessus dessous du titre Zeitgeber fait surgir l’idée d’une horloge interne déréglée et anticipe le rythme effréné des changements environnementaux à venir, face à l’absurdité d’un monde en train de s’autodétruire où d’étranges machines, dont on ne comprend pas très bien le fonctionnement, abîment les corps et les consciences. On devine que l’homme moderne est devenu un robot détraqué par les innovations technologiques qu’il a lui-même créées, comme un assemblage raté d’éléments qui ne parviennent pas à fonctionner ensemble, telle une créature chimérique entre le monde mécanique et le monde naturel. Face aux machines de destruction massive, ce joyeux désordre dadaïste, à la fois étrange et mystérieux, prouve que même les objets du quotidien pourraient bien se révolter contre l’embrigadement de l’ordre établi. Souvenons-nous des mises en garde de Tristan Tzara : « Je détruis les tiroirs du cerveau, et ceux de l’organisation sociale. – Méfiez-vous de DADA. »

Russian Circles – Gnosis

par Patrice Caron

Pièce titre et premier extrait de l’album à paraitre le 19 août, sur Sargent House, pour la formation post-metal originaire de Chicago.

art-pop / électro-pop / indie pop

Larme (Pierre-Luc Bégin) – Rendez-vous

par Luc Marchessault

Il faut le dire, Pierre-Luc Bégin a une tronche prédestinée au rock-pop-électro et tout et tout : comme un amalgame, en plus beau, des traits anguleux de Bill Wyman, Ron Wood et Keith Richards. Ses parents écoutaient-ils assidûment les Stones durant la genèse de Pierre-Luc? Si on croit le moindrement à la transsubstantiation musicale, on est en droit de se poser la question.

Croisé dans quelques salles cet été, le multimusicien et chanteur membre de We Are Wolves et Paupière nous l’avait bien dit : une chanson et son clip ont été lancés en mai (La crainte de l’autre), un autre s’en vient et ce ne sera pas tout. Pierre-Luc y va solo, de manière totalement indépendante, sans maison de disques ou autres instances semblables. Bref, directo sur Youtube. Et comme il est affable et talentueux, des amis-collègues l’appuient, en l’occurrence l’artiste audio et vidéo Dominic Vanchesteing (Bernardino Femminielli, Le Couleur, Julia Daigle, Peter Peter), qui a réalisé le clip de Rendez-vous avec Mathieu Dumontier à la caméra et au montage.

Dans un immense loft vierge, au gré d’un riff de clavier hypnotique, Pierre-Luc chante le bruit de l’amour. On ne peut s’empêcher de fixer sa chemise colorée, tandis qu’il danse discrètement et fait tourner une baguette entre ses doigts, un truc que lui a sans doute transmis feu Charlie Watts par transmutation rock’n’roll.

expérimental / folk psychédélique / improvisation libre / krautrock / post-punk

Staraya Derevnya – Tangled Hands (feat. Galya Chikiss)

par Luc Marchessault

Le groupe Staraya Derevnya crée du kraut-folk psychédélique depuis plus de 25 ans déjà. Disposant d’un double port d’attache – Londres et Tel Aviv –, cette formation tire son nom du quartier historique de Staraïa Derevnia, à Saint-Pétersbourg. La pièce Tangled Hands est extraite de Boulder Blues, l’album que lancera Staraya Derevnya le vendredi 5 août sur Ramble Records. La pianiste et chanteuse biélorusse Galina Chikiss, installée à Berlin, pimente Tangled Hands de se pleurs et chuchotements. Les illustrations sont de Danil Gertman et l’animation de Maya Pik.

The Sadies – No One’s Listening

par Patrice Caron

Extrait du nouvel album « Colder Streams », sur lequel plane le souvenir de Dallas Good, disparu en février dernier.

électronique / expérimental / pop orchestrale

Ben Shemie – The Mirror + The Future Indefinite

par Luc Marchessault

Ben Shemie est un cinéphile. Ça, on l’avait remarqué il y a longtemps. Lors du mini-concert de Suuns enregistré au Studio de Rouen pour Pan M 360, à l’automne 2021, Ben avait intégré à la patente un extrait sonore du Videodrome de David Cronenberg.  Dans le cas qui nous occupe, l’influence du Solaris d’Andreï Tarkovski imprègne ce long clip englobant deux pièces. Celles-ci, intitulées The Mirror et Future Indefinite, figurent sur Desiderata, quatrième album solo de Ben Shemie accompagné du Quatuor Molinari, dont on vous recausera très bientôt. Brandon Blommaert a animé les deux chansons, en plus de réaliser la vidéo.

À propos de Ben Shemie, ailleurs sur Pan M 360 :

Critique de l’album Desiderata, avec le Quatuor Molonari

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